Fiche de révision : Collectivités et démocratie locale

Plan du Cours

  1. Catégories de collectivités territoriales
  2. Intercommunalité et coopération communale
  3. Décentralisation et déconcentration
  4. Développement des actes de décentralisation
  5. Libre administration des collectivités
  6. Libre administration et contrôle constitutionnel
  7. Portée et limites de la libre administration
  8. Collectivités territoriales de droit commun
  9. Collectivités dérogatoires et statut particulier
  10. Collectivités territoriales ultramarines
  11. Statuts ultramarins des articles 73 et 74
  12. Évolution du statut néo-calédonien
  13. Développement de l’intercommunalité
  14. Catégories et compétences intercommunales
  15. Élections des assemblées locales
  16. Assemblées et statut des élus locaux
  17. Exécutifs des collectivités territoriales

Repères chronologiques

  1. 10 août 1871La loi reconnaît la personnalité juridique du département et institue des conseils généraux élus au suffrage universel.
  2. 5 avril 1884La Charte municipale fait de la commune une véritable collectivité, prévoit l’élection au suffrage universel du conseil municipal et l’élection du maire par celui-ci, sauf à Paris.
  3. 1979Dans sa décision Territoire de Nouvelle-Calédonie, le Conseil constitutionnel reconnaît pour la première fois la valeur constitutionnelle du principe de libre administration.
  4. 2 mars 1982La loi Defferre crée la région comme collectivité territoriale, transfère la fonction exécutive dans les départements et les régions du préfet au président de l’assemblée délibérante et supprime la tutelle administrative a priori.
  5. 2 mars 1982La loi de décentralisation a remplacé la tutelle préfectorale sur les actes locaux par un contrôle de légalité exercé par le juge administratif après saisine du préfet.
  6. 20 janvier 1984Le Conseil constitutionnel censure pour la première fois une disposition législative au nom de la libre administration, dans la loi portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
  7. 20 janvier 1984Le Conseil constitutionnel a censuré pour la première fois une loi au nom de la libre administration, à propos des mesures procédurales de recrutement dans la fonction publique territoriale. - Loi portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, 20 janvier 1984
  8. 28 mars 2003La révision inscrit à l’article 1er que l’organisation de la République est décentralisée, consacre notamment la subsidiarité et le référendum local, et reconnaît la possibilité de désigner une collectivité chef de file.

1. Catégories de collectivités territoriales

Notions clés & Définitions

  • Collectivité territoriale : Personne morale de droit public distincte de l’État, dotée d’organes élus, de compétences propres et d’un ressort territorial déterminé.

★ À maîtriser

📌 Les collectivités territoriales disposent de la personnalité morale, contrairement aux circonscriptions administratives, qui sont des divisions géographiques de l’État.

  • L’article 72, alinéa 1er, de la Constitution distingue les catégories suivantes : les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier, les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74

Compléments

  • Au 1er janvier 2026, la France compte 34 875 communes, et près de 40 % des communes de l’Union européenne se trouvent en France.

  • La France compte 12 régions métropolitaines et 14 en incluant l’outre-mer ; le nombre de régions métropolitaines est passé de 22 à 12 au 1er janvier 2016, sans tenir compte de la Corse.

  • La France compte 93 départements en métropole et 95 en incluant l’outre-mer.

2. Intercommunalité et coopération communale

Notions clés & Définitions

  • Intercommunalité : Processus de rapprochement entre communes visant à remédier aux difficultés liées à leur grand nombre et à leur permettre de coopérer.
  • EPCI : Établissement public auquel les communes transfèrent des compétences présentant un intérêt pour l’ensemble de ses communes membres.

★ À maîtriser

📌 Après le transfert d’une compétence à un EPCI, les communes membres ne peuvent plus intervenir dans la matière transférée et perdent cette compétence.

📌 Les intercommunalités de gestion, financées par les communes et sans fiscalité propre, assurent des prestations de service public, tandis que les intercommunalités de projet, développées à partir des années 1990, portent notamment des projets de développement économique et d’aménagement et disposent d’une fiscalité propre.

Compléments

  • Les catégories d’EPCI à fiscalité propre sont : les communautés de communes, les communautés d’agglomération, les communautés urbaines, les métropoles, à l’exception de la Métropole de Lyon

  • Au 1er janvier 2026, la France compte 1 252 EPCI à fiscalité propre.

Astuce mémo

Émiettement communal → coopération intercommunale

3. Décentralisation et déconcentration

Notions clés & Définitions

  • Décentralisation territoriale : Processus d’aménagement de l’État unitaire par lequel l’État transfère des compétences administratives à des collectivités territoriales distinctes de lui.
  • Décentralisation fonctionnelle : Création d’établissements publics chargés de gérer une ou plusieurs missions de service public selon le principe de spécialité.

Points essentiels

  • Dans un État unitaire, un seul pouvoir politique national détient la souveraineté et les lois nationales s’appliquent sur l’ensemble du territoire.

  • La décentralisation territoriale repose sur la création de personnes morales distinctes de l’État, la gestion par des organes élus, le transfert de compétences administratives propres et une autonomie financière.

📌 Les collectivités territoriales exercent leurs compétences de manière autonome, sans lien de subordination avec l’État, mais doivent respecter la légalité et ne sont pas indépendantes.

📌 La décentralisation transfère des compétences à une personne morale distincte de l’État, tandis que la déconcentration redistribue un pouvoir de décision au sein de l’État à ses agents locaux, qui agissent en son nom.

Astuce mémo

Collectivité autonome versus agent agissant au nom de l’État

4. Développement des actes de décentralisation

★ À maîtriser

📌 Depuis la loi du 2 mars 1982, le préfet ne peut plus annuler lui-même un acte local : il peut le déférer au tribunal administratif, qui peut l’annuler s’il est illégal.

Compléments

📌 La loi RCT du 16 décembre 2010 supprime la clause générale de compétence des départements et des régions et crée les métropoles, tandis que la loi MAPTAM du 27 janvier 2014 rétablit cette clause pour ces collectivités et renforce les métropoles.

Astuce mémo

1982, 2003, puis réformes territoriales successives

5. Libre administration des collectivités

★ À maîtriser

  • L’article 72, alinéa 3, de la Constitution prévoit que les collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences.

  • L’article 34 de la Constitution confie à la loi la détermination des principes fondamentaux de la libre administration des collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources.

Compléments

📌 Le Conseil constitutionnel ne censure une loi au nom de la libre administration que lorsque le législateur porte à ce principe une atteinte excessive.

6. Libre administration et contrôle constitutionnel

★ À maîtriser

📌 L’article 72, alinéa 3, de la Constitution garantit aux collectivités territoriales une libre administration par des conseils élus et un pouvoir réglementaire exercé dans les conditions prévues par la loi.

📌 Depuis sa décision du 30 novembre 2006, Loi relative au secteur de l’énergie, le Conseil constitutionnel n’admet les limitations du pouvoir local que si elles répondent à des fins d’intérêt général.

Compléments

  • Le principe de libre administration est invocable à l’appui d’une QPC comme droit ou liberté garanti par la Constitution, notamment depuis la décision de 2010, Commune de Dunkerque. - Conseil constitutionnel

  • Le Conseil d’État reconnaît à la libre administration la qualité de liberté fondamentale protégée par le référé-liberté dans sa décision de 2011, Commune de Venelles.

Astuce mémo

Autonomie locale, mais contrôle constitutionnel

7. Portée et limites de la libre administration

Notions clés & Définitions

  • Autonomie financière : Capacité juridique et budgétaire des collectivités territoriales à disposer de ressources propres et suffisantes pour assurer leur libre administration.

★ À maîtriser

  • L’article 72, alinéa 3, implique que les collectivités sont administrées par des conseils élus ; le suffrage est universel en vertu de l’article 3 de la Constitution et il est en principe direct pour ces conseils.

📌 Le pouvoir réglementaire des collectivités territoriales, expressément consacré par la révision constitutionnelle de 2003, ne peut s’exercer que dans leurs compétences et dans le cadre des lois et règlements nationaux.

  • Selon le Conseil constitutionnel dans sa décision du 8 août 1985, Loi sur l’évolution de la Nouvelle-Calédonie, les collectivités territoriales doivent disposer d’attributions effectives leur permettant une capacité réelle de décision.

  • Le principe d’indivisibilité de la République encadre l’autonomie locale et implique, selon le Conseil constitutionnel, qu’il n’existe en métropole qu’un seul peuple, le peuple français.

Compléments

📌 L’article 72, alinéa 5, interdit à une collectivité territoriale d’exercer une tutelle sur une autre, de décider à sa place ou de lui adresser des injonctions.

Astuce mémo

Autonomie locale, unité nationale

8. Collectivités territoriales de droit commun

★ À maîtriser

  • L’article 72 de la Constitution énumère comme collectivités de droit commun les communes, les départements et les régions.

Compléments

  • La commune est une collectivité de proximité dont le régime a été harmonisé par la loi du 5 avril 1884, qui a notamment prévu l’élection du maire par le conseil municipal, sauf à Paris, et une clause générale de compétence.

  • La loi du 14 décembre 1789 a créé environ 44 000 municipalités sur le territoire des anciennes paroisses, appelées communes à partir de 1793.

  • La loi du 10 août 1871 a donné la personnalité juridique au département, qui est ainsi devenu une collectivité territoriale.

  • La région est devenue une collectivité territoriale avec l’Acte I de la décentralisation et a été inscrite dans la Constitution par la révision du 28 mars 2003.

9. Collectivités dérogatoires et statut particulier

★ À maîtriser

  • La loi du 31 décembre 1982 a organisé Paris, Marseille et Lyon en arrondissements dotés de conseils et de maires d’arrondissement, sans personnalité juridique ni patrimoine propre.

  • La révision constitutionnelle du 28 mars 2003 a introduit les collectivités à statut particulier dans l’article 72 de la Constitution.

  • Les trois collectivités à statut particulier sont :

    • la Métropole de Lyon
    • la Ville de Paris
    • la Collectivité de Corse

Compléments

  • La Collectivité européenne d’Alsace, créée le 1er janvier 2021, s’est substituée aux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin tout en restant intégrée à la région Grand Est.

  • La Métropole de Lyon, créée le 1er janvier 2015, exerce sur son territoire les compétences de l’ancienne communauté urbaine et du département du Rhône.

  • Depuis le 1er janvier 2018, la Collectivité de Corse est une collectivité à statut particulier qui exerce les compétences départementales et celles de l’ancienne Collectivité territoriale de Corse.

10. Collectivités territoriales ultramarines

★ À maîtriser

📌 Depuis la révision constitutionnelle de 2003, les départements et régions d’outre-mer relèvent de l’article 73 de la Constitution, tandis que les collectivités d’outre-mer relèvent de l’article 74.

  • Les départements et régions d’outre-mer sont la Guadeloupe et La Réunion ; la Guyane, la Martinique et Mayotte sont des collectivités uniques régies par l’article 73.

📌 Les collectivités relevant de l’article 73 appliquent en principe les textes législatifs et réglementaires métropolitains, qui peuvent être adaptés à leurs caractéristiques et contraintes sans porter atteinte à l’indivisibilité de la République ni aux conditions essentielles d’exercice des libertés publiques et des droits constitutionnels.

📌 Chaque collectivité relevant de l’article 74 possède un statut fixé par une loi organique, qui détermine notamment ses compétences, l’organisation et le fonctionnement de ses institutions ainsi que le régime électoral de son assemblée délibérante.

Compléments

  • Les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 sont :
    • Saint-Pierre-et-Miquelon
    • les îles de Wallis-et-Futuna
    • la Polynésie française
    • Saint-Barthélemy
    • Saint-Martin

📌 En règle générale, les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 relèvent de la spécialité législative, selon laquelle les lois et règlements ne s’appliquent que sur mention expresse.

Astuce mémo

Article 73 : assimilation ; article 74 : spécialité

11. Statuts ultramarins des articles 73 et 74

★ À maîtriser

  • Les collectivités de Guyane et de Martinique sont devenues des collectivités uniques le 1er janvier 2016, à la suite des référendums du 24 janvier 2010 et en application de la loi du 27 juillet 2011.

  • Pour les collectivités régies par l’article 73, le principe d’assimilation rend applicables les textes métropolitains relatifs aux départements et régions, sous réserve d’adaptations liées à leurs caractéristiques et contraintes particulières.

  • Les adaptations applicables aux collectivités de l’article 73 ne peuvent porter atteinte à l’indivisibilité de la République ni aux conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti. - CC, Loi d’orientation pour l’outre-mer, 7 décembre 2000

  • En règle générale, les COM relèvent de la spécialité législative : les lois et règlements ne s’y appliquent que s’ils le prévoient expressément.

  • Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et la Polynésie française disposent de l’autonomie et peuvent fixer des règles dans des domaines relevant de la loi en métropole, sous le contrôle de l’État et dans le respect des garanties nationales des libertés publiques.

Compléments

  • Les collectivités d’outre-mer de l’article 74 ont remplacé les territoires d’outre-mer depuis la révision constitutionnelle de 2003.

Astuce mémo

Article 73 assimile ; article 74 spécialise

12. Évolution du statut néo-calédonien

★ À maîtriser

📌 La Nouvelle-Calédonie n’est pas une collectivité territoriale : elle relève d’un régime constitutionnel propre défini par le titre XIII de la Constitution.

  • Les accords de Nouméa du 5 mai 1998 ont conduit à la révision constitutionnelle du 20 juillet 1998, qui a créé le titre XIII de la Constitution, ensuite modifié par la révision du 23 février 2007.

  • Les référendums sur la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ont eu lieu en 2018, 2020 et 2021 et ont tous abouti à la victoire du « non ».

  • Les partisans du « non » ont obtenu 56 % des voix en 2018, 53 % en 2020 et 96 % en 2021, mais le dernier référendum a été boycotté par les indépendantistes pendant la crise sanitaire et son résultat a été rejeté par ceux-ci.

  • L’accord de Bougival du 12 juillet 2025 prévoyait la création, au sein de la France, d’un État de Nouvelle-Calédonie dépourvu de souveraineté, mais les indépendantistes l’ont rejeté.

Compléments

  • La population de Nouvelle-Calédonie est composée de 41 % de Kanaks, 24 % d’Européens et 35 % d’autres populations, notamment originaires de Polynésie ou d’Asie.

  • Le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, présenté en septembre 2025 pour retranscrire l’accord de Bougival, a été rejeté par l’Assemblée nationale en avril 2026.

Astuce mémo

Nouméa → référendums → accord de Bougival

13. Développement de l’intercommunalité

Notions clés & Définitions

  • EPCI : Un établissement public de coopération intercommunale est une structure permettant à des communes de mettre en commun leurs moyens et d’exercer des compétences transférées présentant un intérêt intercommunal.

★ À maîtriser

  • La France comptait 44 000 communes lors de leur création après la Révolution et en comptait 34 875 au 1er janvier 2026.

📌 L’intercommunalité de gestion, principalement portée par les syndicats de communes avant 1992, mutualise la gestion d’un ou plusieurs services publics, tandis que l’intercommunalité de projet associe les communes autour d’un projet de développement et d’aménagement.

  • Les syndicats de communes sont des EPCI sans fiscalité propre, financés par les contributions de leurs communes membres, alors que les communautés et les métropoles perçoivent une part des impôts locaux.

Compléments

  • La loi du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République a instauré une intercommunalité de projet prenant notamment la forme de communautés et de métropoles à fiscalité propre.

  • Les lois MAPTAM du 27 janvier 2014 et NOTRe du 7 août 2015 ont renforcé les compétences des intercommunalités et favorisé leur intégration.

Astuce mémo

Le syndicat gère ; la communauté porte un projet

14. Catégories et compétences intercommunales

★ À maîtriser

  • Créés par la loi du 22 mars 1890, les syndicats de communes associent des communes pour gérer des œuvres ou services d’intérêt intercommunal et peuvent recevoir les compétences que les communes choisissent de leur transférer.

  • Les communes peuvent appartenir à plusieurs syndicats de communes, mais à un seul EPCI à fiscalité propre.

  • Les catégories de communautés sont :

    • les communautés de communes
    • les communautés d’agglomération
    • les communautés urbaines
  • Créée par la loi du 6 février 1992, la communauté de communes répond aux besoins des zones rurales sans condition de seuil démographique et compte 987 structures au 1er janvier 2026.

  • La communauté d’agglomération doit réunir plus de 50 000 habitants autour d’une ou plusieurs communes-centres de plus de 15 000 habitants et compte 230 structures au 1er janvier 2026.

  • La communauté urbaine a été créée par la loi du 31 décembre 1966 et le seuil de création a été fixé à 250 000 habitants par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014 ; la France en compte 14 au 1er janvier 2026.

  • La loi MAPTAM du 27 janvier 2014 a créé la Métropole de Lyon, qui est une collectivité territoriale à statut particulier et non un EPCI, et la Métropole du Grand Paris, qui est un EPCI à fiscalité propre à statut particulier.

  • Depuis le 1er janvier 2018, la France compte 22 métropoles de droit commun, qui exercent de plein droit des compétences réparties en cinq groupes et peuvent recevoir des compétences du département, de la région ou de l’État.

Compléments

  • La Métropole du Grand Paris comprend 11 établissements publics territoriaux créés au 1er janvier 2016 par la loi NOTRe du 7 août 2015.

  • La loi du 21 février 2022, dite loi 3DS, a supprimé le découpage en territoires de la métropole Aix-Marseille-Provence.

15. Élections des assemblées locales

★ À maîtriser

📌 La Constitution prévoit que les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus, et le législateur fixe les règles du régime électoral des assemblées locales en application de l’article 34.

📌 Les citoyens de l’Union européenne résidant en France peuvent voter et être élus aux élections municipales, mais ne peuvent être maire ou adjoint ni participer à l’élection des sénateurs.

  • La loi du 21 mai 2025 a étendu à toutes les communes le scrutin municipal de liste bloqué paritaire à deux tours, avec une prime majoritaire de 50 %, et a supprimé le panachage et le scrutin plurinominal.

📌 Les conseillers départementaux sont élus pour six ans au scrutin binominal majoritaire paritaire à deux tours, chaque canton élisant un binôme composé d’un homme et d’une femme.

📌 Les conseillers régionaux sont élus pour six ans au scrutin de liste à deux tours, à la proportionnelle à la plus forte moyenne et avec une prime majoritaire, sans panachage.

Compléments

📌 Le Conseil constitutionnel a qualifié les élections locales d’élections politiques dans sa décision du 18 novembre 1982, car les élus locaux désignent les membres du collège électoral des sénateurs.

  • La première application du nouveau scrutin municipal en mars 2026 a produit une liste unique dans 68 % des communes et un taux d’abstention ou de votes blancs de 48 %.

  • À Paris, les élections départementales n’ont pas lieu séparément des élections municipales, et elles ne sont pas organisées sur le territoire de la Métropole de Lyon, qui exerce les compétences départementales.

16. Assemblées et statut des élus locaux

★ À maîtriser

📌 Le conseil municipal règle les affaires d’intérêt local en vertu de la clause de compétence générale, tandis que les conseils départementaux et régionaux interviennent dans les domaines de compétence que la loi leur attribue.

  • La loi du 22 décembre 2025 a créé dans le CGCT un statut de l’élu local applicable aux élus des assemblées et des exécutifs locaux, aux élus des arrondissements de Paris, Lyon et Marseille et aux élus des EPCI.

  • Le statut de l’élu local organisé par la loi du 22 décembre 2025 prévoit des mesures avant, pendant et après le mandat, portant notamment sur l’information des candidats, la conciliation du mandat avec les vies personnelle et professionnelle et l’accompagnement de la fin de mandat.

📌 L’article L. 46-1 du Code électoral limite à deux le nombre de mandats locaux détenus simultanément, tandis que deux fonctions exécutives locales ne peuvent pas être cumulées.

📌 Les lois organiques et ordinaires du 14 février 2014 interdisent de cumuler une fonction exécutive locale avec un mandat de député, de sénateur ou de député européen, mais permettent le cumul d’un mandat parlementaire avec un mandat local non exécutif.

Compléments

📌 Les assemblées délibérantes locales ne peuvent empiéter sur les compétences d’autres assemblées ou de l’exécutif et doivent notamment respecter les principes de laïcité et de neutralité.

  • La loi du 22 décembre 2025 prévoit une bonification d’un trimestre de retraite par mandat complet, dans la limite de trois trimestres.

Astuce mémo

Avant, pendant, après le mandat

17. Exécutifs des collectivités territoriales

Points essentiels

  • L’exécutif local est individuel et prépare puis exécute les décisions de l’assemblée délibérante ; il prépare le budget, ordonne les dépenses, dirige les services, nomme les agents sur les emplois créés et représente la collectivité en justice.

📌 Le maire dispose, comme autorité communale, d’un pouvoir de police administrative générale destiné à assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques, conformément à l’article L. 2212-1 du CGCT.

  • Comme agent de l’État, le maire agit sous l’autorité du préfet ou du procureur de la République pour l’exécution des lois, l’état civil et ses fonctions d’officier de police judiciaire.

Astuce mémo

Le maire exerce une police générale ; les présidents, une police spéciale

Tableaux de synthèse

Décentralisation et déconcentration

CritèreDécentralisationDéconcentration
Personne compétentePersonne morale distincte de l’ÉtatÉtat, par ses agents locaux
Mode d’actionTransfert de compétencesRedistribution du pouvoir de décision
AutoritésOrganes élusAgents de l’État
ExerciceAutonomeAu nom de l’État
Démocratie localeOuiNon

Régimes constitutionnels ultramarins

CritèreArticle 73Article 74
Collectivités concernéesDépartements et régions d’outre-mer et collectivités uniquesCollectivités d’outre-mer
PrincipeAssimilation aux collectivités métropolitaines avec adaptations possiblesStatut propre fixé par une loi organique
Application des normesTextes métropolitains applicables en principeSpécialité législative en règle générale

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1. Quelle caractéristique distingue une collectivité territoriale d’un simple service de l’État ?

2. Quelle différence juridique sépare une collectivité territoriale d’une circonscription administrative ?

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Qu’est-ce qu’une collectivité territoriale ?

Une personne morale de droit public distincte de l’État, dotée d’organes élus, de compétences propres et d’un ressort territorial déterminé.

Quelle personnalité juridique distingue les collectivités territoriales des circonscriptions administratives ?

Les collectivités territoriales disposent de la personnalité morale.

Quelles catégories l’article 72, alinéa 1er, de la Constitution distingue-t-il ?

Les communes, départements, régions, collectivités à statut particulier et collectivités d’outre-mer régies par l’article 74.

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