Fiche de révision : Médicaments digestifs

Plan du Cours

  1. Fonctions digestives et RGO
  2. Ulcère gastroduodénal et antiacides
  3. Antisécrétoires gastriques
  4. Antispasmodiques digestifs
  5. Médicaments de la sphère hépatique
  6. Nausées, vomissements et antiémétiques
  7. Antagonistes sérotoninergiques et NK1
  8. Antihistaminiques et scopolamine
  9. Constipation et laxatifs
  10. Diarrhée et traitements symptomatiques
  11. Traitements des maladies inflammatoires intestinales
  12. Pathologies anales et traitements

1. Fonctions digestives et RGO

Notions clés & Définitions

  • Reflux gastro-œsophagien : La remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage, liée à une défaillance du système anti-reflux.

★ À maîtriser

  • Le système digestif transforme les molécules organiques des aliments en éléments plus simples, physiquement et chimiquement, afin de permettre leur passage à travers la paroi digestive et leur absorption dans le sang ou la lymphe.

  • Les trois processus fondamentaux de la fonction digestive sont :

    • la motricité
    • la sécrétion
    • l’absorption
  • Les brûlures rétrosternales ascendantes et les régurgitations acides ou alimentaires sont les deux symptômes très évocateurs du RGO et permettent de poser le diagnostic sans exploration chez neuf malades sur dix.

Compléments

  • En France, 30 à 45 % des adultes déclarent avoir ressenti au moins une fois dans le mois des symptômes évocateurs de RGO, et 5 à 10 % en ressentent quotidiennement.

📌 Le reflux devient pathologique lorsqu’il provoque des symptômes ou des lésions de la muqueuse œsophagienne.

2. Ulcère gastroduodénal et antiacides

Notions clés & Définitions

  • Ulcère gastroduodénal : Une plaie profonde de la paroi interne de l’estomac ou du duodénum, favorisée notamment par une inflammation chronique.

★ À maîtriser

  • Helicobacter pylori colonise uniquement la muqueuse de l’estomac et peut provoquer une gastrite favorisant l’ulcère gastroduodénal.

  • Les AINS, y compris l’aspirine, peuvent provoquer des ulcères gastroduodénaux médicamenteux et leur effet toxique persiste environ deux mois après l’arrêt du traitement.

  • En cas d’infection par Helicobacter pylori, une trithérapie associant un IPP à l’amoxicilline et à la clarithromycine est prescrite pendant 7 à 14 jours et permet d’éradiquer la bactérie dans 85 à 95 % des cas.

Compléments

  • Les autres facteurs favorisants cités sont :

    • le tabagisme chronique
    • l’alcoolisme chronique
    • le stress prolongé
    • l’alimentation
  • Les mesures hygiéno-diététiques citées comprennent : attendre au moins trois heures après le dîner avant de se coucher, surélever la tête du lit, arrêter de fumer, réduire les repas copieux, éviter les efforts physiques après les repas

3. Antisécrétoires gastriques

★ À maîtriser

  • Les alginates, comme le Gaviscon, flottent au-dessus du contenu gastrique et limitent les remontées d’acide, tandis que les antiacides tamponnent l’acidité gastrique.

📌 Les antiacides et alginates doivent être espacés d’au moins deux heures des autres médicaments, voire de quatre heures avec les antibiotiques de la famille des quinolones.

Compléments

  • Les gels visqueux de polysilane ou de Gaviscon forment une barrière physique qui s’oppose au reflux et s’interpose entre la paroi œsophagienne et le liquide gastrique irritant.

  • L’absorption des antiacides et alginates est très faible, de 1 % à 2 %, et la fraction absorbée est principalement éliminée par voie rénale.

  • Les sels d’aluminium peuvent provoquer une constipation, les sels de magnésium une diarrhée, et l’insuffisance rénale expose à une accumulation d’aluminium pouvant entraîner une encéphalopathie.

  • Chez les enfants présentant un dysfonctionnement rénal connu ou supposé, l’alginate de sodium ne doit pas être utilisé en raison du risque d’hypernatrémie.

Astuce mémo

Blocage de la pompe H+/K+ → baisse de l’acidité gastrique

4. Antispasmodiques digestifs

Notions clés & Définitions

  • Pompe à protons : Une protéine transmembranaire du pôle apical des cellules pariétales du fundus, responsable de la sécrétion d’ions H+ dans l’estomac.

★ À maîtriser

  • L’histamine, l’acétylcholine et la gastrine stimulent la pompe à protons, directement ou indirectement.
  • Les inhibiteurs de la pompe à protons, ou IPP, inhibent spécifiquement et irréversiblement la pompe à protons, diminuant ainsi la sécrétion gastrique d’ions H+ et l’acidité gastrique.

  • Malgré une demi-vie d’environ une heure, les IPP bloquent les pompes pendant 24 heures et se prennent une fois par jour avant le premier repas de la journée.

📌 Les IPP sont contre-indiqués avec certains antiviraux comme l’atazanavir, nécessitent des précautions avec les antifongiques azolés et peuvent réduire l’activation du clopidogrel via l’inhibition du CYP2C19 par l’oméprazole ou l’ésoméprazole.

  • Les anti-H2 bloquent l’action de l’histamine sur les récepteurs H2 des cellules pariétales et réduisent ainsi la sécrétion d’acide gastrique.

Compléments

  • L’action antisécrétoire des IPP est puissante et dose-dépendante, et atteint un plateau entre le troisième et le cinquième jour de traitement.

  • Les IPP cités sont :

    • l’oméprazole
    • l’ésoméprazole
    • le lansoprazole
    • le pantoprazole
    • le rabéprazole
  • Les IPP peuvent à long terme diminuer l’absorption du fer et du magnésium et sont associés à des risques d’anémie, de carence en magnésium, de carence en calcium avec fractures, d’infections pulmonaires ou ORL et de troubles neurologiques.

  • Les anti-H2 cités sont la cimétidine, la ranitidine et la famotidine, administrées une ou deux fois par jour par voie orale ou intraveineuse.

  • La cimétidine et, à un moindre degré, la ranitidine peuvent provoquer une gynécomastie, une hyperprolactinémie et une confusion mentale, notamment chez les personnes âgées ayant une insuffisance rénale.

Astuce mémo

Neurotropes : bloquent l’acétylcholine ; musculotropes : relâchent directement le muscle

5. Médicaments de la sphère hépatique

Notions clés & Définitions

  • Spasme : Un phénomène associant une contraction intense et durable des fibres musculaires lisses d’un organe creux et une douleur.

★ À maîtriser

📌 Les antispasmodiques neurotropes bloquent les récepteurs de l’acétylcholine, tandis que les antispasmodiques musculotropes agissent directement sur les muscles lisses pour les relâcher.

  • Les antispasmodiques sont utilisés contre les manifestations spasmodiques ou douloureuses du tube digestif, des voies biliaires, des voies urinaires et de l’utérus, notamment les coliques hépatiques et néphrétiques.

Compléments

  • Les antispasmodiques neurotropes atropiniques antagonisent les récepteurs muscariniques de l’acétylcholine et sont surtout réservés aux cas réfractaires, aux urgences et au milieu hospitalier.

  • Les effets indésirables atropiniques cités comprennent : la sécheresse buccale, la constipation, la mydriase et les troubles de l’accommodation, l’élévation de la pression intraoculaire, la tachycardie et les palpitations, la rétention urinaire, l’épaississement des sécrétions bronchiques

  • Les antispasmodiques musculotropes cités sont :

    • le phloroglucinol
    • la trimébutine
    • la mébévérine
    • le pinavérium
    • l’alvérine
  • Le phloroglucinol favorise la décontraction musculaire en inhibant l’entrée du calcium, tandis que la trimébutine agit comme agoniste enképhalinergique.

📌 Les antispasmodiques musculotropes sont généralement bien tolérés, ne présentent pas les effets indésirables atropiniques et peuvent être indiqués en cas de glaucome ou d’adénome prostatique.

  • L’association du phloroglucinol avec la morphine ou ses dérivés doit être évitée, car ces antalgiques majeurs ont un effet spasmogène qui annule l’effet antispasmodique.

  • Le Spasfon Lyoc agit en 12 à 20 minutes, contre 40 à 60 minutes pour le Spasfon classique.

  • Chez l’adulte, la dose maximale de Spasfon Lyoc est de trois lyophilisats à 160 mg ou six à 80 mg par jour, et chez l’enfant à partir de deux ans elle est de deux lyophilisats à 80 mg par jour.

6. Nausées, vomissements et antiémétiques

Notions clés & Définitions

  • Ictère : Une accumulation de bilirubine dans le sang traduisant une défaillance de la sécrétion de bile, souvent accompagnée d’urines foncées et de selles décolorées.
  • Nausée : Une sensation subjective de malaise gastrique accompagnée d’une envie de vomir, sans vomissement nécessairement.
  • Vomissement : L’expulsion orale forcée du contenu gastrique par des contractions synchronisées du diaphragme et des muscles abdominaux et intercostaux, avec fermeture de la glotte pour protéger les voies respiratoires.

★ À maîtriser

  • Le foie participe au métabolisme des nutriments, à la détoxification du sang, à la production de bile et à la synthèse de protéines essentielles.

  • Les antiviraux contre l’hépatite B bloquent des étapes clés du cycle viral pour empêcher la multiplication et la propagation du virus, sans l’éliminer directement.

  • En cas d’hépatite toxique ou médicamenteuse, l’arrêt du médicament ou du toxique en cause est obligatoire et sa réintroduction peut être gravissime.

  • Les structures qui transmettent des informations au centre du vomissement comprennent : le tube digestif, le cortex cérébral, l’appareil vestibulaire, la zone gâchette sensible aux toxines et aux médicaments

  • Les antiémétiques sont le plus souvent des antagonistes des récepteurs des neurotransmetteurs excitateurs du centre du vomissement.

📌 La dompéridone exerce une action antagoniste dopaminergique périphérique seule, tandis que la métopimazine, le métoclopramide, l’halopéridol et le dropéridol ont une action périphérique et centrale.

📌 La métopimazine et le métoclopramide peuvent antagoniser l’action des neuroleptiques dopaminergiques, de la L-DOPA et des IMAO-B.

  • L’halopéridol et le dropéridol ont une action antiémétique centrale élevée et traversent largement la barrière hémato-encéphalique, entraînant des effets centraux marqués.

Compléments

  • Le prurit généralisé peut être un symptôme de certaines pathologies hépatiques comme la cholestase, et une hépatomégalie peut être détectée à la palpation abdominale.

  • Le bilan initial des maladies hépatiques peut comprendre des analyses des transaminases, de la gamma-GT et de la bilirubine, des sérologies virales et une échographie abdominale, complétées si nécessaire par un FibroScan ou une IRM.

  • Les antiviraux cités contre l’hépatite B sont :

    • la telbivudine
    • le ténofovir
    • l’entécavir
    • l’adéfovir
    • la lamivudine
  • Pour l’hépatite B, l’interféron alpha pégylé est administré en injection sous-cutanée hebdomadaire afin de réduire la charge virale et de stimuler la réponse immunitaire contre le virus.

  • Les effets indésirables fréquents de l’interféron alfa comprennent un syndrome grippal, de la fatigue, une perte d’appétit ou de poids, des troubles digestifs, des rougeurs cutanées et des effets psychiques allant de l’irritabilité à la dépression sévère.

Astuce mémo

Pylore fermé, estomac contracté, cardia ouvert : le contenu est expulsé

7. Antagonistes sérotoninergiques et NK1

★ À maîtriser

  • Les sétrons comprennent l’ondansétron (Zophren), le granisétron (Kytril) et le palonosétron (Aloxi), antagonistes sélectifs des récepteurs sérotoninergiques 5-HT3.

  • Les sétrons exercent une action antiémétique puissante en agissant sur le centre du vomissement et ont aussi une action périphérique par blocage du tonus vagal du tractus gastro-intestinal.

  • L’aprépitant et le fosaprépitant sont des antagonistes sélectifs de haute affinité des récepteurs NK1 de la substance P ; le fosaprépitant est une prodrogue de l’aprépitant.

Compléments

  • Les sétrons sont surtout utilisés pour prévenir et traiter les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie ou la radiothérapie, ainsi que les vomissements postopératoires.

  • L’association des sétrons avec les corticoïdes, notamment la méthylprednisolone, a un effet synergique antiémétique.

  • Les effets indésirables des sétrons comprennent des troubles du rythme cardiaque, un allongement du QT, des céphalées, des flushs, de la constipation et une hypersensibilité.

📌 Les sétrons sont contre-indiqués en cas d’hypersensibilité ou d’association à des médicaments torsadogènes, notamment des hypokaliémiants, des bradycardisants ou des macrolides.

📌 Un ECG est à surveiller lors de l’administration intraveineuse d’un sétron chez les patients présentant des facteurs de risque cardiaques.

  • Les sétrons n’agissent pas sur les récepteurs dopaminergiques, muscariniques ou histaminiques et ne provoquent donc pas d’effets extrapyramidaux, anticholinergiques ou antihistaminiques tels que sédation et somnolence.

  • L’aprépitant est indiqué dans la prévention des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie et est souvent associé à un corticoïde et à un sétron.

  • La posologie de l’aprépitant est de 125 mg par voie orale à J1, une heure avant la chimiothérapie, puis de 80 mg par voie orale le matin à J2 et J3.

📌 L’aprépitant agit sur les CYP3A4, par métabolisme, induction et inhibition, ce qui impose des précautions avec les médicaments métabolisés par ces enzymes.

📌 L’aprépitant est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité, pendant la grossesse et l’allaitement, et avec le pimozide ou le cisapride en raison du risque de torsades de pointe.

8. Antihistaminiques et scopolamine

Notions clés & Définitions

  • Antihistaminiques H1 : Médicaments qui bloquent les récepteurs H1 au niveau central et vestibulaire.

★ À maîtriser

📌 Les antihistaminiques sont indiqués en prévention et traitement du mal des transports, mais ne sont pas indiqués pour traiter les vomissements en général.

  • La scopolamine antagonise compétitivement l’acétylcholine en bloquant les récepteurs muscariniques centraux et périphériques, ce qui diminue la motilité intestinale et les spasmes digestifs, réduit les sécrétions salivaires et bronchiques, entraîne une sédation et une légère tachycardie, et augmente la viscosité des sécrétions.

Compléments

  • La méclozine, la diphénhydramine et le diménhydrinate sont des antihistaminiques utilisés notamment contre le mal des transports.

  • La doxylamine associée à la vitamine B6 est indiquée contre les nausées et vomissements de la grossesse, surtout lorsque les traitements classiques échouent.

  • Les effets indésirables des antihistaminiques comprennent la sédation et la somnolence, ainsi que de faibles effets anticholinergiques pouvant provoquer sécheresse buccale, constipation, troubles de l’accommodation et rétention urinaire.

📌 Les antihistaminiques sont contre-indiqués en cas d’hypersensibilité, de glaucome à angle fermé ou d’hypertrophie bénigne de la prostate ; la grossesse et l’allaitement sont des contre-indications sauf pour la doxylamine utilisable pendant la grossesse.

  • La scopolamine est indiquée pour : la prévention des symptômes du mal des transports, les râles agoniques liés à l’accumulation de sécrétions des voies respiratoires supérieures, les spasmes digestifs et douleurs abdominales, notamment coliques hépatiques

  • Les effets centraux indésirables de la scopolamine comprennent somnolence, troubles de la mémoire, confusion et hallucinations.

  • Les effets périphériques indésirables de la scopolamine comprennent sécheresse buccale, constipation, troubles de l’accommodation, rétention urinaire et risque de poussée de glaucome par fermeture de l’angle ; des réactions cutanées localisées ou généralisées peuvent aussi survenir.

📌 La scopolamine est contre-indiquée en cas d’hypersensibilité, de glaucome à angle fermé, d’hypertrophie bénigne de la prostate, chez l’enfant de moins de 15 ans et pendant la grossesse.

9. Constipation et laxatifs

Notions clés & Définitions

  • Constipation : Diminution de la fréquence des selles associée à une difficulté à les évacuer, notamment lorsque le transit colique est trop lent et que les selles deviennent rares ou dures.

★ À maîtriser

📌 Le premier traitement de la constipation repose sur des changements d’hygiène de vie comprenant une alimentation riche en fibres, l’activité physique et une hydratation suffisante.

📌 Les laxatifs osmotiques attirent l’eau dans l’intestin, les laxatifs de lest augmentent le volume des selles, les stimulants accélèrent le transit, les lubrifiants ramollissent les selles, les laxatifs locaux stimulent le rectum et les antagonistes des récepteurs mu opioïdes réduisent la constipation provoquée par les opioïdes.

  • Les laxatifs osmotiques retiennent l’eau dans l’intestin par effet osmotique et leur effet débute généralement après 24 à 48 heures.
  • Les laxatifs de lest retiennent l’eau, augmentent le volume et la teneur en fibres des selles en formant un gel, et agissent généralement en un à trois jours.

  • Les laxatifs stimulants irritent la muqueuse rectosigmoïdienne, augmentent la sécrétion colique d’eau et d’électrolytes et stimulent les contractions digestives, déclenchant l’exonération.

📌 Les laxatifs stimulants doivent être utilisés brièvement, au maximum huit à dix jours, car un usage régulier peut entraîner accoutumance, troubles intestinaux et perte de potassium pouvant provoquer des troubles du rythme cardiaque.

  • Les laxatifs locaux rectaux stimulent la muqueuse rectale et déclenchent le réflexe d’exonération, avec un effet généralement obtenu en cinq à soixante minutes.

  • La naldémédine antagonise les récepteurs opioïdes mu, delta et kappa dans les tissus digestifs, réduisant l’effet constipant des opioïdes sans neutraliser leurs effets sur le système nerveux central.

Compléments

  • Chez l’adulte, une constipation peut être évoquée lorsque le rythme habituel est perturbé avec moins de trois selles par semaine et des selles plus dures.

  • La constipation peut s’accompagner d’inconfort abdominal, de crampes, de ballonnements, de selles peu abondantes et d’une sensation d’évacuation incomplète.

  • Les causes de constipation occasionnelle comprennent un changement d’habitudes quotidiennes (voyage, modification alimentaire, stress, immobilisation, alitement ou hospitalisation), les derniers mois de grossesse, un médicament temporaire contre la douleur et le fait de se retenir d’aller à la selle.

  • Les causes de constipation chronique comprennent une alimentation pauvre en fibres ou en eau, un apport calorique faible, une activité physique réduite ou l’alitement, certains médicaments, des maladies intestinales ou d’autres maladies telles que diabète, hypothyroïdie, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, dépression et troubles anxieux.

  • Les laxatifs osmotiques sont à utiliser en première intention et sont contre-indiqués en cas de maladie inflammatoire du côlon, de syndrome occlusif ou subocclusif, ou de douleurs abdominales de cause indéterminée.

  • Les effets indésirables des laxatifs osmotiques comprennent ballonnements, douleurs abdominales, flatulences et diarrhée, et les polyols peuvent provoquer des effets liés à la fermentation.

📌 Une hydratation suffisante est recommandée avec tous les laxatifs osmotiques afin de favoriser leur efficacité.

10. Diarrhée et traitements symptomatiques

Notions clés & Définitions

  • Diarrhée : Émission d’au moins trois selles liquides ou molles par jour.

★ À maîtriser

  • Les traitements antidiarrhéiques symptomatiques comprennent :
    • les ralentisseurs du transit
    • les antisécrétoires
    • les pansements ou adsorbants digestifs

📌 La priorité du traitement de la diarrhée est d’éviter la déshydratation par hydratation, adaptation alimentaire et, si nécessaire, solution de réhydratation orale ; un traitement spécifique dépend de la cause.

  • Le lopéramide ralentit le péristaltisme intestinal, allonge le temps de passage, réduit les pertes d’eau et de sels minéraux dans les selles et augmente le tonus du sphincter anal.

  • Le racécadotril inhibe les enképhalinases qui détruisent les enképhalines protectrices de l’intestin, réduisant ainsi l’hypersécrétion d’eau et d’électrolytes sans ralentir le transit.

Compléments

  • Les principales causes de diarrhée sont : les infections virales ou bactériennes, la prise de médicaments, comme les antibiotiques, les intolérances alimentaires

  • La préparation de solution de réhydratation orale recommandée par l’OMS contient, par litre d’eau stérile, 3,5 g de chlorure de sodium, 2,5 g de bicarbonate de sodium, 1,5 g de chlorure de potassium et 20 g de glucose.

📌 Une solution de réhydratation orale en sachet se prépare avec un sachet dans 200 ml d’eau faiblement minéralisée, se conserve au réfrigérateur et s’utilise dans les 24 heures.

  • Les solutions de réhydratation orale contiennent des glucides autres que le lactose, des électrolytes sodium, potassium et chlorure, et des agents alcalinisants comme les citrates ou les bicarbonates, parfois des vitamines.

  • Chez l’adulte, la posologie du lopéramide est de 4 mg initialement, puis 2 mg par selle liquide, sans dépasser 16 mg par jour.

📌 Le lopéramide ne doit pas dépasser sept jours de traitement et doit être arrêté dès amélioration ; il n’est pas recommandé en cas de diarrhée infectieuse invasive avec fièvre en raison du risque de rétention de toxines ou de diffusion de l’infection.

  • La posologie du racécadotril est de 100 mg initialement, puis de trois prises de 100 mg réparties dans la journée, avant les repas, pendant sept jours au maximum.

  • Les effets indésirables du racécadotril comprennent des céphalées, des rashs et des érythèmes ; il ne provoque pas de constipation secondaire.

📌 Le racécadotril est contre-indiqué en cas d’allergie, d’antécédent d’angio-œdème, de diarrhée bactérienne sévère avec fièvre, sang ou pus, ou de diarrhée consécutive à la prise d’antibiotiques ; il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.

  • La diosmectite et l’attapulgite sont des pansements digestifs utilisés dans les diarrhées aiguës en complément des mesures diététiques et de la réhydratation.

  • La posologie usuelle des pansements digestifs est de trois sachets par jour pendant sept jours, et leur principal effet indésirable est la constipation.

Astuce mémo

Perte d’eau → réhydratation prioritaire.

11. Traitements des maladies inflammatoires intestinales

★ À maîtriser

📌 La maladie de Crohn peut toucher toute partie du tube digestif, atteint souvent la fin de l’intestin grêle et le côlon, et infiltre toute l’épaisseur de la paroi ; la rectocolite hémorragique est limitée au côlon et au rectum, débute au rectum, s’étend de façon continue et touche la muqueuse superficielle.

  • Les 5-ASA, notamment la mésalamine et la sulfasalazine, agissent directement sur la paroi intestinale et sont souvent prescrits en première intention dans la rectocolite hémorragique légère à modérée.

📌 Les corticoïdes, notamment prednisolone, prednisone et budésonide, sont utilisés en cures courtes de quelques semaines pour calmer une poussée forte de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique et ne doivent pas être pris à long terme en raison de leurs effets secondaires.

Compléments

  • Les immunomodulateurs classiques utilisés dans les formes modérées à sévères comprennent l’azathioprine, la 6-mercaptopurine et le méthotrexate.

📌 Les immunomodulateurs classiques sont indiqués lorsque les corticoïdes ne suffisent plus ou pour réduire la dépendance aux corticoïdes, et leur plein effet demande plusieurs semaines ou mois.

  • Les traitements ciblés comprennent : les anti-TNF infliximab et adalimumab, l’anti-intégrine védolizumab, les anti-interleukines ustékinumab et risankizumab, les petites molécules orales upadacitinib et tofacitinib

Astuce mémo

5-ASA, corticoïdes, immunomodulateurs, biothérapies.

12. Pathologies anales et traitements

★ À maîtriser

📌 Les hémorroïdes sont un gonflement des veines de l’anus, la fissure anale est une petite coupure de la peau de l’anus, et l’abcès ou la fistule correspond à une infection sous la peau.

Compléments

  • Les hémorroïdes peuvent provoquer du sang rouge, une gêne et une douleur ; la fissure anale provoque une douleur vive pendant les selles et parfois un peu de sang ; un abcès peut provoquer une boule rouge très douloureuse, de la fièvre et un écoulement.

  • Les traitements des pathologies anales visent à soulager la douleur, faciliter l’évacuation, appliquer des traitements locaux et traiter la cause spécifique.

  • Les veinotoniques comme la diosmine sont administrés par voie orale à forte dose pendant quelques jours pour augmenter la résistance des vaisseaux et réduire le gonflement des veines hémorroïdaires.

  • La dose citée pour le Daflon est de 3 000 mg par jour, soit six comprimés de 500 mg.

  • Les crèmes antihémorroïdaires peuvent contenir un protecteur cutané comme l’oxyde de zinc ou un anesthésique local comme la lidocaïne pour calmer la brûlure.

📌 Les crèmes antihémorroïdaires s’appliquent matin et soir et après chaque selle, au maximum quatre fois par jour ; en l’absence d’amélioration après sept jours, il faut arrêter et consulter un médecin.

📌 Les crèmes proctologiques contenant des corticoïdes doivent être utilisées pendant une courte durée, au maximum quelques jours, pour éviter de fragiliser la peau.

Tableaux de synthèse

Laxatifs et mécanismes

TypeAction principaleDélai ou usage
OsmotiquesAttirent l’eau dans l’intestin24 à 48 heures
De lestAugmentent le volume des selles par rétention d’eau1 à 3 jours
StimulantsStimulent les sécrétions et les contractions intestinalesUsage bref
LubrifiantsLubrifient le contenu colique et ramollissent les selles24 à 48 heures
LocauxStimulent la muqueuse rectale5 à 60 minutes
Antagonistes muRéduisent l’effet constipant des opioïdesConstipation liée aux opioïdes

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Médicaments digestifs avec 41 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une personne prend des opioïdes et développe une constipation liée à ce traitement ; quelle classe de laxatifs cible particulièrement cette cause ?

2. Lors d’un reflux, quel mécanisme distingue les alginates des antiacides ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Médicaments digestifs avec 96 flashcards interactives.

Que transforme le système digestif en éléments plus simples ?

Les molécules organiques des aliments.

Quels sont les trois processus fondamentaux de la fonction digestive ?

La motricité, la sécrétion et l’absorption.

Qu’est-ce que le reflux gastro-œsophagien ?

La remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage, liée à une défaillance du système anti-reflux.

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