QCM : Science et sens commun (15 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une personne affirme qu’une plante soigne une maladie parce qu’elle l’a entendu dire, sans vérifier ni fournir de justification. Quelle caractérisation correspond à cette adhésion ?

Une proposition forcément fausse faute de preuve suffisante
Une adhésion subjective tenue pour vraie sans examen ni justification suffisants
Une hypothèse provisoire évaluée par un examen méthodique
Une reconnaissance objective de la validité fondée sur des motifs vérifiés

Une adhésion subjective tenue pour vraie sans examen ni justification suffisants

Explication

L’opinion est une adhésion subjective à une proposition tenue pour vraie sans examen ni justification suffisants. Le savoir justifié repose sur des motifs objectifs, l’hypothèse examinée a fait l’objet d’un contrôle, et une opinion peut être vraie par hasard.

2. Deux personnes adhèrent à la même représentation : l’une parce qu’elle correspond à ses convictions personnelles, l’autre parce qu’elle en reconnaît la validité à partir de motifs objectifs. Comment distinguer leurs rapports à cette représentation ?

La première sait, tandis que la seconde croit
La première croit, tandis que la seconde sait
Les deux savent, car elles adhèrent à la même représentation
Les deux croient, car toute adhésion est subjective

La première croit, tandis que la seconde sait

Explication

La croyance adhère à une représentation pour des motifs subjectifs, alors que le savoir en reconnaît la validité pour des motifs objectifs. Dire que la première sait inverse ces critères, et l’identité de représentation ne suffit pas à établir un savoir.

3. Quelle fonction Bachelard attribue-t-il à l’opinion dans la démarche scientifique ?

Elle établit des motifs objectifs et constitue la première preuve à retenir
Elle traduit des connaissances en besoins et constitue la première méthode à appliquer
Elle traduit des besoins en connaissances et constitue le premier obstacle à surmonter
Elle vérifie des connaissances et constitue le premier résultat à conserver

Elle traduit des besoins en connaissances et constitue le premier obstacle à surmonter

Explication

Bachelard décrit l’opinion comme traduisant des besoins en connaissances et comme le premier obstacle à surmonter dans la démarche scientifique. La présenter comme un résultat vérifié ou une preuve objective confond l’opinion avec le savoir.

4. Une chercheuse trie des données pour sélectionner la réponse la plus pertinente, puis examine si ses propres représentations sont valables. Quel terme désigne la seconde démarche ?

Penser, car elle interroge la valeur de ses représentations
Réfléchir, car elle traite les informations disponibles
Penser, car elle réorganise des données pour répondre
Réfléchir, car elle sélectionne une réponse adéquate

Penser, car elle interroge la valeur de ses représentations

Explication

Penser consiste à interroger la valeur de ses propres représentations, tandis que réfléchir consiste à traiter des informations. La sélection et la réorganisation de données relèvent donc de la réflexion, et non de la pensée au sens distinctif visé ici.

5. Une personne commet d’abord une méprise, puis refuse de la reconnaître parce que ses désirs l’amènent à maintenir sa conviction malgré les faits. Comment qualifier cette évolution ?

L’illusion devient une erreur corrigée par les faits
L’erreur devient une illusion entretenue par les affects
La croyance devient un savoir fondé sur des motifs objectifs
L’erreur demeure une méprise reconnue et corrigée

L’erreur devient une illusion entretenue par les affects

Explication

Une erreur devient une illusion lorsqu’elle est entretenue par les affects et résiste à sa reconnaissance. Une méprise reconnue et corrigée ne présente pas cette persistance, tandis qu’un savoir suppose des motifs objectifs.

6. Une chercheuse veut étudier pourquoi certaines graines germent plus vite que d’autres, mais n’a pas encore formulé de question précise. Selon Bachelard, que doit-elle faire pour engager une démarche scientifique ?

Accumuler des résultats descriptifs sans déterminer la question étudiée
Observer davantage les graines avant de préciser ce qu’elle cherche
Formuler d’abord un problème auquel la connaissance pourra répondre
Adopter une explication vraisemblable avant de définir le problème

Formuler d’abord un problème auquel la connaissance pourra répondre

Explication

Pour Bachelard, une connaissance scientifique est une réponse à une question : le problème doit donc être posé avant que la recherche produise une connaissance. L’observation répétée ne formule pas à elle seule un problème, l’accumulation de faits ne suffit pas, et une explication intuitive ne remplace pas la question.

7. Un élève observe un phénomène et pense que sa simple observation lui donne déjà une connaissance scientifique. Quelle idée de Bachelard permet de corriger cette interprétation ?

La connaissance scientifique consiste à décrire fidèlement les apparences observées
La répétition d’une observation transforme automatiquement le constat en théorie
L’esprit construit la connaissance, que l’observation du réel ne fournit pas à elle seule
L’observation du réel livre directement la connaissance dès qu’elle est attentive

L’esprit construit la connaissance, que l’observation du réel ne fournit pas à elle seule

Explication

Pour Bachelard, la connaissance scientifique est construite par l’esprit plutôt que simplement donnée par l’observation. L’observation immédiate, même répétée ou attentive, ne constitue pas à elle seule une explication théorique.

8. Dans une expérience de pensée, on imagine une plume et une bille tomber dans un milieu dont la résistance ne ralentit pas leur mouvement. Quel résultat découle de cette hypothèse ?

La plume et la bille chutent à la même vitesse
La bille chute plus vite en raison de sa masse plus importante
La plume chute plus vite parce qu’elle oppose moins de résistance
La vitesse de chacune dépend de sa forme, même sans résistance du milieu

La plume et la bille chutent à la même vitesse

Explication

Lorsque la résistance du milieu ne ralentit pas le mouvement, les objets chutent à la même vitesse. La différence observée dans l’air relève de la résistance du milieu, et non d’une vitesse déterminée par la masse ou la forme dans les conditions envisagées.

9. Une représentation familière continue de détourner une personne d’une explication nouvelle, même après qu’on lui a signalé une erreur dans son raisonnement. Comment caractériser ce phénomène ?

Une difficulté de mémorisation sans effet sur la compréhension du phénomène
Une erreur ponctuelle qui disparaît dès qu’une information exacte est donnée
Une absence de connaissances qui se résout par l’ajout de faits nouveaux
Un obstacle épistémologique qui entrave l’accès à une connaissance nouvelle

Un obstacle épistémologique qui entrave l’accès à une connaissance nouvelle

Explication

Un obstacle épistémologique est une connaissance actuelle qui empêche l’accès à une connaissance nouvelle et peut résister à sa correction. Le réduire à une erreur ponctuelle, à un problème de mémoire ou à une simple absence d’information méconnaît cette résistance.

10. Un élève explique un phénomène en lui donnant le nom d’une substance invisible supposée agir à distance, comme le flegme invoqué autrefois pour l’aimantation. Quel obstacle caractérise principalement ce raisonnement ?

L’obstacle substantialiste
L’obstacle de la comparaison imagée
L’obstacle de l’expérience première
L’obstacle verbal

L’obstacle substantialiste

Explication

L’obstacle substantialiste attribue un phénomène à une substance supposée posséder des qualités explicatives, comme le flegme imaginé pour rendre compte de l’aimantation. L’obstacle verbal explique par un nom, tandis que l’expérience première prend l’apparence pour une connaissance; l’image de l’éponge relève d’une comparaison trompeuse.

11. Une élève apprend une théorie qui contredit ses idées antérieures, mais se contente d’ajouter les nouveaux termes à ses notes sans revoir ces idées. Que devrait-elle faire, selon Bachelard, pour apprendre ?

Mémoriser la théorie sans remettre en question ses idées antérieures
Conserver ses anciennes idées et juxtaposer les explications nouvelles
Corriger ses représentations antérieures avant d’intégrer la théorie
Ajouter les nouveaux termes à ses connaissances déjà constituées

Corriger ses représentations antérieures avant d’intégrer la théorie

Explication

Pour Bachelard, apprendre exige de corriger les représentations antérieures plutôt que de simplement empiler de nouvelles connaissances. Ajouter ou mémoriser des termes sans réviser les idées préexistantes ne surmonte pas l’obstacle qu’elles peuvent constituer.

12. Une théorie scientifique construite par des chercheurs est très cohérente, mais on se demande si elle décrit pleinement la réalité. Quelle objection exprime ce doute ?

La critique de la vérification, qui conteste la possibilité de tester une théorie par l’expérience
La critique socioculturelle, qui explique la théorie par le contexte de formation des chercheurs
La critique affective, qui ramène la recherche de vérité à une peur personnelle
L’objection de l’arbitraire, qui met en doute le rapport entre construction théorique et réalité

L’objection de l’arbitraire, qui met en doute le rapport entre construction théorique et réalité

Explication

L’objection de l’arbitraire souligne qu’une théorie construite peut être cohérente sans correspondre pleinement à la réalité. La cohérence théorique ne suffit donc pas à établir cette correspondance; l’influence socioculturelle et la peur d’être trompé sont d’autres critiques.

13. Quelle croyance fondamentale Nietzsche considère-t-il comme présupposée par la science ?

La croyance que toute conviction personnelle doit être exclue de la science
La croyance que l’opinion suffit à établir une vérité démontrée
La croyance en l’existence de la vérité et en la valeur de sa découverte
La croyance que la vérité demeure inaccessible à toute recherche scientifique

La croyance en l’existence de la vérité et en la valeur de sa découverte

Explication

Dans *Le Gai savoir*, Nietzsche soutient que la science présuppose la croyance en l’existence de la vérité et en la valeur de sa découverte. L’exclusion des convictions personnelles relève d’une autre question, tandis que l’inaccessibilité de la vérité et la suffisance de l’opinion ne sont pas sa thèse ici.

14. Une voyageuse ne peut pas démontrer quel chemin mène à son but, mais son opinion sur l’itinéraire s’avère vraie et la guide efficacement. Comment Platon qualifie-t-il cette opinion dans le *Ménon* ?

Une opinion droite, utile pour guider l’action sans être démontrée
Une démonstration, qui prouve la vérité de l’itinéraire
Une opinion erronée, incapable d’orienter l’action
Un savoir établi, fondé sur des motifs objectifs

Une opinion droite, utile pour guider l’action sans être démontrée

Explication

Pour Platon, une opinion droite est vraie sans être démontrée et peut néanmoins guider efficacement l’action. La prendre pour un savoir confond vérité utile et justification objective; une opinion fausse ou une démonstration ne correspond pas à la situation décrite.

15. Dans une assemblée démocratique, des citoyens confrontent leurs opinions avant de choisir une mesure, sans que tous soient nécessairement d’accord. Quel rôle ce débat peut-il jouer ?

Exiger l’accord unanime avant toute prise de décision
Faire émerger un consensus ou un point de vue majoritaire éclairant la décision
Établir une vérité définitive par vérification expérimentale
Remplacer la confrontation des idées par l’avis d’une autorité

Faire émerger un consensus ou un point de vue majoritaire éclairant la décision

Explication

La liberté d’opinion et le débat d’idées permettent de faire émerger un consensus ou, à défaut, un point de vue majoritaire pour éclairer une décision. La vérification expérimentale appartient à une autre démarche; l’unanimité et l’avis d’une autorité ne sont pas requis.

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Qu’est-ce que l’opinion ?

Une adhésion subjective à une proposition tenue pour vraie sans examen ni justification suffisants.

Qu’est-ce qui distingue la croyance du savoir ?

La croyance repose sur des motifs subjectifs, tandis que le savoir repose sur des motifs objectifs.

Quelle œuvre de Bachelard associe l’opinion aux besoins et à l’obstacle scientifique ?

La Formation de l’esprit scientifique.

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