★ À maîtriser
📌 Toutes les lois sont des règles de droit, mais toutes les règles de droit ne sont pas des lois.
Compléments
Les principales sources de règles de droit citées sont : les lois du Parlement, les décrets du gouvernement, la jurisprudence des tribunaux, les coutumes issues d’habitudes considérées comme obligatoires
Jean Carbonnier disait que « les gens heureux n’ont pas besoin de droit », idée selon laquelle le droit accompagne la vie sociale sans être toujours visible.
Le droit organise la société ; la justice évalue le juste.
★ À maîtriser
La justice vise à déterminer ce qui est juste ou injuste, tandis que le droit a pour objet de régir la vie en société ; idéalement, le droit s’appuie sur des principes de justice.
Aristote distingue la justice commutative, fondée sur l’équité des échanges entre individus, de la justice distributive, qui répartit des biens limités selon le mérite ou le besoin.
Le juge doit en principe trancher conformément aux règles de droit et ne peut pas statuer en équité, selon l’article 12 du code de procédure civile.
Compléments
📌 La loi peut autoriser le juge à adapter sa décision aux circonstances, notamment en matière pénale pour fixer une peine dans les limites prévues, ou en matière civile pour accorder des délais de grâce pouvant aller jusqu’à deux ans.
📌 Le positivisme juridique considère que le droit positif se suffit à lui-même et que le droit naturel est une invention de l’esprit.
Le droit régit la société ; justice, religion et morale portent d’autres finalités.
★ À maîtriser
Toute règle de droit présente quatre caractères :
Une règle de droit peut interdire un comportement, imposer une conduite ou permettre une faculté que les autres doivent respecter.
📌 La règle de droit est générale et impersonnelle pour toutes les personnes placées dans la situation visée, tandis qu’une mesure individuelle vise une personne déterminée.
📌 La règle de droit abstraite vise une situation générale, tandis qu’une décision de justice applique les règles à une situation concrète pour résoudre un litige.
Compléments
GAGC : générale, abstraite, obligatoire, coercitive.
★ À maîtriser
La hiérarchie des textes présentée place : la Constitution, les traités internationaux et le droit de l’Union européenne, les lois, les décrets, les arrêtés
Le contrôle de constitutionnalité vérifie la conformité des lois à la Constitution, le contrôle de conventionnalité leur conformité aux conventions internationales, et le contrôle de légalité celle des actes administratifs aux normes supérieures.
Compléments
Une pyramide place les normes supérieures au-dessus des normes qui doivent leur être conformes.
★ À maîtriser
📌 Le contrôle a priori intervient après le vote définitif d’une loi et avant sa promulgation, tandis que la QPC permet de contester une disposition législative à l’occasion d’un procès.
Compléments
Le bloc de constitutionnalité comprend notamment : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement de 2004, les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
Le contrôle a priori peut être saisi par le président de la République, le Premier ministre, les présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat, ou soixante députés ou soixante sénateurs, mais le Conseil constitutionnel ne peut pas s’autosaisir.
A priori avant promulgation ; QPC après, à l’occasion d’un procès.
★ À maîtriser
📌 Selon l’article 55 de la Constitution, les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l’autre partie.
📌 Depuis la décision IVG du 17 janvier 1975, le contrôle de conventionnalité des lois revient aux juges ordinaires, qui écartent une loi contraire au traité sans l’abroger. - Conseil constitutionnel
Compléments
📌 Le droit de l’Union européenne, applicable aux 27 États membres, comprend notamment les règlements, directement applicables, et les directives, qui fixent des objectifs à transposer par chaque État.
Traité ratifié et publié → primauté sur la loi → contrôle de conformité.
★ À maîtriser
📌 Une loi normative édicte des règles générales, impersonnelles et abstraites, tandis qu’une loi non normative se limite à une déclaration dépourvue de portée normative.
📌 Les lois sont votées par l’Assemblée nationale et le Sénat et, en cas de désaccord, l’Assemblée nationale a le dernier mot; après promulgation, elles entrent en vigueur le lendemain de leur publication au Journal officiel.
📌 L’article 34 de la Constitution énumère les matières législatives, tandis que l’article 37 attribue au pouvoir réglementaire les matières qui n’en relèvent pas.
Compléments
📌 La culture juridique française est légicentriste et place la loi au centre, tandis que la common law accorde une place centrale au juge.
★ À maîtriser
Le règlement autonome intervient dans les matières qui ne relèvent pas de la loi, tandis que le règlement d’application complète et précise les lois.
Les actes administratifs doivent respecter la loi et l’ensemble des normes supérieures, conformément au principe de légalité.
Selon l’article 2 du Code civil, la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif, sous réserve d’exceptions rares, notamment lorsqu’une loi nouvelle est plus douce.
Compléments
📌 Le recours pour excès de pouvoir contre un décret doit être exercé dans les deux mois suivant sa publication; après ce délai, l’illégalité peut encore être invoquée par exception afin d’écarter l’acte dans le litige.
📌 La codification à droit constant rassemble des textes sans réformer la matière, tandis que la codification-réforme unifie et remanie les règles d’une matière.
★ À maîtriser
Une décision de justice règle un litige individuel, mais ses motifs peuvent formuler un raisonnement juridique général susceptible d’inspirer d’autres juges.
L’article 5 du Code civil interdit aux juges de statuer par des arrêts de règlement, c’est-à-dire par des dispositions générales et réglementaires sur les litiges soumis.
L’autorité relative de la chose jugée limite les effets d’une décision aux parties au litige, sans empêcher que son raisonnement inspire d’autres décisions.
En droit français, les décisions antérieures n’obligent pas juridiquement les juges, contrairement au système anglais du précédent obligatoire, appelé binding precedent.
Compléments
Arrêt individuel, motifs réutilisables
★ À maîtriser
📌 Les revirements de jurisprudence s’appliquent en principe rétroactivement aux situations en cours, quelle que soit la date des faits concernés.
Compléments
📌 Les tribunaux peuvent exceptionnellement ne pas appliquer un revirement si son application à un litige priverait une partie d’un procès équitable au sens de l’article 6, paragraphe 1, de la Convention européenne des droits de l’homme.
Loi non rétroactive, revirement rétroactif
★ À maîtriser
La coutume repose sur un élément matériel, un usage constant et général, et un élément psychologique, la croyance en son caractère obligatoire.
La coutume secundum legem s’applique lorsque la loi y renvoie, la coutume praeter legem complète le silence de la loi et la coutume contra legem va à l’encontre de la loi.
Une coutume contra legem peut prospérer lorsque la règle légale contraire est supplétive, mais non lorsque la loi est impérative.
Compléments
Secundum, praeter, contra legem : avec, sans, contre la loi
★ À maîtriser
📌 Le droit dur est obligatoire et sanctionné, tandis que le droit souple regroupe notamment des avis et recommandations qui ne sont pas formellement obligatoires mais influencent les comportements.
Compléments
Droit dur obligatoire, droit souple influent
Les coutumes peuvent être mises par écrit pour être répertoriées, comme dans les coutumiers de l’ancien droit.
Aucune durée minimale n’est requise pour qu’une coutume existe.
★ À maîtriser
📌 Le droit dur désigne une règle obligatoire, contraignante et sanctionnée, tandis que le droit souple regroupe des avis ou recommandations qui ne sont ni obligatoires ni véritablement sanctionnés.
📌 Le Conseil d’État admet le recours pour excès de pouvoir contre certains actes de droit souple lorsqu’ils influencent le comportement de leurs destinataires, même s’ils ne modifient pas formellement l’état du droit et ne font pas grief.
Compléments
Les recommandations de droit souple peuvent être spontanément suivies grâce à l’autorité morale de leur auteur et à l’éventualité de conséquences en cas de non-respect.
Les avis et recommandations des autorités administratives indépendantes, comme l’Autorité de la concurrence et l’Autorité des marchés financiers, constituent du droit souple et peuvent recommander des pratiques, notamment en matière d’action ou de rémunération.
Le droit dur contraint ; le droit souple influence.
★ À maîtriser
📌 La doctrine n’édicte pas de règles et n’est pas une source du droit ; elle contribue à l’interprétation et à la compréhension du droit.
Compléments
📌 La doctrine bénéficie d’un principe de liberté, reconnu comme principe constitutionnel pour les professeurs de droit et étendu aux maîtres de conférences au titre d’un PFRLR.
★ À maîtriser
📌 La doctrine n’a pas d’autorité juridique directe et le juge n’est pas tenu de la suivre, mais elle possède une autorité morale et une force de persuasion qui peuvent influencer le droit.
La doctrine peut inspirer le législateur, qui peut confier à des universitaires la préparation ou la réflexion sur des projets de loi.
La doctrine peut influencer la jurisprudence lorsqu’elle est invoquée comme argument dans les conclusions des avocats ou lorsqu’une décision consacre indirectement une proposition doctrinale.
Compléments
Le cours cite Jean Carbonnier pour des réformes du droit des personnes et de la famille dans les années 1960, Robert Badinter dans la commission du nouveau code pénal et la commission Grimaldi pour la réforme des sûretés.
Les parties peuvent produire des consultations juridiques rédigées par des universitaires pour exposer l’état du droit dans un litige.
Persuasion doctrinale → évolution des lois et de la jurisprudence.
| Notion | Contenu | Fonction |
|---|---|---|
| Droit objectif | Ensemble des règles en vigueur | Régir les relations sociales |
| Droits subjectifs | Facultés et prérogatives individuelles | Permettre de faire ou d’exiger quelque chose |
| Contrôle | Norme de référence | Moment ou objet |
|---|---|---|
| Constitutionnalité a priori | Constitution | Loi votée, avant promulgation |
| QPC | Constitution | Disposition législative contestée lors d’un procès |
| Conventionnalité | Traités internationaux | Conformité des textes internes |
| Légalité | Normes supérieures | Conformité des actes administratifs |
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1. Après que le Parlement a habilité le gouvernement à intervenir par ordonnance dans le domaine de la loi, quelle suite correspond à la procédure prévue par l’article 38 ?
2. Quelle relation existe entre les lois et les règles de droit ?
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Qu’est-ce que le droit objectif ?
L’ensemble des règles en vigueur régissant les relations sociales, dont le respect peut être imposé par l’autorité publique.
Que sont les droits subjectifs ?
Les facultés et prérogatives reconnues aux individus par le droit objectif pour faire ou exiger quelque chose.
Quel rapport les lois entretiennent-elles avec les règles de droit ?
Toutes les lois sont des règles de droit, mais toutes les règles de droit ne sont pas des lois.
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