Fiche de révision : Technique contractuelle

Plan du Cours

  1. Finalités et rédaction du contrat
  2. Construction et qualification du contrat
  3. Négociations et documents préparatoires
  4. Formation du contrat par l’offre
  5. Formation du contrat
  6. Avant-contrats et promesses
  7. Effets personnels et remèdes
  8. Parties et qualification de l’opération
  9. Qualification des contrats et responsabilités
  10. Chose, ouvrage et prix
  11. Cession de contrat
  12. Territoire et non-concurrence
  13. Clauses territoriales et non-concurrence
  14. Durée et évolution du contrat
  15. Extinction et clauses terminales
  16. Clauses d’expertise et de domicile
  17. Honoraires de résultat et rédaction contentieuse
  18. Transfert de propriété et des risques

1. Finalités et rédaction du contrat

Notions clés & Définitions

  • Technique contractuelle : Art d’utiliser le contrat comme instrument d’organisation et de prévision afin d’anticiper les difficultés, répartir les risques, organiser les preuves, déterminer les issues et réduire l’incertitude.

★ À maîtriser

📌 Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits en vertu de l’article 1103 du Code civil.

  • Pour anticiper les risques contractuels, le rédacteur prévoit notamment les règles applicables au délai, au retard, à l’indisponibilité d’un bien, à la défaillance d’une partie, à l’évolution du prix, à l’événement extérieur, au changement de cocontractant, à la sortie anticipée, à la rupture, à la confidentialité et à la concurrence.

📌 La clause pénale fixe forfaitairement la somme due en cas d’inexécution et peut être modérée ou augmentée par le juge lorsqu’elle est manifestement excessive ou dérisoire, tandis que la clause limitative de réparation n’est pas révisée sur ce seul fondement et se contrôle notamment au regard de l’obligation essentielle et des fautes susceptibles de la neutraliser.

📌 Une clause de non-concurrence doit être proportionnée à l’intérêt légitime protégé en contrôlant sa durée, son territoire et les activités interdites ; en droit du travail, une contrepartie financière est notamment exigée.

Compléments

📌 Un contrat clair et précis décrit de manière affirmative et objective les faits, droits, obligations, délais et mécanismes en fixant le fait générateur, la personne qui agit, la date, la procédure et la conséquence.

Astuce mémo

Contrat clair, complet et licite → moins d’intervention corrective du juge

2. Construction et qualification du contrat

Notions clés & Définitions

  • Contrat : Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations, conformément à l’article 1101 du Code civil.

★ À maîtriser

  • Le negotium est l’opération juridique elle-même, tandis que l’instrumentum est le support qui la constate ; l’écrit peut être exigé pour la validité, la preuve ou l’opposabilité.

  • Le droit personnel permet à un créancier d’exiger une prestation d’un débiteur déterminé, tandis que le droit réel confère un pouvoir direct sur une chose et peut être opposable erga omnes selon son régime.

  • Le contrat consensuel se forme par le seul échange des consentements, le contrat solennel exige une forme pour sa validité et le contrat réel exige la remise d’une chose.

  • Au-delà du seuil probatoire de 1 500 €, l’acte juridique doit en principe être prouvé par écrit sous signature privée ou authentique, sous réserve des exceptions des articles 1360 à 1362 du Code civil.

📌 La validité concerne la formation valable du contrat, la preuve concerne le moyen d’établir l’acte et l’opposabilité concerne ses effets à l’égard des tiers.

Compléments

📌 Le contrat léger prévoit l’essentiel et laisse agir le droit supplétif, tandis que le contrat lourd réécrit une part importante du régime juridique ; la pratique est souvent mixte.

Astuce mémo

Validité, preuve et opposabilité : trois effets distincts

3. Négociations et documents préparatoires

Notions clés & Définitions

  • Porte-fort : Engagement personnel par lequel une personne promet le fait d’un tiers ; le tiers n’est pas engagé par cette seule promesse et le porte-fort peut devoir des dommages-intérêts si le fait promis n’est pas accompli.

Points essentiels

  • Les négociations sont en principe libres, mais leur initiative, leur déroulement et leur rupture doivent respecter la bonne foi en application des articles 1112 et 1104 du Code civil.

  • La prorogation repousse le terme du même contrat, le renouvellement fait naître un nouveau contrat et la tacite reconduction produit les mêmes effets que le renouvellement lorsque l’exécution se poursuit après le terme.

  • L’article 1112-1 du Code civil impose de communiquer à l’autre partie l’information déterminante pour son consentement lorsqu’elle l’ignore légitimement ou fait confiance à son cocontractant, à l’exclusion de l’estimation de la valeur de la prestation.

  • Le devoir d’information consiste à transmettre une donnée pertinente, tandis que l’obligation de conseil impose éventuellement au professionnel d’orienter son cocontractant vers une solution adaptée ou de l’alerter contre une solution inappropriée.

  • L’article 1112-2 du Code civil engage la responsabilité de celui qui utilise ou divulgue sans autorisation une information confidentielle obtenue à l’occasion des négociations.

  • Le secret des affaires exige trois critères:

    • une information non généralement connue ou aisément accessible
    • une valeur commerciale effective ou potentielle due à son secret
    • des mesures de protection raisonnables

Astuce mémo

Négocier → informer → protéger → contractualiser progressivement

4. Formation du contrat par l’offre

Notions clés & Définitions

  • Offre : Proposition qui contient les éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté d’être lié en cas d’acceptation ; à défaut, elle constitue une invitation à négocier selon l’article 1114 du Code civil.

★ À maîtriser

  • Le contrat est formé par la rencontre d’une offre et d’une acceptation conformément à l’article 1113 du Code civil.

  • Avant sa réception, l’offre peut être librement rétractée ; après sa réception, elle ne peut être rétractée avant l’expiration du délai fixé par l’offrant ou, à défaut, avant un délai raisonnable.

  • L’offre devient caduque à l’expiration du délai fixé ou, à défaut, d’un délai raisonnable, ainsi qu’en cas d’incapacité ou de décès de son auteur ou de décès de son destinataire, conformément à l’article 1117 du Code civil.

Compléments

📌 La rétractation irrégulière d’une offre reçue empêche la conclusion du contrat et engage seulement la responsabilité extracontractuelle, sans réparer les avantages attendus du contrat.

Astuce mémo

Offre ferme ≠ invitation à négocier

5. Formation du contrat

Notions clés & Définitions

  • Acceptation : La manifestation de volonté d’être lié dans les termes de l’offre ; une réponse qui modifie l’offre constitue une contre-offre et non une acceptation.

Points essentiels

📌 Avant sa réception, l’offre peut être librement rétractée en vertu de l’article 1115 du Code civil ; après sa réception, elle ne peut être rétractée avant le délai fixé ou, à défaut, avant un délai raisonnable.

📌 Le contrat est conclu lorsque l’acceptation parvient à l’offrant, conformément à la théorie de la réception.

Astuce mémo

Offre → acceptation → réception

6. Avant-contrats et promesses

Notions clés & Définitions

  • Promesse unilatérale : Le contrat par lequel le promettant accorde au bénéficiaire un droit d’opter pour un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés, seul le consentement du bénéficiaire faisant défaut.

★ À maîtriser

  • Le pacte de préférence accorde une priorité au bénéficiaire si le promettant décide de contracter, tandis que la promesse unilatérale engage définitivement le promettant sur les éléments essentiels du contrat et laisse seulement au bénéficiaire le choix de lever l’option.

  • Selon l’article 1124, alinéa 2, la rétractation du promettant pendant le délai d’option n’empêche pas la formation du contrat promis ; la troisième chambre civile a confirmé cette solution le 23 juin 2021, n° 20-17.554. — Civ. 3e

  • Le contrat conclu avec un tiers en violation d’une promesse unilatérale est nul si le tiers connaissait l’existence de la promesse, sans qu’il soit nécessaire de prouver qu’il connaissait aussi l’intention du bénéficiaire de lever l’option.

  • L’indemnité d’immobilisation rémunère l’exclusivité et le temps laissé au bénéficiaire, la clause pénale évalue forfaitairement une inexécution, et la clause de dédit fixe le prix d’une faculté licite de se retirer.

Compléments

📌 Pour certaines promesses unilatérales portant notamment sur un immeuble, un droit immobilier, un fonds de commerce ou un droit au bail, l’article 1589-2 impose un acte authentique ou un acte sous seing privé enregistré dans les dix jours de l’acceptation du bénéficiaire, à peine de nullité.

📌 Lorsqu’une personne physique consent une promesse de vente immobilière d’une durée supérieure à dix-huit mois, l’article L. 290-1 du Code de la construction et de l’habitation exige un acte authentique à peine de nullité, et l’article L. 290-2 fixe une indemnité d’immobilisation minimale de 5 % du prix.

Astuce mémo

Pacte : priorité conditionnelle ; PUV : option sur un contrat déterminé

7. Effets personnels et remèdes

Notions clés & Définitions

  • Délivrance : Consiste à mettre la chose à disposition dans les conditions convenues et s’étend à ses accessoires ainsi qu’à ce qui est destiné à son usage perpétuel.
  • Vices cachés : La garantie des vices cachés suppose un défaut non apparent, antérieur et suffisamment grave pour rendre la chose impropre à son usage ou en diminuer fortement l’usage ; l’action doit être exercée dans les deux ans de la découverte du vice.
  • Clause pénale : Prévoit à l’avance une somme forfaitaire due en cas d’inexécution ou de retard et peut être modérée ou augmentée par le juge lorsqu’elle est manifestement excessive ou dérisoire.
  • Prescription : La prescription est l’extinction résultant de l’inaction du titulaire pendant un certain temps et peut être aménagée conventionnellement entre un an et dix ans dans le champ de l’article 2254.
  • Séquestre : Le séquestre consiste à remettre le prix entre les mains d’un tiers qui ne le libère que lorsque les conditions convenues sont satisfaites, afin de sécuriser l’acheteur et le vendeur.

Points essentiels

📌 L’article 1217 du Code civil offre plusieurs sanctions de l’inexécution et permet le cumul des sanctions compatibles, les dommages-intérêts pouvant s’y ajouter.

Astuce mémo

Inexécution → mise en demeure → remède contractuel

8. Parties et qualification de l’opération

Notions clés & Définitions

  • Porte-fort : L’opération par laquelle une personne s’engage envers un bénéficiaire à obtenir d’un tiers la ratification d’un engagement ou l’exécution d’une prestation, sans engager directement ce tiers.
  • Stipulation pour autrui : Fait intervenir un stipulant, un promettant et un tiers bénéficiaire auquel le promettant doit une prestation et qui devient titulaire d’un droit direct contre lui.

★ À maîtriser

  • Dans le mandat, le représentant agit au nom et pour le compte du représenté, tandis que dans la commission, le commissionnaire agit en son nom propre pour le compte du commettant et devient personnellement partie au contrat conclu avec le tiers.

  • L’effet relatif signifie que le contrat ne crée d’obligations qu’entre les parties, mais l’article 1200 rend la situation juridique créée opposable aux tiers, qui doivent la respecter et peuvent s’en prévaloir notamment comme preuve d’un fait.

  • La qualification unitaire rattache l’opération à une catégorie principale, la qualification mixte soumet ses composantes à des régimes distincts et la qualification sui generis s’applique lorsqu’aucune catégorie prédéfinie ne convient.

Compléments

📌 La fourniture et la pose d’un bien relèvent du louage d’ouvrage lorsque l’opération implique un travail spécifique destiné à répondre aux besoins particuliers du client, selon la troisième chambre civile le 12 octobre 2022, n° 20-17.335. — Civ. 3e, 12 oct. 2022

Astuce mémo

Mandat : au nom du mandant ; commission : en nom propre

9. Qualification des contrats et responsabilités

★ À maîtriser

  • La pose de matériaux avec une activité humaine indépendante relève du louage d’ouvrage et non d’une simple vente, ce qui écarte les garanties propres à la vente.

  • Pendant un an à compter de la réception, la garantie de parfait achèvement impose à l’entrepreneur de réparer les désordres signalés par réserves à la réception ou par notification écrite postérieure, conformément à l’article 1792-6 du Code civil.

  • L’article 1792 engage de plein droit la responsabilité décennale du constructeur lorsque les dommages compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.

  • Le devoir de conseil impose au professionnel de renseigner le maître de l’ouvrage sur la faisabilité des travaux et les mesures préalables nécessaires, conformément à l’article 1231-1 du Code civil. — Civ. 3e, 24 sept. 2013

Compléments

📌 Selon la Cour de cassation, les éléments d’équipement ajoutés ou remplacés sur un ouvrage existant qui ne constituent pas eux-mêmes un ouvrage relèvent de la responsabilité contractuelle de droit commun et non des garanties biennale ou décennale. — Civ. 3e, 21 mars 2024

  • Les qualifications retenues sont: dépôt pour le stockage, louage d’ouvrage ou prestation de services pour l’emballage, vente pour les acquisitions des magasins

Astuce mémo

Qualifier → écarter la vente → vérifier les garanties → engager la responsabilité

10. Chose, ouvrage et prix

Notions clés & Définitions

  • Chose déterminable : Lorsque les critères convenus permettent de l’identifier sans nouvel accord de volontés.
  • Louage d’ouvrage : Contrat par lequel une partie s’engage à accomplir quelque chose pour l’autre, de manière indépendante, moyennant un prix.

Points essentiels

  • La chose objet du contrat doit être licite, possible et déterminée ou déterminable, conformément aux articles 1128, 1162 et 1163 du Code civil.

  • La détermination quantitative distingue le corps certain, qui est individualisé, de la chose de genre, qui n’a pas d’individualité propre.

  • En cas d’empêchement définitif partiel dû à un événement de force majeure, l’article 1351 libère le débiteur à due concurrence, de sorte que les 20 % d’une récolte restants après la destruction de 80 % doivent être livrés.

  • L’article 1169 sanctionne la contrepartie illusoire ou dérisoire au moment de la formation du contrat, tandis que l’article 1168 écarte en principe la nullité pour simple défaut d’équivalence des prestations.

  • L’article 1164 permet, dans un contrat-cadre, une fixation unilatérale du prix sous contrôle de l’abus et avec motivation en cas de contestation, tandis que l’article 1165 prévoit un mécanisme comparable pour les prestations de services.

  • L’article 1195 permet une renégociation lorsque survient un changement de circonstances imprévisible qui rend l’exécution excessivement onéreuse pour une partie n’ayant pas accepté le risque, laquelle doit continuer à exécuter pendant la renégociation.

Astuce mémo

Chose déterminée par qualité et quantité ; ouvrage déterminé par mission et moyens

11. Cession de contrat

Notions clés & Définitions

  • Cession de contrat : Opération par laquelle un contractant, le cédant, cède sa qualité de partie à un tiers, le cessionnaire, avec l’accord de son cocontractant, le cédé.

★ À maîtriser

  • La cession de contrat doit être constatée par écrit à peine de nullité, l’écrit étant requis pour sa validité conformément à l’article 1216 du Code civil.

  • L’accord du cédé peut être donné par avance ou après la cession et son absence rend la cession inopposable au cédé, sans constituer une condition de validité entre le cédant et le cessionnaire.

  • Le cédant n’est libéré pour l’avenir que si le cédé a expressément consenti à sa libération ; à défaut, le cédant demeure, sauf clause contraire, solidairement tenu de l’exécution du contrat conformément à l’article 1216-1.

  • Le cessionnaire peut opposer au cédé les exceptions inhérentes à la dette, mais non les exceptions personnelles au cédant, tandis que le cédé peut opposer au cessionnaire toutes les exceptions qu’il aurait pu opposer au cédant.

Compléments

📌 Lorsque le cédant n’est pas libéré, les sûretés consenties subsistent ; lorsqu’il est libéré, les sûretés consenties par lui ou par des tiers ne subsistent qu’avec leur accord, conformément à l’article 1216-3.

Astuce mémo

Écrit → accord du cédé → opposabilité → libération éventuelle

12. Territoire et non-concurrence

Notions clés & Définitions

  • Clause de non-concurrence : Interdit une activité concurrente dans un périmètre défini et doit préciser son objet, sa durée, son espace et l’intérêt légitime protégé.

★ À maîtriser

📌 Les restrictions à la liberté d’entreprendre, à la liberté du commerce et de l’industrie ou à la liberté du travail doivent être justifiées et proportionnées.

Compléments

📌 La clause d’exclusivité réserve une activité, une fourniture, un approvisionnement ou une zone à un cocontractant selon le mécanisme convenu, tandis que la clause de mobilité organise un changement de lieu.

Astuce mémo

La non-concurrence interdit ; l’exclusivité réserve

13. Clauses territoriales et non-concurrence

Points essentiels

  • En droit du travail, une clause de non-concurrence est valable seulement si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, limitée dans le temps et dans l’espace, adaptée aux spécificités de l’emploi et assortie d’une contrepartie financière. — Soc., 10 juill. 2002

  • La clause de non-sollicitation interdit de démarcher une clientèle, des salariés ou des partenaires déterminés, sans interdire nécessairement toute activité concurrente ni l’acceptation spontanée d’un client, tandis que la clause de non-réaffiliation interdit de rejoindre un réseau concurrent.

  • L’article L. 330-1 du Code de commerce limite à dix ans la clause par laquelle l’acheteur, le cessionnaire ou le locataire de biens meubles s’engage à ne pas utiliser d’objets semblables ou complémentaires provenant d’un autre fournisseur.

Astuce mémo

Non-sollicitation : ne pas démarcher ; non-réaffiliation : ne pas rejoindre un réseau concurrent

14. Durée et évolution du contrat

★ À maîtriser

  • La condition est un événement futur et incertain, tandis que le terme est un événement futur et certain, même si la date exacte de sa réalisation est inconnue.

  • La condition suspensive rend l’obligation pure et simple lorsqu’elle s’accomplit, tandis que la condition résolutoire éteint l’obligation selon son régime ; la condition doit être licite et ne peut dépendre de la seule volonté du débiteur lorsqu’elle est suspensive.

  • Le terme suspensif, ou ad quo, diffère l’exigibilité de l’obligation, tandis que le terme extinctif, ou ad quem, fixe la fin de la relation ou de l’obligation.

  • La prorogation reporte le terme avant son expiration en maintenant le même contrat, tandis que le renouvellement et la tacite reconduction font naître un nouveau contrat.

  • L’article 1210 du Code civil prohibe les engagements perpétuels, dont l’existence s’apprécie concrètement au regard de la possibilité réelle de sortir de la relation et de la durée pertinente de l’engagement.

  • Un contrat à durée déterminée doit en principe être exécuté jusqu’à son terme, et sa sortie anticipée n’est possible que dans les cas prévus par la loi ou par un contrat valable.

  • Un CDI peut être rompu sous préavis, le contrat pouvant organiser le préavis et la procédure sous réserve d’un délai raisonnable et des régimes spéciaux.

  • Avant l’expiration du contrat, les parties peuvent le proroger, ce qui prolonge le même contrat ; après son renouvellement, un nouveau contrat est formé et sa durée est en principe indéterminée, sauf loi ou volonté contraire.

Compléments

  • Dans le contrat de Martin conclu le 1er juillet 2011, la sortie est possible tous les trois ans par lettre recommandée avec accusé de réception six mois avant le terme ; au 11 septembre 2026, la prochaine sortie est donc le 1er juillet 2029, avec notification au plus tard le 1er janvier 2029.

📌 La tacite reconduction résulte de la poursuite de l’exécution du contrat et produit les mêmes effets que le renouvellement, sous réserve des limites du régime applicable.

📌 La clause d’exclusivité précisément visée par l’article L.330-1 du Code de commerce ne peut avoir une durée de validité supérieure à dix ans.

Astuce mémo

Condition = si incertain ; terme = quand certain

15. Extinction et clauses terminales

Notions clés & Définitions

  • Caducité : Éteint un contrat valablement formé lorsqu’un de ses éléments essentiels disparaît ; elle peut donner lieu à des restitutions.
  • Résolution : Sanctionne une inexécution suffisamment grave et peut être judiciaire, unilatérale par notification ou prévue par une clause résolutoire.

★ À maîtriser

📌 La nullité sanctionne un défaut de validité présent dès la formation du contrat, la caducité résulte de la disparition ultérieure d’un élément essentiel, et la résolution ou la résiliation sanctionne l’inexécution pour le passé ou pour l’avenir.

  • En cas de résolution unilatérale, le créancier doit, sauf urgence, mettre préalablement le débiteur en demeure d’exécuter dans un délai raisonnable en annonçant la résolution, puis notifier une résolution motivée si l’inexécution persiste.

📌 La résolution met fin au contrat et les restitutions dépendent de l’utilité des prestations : elles sont intégrales si les prestations n’avaient d’utilité que par l’exécution complète, mais la résolution vaut résiliation pour la période durant laquelle les prestations ont été utiles au fur et à mesure.

📌 L’article 1195 permet de demander une renégociation lorsqu’un changement de circonstances imprévisible rend l’exécution excessivement onéreuse pour une partie qui n’avait pas accepté d’en supporter le risque, laquelle doit continuer à exécuter ses obligations pendant la renégociation.

Compléments

📌 L’article L. 442-1, II du Code de commerce impose, lorsqu’il est applicable, un préavis écrit tenant notamment compte de la durée de la relation commerciale établie, et la responsabilité pour insuffisance de préavis ne peut être engagée si un préavis de dix-huit mois a été respecté.

📌 Une clause limitative de responsabilité fixe un plafond de réparation et n’est pas révisée comme une clause pénale ; elle est réputée non écrite si elle prive de sa substance l’obligation essentielle en application de l’article 1170.

Astuce mémo

Inexécution suffisamment grave → résolution ; disparition d’un élément essentiel → caducité

16. Clauses d’expertise et de domicile

Notions clés & Définitions

  • Élection de domicile : Désigne une adresse à laquelle certaines notifications ou certains actes doivent être valablement adressés, afin de centraliser les échanges et d’en sécuriser la preuve.

★ À maîtriser

📌 L’expertise conventionnelle, l’expertise judiciaire et l’expert dont la désignation est prévue par la loi sont trois mécanismes distincts.

  • Une clause d’expertise conventionnelle doit préciser:
    • la mission
    • le mode de désignation
    • le respect du contradictoire
    • les documents accessibles
    • le délai
    • les frais
    • la portée du résultat

Compléments

📌 Une clause d’élection de domicile devrait imposer la notification de tout changement d’adresse et prévoir les conséquences de l’absence de mise à jour.

Astuce mémo

Expertise conventionnelle ≠ expertise judiciaire ≠ expert légal

17. Honoraires de résultat et rédaction contentieuse

★ À maîtriser

📌 La rémunération de l’avocat peut comprendre une part variable liée au résultat, mais elle ne peut pas être exclusivement déterminée en fonction du résultat, car le pacte de quota litis intégral est prohibé.

  • Une clause d’honoraires de résultat doit définir:
    • le résultat déclencheur
    • le moment où il est acquis
    • le sort de l’appel
    • le sort de l’exécution provisoire
    • le sort de la transaction
    • le sort de l’encaissement effectif
    • le changement d’avocat

📌 Une clause limitative de réparation plafonne l’indemnisation, tandis qu’une clause pénale fixe forfaitairement la peine contractuelle et relève du pouvoir de révision prévu par l’article 1231-5 du Code civil.

Compléments

📌 La décision de ne pas stipuler certains aspects d’un différend doit être consciente et résulter d’une comparaison entre le coût d’une clause imprécise et celui du régime légal supplétif.

Astuce mémo

Résultat contractuellement défini → rémunération variable sécurisée

18. Transfert de propriété et des risques

Notions clés & Définitions

  • Réserve de propriété : Retarde le transfert de propriété jusqu’au complet paiement du prix et transforme la conservation de la propriété en technique de garantie.
  • Nullité : sanctionne le défaut d’une condition de validité du contrat et entraîne son anéantissement ainsi que des restitutions selon le régime légal
  • Caducité : résulte de la disparition d’un élément essentiel du contrat et peut concerner des ensembles contractuels interdépendants

Points essentiels

  • Le droit réel est un rapport direct et opposable aux tiers entre une personne et une chose, tandis que le droit personnel organise le rapport entre un créancier et son débiteur.

  • En principe, le transfert de propriété s’opère dès la conclusion du contrat lorsque celui-ci aliène la propriété ou cède un autre droit, mais l’article 1196 du Code civil permet un report par la volonté des parties, la nature des choses ou l’effet de la loi. — article 1196 C. civ.

  • Selon l’article 1583 du Code civil, la vente est parfaite et la propriété est en principe acquise à l’acheteur dès l’accord sur la chose et le prix, même si la chose n’est pas livrée et le prix n’est pas payé. — article 1583 C. civ.

  • En principe, le transfert de propriété entraîne le transfert des risques selon l’article 1196 du Code civil, mais le contrat et la mise en demeure du débiteur de délivrer peuvent aménager cette charge. — article 1196 C. civ.

  • L’article 2367 du Code civil qualifie la propriété retenue par une clause de réserve de propriété d’accessoire de la créance dont elle garantit le paiement. — article 2367 C. civ.

  • L’article L.624-16 du Code de commerce permet notamment la revendication des biens vendus avec réserve de propriété lorsqu’ils se retrouvent en nature à l’ouverture de la procédure collective, à condition que la clause ait été convenue par écrit au plus tard lors de la livraison. — L.624-16 C. com.

  • Le titulaire d’un droit réel peut en principe en disposer, mais une clause peut interdire, encadrer ou forcer le transfert sous réserve des règles impératives applicables au bien ou aux titres.

  • La clause tag along permet aux minoritaires de céder aux mêmes conditions que le majoritaire, tandis que la clause drag along oblige les associés concernés à céder lorsque ses conditions sont réunies.

  • L’article 1128 exige, pour la validité du contrat, le consentement des parties, leur capacité et un contenu licite et certain.

  • Selon l’article 1162, le contenu et le but du contrat ne peuvent pas déroger à l’ordre public.

  • Selon l’article 1163, la prestation peut être présente ou future, mais elle doit être possible et déterminée ou déterminable.

  • En cas de doute, l’article 1190 interprète le contrat de gré à gré contre le créancier et en faveur du débiteur, tandis qu’un contrat d’adhésion s’interprète contre celui qui l’a proposé.

  • Le prix de vente doit être déterminé et désigné par les parties, mais il peut être laissé à l’estimation d’un tiers selon l’article 1592.

Astuce mémo

Droit réel sur la chose ≠ droit personnel entre personnes

Tableaux de synthèse

Formes de contrat

TypeCondition de formationEffet de la formalité
ConsensuelÉchange des consentementsLe consentement suffit
SolennelForme imposéeLa forme conditionne la validité
RéelRemise d’une choseLa remise conditionne la formation

Avant-contrats et connaissance du tiers

MécanismeEngagementConnaissance exigée du tiers
Pacte de préférencePriorité si le promettant décide de contracterExistence du pacte et intention du bénéficiaire de s’en prévaloir
Promesse unilatéraleEngagement définitif du promettant et option du bénéficiaireExistence de la promesse

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Qu'est-ce que la technique contractuelle ?

L'art d'utiliser le contrat pour organiser, prévoir et réduire l'incertitude.

Quelle valeur ont les contrats légalement formés selon l'article 1103 du Code civil ?

Ils tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits.

Quels risques le rédacteur anticipe-t-il dans un contrat ?

Les risques liés aux délais, retards, indisponibilité, défaillance, prix, événements extérieurs, changement, sortie, rupture, confidentialité et concurrence.

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