Fiche de révision : Infections urinaires

Plan du Cours

  1. Mécanismes et facteurs favorisants
  2. Colonisation ou infection
  3. Reconnaître les tableaux cliniques
  4. Évaluer gravité et complications
  5. Examens et résistance bactérienne
  6. Traiter et prévenir
  7. Surveillance des sondes urinaires

1. Mécanismes et facteurs favorisants

★ À maîtriser

  • 🔄 La contamination ascendante suit les étapes suivantes:
    1. Flore digestive
    2. Périnée
    3. Méat
    4. Vessie
    5. Reins
  • Les facteurs urinaires favorisants sont les anomalies qui gênent l'écoulement ou vident mal la vessie, notamment la lithiase, la sténose, l'adénome prostatique, le reflux, la vessie neurologique et les dispositifs ou gestes urinaires.

Compléments

  • Les infections urinaires sont beaucoup plus fréquentes chez la femme en raison de la brièveté de l'urètre, avec des pics au début de l'activité sexuelle et après la ménopause.

  • Chez l'homme après 50 ans, une infection urinaire doit faire rechercher une uropathie ou une pathologie prostatique.

  • Les facteurs généraux favorisants comprennent: activité sexuelle, déshydratation, macération, hygiène inadaptée, constipation, diarrhée, ménopause, grossesse, prolapsus, infections génitales, diabète et immunodépression

Astuce mémo

Flore digestive → périnée → méat → vessie → reins

2. Colonisation ou infection

★ À maîtriser

  • Une infection urinaire associe des bactéries dans les urines à des symptômes, tandis qu'une colonisation correspond à un ECBU positif sans aucun symptôme.

  • Une colonisation urinaire ne se traite pas, car le traitement est inefficace, ne prévient aucune infection et sélectionne des résistances, sauf pendant la grossesse après le premier trimestre ou avant un geste urologique programmé.

  • En l'absence de symptômes urinaires ou de fièvre, il ne faut pas réaliser d'ECBU, car un ECBU ne se prélève jamais simplement « pour voir ».

Compléments

  • Sur sonde urinaire, la colonisation est très fréquente et concerne 100 % des sondes à quatre semaines.

Astuce mémo

Symptômes présents = infection ; ECBU positif isolé = colonisation

3. Reconnaître les tableaux cliniques

Notions clés & Définitions

  • Cystite aiguë : Associe pollakiurie, brûlures mictionnelles, dysurie ou urgenturie, parfois douleurs hypogastriques, urines troubles, malodorantes ou hématuriques, sans fièvre, frissons ni douleur lombaire.
  • Pyélonéphrite aiguë : Associe habituellement fièvre élevée, frissons et douleur lombaire uni- ou bilatérale avec ébranlement douloureux, tandis que les signes urinaires peuvent être discrets ou absents.
  • Prostatite aiguë : Associe fièvre élevée, frissons et signes urinaires de cystite avec toucher rectal douloureux, prostate turgescente et parfois rétention aiguë d'urine.

★ À maîtriser

📌 Une infection urinaire simple concerne une femme sans facteur de risque de complication, tandis qu'une infection à risque de complication comporte au moins un facteur comme le sexe masculin, la grossesse, une anomalie urinaire ou une insuffisance rénale sévère.

Compléments

  • Une cystite récidivante correspond à au moins 4 épisodes en 12 mois.

Astuce mémo

Cystite sans fièvre ; pyélonéphrite avec fièvre et douleur lombaire

4. Évaluer gravité et complications

★ À maîtriser

  • Le qSOFA comprend: fréquence respiratoire ≥ 22/min, pression artérielle systolique ≤ 100 mmHg, trouble inhabituel de la conscience avec Glasgow < 15

📌 Un score qSOFA ≥ 2 sur 3 indique un risque de mortalité par sepsis supérieur à 10 % et impose des constantes complètes puis un appel médical sans attendre.

📌 Une pyélonéphrite sur obstacle nécessite un drainage en urgence, car l'antibiotique seul ne suffit pas.

Compléments

  • Les signes imposant un appel comprennent: frissons intenses, fréquence cardiaque > 90/min, température > 39 °C ou hypothermie, oligurie ou anurie, globe vésical ou rétention aiguë d'urine, vomissements empêchant le traitement oral, fièvre persistant au-delà de 72 heures d'antibiothérapie adaptée

Astuce mémo

qSOFA : Respiration, Pression, Conscience

5. Examens et résistance bactérienne

Notions clés & Définitions

  • Résistance bactérienne : Caractère de la bactérie qui permet à celle-ci de survivre à un antibiotique, et non un caractère acquis par le patient.

★ À maîtriser

  • 🔄 La réalisation de la bandelette urinaire comporte:
    1. urines fraîches
    2. deuxième jet
    3. lecture à une minute
    4. recherche des leucocytes et des nitrites

📌 L'ECBU est indiqué notamment en cas de cystite à risque, pyélonéphrite, infection masculine, grossesse, récidive ou fièvre sans étiologie, mais il est inutile dans la cystite simple de la femme.

  • L'ECBU se prélève avant tout antibiotique, après désinfection du méat, sur des urines fraîches de milieu de jet dans un flacon stérile, puis il est transporté sans délai ou conservé à 4 °C moins de 12 heures.

  • Une leucocyturie est significative au-delà de 10 000/ml, tandis que la bactériurie significative varie selon le germe et le sexe, de 10³ à 10⁵ UFC/ml.

Compléments

  • Les entérobactéries représentent 95 % des cas, avec Escherichia coli en tête, puis Proteus et Klebsiella.

Astuce mémo

Prélever → transporter → identifier → antibiogramme

6. Traiter et prévenir

★ À maîtriser

📌 Le traitement d'une cystite simple repose sur une antibiothérapie courte par une molécule à élimination urinaire, notamment fosfomycine-trométamol, pivmécillinam ou nitrofurantoïne.

  • Les durées de traitement sont:

    • cystite simple : 1 à 5 jours
    • cystite à risque ou récidivante : 7 jours
    • pyélonéphrite aiguë : 7 à 10 jours
    • cystite masculine : 7 jours
    • prostatite aiguë : 14 jours, ou 21 jours si abcès non drainé
  • 🔄 La réévaluation de l'antibiothérapie comprend:

    1. réévaluation à 48–72 heures
    2. désescalade selon l'antibiogramme
    3. relais oral lorsque cela est possible
  • La prévention des infections urinaires sur sonde repose sur la limitation des indications et de la durée, la réévaluation quotidienne de son utilité, une pose aseptique, le maintien d'un système clos, un sac sous le niveau de la vessie et des prélèvements à la bague désinfectée.

Compléments

📌 La nitrofurantoïne est contre-indiquée si le DFG est inférieur à 45 ml/min et ne doit jamais être utilisée en traitement prolongé ou répété.

Astuce mémo

Sonde prolongée → biofilm et colonisation ; retrait précoce → prévention

7. Surveillance des sondes urinaires

★ À maîtriser

  • Le sondage urinaire est le principal facteur de risque d'infection urinaire nosocomiale, et le risque augmente avec chaque jour de sondage jusqu'à 100 % de colonisation à quatre semaines.

📌 Au quotidien, il ne faut jamais déconnecter le système clos, le sac doit rester sous le niveau de la vessie et ne jamais être posé au sol, et la vidange se fait par le bas.

Compléments

📌 Lors de la pose d'une sonde, il faut réaliser une toilette périnéale à l'antiseptique, une friction hydro-alcoolique, porter des gants stériles et respecter une asepsie rigoureuse.

Astuce mémo

Système clos et sac déclive ; jamais de déconnexion ni de sac au sol

Tableaux de synthèse

Principaux tableaux d'infection urinaire

TableauSignes dominantsExamens ou conduite
Cystite aiguëBrûlures, pollakiurie, sans fièvre ni douleur lombaireBU chez la femme simple ; pas d'ECBU ni d'imagerie
Pyélonéphrite aiguëFièvre, frissons, douleur lombaireECBU, hémocultures, biologie et imagerie à la recherche d'un obstacle
Prostatite aiguëFièvre, signes urinaires, toucher rectal douloureuxECBU avec antibiogramme indispensable ; rechercher une rétention

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1. Quel trajet décrit le mieux la contamination urinaire ascendante la plus fréquente ?

2. Quel ensemble comprend des facteurs urinaires favorisant une infection en gênant l'écoulement ou la vidange vésicale ?

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Quel est le trajet de la contamination urinaire ascendante ?

Flore digestive → périnée → méat → vessie → reins.

Quelle voie d'infection urinaire est rare ?

La voie hématogène.

Quels types d'anomalies urinaires favorisent les infections ?

Celles qui gênent l'écoulement ou vident mal la vessie.

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