QCM : Fondements et évolution du droit pénal (62 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition J.H. Robert donne-t-il du droit pénal ?

L’ensemble des règles qui organisent la recherche des auteurs et le procès
L’ensemble des règles qui organisent la réparation civile des dommages
L’ensemble des normes qui réglementent le recours de l’État à la sanction pénale
L’ensemble des règles qui déterminent les infractions et les peines encourues

L’ensemble des normes qui réglementent le recours de l’État à la sanction pénale

Explication

Pour J.H. Robert, le droit pénal encadre le recours de l’État à la sanction pénale. La recherche des auteurs et le procès relèvent de la procédure pénale, tandis que la réparation des dommages renvoie à la responsabilité civile.

2. Comment expliquer que le droit pénal relève de la fonction du droit public tout en étant classé en France parmi les branches du droit privé ?

Il protège les intérêts privés dans les rapports entre les particuliers, mais son classement français s’explique par la recherche des auteurs d’infractions.
Il règle les rapports entre les juridictions et les justiciables, mais son classement français s’explique par la distinction entre procès civil et procès pénal.
Il protège l’ordre public dans les rapports entre l’État et les particuliers, mais son classement français s’explique par l’histoire commune des responsabilités pénale et civile.
Il protège l’ordre public dans les rapports entre l’État et les particuliers, mais son classement français s’explique par l’organisation des juridictions pénales.

Il protège l’ordre public dans les rapports entre l’État et les particuliers, mais son classement français s’explique par l’histoire commune des responsabilités pénale et civile.

Explication

Sa fonction de protection de l’ordre public et ses rapports avec l’État le rattachent au droit public, tandis que son classement français dans le droit privé tient à l’histoire commune des responsabilités pénale et civile. Les juridictions et la procédure ne fondent pas cette explication historique.

3. Un juge est saisi d’un comportement nuisible qui n’est visé par aucun texte pénal, mais qui ressemble à une infraction prévue par la loi. Que permet le principe de légalité ?

Écarter la poursuite, car le comportement n’est pas prévu par un texte pénal.
Engager la poursuite dès lors que le comportement menace l’ordre public.
Étendre l’incrimination prévue par la loi au comportement similaire.
Créer une peine adaptée à la gravité du comportement constaté.

Écarter la poursuite, car le comportement n’est pas prévu par un texte pénal.

Explication

La légalité exige qu’un comportement soit prévu par un texte pour pouvoir être poursuivi, et interdit d’étendre ce texte par analogie. La ressemblance avec une infraction ou la gravité du comportement ne remplace pas cette exigence.

4. Lors d’une affaire pénale, une équipe réunit les règles sur la recherche des auteurs, l’administration des preuves et le déroulement du procès. À quelle discipline ces règles appartiennent-elles ?

Au droit pénal spécial
Au droit de la peine
Au droit pénal général
À la procédure pénale

À la procédure pénale

Explication

La procédure pénale régit la recherche des auteurs d’infractions, les preuves et le déroulement du procès. Le droit de la peine concerne les peines, le droit pénal général les règles communes aux infractions et le droit pénal spécial leur étude détaillée.

5. Quelles juridictions se partageaient la justice au Moyen Âge ?

Les tribunaux seigneuriaux, royaux et ecclésiastiques
Les tribunaux royaux, communaux et universitaires
Les tribunaux seigneuriaux, urbains et communaux
Les tribunaux royaux, urbains et ecclésiastiques

Les tribunaux seigneuriaux, royaux et ecclésiastiques

Explication

La justice médiévale était répartie entre les tribunaux seigneuriaux, royaux et ecclésiastiques. Les juridictions urbaines ou communales ne remplacent pas les trois catégories constitutives de cette répartition.

6. Dans un litige médiéval, une juridiction ecclésiastique suit une procédure différente de celle d’un tribunal seigneurial. Quelle association correspond à ces deux justices ?

Justice ecclésiastique accusatoire et justice royale inquisitoire
Justice ecclésiastique inquisitoire et justice royale accusatoire
Justice ecclésiastique accusatoire et justice seigneuriale inquisitoire
Justice ecclésiastique inquisitoire et justice seigneuriale accusatoire

Justice ecclésiastique inquisitoire et justice seigneuriale accusatoire

Explication

La justice ecclésiastique suit le modèle inquisitoire, tandis que la justice seigneuriale suit le modèle accusatoire. La justice royale ne constitue pas ici le terme de comparaison indiqué.

7. À la fin du Moyen Âge, un juge doit fixer une peine et tient compte de la gravité du comportement ainsi que des circonstances de l’affaire. Quel régime de peine applique-t-il ?

Une peine tarifée, fixée par une charte
Une peine arbitraire, choisie selon le cas
Une peine uniforme, fixée par le royaume
Une peine définie selon la classe sociale

Une peine arbitraire, choisie selon le cas

Explication

Les peines arbitraires laissent au juge le choix d’adapter la peine à la gravité du comportement et aux circonstances. Une charte tarifant les comportements relève au contraire d’un tarif préétabli.

8. Sous l’Ancien Régime, un suspect n’est pas informé des éléments retenus contre lui pendant l’instruction, et ne peut pas les discuter à ce stade. Quel caractère décrit cette procédure inquisitoire ?

Une instruction publique et non contradictoire centrée sur la défense du suspect
Une instruction secrète et contradictoire centrée sur l’accusation des parties
Une instruction publique et contradictoire orientée vers la recherche de la vérité
Une instruction secrète et non contradictoire orientée vers la recherche de la vérité

Une instruction secrète et non contradictoire orientée vers la recherche de la vérité

Explication

Dans la procédure inquisitoire de l’Ancien Régime, l’instruction est secrète et non contradictoire, et vise la recherche de la vérité. Une procédure contradictoire permettrait au suspect de discuter les éléments retenus contre lui.

9. Lorsqu’elle réforme le droit pénal, quelle idée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen traduit notamment l’influence des critiques exprimées dans les cahiers de doléances ?

L’individualisation de la répression
La présomption d’innocence
La légalité des délits et des peines
La distinction entre contraventions, délits et crimes

La présomption d’innocence

Explication

La transformation révolutionnaire du droit pénal s’inspire des critiques des cahiers de doléances et des principes de la Déclaration, notamment de la présomption d’innocence. La légalité relève ici des propositions de Beccaria, la classification concerne les infractions et l’individualisation est associée à l’école néo-classique.

10. Une affaire porte sur une infraction classée comme délit dans l’organisation juridictionnelle révolutionnaire. Quel tribunal doit en connaître ?

Le tribunal de police municipal
Le tribunal de police correctionnelle
La cour d’assises
Le tribunal criminel départemental

Le tribunal de police correctionnelle

Explication

La classification révolutionnaire associe les délits au tribunal de police correctionnelle. Le tribunal municipal traite les contraventions, le tribunal criminel départemental les crimes, et la cour d’assises appartient à l’organisation ultérieure.

11. Dans un procès, le juge examine les éléments de preuve et décide lui-même du poids qu’ils méritent selon sa conviction. Quel système probatoire applique-t-il ?

La preuve complète par témoignages
La procédure contradictoire
L’intime conviction
Le système des preuves légales

L’intime conviction

Explication

L’intime conviction permet au juge d’apprécier les preuves et de leur attribuer la valeur que lui dicte sa conviction. Les preuves légales prédéfinissent leur valeur, la règle des deux témoins concerne un ancien mode de preuve et le contradictoire caractérise la procédure.

12. Quel auteur a publié en 1764 *Des délits et des peines*, ouvrage défendant le principe de légalité des délits et des peines ?

Cesare Beccaria
Jeremy Bentham
Cesare Lombroso
Jean-Jacques Rousseau

Cesare Beccaria

Explication

Cesare Beccaria publie *Des délits et des peines* en 1764 et y défend le principe de légalité. Rousseau est associé au contrat social, Bentham à l’utilitarisme et Lombroso à l’école positiviste.

13. Un étudiant doit identifier les deux codes napoléoniens et leur entrée en vigueur. Quelle combinaison est exacte ?

Instruction criminelle de 1808 et code pénal de 1810, en vigueur en 1811
Instruction criminelle de 1808 et code pénal de 1810, en vigueur en 1810
Instruction criminelle de 1810 et code pénal de 1808, en vigueur en 1811
Code pénal de 1791 et instruction criminelle de 1808, en vigueur en 1811

Instruction criminelle de 1808 et code pénal de 1810, en vigueur en 1811

Explication

Les codes napoléoniens sont le code d’instruction criminelle de 1808 et le code pénal de 1810; les deux entrent en vigueur en 1811. Les confusions proposées portent sur l’inversion des dates, l’année d’entrée en vigueur ou le code de 1791.

14. Dans une procédure régie par le code d’instruction criminelle napoléonien, un dossier est instruit par des juges professionnels à huis clos, puis jugé lors d’une audience publique avec jury. Quelle caractérisation correspond à cette organisation ?

Instruction inquisitoire, puis jugement public et contradictoire avec jury
Instruction secrète menée par un jury, puis jugement professionnel non contradictoire
Instruction publique et contradictoire, puis jugement secret sans jury
Instruction accusatoire menée par des juges professionnels, puis jugement secret avec jury

Instruction inquisitoire, puis jugement public et contradictoire avec jury

Explication

Le code combine une instruction écrite, secrète et non contradictoire menée par des professionnels avec un jugement public et contradictoire où le jury est maintenu devant la cour d’assises. Étendre l’un des deux régimes à l’ensemble de la procédure méconnaît ce compromis.

15. Un juge applique le code pénal napoléonien à une infraction dont la peine est définie par un minimum et un maximum, et constate le retour de sanctions corporelles. Quelle évolution décrit-il ?

Des peines fixes, adoucies et dépourvues de sanctions corporelles
Des peines individualisées selon la dangerosité, sans bornes légales
Des peines sévères, parfois corporelles, dans une fourchette légale
Des peines déterminées par le jury, sans minimum ni maximum

Des peines sévères, parfois corporelles, dans une fourchette légale

Explication

Le code pénal napoléonien rétablit des peines sévères, dont des peines corporelles, et remplace la fixité par une fourchette minimale et maximale. La peine fixe et l’adoucissement caractérisent plutôt le code de 1791; la dangerosité et la détermination par le jury ne décrivent pas cette règle.

16. Une juridiction fonde sa réponse pénale sur la dangerosité sociale d’une personne et cherche à neutraliser le risque qu’elle représente. Quelle conception de la responsabilité applique-t-elle ?

La légalité des peines du code napoléonien
La responsabilité sociale de l’école positiviste
La responsabilité morale de l’école classique
La rétribution individualisée de l’école néo-classique

La responsabilité sociale de l’école positiviste

Explication

L’école positiviste fonde la responsabilité sur la dangerosité sociale et propose des mesures de sûreté pour neutraliser les individus dangereux. La responsabilité morale repose sur le libre arbitre, l’école néo-classique défend une répression modérée et individualisée, et la légalité des peines est un principe distinct.

17. À quelles dates le nouveau code pénal a-t-il été adopté par la voie législative ordinaire et est-il entré en vigueur ?

Adopté en 1992, il entre en vigueur en mars 1992.
Adopté en 1981, il entre en vigueur en mars 1994.
Adopté en 1992, il entre en vigueur en mars 1994.
Adopté en 1994, il entre en vigueur en mars 1992.

Adopté en 1992, il entre en vigueur en mars 1994.

Explication

Le nouveau code pénal est adopté par la voie législative ordinaire en 1992 et entre en vigueur en mars 1994. L’inversion des dates confond les deux étapes, tandis que 1981 renvoie à l’abolition de la peine de mort.

18. Quelles mesures constituent les trois innovations majeures du nouveau code pénal ?

Responsabilité pénale des personnes morales, suppression des minima et incrimination des risques causés à autrui.
Responsabilité pénale des personnes morales, suppression des maxima et incrimination des risques causés à autrui.
Responsabilité pénale des mineurs, suppression des maxima et incrimination des dommages causés à autrui.
Responsabilité pénale des personnes morales, suppression des minima et incrimination des dommages causés à autrui.

Responsabilité pénale des personnes morales, suppression des minima et incrimination des risques causés à autrui.

Explication

Les trois innovations sont la responsabilité pénale des personnes morales à partir de 1994, la suppression des minima de peines et la création de l’incrimination de risques causés à autrui. La responsabilité des mineurs, la suppression des maxima et l’incrimination de dommages réalisés déforment chacune l’une de ces innovations.

19. Un projet retire une conduite du champ pénal tout en maintenant une éventuelle sanction non pénale. Comment qualifier cette évolution ?

Une pénalisation, car une sanction non pénale demeure.
Une pénalisation, car la conduite entre dans le champ pénal.
Une dépénalisation, car la conduite sort du champ pénal.
Une dépénalisation, car toute forme de sanction disparaît.

Une dépénalisation, car la conduite sort du champ pénal.

Explication

Dépénaliser consiste à faire sortir un comportement du champ pénal, sans exclure l’existence d’autres sanctions. La pénalisation correspond à l’entrée dans ce champ, et la dépénalisation n’implique pas la disparition de toute sanction.

20. Une réforme de procédure pénale est présentée comme répondant à la fois aux exigences européennes ou constitutionnelles et à une préoccupation croissante de sécurité dans le débat politique. Quelle dynamique décrit-elle ?

Une réponse aux seules exigences juridiques, sans lien avec les débats de sécurité.
Une réponse conjointe aux exigences juridiques et à la montée des préoccupations de sécurité.
Une réponse à la seule modernisation administrative de la justice pénale.
Une réponse aux seules préoccupations de sécurité du débat politique.

Une réponse conjointe aux exigences juridiques et à la montée des préoccupations de sécurité.

Explication

Les réformes de procédure pénale répondent aux exigences européennes ou constitutionnelles ainsi qu’à la montée des préoccupations de sécurité dans le débat politique. Les réduire à la seule modernisation, à la seule sécurité ou aux seules exigences juridiques laisse de côté une composante de cette dynamique.

21. Quel événement a favorisé la constitutionnalisation du droit pénal en donnant valeur constitutionnelle au préambule de 1958 et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

La création de la question prioritaire de constitutionnalité en 2010.
L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009.
La reconnaissance de leur valeur constitutionnelle en 1971.
L’élargissement de la saisine du Conseil constitutionnel en 1974.

La reconnaissance de leur valeur constitutionnelle en 1971.

Explication

En 1971, la reconnaissance de la valeur constitutionnelle du préambule de 1958 et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a favorisé la constitutionnalisation du droit pénal. L’élargissement de la saisine date de 1974, la QPC de 2010 et le traité de Lisbonne de 2009.

22. En 2012, une personne mise en cause conteste, dans le cadre d’une instance, la constitutionnalité d’une disposition législative déjà en vigueur. Quel mécanisme permet cette contestation ?

Le contrôle de constitutionnalité avant promulgation, instauré en 2010.
La question prioritaire de constitutionnalité, instaurée en 2010.
La saisine parlementaire élargie, instaurée en 2010.
Le mandat d’arrêt européen, instauré en 2010.

La question prioritaire de constitutionnalité, instaurée en 2010.

Explication

Depuis 2010, la question prioritaire de constitutionnalité permet de contester la constitutionnalité d’un texte déjà en vigueur. Le contrôle avant promulgation concerne une autre étape, la saisine parlementaire élargie date de 1974 et le mandat d’arrêt européen relève de la coopération entre États.

23. En 2002, un État membre demande à un autre État membre de lui remettre une personne afin de la juger ou de lui faire exécuter sa peine. Quel mécanisme correspond à cette demande ?

Le mandat d’arrêt européen, créé par une décision-cadre en 2002.
L’extradition, créée par une décision-cadre en 2002.
La question prioritaire de constitutionnalité, créée par une décision-cadre en 2002.
L’échange d’informations judiciaires, créé par une décision-cadre en 2002.

Le mandat d’arrêt européen, créé par une décision-cadre en 2002.

Explication

La décision-cadre de 2002 crée le mandat d’arrêt européen, qui permet à un État membre de réclamer à un autre un individu pour le juger ou lui faire exécuter sa peine. L’extradition désigne le mécanisme général de remise entre États, tandis que la QPC et l’échange d’informations ne correspondent pas à cette procédure.

24. Un acte vise à renverser le régime politique et à porter atteinte au fonctionnement des institutions. Quelle catégorie d’infraction correspond à ce critère ?

Une infraction militaire
Une infraction motivée politiquement
Une infraction politique
Une infraction de droit commun

Une infraction politique

Explication

Une infraction politique se caractérise par la menace qu’elle fait peser sur le régime ou l’intégrité des institutions. Une atteinte patrimoniale ne définit pas cette catégorie, le statut militaire de l’auteur relève d’un autre critère, et le mobile politique ne suffit pas à qualifier l’infraction.

25. Quel rôle remplit le code de justice militaire dans le droit pénal militaire ?

Il regroupe qualifications pénales, peines et procédures spécifiques
Il regroupe les seules procédures applicables aux juridictions militaires
Il regroupe les seules sanctions disciplinaires propres aux militaires
Il regroupe les qualifications pénales et peines de droit commun

Il regroupe qualifications pénales, peines et procédures spécifiques

Explication

Le code de justice militaire rassemble les qualifications pénales, les peines et les procédures propres au droit militaire. Le réduire à la procédure ou à la discipline omet des éléments de son contenu, tandis que les peines de droit commun ne résument pas les règles spécifiques qu’il regroupe.

26. Une procédure militaire est engagée pendant une période de paix plutôt qu’en temps de guerre. Quelle distinction faut-il prendre en compte ?

Les règles procédurales de guerre s’appliquent à la période de paix
Les règles procédurales restent identiques quelle que soit la période
Les règles procédurales applicables diffèrent selon la période
Les catégories de peine déterminent seules la procédure applicable

Les règles procédurales applicables diffèrent selon la période

Explication

La procédure militaire varie selon qu’elle se déroule en temps de guerre ou en temps de paix. Appliquer le régime de guerre à la paix ou supposer un régime uniforme efface cette distinction, et les catégories de peine ne remplacent pas ce critère temporel.

27. Pour classer une infraction, une juriste cherche dans l’article 111-1 un seuil chiffré de gravité qui sépare crimes, délits et contraventions. Que doit-elle retenir ?

L’article distingue les crimes et les délits sans inclure les contraventions
L’article répartit les infractions selon des seuils chiffrés de gravité
L’article répartit les infractions selon la peine choisie par le juge
L’article répartit les infractions selon leur gravité sans fixer de seuil

L’article répartit les infractions selon leur gravité sans fixer de seuil

Explication

L’article 111-1 classe les infractions en crimes, délits et contraventions selon leur gravité, mais ne fixe pas de seuil de gravité. Des seuils chiffrés ne figurent donc pas dans cette règle, la peine choisie par le juge n’est pas son critère, et la classification comprend bien trois catégories.

28. Un étudiant veut déterminer si une infraction est grave en cherchant d’abord un seuil autonome, puis en déduire la peine. Quelle démarche correspond à la classification tripartite ?

Partir de la peine prévue pour déduire la gravité de l’infraction
Partir d’un seuil autonome de gravité pour déterminer la peine prévue
Partir de la peine exécutée pour déterminer la gravité de l’infraction
Partir de la peine prononcée par le juge pour déduire la peine prévue

Partir de la peine prévue pour déduire la gravité de l’infraction

Explication

Dans la classification tripartite, la peine prévue par le texte sert à déduire la gravité de l’infraction, et non l’inverse. Un seuil autonome inverse cette logique, tandis que la peine prononcée et la peine exécutée sont des notions distinctes de la peine prévue.

29. Le texte prévoit une peine, le juge en choisit une dans sa décision, puis le condamné la subit. Comment nommer, dans cet ordre, ces trois peines ?

Prononcée, encourue, exécutée
Exécutée, prononcée, encourue
Encourue, prononcée, exécutée
Encourue, exécutée, prononcée

Encourue, prononcée, exécutée

Explication

La peine encourue est prévue par le texte, la peine prononcée est choisie par le juge et inscrite dans sa décision, et la peine exécutée est effectivement subie. Confondre la peine prononcée avec celle subie, ou inverser les étapes, mélange ces trois définitions.

30. Une juridiction peut ajouter une sanction à la peine principale, ou prononcer une autre peine à sa place. Quelle classification correspond à ces deux sanctions, dans cet ordre ?

Peine alternative, puis peine complémentaire
Peine complémentaire, puis peine alternative
Peine complémentaire, puis peine principale
Peine principale, puis peine complémentaire

Peine complémentaire, puis peine alternative

Explication

Une peine complémentaire peut être prononcée avec une peine principale, alors qu’une peine alternative peut être prononcée à sa place. L’ordre inverse confond ces fonctions, et la peine principale caractérise l’infraction plutôt que de désigner l’une de ces modalités d’ajout ou de remplacement.

31. Deux personnes sont poursuivies pour des faits liés. Quel principe doit guider l’examen de leur responsabilité pénale ?

Examiner leur situation individuellement sans rechercher de texte prévoyant une sanction
Examiner individuellement la situation de chacune au regard d’un texte prévoyant le comportement et sa sanction
Attribuer à chacune la responsabilité des actes commis par l’autre personne
Évaluer leur responsabilité commune à partir de l’ensemble des faits reprochés

Examiner individuellement la situation de chacune au regard d’un texte prévoyant le comportement et sa sanction

Explication

Chacun répond de son propre fait : il faut donc examiner chaque situation individuellement et vérifier qu’un texte prévoit le comportement et sa sanction. L’évaluation commune confond les responsabilités, l’attribution des actes d’autrui méconnaît le principe du fait personnel, et l’absence de recherche d’un texte écarte une condition nécessaire.

32. Après avoir constaté qu’une personne a réalisé les éléments constitutifs d’une infraction, quelle démarche précède l’éventuel prononcé d’une peine ?

Rechercher une cause d’irresponsabilité avant d’établir sa culpabilité
Examiner son aptitude à répondre de l’infraction et l’existence d’une cause d’irresponsabilité
Examiner son aptitude à répondre de l’infraction, puis prononcer la peine sans rechercher de cause d’irresponsabilité
Prononcer la peine, puis examiner son aptitude à répondre de l’infraction

Examiner son aptitude à répondre de l’infraction et l’existence d’une cause d’irresponsabilité

Explication

La démarche commence par la culpabilité, puis examine l’aptitude à répondre de l’infraction et l’existence d’une cause d’irresponsabilité, avant toute peine éventuelle. Prononcer la peine d’abord inverse les étapes, omettre la cause d’irresponsabilité néglige un examen prévu, et rechercher celle-ci avant la culpabilité inverse l’ordre.

33. Dans un dossier, le comportement matériel reproché est établi, mais aucun élément ne démontre l’élément moral de l’infraction. Que manque-t-il pour établir la culpabilité ?

La détermination de la peine encourue pour l’infraction
La vérification de l’aptitude à répondre de l’infraction
La réalisation de l’élément moral de l’infraction
La confirmation de l’élément matériel déjà établi

La réalisation de l’élément moral de l’infraction

Explication

La culpabilité suppose la réalisation des deux éléments constitutifs : matériel et moral. La preuve du seul élément matériel est donc insuffisante; l’aptitude relève d’une étape ultérieure et la peine ne remplace pas l’élément moral.

34. Quelles exigences composent le principe de la légalité criminelle ?

La légalité des infractions, des sanctions et des preuves
La légalité des preuves, des peines et des juridictions
La légalité des juridictions, des infractions et de la procédure
La légalité des infractions, des peines et de la procédure

La légalité des infractions, des peines et de la procédure

Explication

Le principe comprend la légalité des infractions, celle des peines et celle de la procédure, qui exige que les actes d’investigation respectent les exigences légales. La légalité de la preuve, des juridictions ou des sanctions ne correspond pas à cette énumération.

35. Un comportement était licite au moment où il a été commis, mais une loi le définit ensuite comme punissable. Peut-on poursuivre son auteur pour ces faits ?

Oui, car le comportement est punissable au moment de la poursuite
Non, mais seulement si aucune juridiction n’a encore été saisie
Non, car le comportement n’était pas défini comme punissable au moment des faits
Oui, dès lors que la loi nouvelle définit une peine pour ce comportement

Non, car le comportement n’était pas défini comme punissable au moment des faits

Explication

La légalité des infractions interdit de poursuivre ou de sanctionner un comportement qui n’était pas défini comme punissable au moment des faits. Appliquer l’incrimination nouvelle aux faits antérieurs confond la loi applicable avec celle en vigueur lors de la poursuite; la peine et la saisine ne changent pas ce principe.

36. Quelle conséquence institutionnelle découle du principe de légalité en matière pénale ?

Il confie au pouvoir exécutif la définition des comportements punissables et de leurs sanctions
Il limite le pouvoir des juridictions et réserve au législateur la définition des comportements punissables
Il permet aux juridictions de définir les infractions selon les circonstances de chaque affaire
Il autorise les juridictions à punir les comportements non prévus lorsqu’ils sont nuisibles

Il limite le pouvoir des juridictions et réserve au législateur la définition des comportements punissables

Explication

Le principe limite le pouvoir des juridictions pénales et réserve au législateur la définition des comportements punissables; les faits non prévus par la loi ne peuvent être punis. La création d’infractions par le juge ou l’exécutif et la punition de faits non prévus contredisent cette répartition.

37. Un juge estime immoral un comportement, mais les faits ne correspondent à aucun texte d’incrimination. Quelle décision impose le principe de légalité ?

Condamner la personne à une peine inférieure au maximum légal
Acquitter ou relaxer la personne
Condamner la personne en raison de l’immoralité des faits
Reporter la décision jusqu’à ce qu’un texte d’incrimination soit adopté

Acquitter ou relaxer la personne

Explication

Une condamnation exige que les faits correspondent au texte d’incrimination; si le comportement n’est pas incriminé, le juge doit acquitter ou relaxer, même s’il le trouve immoral. L’immoralité ne constitue pas une qualification pénale, et une peine atténuée ne remédie pas à l’absence de texte.

38. Quel texte détermine les règles relatives aux crimes et aux délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ?

L’article 34 de la Constitution
L’article 83 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
L’article 10 de la CESDH
L’article 111-2 du code pénal

L’article 34 de la Constitution

Explication

L’article 34 de la Constitution confie à la loi la détermination des crimes et des délits ainsi que des peines applicables. L’article 111-2 concerne les contraventions, l’article 10 de la CESDH protège la liberté d’expression et l’article 83 du traité porte sur les règles minimales d’incrimination dans l’Union européenne.

39. Un décret fixe une contravention et prévoit la peine applicable en respectant les limites et distinctions établies par la loi. Quelle règle encadre cette démarche ?

Le règlement détermine les contraventions dans le cadre fixé par la loi
La loi détermine les contraventions et le règlement fixe leur définition
Le règlement détermine les crimes et délits dans le cadre fixé par la loi
La loi détermine chaque peine contraventionnelle sans intervention réglementaire

Le règlement détermine les contraventions dans le cadre fixé par la loi

Explication

L’article 111-2 du code pénal prévoit que le règlement détermine les contraventions et fixe les peines dans les limites et distinctions établies par la loi. Attribuer les contraventions à la loi seule confond cette répartition, tandis que donner au règlement compétence pour les crimes et délits dépasse son rôle.

40. Quelle distinction caractérise la source juridique des crimes et délits, d’une part, et des contraventions, d’autre part ?

Les crimes et délits relèvent d’ordonnances de l’article 38, les contraventions de la loi au sens strict
Les crimes et délits relèvent de la loi ou de décrets en Conseil d’État, les contraventions d’ordonnances de l’article 38
Les crimes et délits relèvent de la loi ou d’une ordonnance de l’article 38, les contraventions de décrets en Conseil d’État
Les crimes et délits relèvent de décrets en Conseil d’État, les contraventions de la loi ou d’une ordonnance de l’article 38

Les crimes et délits relèvent de la loi ou d’une ordonnance de l’article 38, les contraventions de décrets en Conseil d’État

Explication

Les crimes et les délits relèvent de la loi au sens strict ou d’une ordonnance prise sur le fondement de l’article 38 de la Constitution, tandis que les contraventions relèvent de décrets pris en Conseil d’État. L’attribution des décrets aux crimes et délits ou des ordonnances aux contraventions inverse la distinction.

41. Que désigne l’incrimination dans le droit pénal ?

La décision procédurale d’engager des poursuites pour un comportement interdit
La peine prononcée à la suite de la réalisation d’un comportement interdit
La réalisation concrète d’un comportement décrit par une norme pénale
La description normative d’un comportement dont la réalisation fait encourir une peine

La description normative d’un comportement dont la réalisation fait encourir une peine

Explication

L’incrimination est la description, par une norme juridique, d’un comportement dont la réalisation fait encourir une peine. La réalisation concrète désigne l’infraction, tandis que la peine prononcée et la décision de poursuivre sont des notions distinctes.

42. Le législateur envisage d’incriminer une conduite qui restreindrait l’exercice d’un droit protégé. Quel élément le contrôle de nécessité doit-il examiner ?

Le choix politique du législateur indépendamment des droits protégés
Le caractère suffisamment clair de la description de la conduite interdite
La conformité de la peine au cadre légal sans examiner l’atteinte aux libertés
Le caractère disproportionné de l’atteinte portée à un droit ou une liberté protégés

Le caractère disproportionné de l’atteinte portée à un droit ou une liberté protégés

Explication

Le contrôle de nécessité vérifie si la création de l’infraction porte une atteinte disproportionnée à un droit ou une liberté protégés par la Constitution ou la CESDH. La clarté du texte relève de sa qualité, tandis que l’opportunité politique ou le seul cadre de la peine ne répondent pas à ce contrôle.

43. Une loi pénale limite la liberté d’expression. Quelle condition l’article 10 de la CESDH prévoit-il pour qu’une telle restriction soit admissible ?

La restriction doit être autorisée par une décision du législateur
La restriction doit être nécessaire dans une société démocratique
La restriction doit correspondre à une peine évidemment et strictement nécessaire
La restriction doit rendre l’incrimination accessible et prévisible

La restriction doit être nécessaire dans une société démocratique

Explication

L’article 10 protège la liberté d’expression et permet une restriction si elle est nécessaire dans une société démocratique. L’accessibilité et la prévisibilité relèvent de la qualité conventionnelle de la loi pénale, tandis que la peine évidemment et strictement nécessaire est associée à l’article 8 de la DDHC.

44. Lors d’un contrôle de qualité d’une incrimination, quelle exigence correspond respectivement au plan constitutionnel et au plan conventionnel ?

Clarté et précision sur le plan constitutionnel ; accessibilité et prévisibilité sur le plan conventionnel
Clarté et accessibilité sur le plan constitutionnel ; précision et prévisibilité sur le plan conventionnel
Accessibilité et prévisibilité sur le plan constitutionnel ; clarté et précision sur le plan conventionnel
Nécessité et proportionnalité sur le plan constitutionnel ; opportunité et prévisibilité sur le plan conventionnel

Clarté et précision sur le plan constitutionnel ; accessibilité et prévisibilité sur le plan conventionnel

Explication

La qualité de la loi pénale exige la clarté et la précision des incriminations sur le plan constitutionnel, et leur accessibilité et prévisibilité sur le plan conventionnel. L’inversion des deux ensembles confond les niveaux de contrôle, tandis que l’opportunité législative ne remplace pas ces exigences de qualité.

45. Une personne est poursuivie pour un acte qui ne constituait pas une infraction selon le droit national ni le droit international au moment où elle l’a commis. Quelle conséquence découle de l’article 7 de la CESDH ?

Elle ne peut être condamnée que si l’acte a aussi violé un droit conventionnel.
Elle peut être condamnée si la peine est proportionnée.
Elle ne peut pas être condamnée pour cet acte.
Elle peut être condamnée si le droit national le prévoit désormais.

Elle ne peut pas être condamnée pour cet acte.

Explication

L’article 7 interdit une condamnation lorsque l’acte ne constituait pas une infraction en droit national ou international au moment où il a été commis. La loi nouvelle appliquée aux faits antérieurs méconnaît cette règle, la faute civile ne suffit pas à établir une infraction et la proportionnalité de la peine ne change pas l’absence d’incrimination.

46. Une incrimination paraît imprécise à la lecture de son texte, mais une jurisprudence accessible en précise la portée et rend prévisible la responsabilité pénale. Quel élément est déterminant pour apprécier l’accessibilité conventionnelle ?

Le texte interprété à la lumière de la jurisprudence accessible.
Le texte considéré sans tenir compte de son interprétation judiciaire.
La seule publication du texte, sans examen de sa compréhension.
La jurisprudence, même si les justiciables ne peuvent pas y accéder.

Le texte interprété à la lumière de la jurisprudence accessible.

Explication

L’exigence conventionnelle tient compte de l’accès aux textes et à la jurisprudence, ainsi que de la compréhension et de la prévisibilité de la responsabilité pénale. La seule clarté du texte renvoie à la distinction avec l’exigence constitutionnelle, tandis qu’une jurisprudence inaccessible ou une simple publication ne suffit pas à établir les critères conventionnels.

47. Au cours d’une instance pénale, une partie soutient qu’une disposition législative porte atteinte à un droit ou à une liberté fondamentale. Par quelle voie le Conseil constitutionnel peut-il être saisi ?

Par un contrôle de conventionnalité exercé directement par le Conseil constitutionnel.
Par une QPC soulevée au cours de l’instance pénale.
Par une saisine directe du Conseil constitutionnel par le juge pénal.
Par un contrôle a priori engagé pendant l’instance pénale.

Par une QPC soulevée au cours de l’instance pénale.

Explication

Le Conseil constitutionnel contrôle les lois pénales a priori ou, au cours d’une instance, à la suite d’une QPC. Le contrôle de conventionnalité relève des juridictions pénales, le contrôle a priori précède l’instance et la saisine n’est pas attribuée directement au juge pénal.

48. Quelle décision a reconnu aux juridictions judiciaires la compétence pour contrôler la compatibilité des lois nationales avec les conventions internationales ?

Une décision du Conseil constitutionnel rendue en 1975.
Un arrêt du Conseil d’État rendu en 1975.
Un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme rendu en 1975.
L’arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation du 24 mai 1975.

L’arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation du 24 mai 1975.

Explication

Dans l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975, la Cour de cassation reconnaît cette compétence aux juridictions judiciaires. Le Conseil constitutionnel est associé au contrôle de constitutionnalité, tandis que les deux autres juridictions ne sont pas l’auteur de cette décision.

49. Dans un procès pénal, l’issue dépend de l’interprétation et de la légalité d’un arrêté administratif individuel. Quelle compétence l’article 111-5 du Code pénal confère-t-il à la juridiction pénale ?

Annuler l’arrêté après en avoir apprécié la légalité.
Interpréter l’arrêté, sans pouvoir en apprécier la légalité.
Apprécier la légalité de l’arrêté seulement s’il s’agit d’un contrat.
Interpréter l’arrêté et en apprécier la légalité.

Interpréter l’arrêté et en apprécier la légalité.

Explication

L’article 111-5 permet aux juridictions pénales d’interpréter les actes administratifs réglementaires ou individuels et d’en apprécier la légalité lorsque la solution du procès en dépend. Limiter ce pouvoir aux actes réglementaires omet les actes individuels, l’annulation dépasse le pouvoir du juge pénal et les contrats administratifs sont exclus de cette compétence.

50. Dans un procès pénal, le juge constate qu’un acte administratif dont dépend l’issue du litige est illégal. Quelle mesure peut-il prendre à l’égard de cet acte ?

L’écarter pour trancher ce procès, sans l’annuler.
Le retirer lui-même de l’ordre juridique administratif.
Le déclarer automatiquement inexistant dans tous les litiges.
L’annuler et le faire disparaître de l’ordre juridique.

L’écarter pour trancher ce procès, sans l’annuler.

Explication

Le juge pénal peut écarter un acte administratif illégal dans le procès dont il est saisi, mais il ne peut pas l’annuler. L’annulation, la disparition générale de l’acte ou son retrait excèdent ce pouvoir limité au litige pénal.

51. Dans une instance pénale, la solution dépend de la légalité d’un arrêté individuel, d’un règlement administratif ou d’un contrat administratif. Pour lesquels le juge pénal peut-il contrôler la légalité ?

Pour l’arrêté individuel et le contrat administratif.
Pour le règlement administratif seulement.
Pour l’arrêté individuel et le règlement administratif.
Pour le règlement administratif et le contrat administratif.

Pour l’arrêté individuel et le règlement administratif.

Explication

Le juge pénal peut contrôler la légalité des actes administratifs réglementaires et individuels, mais pas celle des contrats administratifs. Exclure l’acte individuel ou limiter le contrôle aux seuls actes réglementaires néglige l’étendue de sa compétence, tandis que les contrats en sont exclus.

52. Une qualification pénale emploie un terme qui appartient aussi au droit civil, et son application dépend de cette notion civile. Quel sens faut-il donner à ce terme ?

Son sens commun, indépendant du droit civil
Le sens choisi selon le but social de la règle
Le sens que lui donne le droit civil
Le sens pénal le plus étroit possible

Le sens que lui donne le droit civil

Explication

Lorsque la qualification pénale mobilise une notion d’une autre branche du droit, l’interprétation perd son autonomie et reprend le sens de cette branche. Le sens commun confond autonomie et perte d’autonomie, tandis que le sens le plus étroit confond interprétation stricte et interprétation restrictive.

53. Un juge doit interpréter une disposition pénale dont la portée est contestée. Quelle règle l’article 111-4 du Code pénal lui impose-t-il ?

Étendre le texte pour atteindre son objectif social
Interpréter strictement la loi pénale
Retenir nécessairement le sens le plus étroit
Interpréter la disposition selon le sens d’une autre branche

Interpréter strictement la loi pénale

Explication

L’article 111-4 du Code pénal impose une interprétation stricte, corollaire du principe de légalité des délits et des peines. Retenir le sens le plus étroit confond stricte et restrictive, tandis que l’extension du texte contredit cette exigence.

54. Une disposition pénale peut raisonnablement recevoir plusieurs sens, dont un sens courant plus large et un sens très étroit. Que signifie l’exigence d’interprétation stricte ?

Retenir le sens le plus étroit parmi les interprétations possibles
Ne pas élargir le sens de la loi, sans imposer le sens le plus étroit
Retenir le sens commun même si le texte l’exclut
Élargir le sens du texte pour assurer son efficacité

Ne pas élargir le sens de la loi, sans imposer le sens le plus étroit

Explication

L’interprétation stricte interdit d’étendre le sens de la loi pénale, mais n’oblige pas à choisir son sens le plus étroit. Le sens le plus étroit relève d’une interprétation restrictive, tandis que l’élargissement méconnaît la règle.

55. Une personne poursuivie invoque une analogie qui lui serait favorable, tandis que l’accusation propose une analogie défavorable pour étendre l’infraction. Quelle solution correspond aux règles pénales ?

Admettre l’analogie favorable et écarter l’analogie défavorable
Admettre l’analogie défavorable et écarter l’analogie favorable
Écarter les deux analogies au nom de l’interprétation stricte
Admettre les deux analogies si elles servent l’application de la loi

Admettre l’analogie favorable et écarter l’analogie défavorable

Explication

En matière pénale, l’analogie est admise lorsqu’elle favorise la personne poursuivie et prohibée lorsqu’elle lui est défavorable. Interdire toute analogie oublie l’analogie favorable, tandis que l’analogie défavorable étend la loi contre la personne poursuivie.

56. Une infraction comporte plusieurs faits constitutifs, et l’un d’eux est commis en France tandis que les autres ont lieu à l’étranger. Selon l’article 113-2 du Code pénal, quelle loi peut s’appliquer ?

La loi pénale française, car un fait constitutif a eu lieu en France
La loi pénale française, si l’auteur est de nationalité française
La loi pénale française, si tous les faits ont eu lieu en France
La loi pénale française, si l’infraction a été entièrement achevée en France

La loi pénale française, car un fait constitutif a eu lieu en France

Explication

L’article 113-2 permet l’application de la loi pénale française dès qu’un des faits constitutifs de l’infraction a été commis sur le territoire français. Exiger que tous les faits ou l’achèvement entier soient localisés en France ajoute une condition absente de la règle.

57. Un Français et un ressortissant étranger sont poursuivis pour des infractions commises sur le territoire français. À qui la compétence territoriale française peut-elle s’étendre ?

Aux personnes de nationalité française
Aux personnes de nationalité étrangère
Aux personnes résidant habituellement en France
Aux deux personnes, quelle que soit leur nationalité

Aux deux personnes, quelle que soit leur nationalité

Explication

La compétence territoriale française s’étend aux infractions commises en France par des Français comme par des étrangers. La nationalité et la résidence ne remplacent pas le critère territorial dans cette règle.

58. Un ressortissant français commet une infraction à l’étranger. Quel fondement permet de rattacher sa nationalité à la compétence pénale française ?

La compétence personnelle passive fondée sur la nationalité de la victime
La compétence territoriale fondée sur le lieu de commission des faits
La compétence prévue par l’article 113-5 du Code pénal pour le complice
La compétence personnelle active prévue par l’article 113-6 du Code pénal

La compétence personnelle active prévue par l’article 113-6 du Code pénal

Explication

La compétence personnelle active repose sur la nationalité française de l’auteur et relève de l’article 113-6 du Code pénal. La nationalité de la victime caractérise la compétence passive, le lieu des faits renvoie à la territorialité et l’article 113-5 concerne la compétence à l’égard du complice.

59. Un Français commet à l’étranger un délit ordinaire, sans exception applicable. Quelle combinaison de conditions permet d’engager des poursuites pénales en France ?

Non bis in idem, plainte ou dénonciation officielle, poursuite par le ministère public et réciprocité d’incrimination
Non bis in idem, plainte ou dénonciation officielle et réciprocité d’incrimination, sans poursuite par le ministère public
Non bis in idem, plainte ou dénonciation officielle, poursuite par le ministère public, sans vérifier la réciprocité d’incrimination
Non bis in idem, plainte ou dénonciation officielle auprès d’une juridiction étrangère et réciprocité d’incrimination

Non bis in idem, plainte ou dénonciation officielle, poursuite par le ministère public et réciprocité d’incrimination

Explication

Pour un délit commis à l’étranger par un Français, la compétence française requiert le respect du principe non bis in idem, une plainte de la victime ou une dénonciation officielle, une poursuite par le ministère public et la réciprocité d’incrimination. Omettre cette réciprocité, exiger une démarche devant une juridiction étrangère ou négliger le rôle du ministère public constitue une erreur sur les conditions cumulatives.

60. Une loi nouvelle modifie une règle pénale après la commission des faits, mais avant qu’une condamnation définitive soit prononcée. Quelle situation juridique se présente ?

Une situation sans conflit, car les faits précèdent la loi nouvelle
Une application immédiate d’une loi de forme
Un conflit seulement si la loi nouvelle aggrave la peine
Un conflit de lois pénales dans le temps

Un conflit de lois pénales dans le temps

Explication

Il y a conflit de lois pénales dans le temps lorsqu’une loi nouvelle modifie une disposition applicable à des faits antérieurs et qu’aucune condamnation définitive n’est intervenue. Une condamnation définitive écarterait cette configuration, et l’existence du conflit ne dépend pas du caractère plus sévère de la loi.

61. Après la commission d’un fait, une loi nouvelle réduit la peine encourue avant que la condamnation ne soit définitive. Quelle loi doit être appliquée ?

La loi nouvelle seulement si elle entre en vigueur avant les faits
La loi nouvelle plus douce, rétroactivement
La loi en vigueur au moment des faits, sans rétroactivité
La loi de procédure applicable au jour de la décision

La loi nouvelle plus douce, rétroactivement

Explication

La loi pénale plus douce rétroagit aux faits commis avant son entrée en vigueur, à la différence de la loi plus sévère qui ne rétroagit pas. Appliquer systématiquement la loi en vigueur au moment des faits méconnaît cette règle, tandis que la date d’entrée en vigueur avant les faits n’est pas requise.

62. Une nouvelle règle de procédure entre en vigueur après la commission d’une infraction, mais avant son jugement. Quel régime temporel s’applique à cette règle ?

L’application selon la loi en vigueur au jour de la commission des faits
L’application seulement aux infractions commises après son entrée en vigueur
L’application rétroactive uniquement si la règle réduit la peine
L’application immédiate à la répression de l’infraction

L’application immédiate à la répression de l’infraction

Explication

L’article 112-2 du Code pénal prévoit l’application immédiate des lois de forme à la répression des infractions commises avant leur entrée en vigueur. Leur régime ne dépend donc ni de la non-rétroactivité des lois plus sévères ni du caractère plus doux d’une loi de fond.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 93 flashcards sur Fondements et évolution du droit pénal.

Selon J.H Robert, comment se définit le droit pénal ?

L’ensemble des normes juridiques qui réglementent le recours de l’État à la sanction pénale.

Pourquoi le droit pénal relève-t-il du droit public ?

Il règle les relations entre l’État et les particuliers en protégeant l’ordre public.

Que requiert le principe de légalité pour poursuivre un comportement ?

Le comportement doit être prévu par un texte, interprété strictement sans extension par analogie.

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