QCM : Outils en épidémiologie — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond à l’épidémiologie selon Last en 2001 ?

L’observation des comportements sanitaires d’un groupe, appliquée à l’éducation thérapeutique de ses membres
L’analyse des dépenses médicales d’un territoire, appliquée à la répartition des ressources entre les établissements
L’étude des mécanismes biologiques d’une maladie chez un patient, appliquée au choix de son traitement individuel
L’étude de la distribution et des facteurs étiologiques des phénomènes de santé dans une population, appliquée à leur prévention et à leur maîtrise

L’étude de la distribution et des facteurs étiologiques des phénomènes de santé dans une population, appliquée à leur prévention et à leur maîtrise

Explication

Last définit l’épidémiologie par l’étude de la distribution et des facteurs étiologiques des phénomènes de santé dans une population, ainsi que par l’application de ces connaissances à la prévention et à la maîtrise des problèmes de santé. L’analyse clinique individuelle ne constitue pas le cœur de cette définition populationnelle.

2. Quelle association décrit correctement les trois principales orientations de l’épidémiologie ?

La descriptive recherche les causes, l’analytique mesure la fréquence, et l’évaluative établit les diagnostics individuels
La descriptive établit des traitements, l’analytique mesure les coûts, et l’évaluative décrit les populations exposées
La descriptive mesure et répartit, l’analytique recherche les causes, et l’évaluative apprécie les effets d’une intervention
La descriptive apprécie les interventions, l’analytique répartit les cas, et l’évaluative recherche les facteurs de risque

La descriptive mesure et répartit, l’analytique recherche les causes, et l’évaluative apprécie les effets d’une intervention

Explication

L’épidémiologie descriptive mesure la fréquence et la distribution, l’analytique étudie les causes et les facteurs de risque, tandis que l’évaluative juge les résultats d’une intervention. Confondre la description avec la recherche causale inverse les fonctions de ces approches.

3. Quelle succession respecte la démarche épidémiologique ?

Analyser les résultats, formuler une hypothèse, communiquer les résultats, enquêter, puis recueillir les données
Élaborer un protocole, communiquer les résultats, formuler une hypothèse, enquêter, puis recueillir les données
Formuler une hypothèse, élaborer un protocole, enquêter, recueillir et analyser les données, puis communiquer les résultats
Recueillir des données, choisir une intervention, formuler une hypothèse, analyser les résultats, puis élaborer un protocole

Formuler une hypothèse, élaborer un protocole, enquêter, recueillir et analyser les données, puis communiquer les résultats

Explication

La démarche commence par une hypothèse et une stratégie d’enquête inscrite dans un protocole, puis se poursuit par l’enquête, le recueil, l’analyse et la communication des résultats. Placer l’analyse ou la communication avant le recueil des données ne respecte pas cette progression.

4. Dans quelle situation s’agit-il d’une étude expérimentale plutôt que d’une étude observationnelle ?

L’investigateur compare des dossiers existants sans modifier la prise en charge des personnes étudiées
L’investigateur mesure l’exposition et la maladie telles qu’elles se présentent dans la population observée
L’investigateur décrit les caractéristiques sanitaires d’un groupe à partir de données déjà disponibles
L’investigateur attribue une intervention et modifie ainsi un facteur déterminant de l’évolution de la maladie

L’investigateur attribue une intervention et modifie ainsi un facteur déterminant de l’évolution de la maladie

Explication

Une étude expérimentale implique une intervention de l’investigateur sur un facteur déterminant ou sur l’évolution de la maladie. Dans une étude observationnelle, il mesure les phénomènes sans intervenir sur leur déroulement.

5. Quels types d’études appartiennent à l’épidémiologie descriptive ?

Les essais cliniques, les études cas-témoins et les études d’intervention communautaire
Les études expérimentales, les évaluations économiques et les recherches qualitatives approfondies
Les études transversales, les études longitudinales ou de cohorte et les études écologiques ou de corrélation
Les études diagnostiques, les analyses biologiques et les enquêtes thérapeutiques individuelles

Les études transversales, les études longitudinales ou de cohorte et les études écologiques ou de corrélation

Explication

L’épidémiologie descriptive comprend les études transversales, longitudinales ou de cohorte, ainsi que les études écologiques ou de corrélation. Les essais et autres études d’intervention relèvent d’une logique expérimentale ou évaluative différente.

6. Quel est un apport caractéristique des enquêtes descriptives en santé publique ?

Elles démontrent directement la cause d’une maladie, sélectionnent un traitement efficace et mesurent son effet clinique
Elles attribuent une intervention aux participants, suivent son efficacité et comparent ses effets indésirables
Elles produisent des indicateurs de santé, mesurent notamment la mortalité et la morbidité, et suggèrent des hypothèses
Elles remplacent les études analytiques, contrôlent les facteurs de confusion et établissent une relation causale

Elles produisent des indicateurs de santé, mesurent notamment la mortalité et la morbidité, et suggèrent des hypothèses

Explication

Les enquêtes descriptives fournissent des indicateurs de santé, notamment de mortalité et de morbidité, et peuvent faire émerger des hypothèses à approfondir. Elles ne démontrent pas directement une causalité et n’attribuent pas d’intervention aux participants.

7. Quelle situation correspond à la définition de la prévalence d’une maladie ?

La proportion de nouveaux cas apparus parmi les personnes indemnes au départ
La durée moyenne d’évolution de la maladie chez les personnes atteintes
Le nombre de décès attribuables à la maladie durant une période donnée
La proportion de personnes atteintes à un instant ou durant une période donnée

La proportion de personnes atteintes à un instant ou durant une période donnée

Explication

La prévalence mesure les cas présents dans une population à un moment donné ou pendant une période donnée, rapportés à l’effectif de cette population. L’incidence, qui constitue le distracteur le plus plausible, porte sur les nouveaux cas apparus pendant une période.

8. Pour calculer l’incidence d’une maladie sur six mois, quel dénominateur faut-il utiliser ?

Le nombre de cas présents à la fin de la période étudiée
La population indemne au début de la période et susceptible de développer la maladie
L’effectif moyen de toute la population observée pendant six mois
L’ensemble des personnes atteintes au début et à la fin de la période

La population indemne au début de la période et susceptible de développer la maladie

Explication

L’incidence rapporte les nouveaux cas survenus pendant une période à la population indemne au début et susceptible de devenir malade. L’effectif total observé, autre distracteur plausible, inclut des personnes qui ne sont pas à risque au début.

9. Si l’incidence d’une maladie reste stable tandis que sa durée moyenne augmente, quelle évolution de la prévalence est approximativement attendue ?

Une diminution de la prévalence
Une augmentation de la prévalence
Une disparition de la prévalence
Une stabilité de la prévalence

Une augmentation de la prévalence

Explication

La relation P≈I×DP \approx I \times D indique qu’à incidence constante, une durée moyenne plus longue augmente approximativement la prévalence. Une stabilité supposerait notamment que la durée ne change pas, ce qui ne correspond pas à la situation décrite.

10. Quel groupe constitue une cohorte adaptée à l’étude de l’apparition de nouveaux cas ?

Des personnes malades à la fin de l’étude, classées selon leur durée de maladie
Des personnes indemnes au départ, réunies par un événement origine commun et suivies dans le temps
Des personnes choisies dans plusieurs populations, comparées à un instant sans suivi individuel
Des personnes sélectionnées selon leur exposition, sans observation ultérieure de leur état de santé

Des personnes indemnes au départ, réunies par un événement origine commun et suivies dans le temps

Explication

Une cohorte regroupe des personnes exemptes de maladie partageant un événement origine commun, puis les suit pour observer l’apparition de nouveaux cas. Une sélection selon l’exposition sans suivi ne permet pas de correspondre à cette définition complète.

11. Quelle caractéristique définit une étude écologique ?

Son unité d’analyse est une personne, et elle mesure directement chaque exposition individuelle
Son unité d’analyse est une cohorte, et elle compare les incidences au cours d’un suivi
Son unité d’analyse est un groupe, et elle examine des corrélations pour formuler des hypothèses
Son unité d’analyse est un malade, et elle recherche rétrospectivement son exposition passée

Son unité d’analyse est un groupe, et elle examine des corrélations pour formuler des hypothèses

Explication

Une étude écologique analyse des groupes plutôt que des individus et sert notamment à étudier des corrélations susceptibles de générer des hypothèses. L’analyse individuelle et la comparaison d’incidences relèvent d’autres plans d’étude.

12. Pourquoi une association observée entre une exposition et une maladie à l’échelle de groupes doit-elle être interprétée avec prudence ?

Elle peut différer de l’association réelle au niveau individuel
Elle établit que chaque individu du groupe présente la même relation
Elle mesure avec précision l’exposition de chaque personne du groupe
Elle permet d’identifier directement les personnes les plus exposées

Elle peut différer de l’association réelle au niveau individuel

Explication

Une association écologique observée au niveau d’un groupe ne représente pas nécessairement l’association existant chez chaque individu. En particulier, elle ne permet pas d’attribuer automatiquement la caractéristique moyenne du groupe à toutes les personnes qui le composent.

13. Quelle comparaison distingue correctement une étude exposés–non-exposés d’une étude cas–témoins ?

La première sélectionne selon la maladie et recherche l’exposition passée, tandis que la seconde sélectionne selon l’exposition et suit les incidences
La première sélectionne selon l’exposition et suit les incidences, tandis que la seconde sélectionne selon la maladie et recherche l’exposition passée
La première sélectionne selon la maladie avec comparaison des incidences, tandis que la seconde sélectionne selon l’exposition avec enquête transversale
La première sélectionne selon l’exposition sans suivi, tandis que la seconde sélectionne selon la maladie avec mesure prospective

La première sélectionne selon l’exposition et suit les incidences, tandis que la seconde sélectionne selon la maladie et recherche l’exposition passée

Explication

Une étude exposés–non-exposés part de l’exposition et suit prospectivement les sujets pour comparer les incidences, alors qu’une étude cas–témoins part de la maladie et recherche rétrospectivement l’exposition. Le distracteur inversant les deux démarches correspond précisément à la confusion la plus fréquente.

14. Dans une étude exposés–non-exposés organisée selon le tableau de contingence classique, quelle expression permet de calculer le risque relatif ?

RR=a/cb/d=a×db×cRR=\frac{a/c}{b/d}=\frac{a\times d}{b\times c}
RR=a×bc×dRR=\frac{a\times b}{c\times d}
RR=a/(a+b)c/(c+d)RR=\frac{a/(a+b)}{c/(c+d)}
RR=a+bc+dRR=\frac{a+b}{c+d}

$$RR=\frac{a/(a+b)}{c/(c+d)}$$

Explication

Le risque relatif compare le risque chez les exposés, a/(a+b)a/(a+b), au risque chez les non-exposés, c/(c+d)c/(c+d). L’expression a/cb/d\frac{a/c}{b/d} correspond à l’odds ratio utilisé dans une étude cas–témoins.

15. Quelle expression correspond à l’odds ratio calculé dans une étude cas–témoins ?

OR=a/cb/d=a×db×cOR=\frac{a/c}{b/d}=\frac{a\times d}{b\times c}
OR=a×cb×dOR=\frac{a\times c}{b\times d}
OR=a+bc+dOR=\frac{a+b}{c+d}
OR=a/(a+b)c/(c+d)OR=\frac{a/(a+b)}{c/(c+d)}

$$OR=\frac{a/c}{b/d}=\frac{a\times d}{b\times c}$$

Explication

Dans une étude cas–témoins, l’odds ratio se calcule par OR=a/cb/d=a×db×cOR=\frac{a/c}{b/d}=\frac{a\times d}{b\times c}. Le rapport des risques a/(a+b)c/(c+d)\frac{a/(a+b)}{c/(c+d)} est le risque relatif d’une étude exposés–non-exposés.

16. Que suggère une valeur de risque relatif ou d’odds ratio inférieure à 1 ?

L’exposition est interprétée comme un facteur protecteur
L’exposition est interprétée comme un facteur de risque
La maladie est nécessairement plus fréquente chez les personnes exposées
Aucune association n’est mise en évidence entre exposition et maladie

L’exposition est interprétée comme un facteur protecteur

Explication

Une valeur inférieure à 1 indique que l’exposition est associée à un effet protecteur dans l’interprétation de ces mesures. Une valeur proche de 1 correspond plutôt à l’absence d’association mise en évidence, tandis qu’une valeur supérieure à 1 évoque un facteur de risque.

17. Que conclut-on lorsqu’un intervalle de confiance à 95 % d’un risque relatif contient la valeur 1 ?

Une association statistique certaine entre l’exposition et la maladie est mise en évidence.
La maladie protège statistiquement contre les effets de l’exposition.
Aucune association statistique entre l’exposition et la maladie n’est mise en évidence.
L’exposition est nécessairement responsable de l’apparition de la maladie.

Aucune association statistique entre l’exposition et la maladie n’est mise en évidence.

Explication

La valeur 1 correspond à l’absence de différence de risque relatif, de sorte que son inclusion dans l’intervalle de confiance ne met pas en évidence d’association statistique. Une association certaine ne peut donc pas être affirmée dans cette situation.

18. Pourquoi une association statistique entre une exposition et une maladie ne suffit-elle pas à établir une relation causale ?

Parce qu’une association statistique exclut la présence d’une relation dose-effet.
Parce qu’une maladie observée après une exposition précède nécessairement cette exposition.
Parce qu’elle peut résulter du hasard, des fluctuations d’échantillonnage ou d’un biais.
Parce qu’une relation causale ne peut être étudiée qu’avec des données biologiques.

Parce qu’elle peut résulter du hasard, des fluctuations d’échantillonnage ou d’un biais.

Explication

Une association observée peut être expliquée par le hasard, la variabilité liée à l’échantillonnage ou un biais, sans causalité réelle. La présence d’une association constitue donc un élément d’interprétation, mais ne suffit pas à elle seule.

19. Que permet de conclure une étude avant/après portant sur une intervention de santé ?

Elle mesure l’effet causal en éliminant les fluctuations naturelles de l’état de santé.
Elle compare des groupes rendus comparables par tirage au sort avant l’intervention.
Elle montre une évolution, sans prouver que l’intervention en est la cause.
Elle prouve que l’intervention explique toute évolution observée après sa mise en place.

Elle montre une évolution, sans prouver que l’intervention en est la cause.

Explication

Une étude avant/après permet de constater une modification de l’état de santé ou du comportement au cours du temps. Elle ne permet toutefois pas d’attribuer cette évolution à l’intervention, car d’autres changements peuvent être survenus.

20. Dans une étude expérimentale randomisée, comment les sujets sont-ils répartis entre les groupes ?

Ils choisissent le groupe correspondant au traitement qu’ils préfèrent recevoir.
Ils sont observés dans leur groupe habituel sans que l’investigateur modifie l’exposition.
L’investigateur les répartit selon leurs caractéristiques initiales et leurs antécédents.
Ils sont répartis par tirage au sort entre un groupe avec intervention et un groupe sans intervention.

Ils sont répartis par tirage au sort entre un groupe avec intervention et un groupe sans intervention.

Explication

La randomisation attribue par tirage au sort les sujets pouvant recevoir l’un ou l’autre traitement aux groupes comparés. Le choix du groupe par les participants ou l’observation sans intervention relève d’autres modalités d’étude.

21. Quel est l’objectif principal de la randomisation dans une étude expérimentale ?

Sélectionner les participants présentant la réponse la plus favorable au traitement étudié.
Rendre les groupes initialement comparables en équilibrant les facteurs de confusion.
Remplacer la comparaison des résultats par une description de chaque groupe séparément.
Garantir que l’intervention sera acceptée par les participants et la population générale.

Rendre les groupes initialement comparables en équilibrant les facteurs de confusion.

Explication

La randomisation cherche à équilibrer les facteurs de confusion entre les groupes dès le début de l’étude. Ainsi, la différence observée entre les résultats peut davantage être attribuée à l’intervention étudiée.

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Qu'est-ce que l'épidémiologie selon Last (2001) ?

L'étude de la distribution, des facteurs étiologiques des états liés à la santé et leur prévention.

Quels domaines mobilise la démarche en santé publique ?

La démarche mobilise plusieurs disciplines comme la démographie, l’épidémiologie, et la sociologie.

Que mesure l’épidémiologie descriptive ?

La fréquence et la distribution des phénomènes de santé.

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