QCM : Droit pénal général (41 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une personne adopte un comportement que la loi n’a pas défini comme une infraction. Que commande le principe « nullum crimen, nulla poena sine lege » ?

Ne pas la punir pour ce comportement sans texte
Laisser au juge le soin de définir l’infraction
La punir si le comportement paraît socialement nuisible
La punir selon une peine choisie par le juge

Ne pas la punir pour ce comportement sans texte

Explication

Le principe de légalité interdit de punir un comportement sans texte et réserve au législateur la définition des infractions. Une appréciation morale ne remplace pas la loi, et le juge ne peut pas créer l’incrimination ni choisir librement la peine.

2. Pourquoi le principe de légalité pénale contribue-t-il à protéger la liberté individuelle ?

En permettant d’étendre les poursuites aux comportements analogues
En limitant la répression pénale et les pouvoirs du juge
En laissant au juge une marge illimitée pour choisir les infractions
En garantissant seulement les règles de procédure du procès

En limitant la répression pénale et les pouvoirs du juge

Explication

La légalité protège la liberté individuelle en limitant la répression et les pouvoirs du juge. L’extension des poursuites et un pouvoir judiciaire illimité vont à l’encontre de cette fonction, tandis que la garantie ne se limite pas à la procédure.

3. Pour déterminer les sources possibles d’une norme pénale, quelle distinction faut-il retenir entre les sources nationales et internationales, d’une part, et la jurisprudence et la coutume, d’autre part ?

Les sources nationales et internationales sont possibles, mais la jurisprudence et la coutume ne sont pas des sources autonomes de l’infraction
La jurisprudence et la coutume sont possibles, mais les sources nationales et internationales ne peuvent pas fonder une norme pénale
Les sources nationales sont possibles, mais les sources internationales et la jurisprudence constituent des sources autonomes de l’infraction
Les sources internationales sont possibles, mais les sources nationales et la coutume ne peuvent pas fonder une norme pénale

Les sources nationales et internationales sont possibles, mais la jurisprudence et la coutume ne sont pas des sources autonomes de l’infraction

Explication

Les sources possibles de la norme pénale sont nationales ou internationales ; la jurisprudence et la coutume ne constituent pas des sources autonomes de l’infraction. Traiter la coutume ou la jurisprudence comme autonome confond leur rôle éventuel avec celui d’une source pénale.

4. Une poursuite pénale repose sur un règlement administratif que le juge pénal estime illégal. En application de l’article 111-5 du code pénal, quelle mesure peut-il prendre ?

Écarter le règlement dans le procès sans l’annuler
Suspendre le procès jusqu’à une annulation par le juge administratif
Écarter tout acte administratif, même sans lien avec les poursuites
Annuler le règlement avec effet rétroactif pour tous

Écarter le règlement dans le procès sans l’annuler

Explication

Lorsque l’acte administratif est à l’origine des poursuites, le juge pénal peut en apprécier la légalité et l’écarter dans le procès s’il le juge illégal, sans l’annuler. L’annulation rétroactive relève du recours devant le juge administratif, et le contrôle pénal suppose un lien avec les poursuites.

5. Un règlement est contesté dans deux procédures : un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif et une exception d’illégalité devant le juge pénal. Quelle différence caractérise les effets de ces recours ?

Le juge administratif écarte le règlement dans le procès, tandis que le juge pénal l’annule rétroactivement
Les deux juges écartent le règlement sans le faire disparaître
Le juge administratif peut annuler le règlement rétroactivement, tandis que le juge pénal l’écarte dans le procès sans l’annuler
Les deux juges annulent le règlement avec effet rétroactif

Le juge administratif peut annuler le règlement rétroactivement, tandis que le juge pénal l’écarte dans le procès sans l’annuler

Explication

Le recours pour excès de pouvoir peut conduire le juge administratif à annuler le règlement avec effet rétroactif, tandis que l’exception d’illégalité permet au juge pénal de l’écarter dans le procès sans l’annuler. L’inversion des effets attribue à chaque juge le pouvoir de l’autre voie de recours.

6. Une incrimination décrit un comportement par une formule si vague que le juge devrait choisir arbitrairement quels actes sont punissables. Quelle qualité essentielle fait défaut à cette loi ?

La description de toutes les modalités concrètes de l’infraction
La démonstration que chaque comportement menace l’ordre social
La clarté et la précision nécessaires pour exclure l’arbitraire
La détermination préalable de la peine applicable à chaque cas

La clarté et la précision nécessaires pour exclure l’arbitraire

Explication

La loi pénale doit définir les infractions avec assez de clarté et de précision pour les distinguer et rendre la répression prévisible. Décrire toutes les modalités concrètes confond précision juridique et précision factuelle ; déterminer la peine relève de la sanction ; la gravité de l’atteinte concerne la nécessité pénale.

7. Dans une loi pénale, quelle fonction distingue l’incrimination de la sanction ?

L’incrimination définit le comportement interdit, la sanction indique la mesure encourue
L’incrimination fixe la peine encourue, la sanction définit le comportement interdit
L’incrimination prévoit la procédure, la sanction désigne l’autorité qui juge
L’incrimination qualifie les faits jugés, la sanction détermine leur gravité sociale

L’incrimination définit le comportement interdit, la sanction indique la mesure encourue

Explication

L’incrimination décrit le comportement interdit, tandis que la sanction précise la mesure à laquelle son auteur s’expose. Inverser ces fonctions confond les deux composantes ; qualifier les faits ou organiser la procédure ne correspond pas à cette distinction.

8. Une atteinte grave à une valeur essentielle est punie d’une peine que le législateur estime excessive au regard des faits. Quel principe doit guider la loi pénale ?

L’incrimination doit énumérer chaque modalité matérielle de l’atteinte
La peine doit être nécessaire et proportionnée à la gravité des faits
La peine doit protéger l’ordre social sans égard à la gravité des faits
La sanction doit être prévisible, quelle que soit sa proportion aux faits

La peine doit être nécessaire et proportionnée à la gravité des faits

Explication

La loi pénale doit être à la fois nécessaire et proportionnée à la gravité des faits, conformément notamment à l’article 8 de la DDHC. La seule nécessité ne suffit pas ; l’énumération des modalités relève de la précision ; la prévisibilité ne justifie pas une peine disproportionnée.

9. Le législateur envisage de créer une infraction pour un comportement sans atteinte grave à l’ordre social ni lien avec la protection de valeurs essentielles. Que commande le principe de nécessité pénale ?

Ne pas mobiliser le droit pénal pour ce comportement
Laisser au juge le soin de décider si le comportement sera interdit
Fixer une peine modérée sans examiner l’utilité de l’incrimination
Incriminer le comportement dès qu’il suscite une désapprobation sociale

Ne pas mobiliser le droit pénal pour ce comportement

Explication

La nécessité pénale limite l’emploi du droit pénal à la défense des valeurs essentielles et impose de viser les atteintes graves à l’ordre social. La désapprobation sociale ne suffit pas ; modérer la peine ne remplace pas la nécessité de l’incrimination ; déléguer la définition de l’interdit au juge ne répond pas à ce principe.

10. Un fait est commis avant l’entrée en vigueur d’une loi qui alourdit la peine applicable. Quelle loi le juge doit-il appliquer à ces faits ?

La loi antérieure, car la loi nouvelle plus sévère n’est pas rétroactive
La loi antérieure seulement si une condamnation définitive a déjà été prononcée
La loi nouvelle, car la règle de rétroactivité favorise la peine la plus récente
La loi nouvelle, car toute loi en vigueur au jugement s’applique aux faits antérieurs

La loi antérieure, car la loi nouvelle plus sévère n’est pas rétroactive

Explication

Selon la non-rétroactivité in pejus, une loi pénale nouvelle plus sévère ne s’applique pas aux faits antérieurs à son entrée en vigueur. Appliquer la loi en vigueur au jugement méconnaît cette règle ; la rétroactivité in mitius concerne une loi plus douce ; l’existence d’un appel ne transforme pas une loi plus sévère en loi rétroactive.

11. Une loi pénale plus douce entre en vigueur alors que la procédure relative aux faits commis antérieurement est toujours en appel. Quelle règle s’applique ?

La loi ancienne s’applique, car la loi nouvelle ne concerne que les faits postérieurs
La loi ancienne s’applique dès qu’un jugement de première instance est rendu
La loi nouvelle s’applique même après une condamnation devenue définitive
La loi nouvelle plus douce peut s’appliquer, puisqu’aucune condamnation définitive n’est prononcée

La loi nouvelle plus douce peut s’appliquer, puisqu’aucune condamnation définitive n’est prononcée

Explication

La rétroactivité in mitius permet à la loi plus douce de s’appliquer aux faits antérieurs tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée ; un appel signifie que la procédure est encore en cours. La règle ne réserve pas la loi nouvelle aux faits postérieurs et ne s’étend pas, selon cette unité, aux condamnations définitives.

12. Une personne commet le même acte interdit à plusieurs reprises, et l’infraction n’est constituée qu’en raison de cette répétition. Comment classer cette infraction ?

Une infraction d’habitude
Une infraction continue
Une infraction complexe
Une infraction instantanée

Une infraction d’habitude

Explication

L’infraction d’habitude suppose la répétition d’un même fait. L’infraction continue se prolonge tant que les actes d’exécution se poursuivent ; l’infraction complexe nécessite plusieurs faits ; l’infraction instantanée se réalise en un trait de temps.

13. Une infraction est commise sur le territoire français par une personne de nationalité étrangère. Quelle loi s’applique en vertu du principe de territorialité ?

La loi pénale française
La loi pénale du pays dont la victime est ressortissante
La loi pénale du pays où l’auteur réside
La loi pénale du pays dont l’auteur est ressortissant

La loi pénale française

Explication

Le principe de territorialité rend la loi française applicable aux infractions commises en France, quelle que soit la nationalité de leur auteur. Le critère de la nationalité de l’auteur relève de la compétence personnelle active, celui de la victime de la compétence personnelle passive, et la résidence de l’auteur ne détermine pas ici la loi applicable.

14. Dans une infraction dont les actes se déroulent dans deux pays, l’un des faits constitutifs a lieu en France. Où l’infraction est-elle réputée commise au sens de l’article 113-2 du code pénal ?

Dans les deux pays, à condition que tous les faits s’y soient produits
Dans le pays où l’auteur réside habituellement
Dans le pays où le premier acte de l’infraction a été accompli
En France, puisqu’un fait constitutif s’y est produit

En France, puisqu’un fait constitutif s’y est produit

Explication

L’article 113-2 considère l’infraction comme commise en France dès lors qu’un seul de ses faits constitutifs y a lieu. Exiger la présence de tous les faits ajoute une condition inexistante, tandis que la résidence de l’auteur et le lieu du premier acte ne sont pas les critères posés par cette règle.

15. Une infraction est commise à l’étranger par un auteur français contre une victime étrangère. Quel rattachement personnel peut fonder la compétence française en raison de la nationalité de l’auteur ?

La compétence personnelle passive
La compétence personnelle active
La compétence territoriale
La compétence fondée sur la nationalité française de la victime

La compétence personnelle active

Explication

La compétence personnelle active repose sur la nationalité française de l’auteur, tandis que la compétence personnelle passive est fondée sur celle de la victime. La territorialité se rattache au lieu de commission de l’infraction, et le scénario ne présente pas de victime française.

16. Une personne soupçonnée d’une infraction commise à l’étranger se trouve en France, sans rattachement territorial, personnel ou réel avec la France. Dans quel cadre les juridictions françaises peuvent-elles néanmoins connaître de l’affaire ?

Dans le cadre de la compétence universelle, si les conditions légales sont réunies
Dans le cadre de la compétence territoriale, dès que l’auteur est présent en France
Dans le cadre de la compétence personnelle active, en raison de sa présence en France
Dans le cadre de la compétence personnelle passive, en raison de son séjour en France

Dans le cadre de la compétence universelle, si les conditions légales sont réunies

Explication

La compétence universelle peut permettre aux juridictions françaises de connaître de certaines infractions commises à l’étranger sans rattachement territorial, personnel ou réel, lorsque l’auteur se trouve en France et que les conditions légales sont réunies. La présence en France ne transforme pas l’affaire en infraction territoriale et ne prouve la nationalité française ni de l’auteur ni de la victime.

17. Un juge pénal examine un texte qui ne vise pas explicitement un comportement, mais qui paraît proche d’un comportement interdit. Quelle méthode l’article 111-4 lui impose-t-il ?

Créer une exception nouvelle pour adapter le texte au comportement
Inclure le comportement voisin par analogie avec l’infraction prévue
Déduire l’interdiction de l’objectif général poursuivi par la loi
Interpréter strictement la loi sans l’étendre par analogie ou induction

Interpréter strictement la loi sans l’étendre par analogie ou induction

Explication

L’article 111-4 impose une interprétation stricte de la loi pénale : le juge ne peut étendre l’interdiction par analogie ou induction. Assimiler un comportement voisin constitue précisément une extension analogique, et la finalité générale ou une exception créée par le juge ne remplace pas les limites du texte.

18. Une loi pénale soulève une difficulté d’interprétation dans un procès ordinaire, sans situation exceptionnelle justifiant un recours spécialisé. À qui revient généralement l’interprétation ?

Au juge du fond saisi de l’affaire
À la Cour de cassation, sans examen par le juge du fond
Au législateur, par une modification préalable de la loi
À une juridiction supérieure saisie dans chaque affaire

Au juge du fond saisi de l’affaire

Explication

Les recours en interprétation sont exceptionnels, et l’interprétation revient souvent au juge du fond chargé de statuer sur l’affaire. Une saisine spécialisée n’est donc pas la voie ordinaire, et le fait qu’une difficulté apparaisse n’impose pas à lui seul une intervention de la Cour de cassation ou du législateur.

19. Un juge examine une disposition pénale dont le sens paraît clair, mais dont l’application envisagée contredirait son objectif. Quelle démarche respecte son rôle d’interprétation ?

Étendre l’incrimination à un cas ressemblant
Privilégier le but au mépris des termes de la loi
S’en tenir aux mots même si le résultat est absurde
Rester au plus près de la loi en conciliant sa lettre et son esprit

Rester au plus près de la loi en conciliant sa lettre et son esprit

Explication

Le juge pénal doit respecter à la fois la lettre et l’esprit de la loi, tout en restant au plus près de celle-ci. Privilégier le but au mépris du texte néglige sa lettre, s’en tenir aux mots malgré l’absurdité méconnaît la limite de l’interprétation littérale, et étendre l’incrimination à un cas ressemblant relève de l’analogie.

20. Une lecture strictement littérale d’une disposition pénale conduirait à un résultat manifestement absurde. Quelle méthode le juge doit-il retenir ?

Écarter toute interprétation et annuler la disposition
Écarter le sens littéral qui produit ce résultat absurde
Appliquer par analogie une règle voisine
Maintenir le sens littéral malgré ce résultat absurde

Écarter le sens littéral qui produit ce résultat absurde

Explication

L’interprétation littérale s’attache aux mots, mais doit être écartée lorsqu’elle aboutit à une absurdité. Maintenir le sens littéral ignore cette limite, l’analogie applique une règle à un cas non prévu, et l’annulation de la disposition ne découle pas de ce principe.

21. Un comportement n’est pas visé par une règle pénale, mais ressemble à celui que cette règle interdit. Comment nomme-t-on la démarche qui consiste à lui appliquer cette règle ?

Une interprétation par analogie
Une interprétation téléologique
Une interprétation littérale
Une interprétation stricte

Une interprétation par analogie

Explication

L’interprétation par analogie consiste à appliquer à une situation non prévue une règle conçue pour un cas similaire. L’interprétation littérale s’attache aux mots, l’interprétation téléologique au but du législateur, et l’interprétation stricte exige de respecter les limites du texte.

22. Une juridiction envisage d’étendre une incrimination à un comportement similaire, mais non prévu par la loi. Quelle solution est conforme à l’interprétation pénale ?

Écarter l’extension par analogie de l’incrimination
Appliquer la règle pénale au cas non prévu
Admettre l’extension en raison de la similarité
Autoriser l’extension si elle sert le but de la loi

Écarter l’extension par analogie de l’incrimination

Explication

L’analogie est exclue en droit pénal, car elle étend la répression à des cas que la loi n’a pas prévus. La similarité des faits ou le but poursuivi ne permet pas de contourner cette limite et d’appliquer l’incrimination à un cas non prévu.

23. Pour qualifier pénalement un comportement, un juge identifie la disposition qui l’interdit. À quel élément de l’infraction correspond cette disposition ?

À l’élément légal
À l’élément moral
À la sanction pénale
À l’élément matériel

À l’élément légal

Explication

L’élément légal est le texte qui porte l’incrimination, interdit le comportement et permet sa qualification pénale. Le comportement relève de l’élément matériel, l’état d’esprit de l’élément moral, tandis que la sanction est une condition distincte de l’existence d’une infraction pénale.

24. Dans l’examen d’une infraction, un juge décrit l’acte concrètement accompli par la personne et interdit par le texte. Quel élément décrit-il ?

L’élément moral
L’élément matériel
La sanction pénale
L’élément légal

L’élément matériel

Explication

L’élément matériel désigne le comportement objectivement interdit ou imposé par le texte d’incrimination. Le texte lui-même constitue l’élément légal, l’état d’esprit relève de l’élément moral, et la peine encourue est la sanction.

25. Lors de l’analyse d’une infraction, une juridiction évalue ce que l’auteur avait à l’esprit au moment des faits. Quel élément examine-t-elle ?

La sanction pénale
L’élément légal
L’élément matériel
L’élément moral

L’élément moral

Explication

L’élément moral correspond à l’état d’esprit de l’auteur au moment des faits. Le comportement observable relève de l’élément matériel, le texte d’incrimination de l’élément légal, et la sanction désigne la conséquence répressive prévue.

26. Un comportement est interdit par une disposition, mais celle-ci ne prévoit aucune sanction pénale. Peut-il constituer une infraction pénale ?

Oui, car l’interdiction suffit à créer l’infraction
Oui, si une sanction disciplinaire est prévue
Oui, dès que le comportement est matériellement établi
Non, car une sanction pénale est nécessaire

Non, car une sanction pénale est nécessaire

Explication

Un comportement interdit ne constitue une infraction pénale que s’il est assorti d’une sanction pénale. L’interdiction seule ou l’existence d’une sanction disciplinaire ne satisfait pas cette condition, et la constatation matérielle du comportement ne remplace pas la sanction pénale.

27. Un acte répond à la définition d’une infraction, mais une circonstance prévue par la loi le rend conforme à l’intérêt général. Quel effet cette circonstance produit-elle ?

Elle établit que l’acte ne répond pas à la définition d’une infraction
Elle atténue la peine sans écarter la responsabilité pénale
Elle supprime les conséquences civiles de l’acte
Elle entraîne l’irresponsabilité pénale en justifiant l’acte

Elle entraîne l’irresponsabilité pénale en justifiant l’acte

Explication

Le fait justificatif rend conforme à l’intérêt général un acte qui répond à la définition d’une infraction et entraîne l’irresponsabilité pénale. L’excuse concerne la peine, l’absence d’acte matériel nie un élément constitutif, et les conséquences civiles ne définissent pas cet effet.

28. Un fait justificatif peut être invoqué pour toute infraction, tandis qu’un autre ne vaut que pour une infraction déterminée. Comment les classe-t-on ?

Le premier est général et le second est spécial
Le premier est spécial et le second est général
Le premier est personnel et le second est matériel
Le premier est légal et le second est réglementaire

Le premier est général et le second est spécial

Explication

Un fait justificatif général peut s’appliquer à n’importe quelle infraction, tandis qu’un fait justificatif spécial est limité à une infraction déterminée. La distinction ne porte ni sur le caractère personnel ni sur la source du fait justificatif.

29. Un règlement autorise expressément un comportement qu’un autre texte interdit. Sous quelle condition cette autorisation peut-elle neutraliser la répression ?

L’autorisation émane d’une autorité publique, même sans fondement normatif
L’interdiction et l’autorisation figurent toutes deux dans une loi
L’autorisation provient d’une source reconnue par la jurisprudence, sans renvoi légal
L’autorisation provient d’une loi ou d’un règlement, sauf renvoi légal à une autre source

L’autorisation provient d’une loi ou d’un règlement, sauf renvoi légal à une autre source

Explication

L’ordre ou l’autorisation de la loi neutralise la répression en cas de conflit entre un texte interdisant et un texte autorisant, si la justification provient d’une loi ou d’un règlement, sauf renvoi légal à une autre source. Exiger une source unique confond la règle avec une condition absente, tandis qu’un ordre hiérarchique relève d’un autre fait justificatif.

30. Une personne riposte à une agression pour y mettre fin. Quelle finalité distingue cette riposte de la vengeance ?

Faire cesser l’agression en cours
Se procurer un avantage après l’agression
Punir l’agresseur pour son comportement passé
Obtenir réparation du dommage déjà subi

Faire cesser l’agression en cours

Explication

La légitime défense permet une riposte destinée à mettre fin à l’agression, non à se venger. Punir l’auteur après les faits ou rechercher réparation ne correspond pas à cette finalité défensive.

31. Pour décrire l’élément matériel d’une infraction, quels éléments faut-il considérer ensemble ?

Une intention, une faute morale et une sanction
Un mobile, un résultat et une qualité personnelle
Un comportement, une intention et une peine
Un comportement, un lien de causalité et un résultat

Un comportement, un lien de causalité et un résultat

Explication

L’élément matériel comporte un acte ou comportement, un lien de causalité et un résultat. L’intention relève de l’élément moral, tandis que la peine et la qualité personnelle ne remplacent pas ces composantes.

32. Un texte incrimine le fait de ne pas accomplir une démarche obligatoire. Une personne s’abstient de la réaliser. De quel type d’infraction s’agit-il ?

Une infraction de commission
Une infraction continue
Une infraction complexe
Une infraction d’omission

Une infraction d’omission

Explication

L’infraction d’omission sanctionne une abstention lorsque le texte l’incrimine. Une infraction de commission suppose un acte positif, et les catégories continue ou complexe décrivent d’autres caractéristiques de l’infraction.

33. Un acte interdit est accompli en un instant, mais ses conséquences persistent pendant plusieurs mois. Comment qualifier l’infraction selon la durée de l’acte ?

Une infraction continuée, car ses effets se prolongent
Une infraction instantanée, dont le résultat peut durer
Une infraction d’omission, car le résultat demeure
Une infraction continue, car ses conséquences persistent

Une infraction instantanée, dont le résultat peut durer

Explication

Une infraction instantanée est consommée par un acte qui s’exécute en un instant, même si son résultat persiste. L’infraction continue se caractérise par la durée nécessaire à l’acte d’exécution, et non par la seule persistance de ses conséquences.

34. Une incrimination nécessite plusieurs actes différents, tandis qu’une autre est constituée par plusieurs actes répétés de même nature. Comment les qualifier respectivement ?

Infraction complexe, puis infraction d’habitude
Infraction d’habitude, puis infraction complexe
Infraction continuée, puis infraction simple
Infraction simple, puis infraction continuée

Infraction complexe, puis infraction d’habitude

Explication

L’infraction complexe suppose plusieurs actes de nature différente, alors que l’infraction d’habitude repose sur plusieurs actes de même nature. L’infraction continuée désigne des infractions répétées formant une même opération délictueuse, et l’infraction simple ne comporte qu’un seul acte.

35. Pour l’infraction de meurtre prévue à l’article 221-1 du Code pénal, quel est le résultat légal visé par le texte d’incrimination ?

La mort d’autrui
L’atteinte à la propriété d’autrui
L’administration d’une substance mortelle
La création d’un risque pour la vie

La mort d’autrui

Explication

Le résultat légal est celui que vise le texte d’incrimination ; pour le meurtre, il s’agit de la mort d’autrui. L’atteinte à la propriété relève d’un autre bien protégé, le risque pour la vie évoque une infraction de prévention, et l’administration d’une substance désigne un acte plutôt que le résultat légal.

36. Une infraction entraîne une conséquence factuelle, mais cette conséquence ne porte pas atteinte à la valeur protégée par l’incrimination. Comment qualifier cette conséquence ?

Un résultat légal
Une atteinte consommée
Un résultat matériel
Un résultat juridique

Un résultat matériel

Explication

Le résultat matériel est une conséquence factuelle qui ne constitue pas nécessairement une atteinte à la valeur protégée. Le résultat juridique suppose cette atteinte, le résultat légal désigne ce que vise le texte, et une atteinte consommée correspond à la notion juridique plutôt qu’à la simple conséquence factuelle.

37. Une loi incrimine le port illégal d’une arme avant qu’un dommage ne survienne, car l’acte est éloigné du résultat redouté et ne porte pas encore atteinte à la valeur protégée. De quelle catégorie s’agit-il ?

Une infraction formelle
Une infraction matérielle
Une infraction consommée par atteinte
Un délit-obstacle

Un délit-obstacle

Explication

Le délit-obstacle incrimine un acte situé plus en amont et plus éloigné du résultat redouté. L’infraction matérielle requiert une atteinte à la valeur protégée, tandis que l’infraction formelle est consommée sans cette atteinte, mais ne correspond pas à la catégorie décrite ici.

38. Avant que l’infraction soit consommée, une personne renonce librement à poursuivre son action, sans y être contrainte par un événement extérieur. Quel effet cette décision a-t-elle sur la tentative ?

Elle exclut la tentative seulement si un tiers intervient
Elle transforme la tentative en infraction consommée
Elle laisse la tentative punissable malgré le choix libre
Elle exclut la punissabilité de la tentative

Elle exclut la punissabilité de la tentative

Explication

Un désistement volontaire, libre et intervenant avant la consommation exclut la punissabilité de la tentative. Une circonstance extérieure n’est pas un choix libre, le commencement d’exécution ne suffit pas à rendre punissable une tentative en présence d’un tel désistement, et une renonciation après consommation intervient trop tard.

39. Pour qu’une infraction comportant un résultat soit consommée et punissable, quelle relation doit exister entre l’acte et le résultat ?

Un dommage constaté sans cause établie
Un lien de causalité entre l’acte et le résultat
Une faute de l’auteur sans relation avec le résultat
Une succession temporelle entre l’acte et le résultat

Un lien de causalité entre l’acte et le résultat

Explication

La consommation et la punissabilité exigent un lien de causalité entre l’acte et le résultat. Une faute sans rôle causal, une simple succession temporelle ou la seule constatation d’un dommage ne démontrent pas ce lien.

40. Un mécanicien répare mal les freins d’une voiture, mais l’accident mortel qui survient ensuite est causé par un autre automobiliste ; la défaillance des freins n’a joué aucun rôle. Peut-on déduire un lien de causalité pénale de la seule succession des faits ?

Oui, la faute suffit à établir le lien avec le décès
Oui, l’antériorité de la réparation établit la causalité
Non, la succession temporelle ne démontre pas la causalité
Non, car un décès ne peut pas être un résultat pénal

Non, la succession temporelle ne démontre pas la causalité

Explication

Un enchaînement temporel ne suffit pas à établir un lien de causalité pénale ; il faut que la faute ait contribué au résultat. L’antériorité de la réparation et l’existence d’une faute ne prouvent pas ce lien, tandis qu’un décès peut bien constituer un résultat pénal.

41. Après une intervention médicale, une personne développe une maladie mortelle, et les données montrent une forte corrélation entre l’intervention et la maladie, sans permettre d’établir que l’intervention l’a causée. La responsabilité pénale peut-elle être fondée sur cette seule corrélation ?

Non, la causalité pénale doit être certaine
Oui, la succession de l’intervention et de la maladie suffit
Oui, la gravité du décès remplace la preuve causale
Oui, une corrélation forte suffit à établir la causalité

Non, la causalité pénale doit être certaine

Explication

En matière pénale, le lien de causalité doit être certain ; une corrélation forte ne suffit pas si la cause ne peut être prouvée. La proximité temporelle et la gravité du résultat ne remplacent pas l’établissement de la causalité.

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Que signifie « nullum crimen, nulla poena sine lege » ?

Aucune infraction ni peine sans texte.

À qui le principe de légalité pénale réserve-t-il la définition des infractions ?

Au législateur.

Que protège le principe de légalité pénale en limitant la répression ?

La liberté individuelle.

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