Fiche de révision : Voies locales et pharmacocinétique

Plan du Cours

  1. Définition et composition du médicament
  2. Préparation et conditionnement des médicaments
  3. Origine et développement du médicament
  4. Génériques et circuit du médicament
  5. Erreurs médicamenteuses et prévention
  6. Phase pharmaceutique et voies d’administration
  7. Formes orales solides
  8. Formes orales liquides
  9. Voies systémiques non orales
  10. Voies locales et respiratoires
  11. Autres voies locales
  12. Absorption et biodisponibilité
  13. Distribution et métabolisme
  14. Élimination des médicaments
  15. Cinétique plasmatique
  16. Mécanismes pharmacodynamiques
  17. Effets indésirables et pharmacodépendance
  18. Interactions médicamenteuses

1. Définition et composition du médicament

Notions clés & Définitions

  • Médicament : La définition légale de l’Union européenne, comprenant celle de la loi belge du 25 mars 1964, qualifie de médicament toute substance ou composition présentée comme curative ou préventive des maladies humaines ou animales, ou utilisée ou administrée pour restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques, exercer une action pharmacologique, immunologique ou métabolique, ou établir un diagnostic médical.
  • Principe actif : Molécule responsable de l’effet thérapeutique du médicament.
  • Excipient : Molécule sans activité pharmacologique qui contribue à donner au médicament sa forme finale et à faciliter sa manipulation et son administration.

★ À maîtriser

  • Le principe actif peut être désigné par son nom scientifique, sa dénomination commune internationale (DCI) ou sa dénomination commerciale ; une même molécule peut être vendue par différentes firmes sous des noms commerciaux différents.

Compléments

  • En milieu hospitalier, sont considérés comme médicaments : les spécialités pharmaceutiques, les préparations magistrales, les produits pharmaceutiques courants, les antiseptiques et désinfectants, les produits diététiques enregistrés, le matériel médico-chirurgical stérile, les implants et prothèses, les produits faisant l’objet d’essais cliniques, les échantillons médicaux destinés aux patients hospitalisés

  • Les excipients peuvent : définir la forme pharmaceutique et la voie d’administration, modifier la couleur, modifier le goût, protéger le principe actif, protéger le système digestif, servir de conservateurs, servir d’agents de texture, servir de liants

  • Les excipients à effet notoire peuvent être mal tolérés par certains patients et doivent être signalés dans les mentions légales du médicament et sur son emballage externe.

2. Préparation et conditionnement des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Spécialité pharmaceutique : Médicament préparé à l’avance, mis sur le marché sous une dénomination spéciale et dans un conditionnement particulier.
  • Conditionnement primaire : Emballage directement en contact avec le médicament ; il le protège, facilite son emploi et permet son identification, notamment grâce au nom, au dosage, au numéro de lot et à la date de péremption.
  • Traitement substitutif : Traitement qui remplace directement ou indirectement, provisoirement ou durablement, un constituant naturel de l’organisme dont le défaut total ou partiel provoque une maladie.

★ À maîtriser

📌 Les préparations magistrales, préparées par le pharmacien ou l’assistant en pharmacie à partir de matières premières, nécessitent toujours une prescription et peuvent être remboursées, tandis que les préparations officinales sont réalisées à partir d’une pharmacopée ou du Formulaire Thérapeutique Magistral, sans prescription et sans remboursement.

📌 Une spécialité pharmaceutique ne peut être commercialisée sans autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par les autorités administratives.

  • Les médicaments préventifs sont administrés à un sujet sain pour le protéger contre une maladie future, comme les vaccins, ou pour modifier temporairement un processus physiologique, comme les contraceptifs.

📌 Les médicaments qui suppriment la cause de la maladie, comme les anti-infectieux qui tuent les germes responsables de l’infection, peuvent permettre la guérison, tandis que les médicaments symptomatiques atténuent les troubles sans s’attaquer à la cause.

Compléments

  • La préparation magistrale permet : d’individualiser la posologie selon l’âge, le poids ou l’évolution de l’affection, d’adapter la composition à la sensibilité du patient, d’associer des principes actifs lorsque cela est prescrit judicieusement, de choisir une forme pharmaceutique adaptée au traitement
  • Une spécialité pharmaceutique comprend :
    • un ou plusieurs principes actifs
    • des excipients
    • un conditionnement primaire
    • une notice d’information
    • un conditionnement secondaire
  • Le conditionnement secondaire doit porter :

    • le nom commercial enregistré
    • la DCI
    • la forme galénique et le dosage
    • le nom et l’adresse du titulaire de l’AMM
    • le numéro d’enregistrement ou d’AMM
    • le numéro de lot
    • la date de péremption
  • Les carences traitées par substitution peuvent être d’origine exogène, comme un apport vitaminique, ou endogène, comme l’insuffisance de production d’insuline chez le patient diabétique ou d’œstrogènes chez la femme ménopausée.

  • Les médicaments symptomatiques comprennent notamment :

    • les anti-inflammatoires
    • les antihypertenseurs
    • les analgésiques
    • les antipyrétiques

Astuce mémo

La préparation magistrale est prescrite ; l’officinale ne l’est pas.

3. Origine et développement du médicament

Notions clés & Définitions

  • Pharmacovigilance : Surveillance des médicaments après leur mise sur le marché afin de détecter, analyser et prévenir les effets indésirables en conditions réelles durant toute leur existence.

★ À maîtriser

  • Les principes actifs peuvent être d’origine :
    • végétale
    • animale
    • minérale
    • microbiologique
    • chimique
    • biotechnologique
  • Le développement d’un médicament dure généralement plus de 10 ans et la mise au point d’une nouvelle molécule représente un investissement de plus de 800 millions d’euros.

  • Les critères d’obtention d’une AMM sont :

    • la qualité
    • l’efficacité
    • la tolérance
  • Les essais cliniques durent 5 à 7 ans, sont conduits chez des volontaires malades ou sains selon les phases, et nécessitent leur consentement éclairé avant toute participation.

  • La phase I évalue la toxicité, la tolérance à court terme, la dose maximale tolérée et la pharmacocinétique, généralement chez 10 à 20 personnes saines, sauf en cancérologie.

  • La phase II évalue la relation dose-réponse, la posologie optimale, la tolérance à court terme et les interactions médicamenteuses chez 30 à 50 patients sélectionnés.

  • La phase III évalue l’efficacité par comparaison avec un placebo ou un traitement de référence et la tolérance à long terme dans des essais comparatifs en double aveugle, multicentriques et de longue durée, portant sur 100 à 10 000 patients sélectionnés.

  • Après sa commercialisation, le médicament reste sous surveillance lors de la phase IV, ou pharmacovigilance, qui s’applique à tous les médicaments et contribue à mieux connaître leurs risques.

  • Les essais cliniques des phases I, II et III portent sur un nombre limité de patients et peuvent ne pas révéler les effets indésirables rares, parfois détectés seulement après l’utilisation du médicament par des milliers de personnes.

  • Les objectifs de la pharmacovigilance sont de recueillir les signalements, analyser les risques, détecter les effets indésirables et interactions nouveaux, identifier les groupes à risque, surveiller la balance bénéfices-risques et la tolérance à long terme, repérer de nouvelles indications, informer les professionnels et le public, et prendre des mesures de sécurité si nécessaire.

  • Les titulaires d’AMM doivent désigner une personne responsable de la pharmacovigilance et transmettre des rapports selon le calendrier fixé par l’AMM ou la liste européenne des dates de référence ; à défaut, ils les transmettent au moins tous les 6 mois pendant les 2 premières années suivant la commercialisation, tous les ans pendant les 2 années suivantes, puis tous les 3 ans, pour les médicaments soumis à cette obligation.

  • En Belgique, l’AFMPS coordonne la pharmacovigilance via le Centre Belge de Pharmacovigilance, qui collecte et évalue les signalements, propose des mesures de sécurité, diffuse l’information et participe à EudraVigilance, réseau européen auquel les États membres contribuent via l’EMA.

Compléments

  • La très grande majorité des principes actifs utilisés actuellement est obtenue par synthèse chimique ; certains sont semi-synthétiques, combinant une origine biologique et une transformation par l’industrie pharmaceutique.

  • Sur 10 000 molécules mises au point en recherche, 20 sont testées au stade préclinique et une seule devient un médicament 10 à 12 ans après, pour un coût moyen de développement d’environ 800 millions d’euros.

  • La recherche fondamentale peut recourir à : la synthèse d’analogues de médicaments connus, l’exploitation d’effets observés sur des médicaments connus, le screening à haut débit de molécules naturelles ou de synthèse, une approche rationnelle fondée sur une cible thérapeutique

Astuce mémo

Recherche, préclinique, clinique, administration, commercialisation puis surveillance.

4. Génériques et circuit du médicament

Notions clés & Définitions

  • Médicament générique : Équivalent à un médicament original, appelé princeps, avec la même composition qualitative et quantitative en principe actif, la même forme pharmaceutique et une bioéquivalence correspondant au même profil pharmacocinétique.

★ À maîtriser

📌 Pour un médicament biologique tel qu’un anticorps monoclonal, la copie comparable est appelée biosimilaire plutôt que générique.

📌 Le pharmacien peut substituer un générique au princeps, sauf si le médecin a inscrit « non substituable » sur l’ordonnance.

  • Le circuit du médicament comporte quatre phases successives : prescription, dispensation, administration, puis suivi et réévaluation.

📌 La dispensation est un acte exclusivement pharmaceutique, tandis que l’administration est un acte de soins réservé aux infirmiers et aux médecins.

  • Avant l’administration, le soignant vérifie la prescription, prépare le médicament, contrôle la concordance patient-prescription-médicament, la dose et le produit, puis vérifie l’identité, les allergies, informe le patient, administre selon l’horaire et la voie prescrits et trace l’administration ou sa non-réalisation.

Compléments

  • À l’expiration du brevet de 20 ans protégeant un princeps, un laboratoire pharmaceutique peut développer un générique ou un biosimilaire.

  • Les excipients peuvent différer entre un princeps et son générique sans conséquence pour le patient, sauf éventuellement les excipients à effet notoire.

  • Le prix d’un générique est moins élevé parce que son développement ne nécessite pas de dépenses de recherche et développement pour une nouvelle molécule.

  • L’évaluation d’un traitement repose notamment sur le suivi clinique et biologique, les examens paracliniques, la surveillance des intoxications, des effets indésirables, des perfusions et de l’observance, ainsi que sur l’évaluation de la balance bénéfices-risques et la traçabilité des observations.

5. Erreurs médicamenteuses et prévention

Notions clés & Définitions

  • Erreur médicamenteuse : Omission ou réalisation non intentionnelle d’un acte au cours du processus de soins impliquant un médicament, susceptible de provoquer un risque ou un événement indésirable pour le patient.
  • Événement indésirable : Dommage survenant chez un patient pendant sa prise en charge, lié aux activités de soins ou aux conditions de vie en établissement de soins.

★ À maîtriser

  • Les erreurs médicamenteuses peuvent concerner :

    • l’omission
    • le produit ou la forme galénique
    • la voie ou la technique d’administration
    • la dose ou le débit d’administration
    • la durée ou le moment d’administration
    • le patient
    • le suivi thérapeutique ou clinique
    • un médicament périmé ou détérioré
  • Selon le modèle de Reason (1990), appelé aussi modèle du gruyère suisse, une défaillance survient lorsque les failles des différentes barrières s’alignent et permettent au danger de les traverser.

  • La règle des 5 B consiste à vérifier :
    • le bon patient
    • le bon médicament
    • la bonne dose
    • la bonne voie
    • le bon moment

📌 Lorsqu’une erreur est identifiée, l’infirmier prévient le médecin prescripteur, applique les recommandations, trace l’erreur et organise si nécessaire une surveillance accrue; tout incident avéré ou évité doit être signalé et analysé pour en identifier les causes et définir des mesures correctrices ou préventives.

Compléments

  • Les causes d’erreurs médicamenteuses comprennent les défauts de lecture d’étiquette ou de vérification de l’identité, les erreurs de calcul ou d’interprétation de prescription, les problèmes de communication ou d’accès aux données, les retranscriptions, les ressemblances de conditionnement ou de noms, les interruptions, le manque de personnel et la charge de travail, l’information insuffisante au patient et les facteurs humains tels que fatigue, stress et manque de connaissances.

  • Selon la pyramide des risques de Bird (1969), la probabilité d’un accident grave augmente avec le nombre d’accidents et d’incidents, de sorte que réduire les situations anormales contribue à réduire les accidents graves.

Astuce mémo

Dans le modèle du gruyère de Reason, les trous des barrières s’alignent et laissent passer le danger.

6. Phase pharmaceutique et voies d’administration

Notions clés & Définitions

  • Phase pharmaceutique : Libération du principe actif à partir de la forme pharmaceutique introduite dans l’organisme et mise à disposition pour l’organisme.

★ À maîtriser

  • Pour les formes orales solides, la libération du principe actif comprend le délitement de la forme, puis la dissolution du principe actif à l’état moléculaire au site d’absorption.

📌 Par une voie systémique ou générale, le principe actif passe dans la circulation sanguine et se distribue dans l’organisme, tandis que par une voie locale ou topique il agit au site d’application avec peu ou pas de diffusion générale, laquelle reste toutefois possible.

📌 Le choix de la voie et de la forme dépend des critères cliniques, pharmacologiques, physiopathologiques et économiques; en urgence, la voie IV est privilégiée, parfois IM, SC, perlinguale ou pulmonaire, tandis que la voie orale peut être utilisée dans certaines situations.

  • Après administration orale, l’absorption est lente et limitée dans l’estomac, principale dans l’intestin grêle grâce à sa vascularisation et ses villosités, et presque inexistante dans le côlon.

Compléments

  • La libération du principe actif dépend de ses caractéristiques physico-chimiques, du pH des différentes parties du tube digestif et de la forme pharmaceutique, notamment de son type de libération accélérée, prolongée ou retardée.

  • Les voies systémiques citées sont orale, sublinguale, inhalée, rectale, parentérale, transdermique et intranasale; les voies locales citées sont rectale, cutanée, respiratoire, uro-génitale, nasale, oculaire, auriculaire externe et buccale en usage externe.

  • Un principe actif détruit par les sucs digestifs ou non résorbé par le tube digestif doit être administré par voie parentérale; les vomissements ou l’inconscience peuvent également justifier cette voie.

  • La voie orale est la voie la plus ancienne et la plus utilisée; les médicaments y sont généralement absorbés et passent dans le sang, mais certains antiacides et laxatifs agissent localement dans le tube digestif.

  • La vidange gastrique, la motilité intestinale et la prise concomitante d’autres médicaments peuvent modifier la vitesse et l’efficacité de l’absorption orale.

📌 La voie orale est facile, généralement bien acceptée et peu coûteuse, mais elle est inadaptée aux patients inconscients ou nauséeux, peut irriter le tube digestif ou altérer le principe actif, et comporte un premier passage hépatique, une résorption variable et des interactions avec les aliments ou boissons.

7. Formes orales solides

Notions clés & Définitions

  • Suspension buvable : Forme liquide généralement aqueuse et non homogène contenant un principe actif insoluble sous forme de fines particules solides susceptibles de sédimenter

★ À maîtriser

  • Les comprimés sont la forme galénique orale la plus utilisée et sont fabriqués par compression d’une poudre contenant le principe actif et des excipients.

  • Les comprimés à libération immédiate sont absorbés rapidement, agissent pendant environ 6 à 8 h et nécessitent souvent plusieurs prises par jour.

  • Les comprimés à libération retardée libèrent le principe actif à un lieu ou un moment différent d’une forme conventionnelle, souvent dans l’intestin grâce à un enrobage résistant à l’acidité gastrique.

  • Il ne faut jamais écraser un comprimé ni ouvrir une gélule sans indication claire, et il faut administrer immédiatement toute forme écrasée ou ouverte, sans préparer à l’avance.

  • Les formes à libération modifiée ou gastro-résistantes ne doivent jamais être écrasées ou ouvertes, car cela expose respectivement à un risque de surdosage ou d’inefficacité.

  • Les comprimés et gélules ne doivent jamais être administrés aux enfants de moins de 6 ans en raison du risque de fausse route.

Compléments

📌 Les comprimés à libération accélérée se dissolvent très rapidement sans désagrégation nécessaire et facilitent notamment la prise en cas de difficulté de déglutition.

📌 Les comprimés effervescents se dissolvent dans l’eau avant administration, mais leur gaz peut provoquer ballonnements ou reflux et leur teneur parfois élevée en sel présente un risque cardiovasculaire.

  • La Cardioaspirine® possède un enrobage gastro-résistant, Nexium® MUPS contient des pellets gastro-résistants et les pellets de Créon® ne doivent pas être écrasés.

  • Les formes de comprimés à libération prolongée ou séquentielle sont :

    • les comprimés multicouches
    • les comprimés matriciels
    • les comprimés osmotiques, comme OROS®

Astuce mémo

Libération immédiate : action courte ; libération modifiée : vitesse, lieu ou moment changés

8. Formes orales liquides

Notions clés & Définitions

  • Solution buvable : Forme liquide homogène et limpide dans laquelle le principe actif est dissous dans un solvant comme l’eau, l’alcool faible ou l’huile
  • Sirop : Solution aqueuse contenant au minimum 45 % de sucre, généralement du saccharose, qui lui donne une consistance épaisse et visqueuse

★ À maîtriser

📌 Une suspension buvable doit être bien agitée avant chaque prise afin de répartir uniformément le principe actif dans le solvant.

📌 Les formes liquides en gouttes sont plus concentrées que les formes en solution, suspension ou sirop du même médicament, et leur dosage peut donc différer.

Compléments

📌 La forte teneur en sucre des sirops doit être prise en compte chez les personnes diabétiques ou suivant un régime pauvre en glucides, et il existe des sirops sans sucre, par exemple au sorbitol.

  • Une cuillère à café correspond à 5 mL et une cuillère à soupe à 15 mL.

  • L’inclinaison du compte-gouttes peut modifier le volume d’une goutte jusqu’à 50 %, de sorte que les gouttes prescrites doivent être mesurées avec un compte-gouttes propre, vertical et sans bulles d’air.

9. Voies systémiques non orales

★ À maîtriser

📌 La voie sublinguale permet une absorption rapide par la muqueuse buccale très vascularisée sans premier passage hépatique, mais la petite surface d’absorption limite la quantité absorbée.

📌 Un comprimé orodispersible se place sur la langue et le principe actif est absorbé par la muqueuse gastro-intestinale, tandis qu’un comprimé sublingual se place sous la langue pour une absorption par la muqueuse sublinguale.

  • Le suppositoire est la principale forme galénique rectale ; il est solide, allongé, à bout conique, contient un excipient qui fond à 37 °C et peut exercer une action locale ou générale.

  • Les solutions injectables doivent être stériles, apyrogènes, à pH et tonicité adaptés à leur utilisation, idéalement proches du pH plasmatique de 7,4 et isotoniques au plasma, par exemple au NaCl 0,9 % ; toutes les solutions injectables doivent être limpides.

📌 Les suspensions injectables, souvent utilisées pour un effet retard par voie intramusculaire, sous-cutanée ou intra-articulaire, doivent être agitées avant usage et ne doivent jamais être administrées par voie intraveineuse.

📌 La voie intraveineuse injecte directement le médicament dans le sang sans phase d’absorption, procure une action immédiate et permet de moduler l’effet selon la vitesse de perfusion.

  • Par voie intraveineuse, il ne faut jamais injecter : des substances toxiques pour la paroi veineuse, qui risquent de provoquer une thrombose, des produits insolubles, qui risquent de provoquer une embolie, de l’air, qui risque d’entraîner la mort

  • La voie transdermique procure généralement une diffusion progressive et régulière pendant 24 à 72 h, sans premier passage hépatique ni dégradation digestive.

  • Un patch réservoir contient une solution ou suspension de principe actif dont la sortie est contrôlée par une membrane polymérique semi-perméable, tandis qu’un patch matriciel disperse le principe actif dans une masse polymérique.

  • Un patch matriciel peut être coupé parce que le médicament est réparti de façon homogène dans sa masse, tandis qu’un patch réservoir ne doit jamais être coupé car sa membrane serait endommagée et le produit pourrait s’échapper.

Compléments

  • Le poids moyen d’un suppositoire est de 1 g pour un bébé, 2 g pour un enfant et 3 g pour un adulte.

📌 La voie rectale évite en partie le premier passage hépatique, car les veines hémorroïdales inférieures et moyennes ne rejoignent pas le système porte, contrairement aux veines hémorroïdales supérieures.

📌 En voie sous-cutanée, l’absorption dépend de la solubilité du principe actif et de la vascularisation du site, et peut être retardée par une quantité importante de tissu adipeux, notamment en cas d’obésité.

  • Un implant sous-cutané libère le médicament pendant plusieurs semaines ou mois, et une période de latence d’environ 15 jours correspond à la formation d’un réseau vasculaire autour de l’implant.

  • La voie intranasale applique le médicament sur la muqueuse nasale pour qu’il soit absorbé dans la circulation sanguine et exerce une action systémique, notamment sous forme de spray nasal.

10. Voies locales et respiratoires

★ À maîtriser

  • La voie cutanée applique un médicament sur la peau pour traiter principalement une affection locale, mais une absorption sanguine et des effets secondaires généraux restent possibles.

  • Le risque d’absorption systémique par voie cutanée augmente avec une peau fine, irritée, lésée ou brûlée, une application sur une grande surface ou l’utilisation d’un pansement occlusif.

  • La voie respiratoire permet au médicament inhalé d’atteindre directement l’organe cible, mais une partie peut se déposer dans l’oropharynx et être absorbée après déglutition ou par la muqueuse locale.

  • Les trois principaux types d’inhalateurs sont :

    • l’aérosol nébuliseur
    • l’aérosol-doseur
    • l’inhalateur de poudre
  • Les formes ophtalmiques doivent être stériles et isotoniques aux liquides internes de l’œil, et leur durée de conservation après ouverture est limitée, généralement à 2 ou 4 semaines, parfois à 2, 3 ou 6 mois selon les conservateurs et le flacon.

📌 Pour un collyre ou une pommade ophtalmique, noter la date d’ouverture et la date limite d’utilisation, souvent située entre 14 et 28 jours après ouverture, et respecter les conditions de conservation indiquées.

📌 Avant une instillation ophtalmique, se laver les mains, ne toucher ni l’embout avec les doigts ni l’œil ou les cils avec l’embout, et ne jamais partager le flacon ou le tube entre patients.

  • 🔄 L’administration d’un collyre suit ces étapes :
    1. Agiter le flacon s’il s’agit d’une suspension.
    2. Abaisser la paupière inférieure.
    3. Instiller une goutte dans l’œil.
    4. Fermer l’œil sans le crisper pendant 1 à 2 minutes.
    5. Appuyer doucement au coin de l’œil pour limiter l’écoulement vers la narine.

📌 Retirer les lentilles avant l’application ophtalmique, sauf indication contraire, puis attendre au moins 15 minutes avant de les remettre; le port peut être contre-indiqué pendant certains traitements.

Compléments

  • Les principaux types de pommade cutanée sont :

    • la crème à excipient aqueux
    • l’onguent à excipient gras
    • l’émulsion eau-huile ou huile-eau
    • la pâte riche en poudre
    • le gel à excipient gélifié
  • L’utilisation d’un aérosol-doseur nécessite de coordonner la libération de la dose avec l’inhalation, et une chambre d’inhalation peut aider les patients ayant des difficultés de coordination.

  • L’inhalateur doseur de poudre nécessite une capacité respiratoire suffisante pour permettre une inhalation efficace.

  • Les pipettes ophtalmiques unidoses sont sans conservateur et doivent être jetées immédiatement après usage, même si elles ne sont pas vides, tandis que les flacons compte-gouttes multidoses contiennent des conservateurs.

  • La pommade ophtalmique prolonge le contact du médicament avec l’œil et son effet par rapport au collyre, mais peut troubler temporairement la vision.

  • Attendre 5 minutes entre deux instillations de collyres différents dans le même œil et utiliser environ 1 cm de pommade ophtalmique par application.

  • Après l’application, refermer immédiatement le flacon ou le tube et essuyer l’excédent avec une compresse stérile; la vision peut rester floue quelques minutes, surtout après une pommade.

11. Autres voies locales

★ À maîtriser

  • La voie buccopharyngée est réservée à l’usage externe et procure une action locale dans la bouche ou le pharynx.

  • La voie du conduit auditif externe vise une action locale, mais un tympan perforé crée un risque de passage systémique du médicament.

  • La voie nasale vise principalement une action locale car la muqueuse nasale absorbe peu, mais certaines substances comme la kétamine sont bien absorbées et peuvent exercer un effet général.

  • L’usage prolongé des décongestionnants nasaux peut provoquer une atrophie de la muqueuse et une rhinite chronique médicamenteuse; des effets généraux tels que tachycardie et hypertension sont également possibles.

  • Les voies vaginale, intra-utérine et intra-vésicale servent principalement à un traitement local, mais certains médicaments vaginaux, notamment des hormones, passent dans la circulation et peuvent avoir un effet général.

Compléments

  • Les principales formes buccopharyngées sont :

    • Le collutoire appliqué sur les gencives ou les muqueuses de la bouche ou de la gorge.
    • Le spray buccal ou collutoire diffusé sous pression dans la gorge.
    • Le gargarisme, solution gardée dans la gorge puis recrachée.
    • Le bain de bouche, solution utilisée pour rincer la cavité buccale.
  • Les formes auriculaires comprennent :

    • Les pommades auriculaires ou otiques.
    • Les gouttes auriculaires.
    • Les sprays auriculaires, surtout utilisés pour l’hygiène des oreilles.
  • Les médicaments auriculaires cités comprennent :

    • Les anesthésiques, à effet antalgique très passager.
    • Les antibactériens associés à des glucocorticoïdes, pour certaines otites.
    • Les céruménolytiques, qui ramollissent les bouchons de cérumen.

📌 L’usage abusif des médicaments nasaux peut augmenter l’absorption générale et le risque d’effets indésirables.

  • Les formes et médicaments nasaux cités comprennent :

    • Les gouttes nasales avec pipette.
    • Les sprays nasaux avec pulvérisateur.
    • Les pommades nasales.
    • Les décongestionnants.
    • Les glucocorticoïdes.
    • Les antibiotiques.
    • Les antihistaminiques.
    • La solution physiologique de NaCl à 0,9 % pour hydrater ou nettoyer la muqueuse nasale.
  • Les formes uro-génitales comprennent :

    • Les ovules contenant le principe actif et insérés dans le vagin.
    • Les comprimés vaginaux.
    • Les crèmes vaginales.
    • Les lavements vaginaux.
    • Les solutions intra-vésicales introduites dans la vessie par seringue.
    • L’anneau vaginal libérant un médicament de façon continue.
    • Le DIU avec ou sans hormones.

📌 La muqueuse vaginale, surtout après l’accouchement ou en cas d’inflammation, peut absorber le médicament et entraîner des effets indésirables systémiques; les lavages vaginaux antiseptiques sont dangereux si la muqueuse est fragilisée.

12. Absorption et biodisponibilité

Notions clés & Définitions

  • Pharmacocinétique : Étude du devenir des médicaments dans l’organisme et de la relation entre la dose administrée et la concentration du médicament dans l’organisme.
  • Absorption : Ensemble des phénomènes permettant à une substance de passer de son lieu d’administration dans la circulation sanguine.
  • Effet de premier passage : Perte présystémique d’une partie de la dose par transformation enzymatique avant son arrivée dans la circulation générale; cette fraction métabolisée n’atteint pas les récepteurs pharmacologiques.
  • Biodisponibilité : Fraction, exprimée en pourcentage, de la dose administrée qui atteint réellement la circulation générale, ainsi que la vitesse avec laquelle elle l’atteint.
  • Résorption : Traversée des tissus et des membranes biologiques par le médicament après sa solubilisation, notamment au moyen de la diffusion passive, de la diffusion facilitée, du transport actif, de l’endocytose, de l’exocytose ou de la transcytose.

★ À maîtriser

  • Les étapes ADME sont :
    • L’absorption.
    • La distribution.
    • Le métabolisme.
    • L’élimination.

📌 Une administration extravasculaire nécessite une phase d’absorption, tandis qu’une injection intraveineuse place directement le principe actif dans le sang et ne comporte donc pas d’absorption.

  • La surface sous la courbe des concentrations plasmatiques, ou AUC, mesure la quantité totale de médicament atteignant la circulation générale.

  • Cmax est la concentration plasmatique maximale atteinte par le principe actif, tandis que Tmax est le temps nécessaire après l’administration pour atteindre Cmax.

  • La voie intraveineuse a une biodisponibilité de 100 % et une arrivée instantanée, tandis que les voies extravasculaires ont une biodisponibilité inférieure à 100 % en raison des pertes avant l’arrivée dans le sang.

  • Les tétracyclines et les fluoroquinolones forment des complexes avec les sels de calcium, d’aluminium ou de magnésium des antiacides; leurs prises doivent être espacées d’au moins 2 heures.

  • Une vidange gastrique ralentie retarde l’absorption et l’effet thérapeutique, tandis qu’une vidange accélérée rend l’absorption et l’effet plus rapides.

  • Un séjour intestinal prolongé, notamment en cas de constipation ou de ralentissement du transit, augmente l’absorption et le risque de surdosage, tandis qu’un séjour raccourci, notamment en cas de diarrhée ou de laxatifs stimulants, diminue l’absorption et expose à l’inefficacité.

Compléments

  • Le premier passage hépatique est le plus important, en raison de la forte quantité d’enzymes de métabolisation du foie, et constitue surtout un inconvénient des voies orale et rectale.

  • Des premiers passages pulmonaire et intestinal existent également, respectivement lors d’une administration pulmonaire et orale, car les cellules de ces organes possèdent des enzymes de métabolisation.

📌 La biodisponibilité absolue compare une forme ou une voie d’administration à la voie intraveineuse, dont la biodisponibilité est de 100 %, tandis que la biodisponibilité relative compare les concentrations obtenues après la même dose du même médicament sous différentes formulations par la même voie.

13. Distribution et métabolisme

Notions clés & Définitions

  • Distribution : Ensemble des processus qui transportent le principe actif du plasma vers les tissus, en deux étapes : le transport plasmatique par le sang et la diffusion tissulaire jusqu’aux récepteurs pharmacologiques.
  • Volume de distribution : Volume fictif qui reflète la capacité d’un médicament à diffuser dans les tissus, en supposant une distribution homogène à la concentration plasmatique; il s’agit d’une notion théorique.
  • Métabolisme : Biotransformation enzymatique d’un principe actif en un ou plusieurs métabolites; elle se déroule surtout dans le foie, mais aussi dans l’estomac, l’intestin, les poumons et les reins, et dans une moindre mesure dans le sang et d’autres tissus.
  • Prodrogue : Médicament administré sous forme inactive qui devient actif après métabolisme, comme la L-Dopa transformée en dopamine ; son objectif est généralement d’augmenter la biodisponibilité.

★ À maîtriser

📌 Dans le plasma, la forme libre du principe actif est pharmacologiquement active et peut diffuser dans les tissus, être métabolisée et être éliminée, tandis que la forme liée aux protéines plasmatiques reste dans la circulation et est inactive.

📌 Seule la fraction libre du principe actif est active, métabolisée par le foie et éliminée par le rein ou la bile; la liaison protéique bloque temporairement l’effet et retarde l’élimination.

  • 🔄 Une compétition de fixation peut entraîner :
    1. Deux principes actifs concurrencent un même site de fixation protéique.
    2. Le médicament ayant la plus forte affinité se fixe majoritairement et déplace l’autre.
    3. La fraction libre du médicament déplacé augmente.
    4. Un surdosage, une toxicité ou une potentialisation de l’effet peut survenir.

📌 La barrière placentaire ne bloque pas tous les médicaments; certains peuvent traverser le placenta et provoquer une malformation, un dysfonctionnement d’organe ou la mort du fœtus, d’où la nécessité d’un contrôle étroit des médicaments pendant la grossesse.

📌 Un volume de distribution faible indique que le médicament reste principalement dans le sang, tandis qu’un volume élevé indique une diffusion tissulaire importante et une faible concentration plasmatique.

  • Les cytochromes P450 sont les enzymes hépatiques les plus fréquemment citées dans le métabolisme des substances endogènes ou exogènes.

  • Le métabolisme facilite l’élimination en augmentant l’hydrophilie du principe actif ; les molécules hydrophiles séjournent brièvement dans l’organisme et sont souvent excrétées intactes, tandis que les molécules lipophiles restent plus longtemps dans l’organisme.

  • Un métabolite inactif n’a plus d’activité pharmacologique, un métabolite actif prolonge ou modifie l’action, et un métabolite réactif ou toxique peut provoquer des effets nocifs s’il s’accumule.

  • La phase I comprend des réactions d’oxydation, de réduction ou d’hydrolyse qui rendent la molécule plus polaire et peuvent préparer la phase II ; la phase II conjugue la molécule à un composé endogène polaire, notamment l’acide glucuronique, le sulfate ou le glutathion, pour former des métabolites très hydrosolubles généralement inactifs.

  • Un inducteur enzymatique augmente progressivement la synthèse et l’activité des enzymes, accélère le métabolisme du médicament et peut diminuer son efficacité ; son effet persiste quelques jours après la dernière prise.

  • Un inhibiteur enzymatique bloque l’enzyme en s’y fixant, ralentit le métabolisme et peut entraîner l’accumulation du médicament et un surdosage ; son effet est immédiat.

Compléments

  • Les protéines plasmatiques citées sont :
    • L’albumine.
    • Les alpha-1-glycoprotéines.
    • Les lipoprotéines.
    • Les globulines.
    • L’hémoglobine.

Astuce mémo

Lipophile : séjour prolongé ; hydrophile : élimination facilitée

14. Élimination des médicaments

Notions clés & Définitions

  • Élimination : Sortie du médicament et/ou de ses métabolites de l’organisme par excrétion, notamment dans l’urine, les selles, l’air expiré ou la sueur, et/ou par métabolisation, surtout hépatique.
  • Demi-vie d’élimination : Temps nécessaire pour que la concentration plasmatique d’un médicament diminue de moitié sous l’influence des processus d’élimination.
  • Clairance : Volume de plasma complètement épuré d’une substance médicamenteuse par unité de temps ; elle s’exprime en ml/min ou en L/h, et une clairance plus élevée correspond à une élimination plus rapide.

★ À maîtriser

  • L’élimination rénale repose sur la filtration glomérulaire de la fraction libre non liée aux protéines plasmatiques, la sécrétion tubulaire par transport actif saturable et la réabsorption tubulaire passive, favorisée pour les molécules liposolubles non ionisées et influencée par le pH urinaire.

  • Il faut attendre sept demi-vies d’élimination pour que la concentration sanguine d’un médicament soit inférieure à 1 % de sa concentration initiale.

📌 Une clairance élevée est associée à une demi-vie courte, tandis qu’une clairance faible est associée à une demi-vie longue.

  • La clairance de la créatinine sert de référence pour apprécier le fonctionnement rénal ; sa valeur moyenne est de 80 ml/min, et sa baisse traduit une insuffisance rénale pouvant nécessiter une adaptation posologique.

Compléments

📌 La voie biliaire conduit les substances sécrétées dans la bile vers l’intestin et les selles, parfois avec un cycle entéro-hépatique qui prolonge l’effet ; la voie pulmonaire élimine par l’air expiré les produits volatils ou gazeux.

  • Le lait maternel peut éliminer de petites molécules liposolubles, notamment la caféine et les benzodiazépines, ce qui expose le nourrisson à des effets indésirables et impose la prudence.

📌 Une demi-vie courte correspond à une élimination rapide et à des prises rapprochées, tandis qu’une demi-vie longue correspond à une élimination lente et à des prises espacées.

📐 Formule - La clairance totale est la somme des clairances partielles des organes d’élimination : CLtotale=CLheˊpatique+CLreˊnale+CLpulmonaireCL_{totale}=CL_{hépatique}+CL_{rénale}+CL_{pulmonaire}.

15. Cinétique plasmatique

Notions clés & Définitions

  • Dose de charge : Dose d’attaque qui place immédiatement la concentration plasmatique dans la zone thérapeutique ; des doses d’entretien maintiennent ensuite cette concentration.
  • Chronopharmacocinétique : Adaptation de l’administration d’un médicament au moment le plus favorable de la journée afin d’optimiser son efficacité et de réduire ses effets indésirables.

★ À maîtriser

📌 Le seuil thérapeutique est la concentration plasmatique minimale nécessaire pour obtenir un effet, tandis que le seuil toxique est la concentration au-delà de laquelle apparaissent des effets toxiques ; l’intervalle thérapeutique se situe entre ces deux seuils.

  • Plus l’intervalle thérapeutique d’un médicament est large, plus son utilisation est sûre.

  • L’état d’équilibre, ou steady-state, est atteint lorsque la quantité éliminée égale la quantité administrée, généralement après quatre à six demi-vies plasmatiques.

📌 Un intervalle trop court entre les doses favorise l’accumulation et la toxicité, tandis qu’un intervalle trop long favorise le sous-dosage et l’inefficacité.

Compléments

  • Le lithium, les digitaliques et les immunosuppresseurs sont des exemples de médicaments à marge thérapeutique étroite, qui nécessitent un suivi thérapeutique pharmacologique par dosage sanguin régulier et surveillance clinique.

📌 Lors d’administrations répétées, Cmax est le pic plasmatique après une prise et Cmin la concentration juste avant la dose suivante ; chaque dose s’ajoute à la quantité encore présente dans l’organisme.

📌 Une administration chronique peut entraîner une désensibilisation avec diminution de la réponse, ou une hypersensibilisation avec augmentation de la réponse et risque de rebond à l’arrêt brutal, ce qui justifie un sevrage progressif.

16. Mécanismes pharmacodynamiques

Notions clés & Définitions

  • Pharmacodynamie : Étude des mécanismes d’action et des effets bénéfiques ou indésirables des médicaments sur l’organisme, notamment leurs cibles, leurs mécanismes et la relation entre dose et réponse.

★ À maîtriser

  • Un médicament à action non spécifique agit par ses propriétés physico-chimiques ou mécaniques sans cible particulière et nécessite souvent de fortes doses, tandis qu’un médicament à action spécifique interagit avec une cible particulière et agit généralement à faible dose.

  • Un inhibiteur enzymatique compétitif se fixe sur le même site que le substrat, tandis qu’un inhibiteur non compétitif se fixe sur un autre site ; le captopril est un exemple d’inhibiteur compétitif et l’aspirine inhibe irréversiblement la COX.

  • Un agoniste se fixe au récepteur et l’active, tandis qu’un antagoniste bloque le récepteur et empêche son activation par le ligand endogène.

  • L’affinité désigne la capacité d’un ligand à se lier à un récepteur, la spécificité sa capacité à reconnaître un récepteur particulier, et la sélectivité sa préférence d’action pour certains tissus ou organes.

  • Des médicaments agissent sur des agents pathogènes : les bêta-lactamines inhibent la paroi bactérienne, la quinine bloque le cycle de Plasmodium falciparum, la zidovudine inhibe la transcriptase inverse du VIH

  • Les antimitotiques agissent directement sur l’ADN en s’intercalant entre ses bases, en y fixant un radical ou en coupant la molécule, ce qui empêche sa copie et bloque la division cellulaire.

  • Les antimétabolites imitent les bases puriques ou pyrimidiques de l’ADN ou de l’ARN et, en se substituant aux vraies bases, empêchent la transcription et la synthèse d’ADN, ce qui bloque la multiplication cellulaire cancéreuse.

Compléments

  • Les médicaments peuvent agir spécifiquement par :

    • substitution d’une substance endogène
    • interaction avec son métabolisme ou sa cible
    • interaction avec une enzyme ou un récepteur
    • interaction avec des transporteurs
    • interaction avec des systèmes de régulation
    • action directe sur des agents pathogènes
  • L’effet antiagrégant de l’aspirine dure environ sept jours, correspondant à la durée de vie des plaquettes, et son maintien ou son arrêt avant une chirurgie dépend du risque hémorragique et du risque thrombotique.

📌 Un agoniste partiel agit comme agoniste lorsque le ligand endogène est absent ou peu concentré, mais comme antagoniste lorsque ce ligand est présent à une concentration plus élevée ; son effet est plus faible que celui d’un agoniste entier.

📌 Un agoniste inverse produit un effet pharmacologique opposé à celui d’un agoniste entier sur un récepteur donné.

  • Les récepteurs couplés à une protéine G, les récepteurs-enzymes et les récepteurs à canaux ioniques sont transmembranaires, tandis que les récepteurs intracellulaires ou nucléaires modifient la transcription de l’ADN et la synthèse de protéines, avec un effet lent mais durable.

  • Lorsque tous les récepteurs sont occupés, l’effet atteint son maximum et une augmentation de la concentration du ligand ne l’amplifie plus.

  • La cétirizine de deuxième génération traverse moins la barrière hémato-encéphalique que la Polaramine de première génération et provoque moins de somnolence.

  • Les canaux ioniques peuvent être ouverts par :

    • un potentiel d’action
    • le taux intracellulaire d’ATP
    • le taux intracellulaire de calcium
    • la fixation d’un ligand

Astuce mémo

Agoniste active ; antagoniste bloque

17. Effets indésirables et pharmacodépendance

Notions clés & Définitions

  • Effet indésirable : Effet non souhaité qui apparaît à une dose thérapeutique, parallèlement à l’effet recherché.
  • Dépendance psychique : La dépendance psychique porte sur la personnalité et se manifeste par le plaisir ou le soulagement d’un malaise associé à un désir irrésistible de prendre le médicament et de se le procurer.
  • Dépendance physique : État adaptatif organique caractérisé par des troubles physiques intenses lorsque l’administration du médicament est suspendue ou contrecarrée par un antagoniste ; ces symptômes constituent le syndrome de sevrage.
  • Tolérance : Diminution de l’effet d’une dose lors de sa répétition, qui conduit à augmenter les doses pour retrouver le même degré d’action pharmacologique.

★ À maîtriser

📌 L’effet pharmacologique est la réponse cellulaire produite par le médicament, tandis que l’effet thérapeutique est le bénéfice clinique qui en résulte.

  • Les effets thérapeutiques recherchés peuvent être symptomatiques, curatifs, préventifs ou diagnostiques.

  • Les effets indésirables prévisibles sont connus et liés au mécanisme d’action, tandis que les effets inattendus sont imprévisibles et souvent liés au patient, notamment à une hypersensibilité ou à son terrain.

  • Un effet indésirable grave est mortel ou susceptible de mettre la vie en danger, d’entraîner une incapacité importante ou durable, de provoquer ou prolonger une hospitalisation, ou de se manifester par une anomalie ou une malformation congénitale.

  • La toxicité aiguë survient rapidement après une dose excessive unique ou plusieurs prises rapprochées, tandis que la toxicité chronique apparaît à retardement après des administrations répétées et prolongées.

Compléments

📌 Un médicament peut avoir un effet thérapeutique principal, correspondant à son indication la plus courante, et un ou plusieurs effets thérapeutiques secondaires utilisés dans d’autres indications.

  • Le Duphalac (lactulose) est un médicament du système digestif, un laxatif osmotique indiqué contre la constipation, qui attire l’eau dans le côlon et facilite l’évacuation des selles.

  • Les délais d’action selon le mécanisme sont : quelques millisecondes pour une action sur un canal ionique, quelques secondes pour une liaison à un récepteur, quelques minutes pour une stimulation ou inhibition enzymatique, quelques heures pour une interaction avec le noyau cellulaire

  • Parmi les effets dose-dépendants figurent :

    • les hémorragies sous anticoagulants
    • l’hypoglycémie sous insuline
    • la somnolence sous benzodiazépines
    • l’hypotension sous antihypertenseurs
  • Les effets indésirables liés à un effet pharmacologique secondaire sont prévisibles, comme l’effet anticholinergique des antihistaminiques H1 et l’effet atropinique des antidépresseurs tricycliques.

Astuce mémo

Dépendance psychique : désir de prendre ; dépendance physique : troubles à l’arrêt.

18. Interactions médicamenteuses

Notions clés & Définitions

  • Interaction médicamenteuse : Modification de l’effet d’un médicament par un autre médicament, un aliment, l’alcool ou une substance de l’environnement.

★ À maîtriser

  • Le risque d’interaction augmente avec le nombre de médicaments et est considéré comme imprévisible au-delà de trois produits administrés.

📌 La potentialisation augmente l’effet d’un médicament par un autre, l’antagonisme réduit ou annule un ou deux effets, et la synergie produit une action plus importante que celle d’un seul médicament.

  • Les interactions ont trois origines essentielles : galénique, pharmacocinétique et pharmacodynamique.

  • Les interactions pharmacocinétiques peuvent modifier l’absorption, la distribution, le métabolisme ou l’élimination du médicament et donc sa concentration dans l’organisme.

  • Les inducteurs enzymatiques accélèrent le métabolisme d’autres molécules et peuvent diminuer leur effet, tandis que les inhibiteurs enzymatiques ralentissent le métabolisme, augmentent leur concentration et le risque de surdosage.

  • La classification pratique distingue :

    • les associations contre-indiquées
    • les associations déconseillées
    • les associations avec précautions d’emploi
    • les associations à prendre en compte
  • Les interactions médicamenteuses peuvent entraîner un surdosage, une inefficacité thérapeutique ou l’apparition d’effets toxiques.

Compléments

📌 La synergie additive correspond à la somme des effets, la synergie potentialisatrice à un effet supérieur à cette somme et la synergie partielle à un effet inférieur à cette somme.

  • Les interactions pharmacodynamiques modifient le mécanisme d’action ou l’effet du médicament sans modifier sa concentration dans l’organisme.

  • Les principaux facteurs influençant les interactions sont :

    • le nombre de médicaments
    • la marge thérapeutique des médicaments
    • la dose
    • la voie d’administration
    • la chronologie d’administration
    • la nature des médicaments associés
    • les caractéristiques du patient
    • l’alimentation et l’alcool

Tableaux de synthèse

Patchs transdermiques

TypeCompositionDécoupe
RéservoirSolution ou suspension et membrane contrôlant la sortieNe jamais couper
MatricielPrincipe actif réparti dans une masse polymériquePeut être coupé

Types de ligands et effets

TypeActionEffet
AgonisteActive le récepteurReproduit l’effet physiologique
AntagonisteBloque l’activationS’oppose à l’effet physiologique
Agoniste partielActive faiblement ou s’oppose au ligand abondantEffet inférieur à celui d’un agoniste entier
Agoniste inverseProduit l’effet opposé à l’agoniste entierRéponse pharmacologique inverse

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1. Quelle substance relève de la définition légale du médicament lorsqu’elle est présentée comme curative ou préventive, ou destinée à modifier une fonction physiologique ou à établir un diagnostic ?

2. Dans un comprimé, quelle composante est responsable de l’effet thérapeutique recherché ?

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Quelles fonctions la définition légale européenne attribue-t-elle au médicament ?

Soigner ou prévenir des maladies, modifier des fonctions physiologiques, exercer une action pharmacologique, immunologique ou métabolique, ou établir un diagnostic médical.

Quel est le rôle du principe actif dans un médicament ?

Il est responsable de l’effet thérapeutique.

Sous quels noms un principe actif peut-il être désigné ?

Par son nom scientifique, sa DCI ou sa dénomination commerciale.

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