Fiche de révision : Œsophagite à éosinophiles

1. Épidémiologie et physiopathologie

Notions clés & Définitions

  • Œsophagite à éosinophiles : Inflammation chronique de l’œsophage caractérisée par des éosinophiles dans la muqueuse et une fibrose.
  • L’œsophagite à éosinophiles est la première cause de dysphagie chez le sujet jeune et sa prévalence est d’environ 50 cas pour 100 000 habitants.
  • Plus fréquente chez l’homme, 30-40 ans.

Allergènes et cofacteurs (RGO, dysbiose) fragilisent la barrière → inflammation, remodelage & fibrose.

2. Présentation clinique

★ À maîtriser

  • Plus de 80 % des patients avec OE = présente une dysphagie pour les solides, svt intermittente.

Compléments

  • Environ 30 % des patients ont connu au moins un épisode d’impaction alimentaire avant le diagnostic.

  • La perforation œsophagienne peut compliquer une impaction alimentaire, mais elle reste rare, dans moins de 1 % des cas.

  • Chez l’adulte, les patients peuvent prolonger la mastication, boire pendant les repas et éviter certains aliments ou situations pour réduire les symptômes.

  • Les manifestations possibles chez le jeune enfant sont :

    • des vomissements
    • des symptômes de RGO résistants aux IPP
    • des douleurs abdominales
    • un refus de s’alimenter
    • un retard de croissance

Astuce mémo

Adulte : dysphagie ; jeune enfant : alimentation, vomissements et croissance.

3. Endoscopie et biopsies diagnostiques

★ À maîtriser

  • L’endoscopie œso-gastro-duodénale avec biopsies œsophagiennes est l’examen clé du diagnostic, et une endoscopie macroscopiquement normale ne l’exclut pas.

  • Les aspects endoscopiques possibles sont :

    • l’œdème
    • les anneaux
    • les exsudats blanchâtres
    • les stries longitudinales
    • les sténoses

📌 En cas de dysphagie sans cause évidente, des biopsies œsophagiennes doivent être réalisées même si l’endoscopie est normale, y compris lors d’une endoscopie pour impaction alimentaire.

📌 Au minimum 6 biopsies doivent être prélevées à différents niveaux de l’œsophage, dans les zones anormales et dans la muqueuse d’aspect normal.

Compléments

  • Environ 25 % des patients présentent une sténose au moment du diagnostic, et une endoscopie macroscopiquement normale est rapportée dans 10 à 30 % des cas par les recommandations récentes.

  • Le score EREFS gradue les anomalies endoscopiques et sert à évaluer la réponse dans les essais thérapeutiques, mais n’a pas d’intérêt diagnostique.

Astuce mémo

EREFS : œdème, anneaux, exsudats, stries, sténose.

4. Histologie et explorations complémentaires

★ À maîtriser

📌 Le diagnostic histologique est retenu devant plus de 15 éosinophiles par champ à fort grossissement sur au moins une biopsie, soit environ 60 éosinophiles par mm².

📌 Les tests allergologiques ne sont pas recommandés systématiquement pour diagnostiquer l’œsophagite à éosinophiles ou guider son régime d’éviction, sauf en présence de signes d’allergie alimentaire immédiate.

Compléments

  • Les signes histologiques associés possibles sont :

    • les micro-abcès à éosinophiles
    • l’hyperplasie de la zone basale
    • la dilatation des espaces intercellulaires
    • une couche superficielle d’éosinophiles
    • la fibrose de la lamina propria
  • Les diagnostics différentiels à rechercher selon le contexte sont :

    • la gastroentérite à éosinophiles
    • le syndrome hyperéosinophilique
    • l’achalasie
    • la maladie de Crohn
    • les infections parasitaires
    • certaines connectivites
    • l’hypersensibilité à un médicament

📌 Le TOGD aide à évaluer les sténoses et l’œsophage de petit calibre, tandis que la manométrie est réservée à la recherche d’un trouble moteur si les symptômes persistent malgré la disparition de l’éosinophilie.

5. Traitement de première intention

★ À maîtriser

  • Les trois modalités thérapeutiques sont :
    • les médicaments
    • le régime d’éviction
    • la dilatation endoscopique

📌 Les IPP, les corticoïdes locaux et les régimes d’éviction sont les traitements de première intention selon les recommandations internationales, avec un choix adapté aux préférences du patient.

📌 La réponse au traitement doit être évaluée cliniquement et histologiquement, car l’amélioration des symptômes ne suffit pas à documenter la rémission.

Compléments

📌 En France, le budésonide orodispersible a une AMM pour l’œsophagite à éosinophiles après échec des IPP, alors que les recommandations internationales proposent les corticoïdes locaux parmi les options de première intention.

  • 🔄 La démarche en cas d’échec consiste à : confirmer la persistance des symptômes et de l’éosinophilie, rechercher une sténose ou une autre cause des symptômes, adresser le patient à un centre expert, discuter une diète élémentaire ou une biothérapie

Astuce mémo

Les 3 D : drogues, diète, dilatation.

6. IPP et corticothérapie locale

★ À maîtriser

  • Les IPP induisent une rémission histologique chez environ 50 % des patients et une rémission clinique chez 60 % des patients.

  • Le consensus européen de 2017 recommande l’oméprazole à 20 à 40 mg deux fois par jour, ou un équivalent, pendant 8 à 12 semaines pour le traitement d’attaque.

  • Le budésonide orodispersible à 1 mg matin et soir induit une rémission clinico-histologique chez 58 % des patients après 6 semaines et chez 85 % après 12 semaines.

Compléments

  • Les IPP peuvent agir en réduisant le RGO, la perméabilité épithéliale et la sécrétion d’éotaxine 3.

  • À l’arrêt des IPP, les symptômes récidivent généralement en 3 à 6 mois ; un traitement d’entretien à la dose minimale efficace est conseillé.

  • Sous IPP, la rémission est maintenue à long terme chez 70 à 80 % des patients.

  • Les formes visqueuses ou effervescentes de corticoïdes locaux sont plus efficaces que le spray dégluti pour induire la rémission.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Œsophagite à éosinophiles avec 17 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique définit l’œsophagite à éosinophiles sur le plan tissulaire ?

2. Chez un adulte jeune présentant une dysphagie, quelle place épidémiologique occupe l’œsophagite à éosinophiles ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Œsophagite à éosinophiles avec 44 flashcards interactives.

Qu’est-ce que l’œsophagite à éosinophiles ?

Une inflammation chronique de l’œsophage avec des éosinophiles dans la muqueuse et une fibrose.

Quelle est la première cause de dysphagie chez le sujet jeune ?

L’œsophagite à éosinophiles.

Quelle est la prévalence de l’œsophagite à éosinophiles ?

Environ 50 cas pour 100 000 habitants.

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