QCM : Fondements et évolutions du droit pénal (53 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un juge judiciaire est saisi d’un recours qui vise directement à faire juger l’administration. Quelle règle pose la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Il doit renvoyer l’affaire au juge pénal de l’ordre judiciaire
Il ne peut pas juger l’administration au nom de la séparation des pouvoirs
Il ne peut juger l’administration que si le litige est pénal
Il peut juger l’administration dès que le recours est civil

Il ne peut pas juger l’administration au nom de la séparation des pouvoirs

Explication

La loi de 1790 interdit au juge judiciaire de juger l’administration afin de préserver la séparation des pouvoirs. Laisser le juge judiciaire contrôler l’administration méconnaît cette règle, tandis que la restriction au contentieux pénal confond compétence et matière.

2. Dans la distinction proposée par Günther Jakobs, comment le droit pénal de l’ennemi traite-t-il les personnes visées, par opposition au droit pénal commun ?

Comme des citoyens relevant du droit pénal commun
Comme des ennemis de l’État relevant d’un régime dérogatoire
Comme des auteurs soumis à une peine nécessairement aggravée
Comme des personnes soumises aux seules règles administratives

Comme des ennemis de l’État relevant d’un régime dérogatoire

Explication

La distinction de Jakobs oppose le droit pénal commun applicable aux citoyens à un droit dérogatoire qui traite les personnes visées comme des ennemis de l’État. L’assimilation aux citoyens confond les deux régimes, l’aggravation de peine réduit à tort la distinction à la sanction, et les règles administratives déplacent la distinction hors du droit pénal.

3. Une personne commet un acte pour une raison personnelle précise, mais l’acte poursuit le but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation. Quelle notion fonde la qualification terroriste, et quelle notion décrit la raison personnelle ?

La finalité désigne la sanction; le mobile désigne le régime procédural
Le mobile fonde la qualification; la finalité désigne la raison personnelle
La finalité fonde la qualification; le mobile désigne la raison personnelle
La raison personnelle fonde les deux notions dans cette situation

La finalité fonde la qualification; le mobile désigne la raison personnelle

Explication

La qualification terroriste repose sur la finalité de troubler l’ordre public, tandis que le mobile correspond à la raison personnelle de l’auteur. Faire du mobile le fondement de la qualification confond les deux notions, et la raison personnelle ne remplit pas les deux fonctions; la sanction et la procédure ne définissent ni l’une ni l’autre.

4. Dans une enquête, on demande à une personne si elle a commis une infraction puis si elle en a subi une. Quels instruments correspondent respectivement à ces deux questions ?

Statistique policière, puis statistique judiciaire
Enquête de victimation, puis enquête de délinquance auto-déclarée
Enquête de délinquance auto-déclarée, puis enquête de victimation
Statistique judiciaire, puis statistique policière

Enquête de délinquance auto-déclarée, puis enquête de victimation

Explication

L’enquête auto-déclarée demande si la personne a commis une infraction, alors que l’enquête de victimation demande si elle en a subi une. L’ordre inverse confond les deux expériences; les statistiques judiciaires portent sur les faits jugés et les statistiques policières sur les faits constatés et enregistrés.

5. Un étudiant distingue le procès pénal des autres procédures juridiques. Quelle fonction caractérise la procédure pénale ?

Définir les infractions et leurs peines sans régler le procès
Organiser notamment les pouvoirs de la police et le déroulement du procès
Organiser principalement la résolution des litiges entre particuliers
Déterminer les peines prononcées sans organiser l’action policière

Organiser notamment les pouvoirs de la police et le déroulement du procès

Explication

La procédure pénale est autonome et organise notamment les pouvoirs de la police ainsi que le déroulement du procès. La réduire au droit pénal de fond ou à la seule fixation des peines confond des fonctions distinctes.

6. Quel événement est associé au développement de lois d’exception, dont le Patriot Act aux États-Unis ?

Le terrorisme d’extrême gauche des années 1970
L’adoption de mesures antiterroristes en France
L’extension de règles aux trafiquants de stupéfiants
Les attentats du 11 septembre 2001

Les attentats du 11 septembre 2001

Explication

Après les attentats du 11 septembre 2001, le développement de lois d’exception est relevé, notamment avec le Patriot Act aux États-Unis. Les années 1970 renvoient au contexte d’émergence de la théorie, tandis que l’extension aux trafiquants et les mesures françaises sont d’autres évolutions.

7. Quel tableau caractérise le droit pénal sous l’Ancien Régime ?

Un droit inégalitaire et arbitraire, marqué par l’éclat des supplices
Un droit arbitraire mais égalitaire, marqué par des peines modérées
Un droit inégalitaire mais modéré, fondé sur des peines prévisibles
Un droit égalitaire et légal, marqué par des peines prévisibles

Un droit inégalitaire et arbitraire, marqué par l’éclat des supplices

Explication

Le droit pénal de l’Ancien Régime est décrit comme inégalitaire, arbitraire et marqué par l’éclat des supplices. L’égalité et la prévisibilité des peines correspondent à la rupture recherchée par la Révolution, non à ce tableau.

8. Un juge constate qu’un comportement ressemble fortement à une infraction décrite par le Code pénal, mais que le texte ne vise pas ce comportement. Quelle démarche l’article 111-4 lui impose-t-il ?

Appliquer l’incrimination la plus sévère aux faits comparables
Assimiler le comportement à l’infraction en raison de sa proximité
Refuser d’étendre l’incrimination à ce comportement par analogie
Élargir la portée du texte pour combler son silence

Refuser d’étendre l’incrimination à ce comportement par analogie

Explication

L’article 111-4 impose une interprétation stricte de la loi pénale et exclut l’extension par analogie à des faits non prévus. Assimiler les faits par analogie, appliquer l’incrimination la plus sévère ou combler le silence du texte reviendrait à étendre la loi pénale.

9. Dans une explication lombrosienne, quelle interprétation distingue le mieux le crime comme effet de la nature individuelle d’un acte défini par la loi ?

Le crime serait principalement produit par le milieu social de l’individu
Le crime existerait parce que la loi qualifie certains actes d’infractions
Le crime résulterait d’un choix libre sans influence de la constitution individuelle
Le crime découlerait de la nature de l’individu plutôt que de sa définition légale

Le crime découlerait de la nature de l’individu plutôt que de sa définition légale

Explication

La théorie de Lombroso présente le crime comme un effet de la nature de l’individu, et non comme un acte défini d’abord par la loi. La qualification juridique inverse cette priorité, le choix libre contredit le déterminisme, et l’explication par le milieu substitue une cause sociale à la cause individuelle.

10. Une victime se constitue partie civile devant le juge pénal; quelle conséquence la Cour de cassation a-t-elle reconnue en 1906 à cette démarche ?

Elle pouvait mettre fin aux poursuites pénales
Elle pouvait remplacer la personne poursuivie
Elle pouvait déclencher l’action publique
Elle pouvait fixer la peine principale

Elle pouvait déclencher l’action publique

Explication

En 1906, la Cour de cassation a jugé que la constitution de partie civile devant le juge pénal pouvait déclencher l’action publique. La demande de réparation concerne le préjudice, le ministère public n’est pas remplacé, et cette démarche ne met pas fin aux poursuites.

11. Une infraction est commise dans le cadre d’une entreprise collective dont le but est de troubler gravement l’ordre public par la terreur. Quelle définition de la loi de 1986 permet de la qualifier de terroriste ?

Une infraction en relation avec une entreprise visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur
Une infraction liée à une entreprise individuelle, mais non à une entreprise collective
Une infraction exigeant une intimidation directe des victimes et excluant la terreur
Une infraction commise pour un motif personnel, même sans trouble de l’ordre public

Une infraction en relation avec une entreprise visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur

Explication

La définition de 1986 vise les infractions en relation avec une entreprise individuelle ou collective dont le but est de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. Exiger une intimidation directe écarte à tort la terreur, exclure l’entreprise collective contredit la définition, et le mobile personnel ne remplace pas la finalité de trouble de l’ordre public.

12. Une personne travaille dans un espace où elle sait qu’un responsable peut la voir, mais ignore s’il l’observe à cet instant. Quel effet, selon Michel Foucault, cette incertitude peut-elle produire ?

Elle se discipline seulement lorsque le responsable la regarde effectivement
Elle se discipline parce que le responsable travaille dans le même espace
Elle peut se discipliner par le seul risque d’être vue
Elle se discipline après avoir reçu une sanction pour une faute constatée

Elle peut se discipliner par le seul risque d’être vue

Explication

Pour Michel Foucault, le risque d’être vu suffit à produire un effet de pouvoir et de discipline, même sans savoir si l’observation a lieu. L’observation constante, la proximité physique et la sanction après constat d’une faute ne sont pas le mécanisme visé.

13. Après la découverte d’une trace génétique lors d’une infraction, quel usage correspond à la fonction du FNAEG ?

Analyser des images faciales pour identifier une personne dans une foule
Conserver un profil génétique pour le comparer à des traces liées à d’autres infractions
Enregistrer la participation à une manifestation pour évaluer un risque pénal
Conserver les données d’un passeport pour vérifier l’identité de son titulaire

Conserver un profil génétique pour le comparer à des traces liées à d’autres infractions

Explication

Le FNAEG conserve des profils génétiques afin de comparer les traces recueillies lors d’infractions. Les données de passeport, la reconnaissance faciale et le suivi des manifestations relèvent d’autres usages.

14. Une personne est poursuivie pour un crime; quelle juridiction peut être appelée à le juger ?

Le tribunal de police ou la cour d’assises
Le tribunal de police ou le tribunal correctionnel
La cour d’assises ou la cour criminelle départementale
Le tribunal correctionnel ou la cour criminelle départementale

La cour d’assises ou la cour criminelle départementale

Explication

Les crimes sont jugés par la cour d’assises ou, depuis deux ans, par la cour criminelle départementale. Le tribunal correctionnel juge les délits et le tribunal de police les contraventions.

15. Lorsqu’un litige concerne une décision de l’administration, à quel ordre appartient le juge compétent pour le trancher ?

À l’ordre civil, qui comprend aussi le juge pénal
À l’ordre pénal, distinct du juge civil
À l’ordre administratif, distinct de l’ordre judiciaire
À l’ordre judiciaire, qui comprend le juge administratif

À l’ordre administratif, distinct de l’ordre judiciaire

Explication

Le juge judiciaire comprend les juges civil et pénal, tandis que le juge administratif relève d’un ordre distinct. Assimiler le juge administratif au juge civil ou à l’ordre judiciaire confond les deux ordres.

16. La peine prononcée pour une infraction vise aussi bien la protection de la société et la prévention de nouvelles infractions que l’accompagnement de l’auteur. Quel ensemble de fonctions correspond à l’article 130-1 du Code pénal ?

Rétribution, dissuasion, indemnisation de la victime et neutralisation de l’auteur
Protection, prévention, restauration de l’équilibre social, sanction, amendement et réinsertion
Prévention, sanction, compensation de la victime et suppression de la récidive
Protection, réparation financière, surveillance judiciaire et exclusion sociale

Protection, prévention, restauration de l’équilibre social, sanction, amendement et réinsertion

Explication

L’article 130-1 associe à la peine la protection de la société, la prévention de nouvelles infractions, la restauration de l’équilibre social et la sanction, ainsi que l’amendement, l’insertion et la réinsertion de l’auteur. Les autres formulations omettent ou remplacent plusieurs de ces fonctions.

17. Une nouvelle règle définit une infraction comme une contravention; de quel domaine normatif relève sa définition, contrairement à celle d’un crime ou d’un délit ?

Du domaine législatif
Du domaine constitutionnel
Du domaine réglementaire
Du domaine judiciaire

Du domaine réglementaire

Explication

Les contraventions relèvent du domaine réglementaire, tandis que les crimes et les délits relèvent de la loi. Le domaine législatif correspond donc aux crimes et aux délits, et les domaines judiciaire ou constitutionnel ne constituent pas la distinction indiquée.

18. Une organisation veut mettre en place une démarche de conformité. Quel ensemble de mesures répond à cette démarche ?

Cartographier les risques, instaurer des contrôles internes et écarter les alertes
Instaurer des contrôles internes, recueillir des alertes et écarter la cartographie des risques
Cartographier les risques, instaurer des contrôles internes et prévoir des alertes
Cartographier les risques, sanctionner les violations et supprimer les contrôles internes

Cartographier les risques, instaurer des contrôles internes et prévoir des alertes

Explication

La démarche de conformité associe cartographie des risques, contrôles internes et mécanismes d’alerte, qui peuvent être anonymes. La sanction ne remplace pas les contrôles, les alertes ne se substituent pas à la cartographie, et leur omission laisse de côté un volet prévu.

19. Une mesure vise à protéger les citoyens contre une décision arbitraire de l’État, tandis qu’une autre vise à prévenir les menaces contre les personnes et les biens. Comment distinguer ces deux objectifs ?

Les deux relèvent de la sûreté, centrée sur les droits individuels
Le premier relève de la sûreté et le second de la sécurité
Les deux relèvent de la sécurité, centrée sur les menaces collectives
Le premier relève de la sécurité et le second de la sûreté

Le premier relève de la sûreté et le second de la sécurité

Explication

La sûreté protège les citoyens contre l’arbitraire de l’État, alors que la sécurité protège les personnes et les biens contre les menaces et les atteintes. Inverser ces termes, ou réduire l’un des deux à l’autre, confond leurs objets respectifs.

20. Une règle pénale résulte d’un texte écrit éclairé par une jurisprudence stable, et les justiciables peuvent prévoir les conséquences de leurs actes. Cette règle peut-elle relever de la légalité pénale au sens de la CEDH ?

Oui, dès lors que la jurisprudence complète le texte, même sans prévisibilité
Oui, si la règle issue du texte et de la jurisprudence est suffisamment prévisible
Non, car la légalité pénale européenne repose sur le texte écrit seul
Non, car une règle pénale doit être formulée sans interprétation judiciaire

Oui, si la règle issue du texte et de la jurisprudence est suffisamment prévisible

Explication

Pour la CEDH, la légalité pénale peut comprendre le droit écrit et non écrit, notamment la jurisprudence, sous réserve d’une prévisibilité suffisante. La réduire au texte écrit ou exclure toute interprétation judiciaire méconnaît cette conception, tandis que la prévisibilité reste une condition.

21. Une équipe compare les infractions recensées par NATINF, celles du code pénal et celles utilisées par les juges correctionnels. Quels ordres de grandeur doit-elle retenir ?

Environ 16 000 dans NATINF, 50 dans le code pénal et 400 utilisées par les juges
Environ 16 000 dans NATINF, 400 dans le code pénal et 50 utilisées par les juges
Environ 400 dans NATINF, 16 000 dans le code pénal et 50 utilisées par les juges
Environ 50 dans NATINF, 400 dans le code pénal et 16 000 utilisées par les juges

Environ 16 000 dans NATINF, 400 dans le code pénal et 50 utilisées par les juges

Explication

NATINF recense environ 16 000 incriminations, le code pénal en contient environ 400, et les juges correctionnels en utilisent environ 50. Les autres réponses permutent ces trois niveaux de recensement et d’usage.

22. Quelle thèse Lombroso développe-t-il en 1876 au sujet de l’origine de la criminalité et de l’identification du criminel ?

La délinquance résulterait principalement des conditions économiques du milieu
Le criminel serait né délinquant et reconnaissable à des caractéristiques physiques
Le crime existerait d’abord comme catégorie légale, sans lien avec l’individu
Le criminel choisirait librement chaque infraction après un calcul rationnel

Le criminel serait né délinquant et reconnaissable à des caractéristiques physiques

Explication

En 1876, Lombroso développe la théorie du criminel né, identifiable selon lui par des caractéristiques physiques. Le choix rationnel et l’explication économique déplacent le fondement de sa théorie, tandis que définir le crime par la loi contredit son approche centrée sur la nature de l’individu.

23. Une collectivité sanctionne publiquement une personne après la violation d’une norme afin que les autres membres en reconnaissent l’importance. Quelle fonction de la peine correspond à l’analyse de Fauconnet ?

Compenser symboliquement l’atteinte à la norme et rappeler celle-ci à la société
Supprimer la norme enfreinte afin d’éviter de nouvelles sanctions
Verser une réparation matérielle à la victime pour compenser sa perte
Transformer la personne punie pour empêcher toute récidive individuelle

Compenser symboliquement l’atteinte à la norme et rappeler celle-ci à la société

Explication

Chez Fauconnet, la peine compense symboliquement l’atteinte à une norme sociale et la rappelle aux autres membres. La « transformation du condamné » déplace l’objectif vers la personne punie, la « réparation matérielle » réduit la fonction à l’indemnisation, et la « suppression de la norme » inverse son rôle.

24. Un législateur envisage une sanction pénale pour une atteinte qui peut être traitée par d’autres moyens. Quel principe doit guider le recours au droit pénal ?

L’utiliser en première intention pour organiser chaque secteur de la société
Le réserver comme dernier recours pour protéger les valeurs sociales fondamentales
Le réserver aux atteintes qui appellent les peines les plus lourdes
L’étendre à tout comportement qui s’écarte d’une norme sociale

Le réserver comme dernier recours pour protéger les valeurs sociales fondamentales

Explication

L’ultima ratio signifie que le droit pénal est un dernier recours, réservé à la sanction des atteintes aux valeurs sociales fondamentales. L’intervention de première intention inverse ce principe; la gravité de la peine ou l’extension à tout écart ne définissent pas l’ultima ratio.

25. Une personne soupçonnée d’avoir participé à une infraction, mais non condamnée, et une victime figurent dans un fichier de police. Quelle conclusion correspond au rôle du TAJ ?

Le TAJ peut recenser la personne soupçonnée, mais pas la victime
Le TAJ peut recenser la victime, mais pas la personne soupçonnée
Le TAJ peut recenser la personne soupçonnée et la victime
Le TAJ recense les profils génétiques des deux personnes

Le TAJ peut recenser la personne soupçonnée et la victime

Explication

Le TAJ recense des personnes soupçonnées d’avoir participé à des infractions ainsi que des victimes, sans être limité aux personnes condamnées. La limitation aux condamnés est la confusion documentée, l’exclusion des victimes omet une catégorie recensée, et les profils génétiques relèvent du FNAEG.

26. Dans un litige pénal, le juge estime qu’une loi française applicable est incompatible avec une convention internationale. Quel pouvoir peut-il exercer ?

Appliquer la loi française en attendant une modification législative
Écarter la loi française incompatible avec la convention internationale
Annuler la loi française pour l’ensemble des juridictions
Saisir obligatoirement le Conseil constitutionnel avant de statuer

Écarter la loi française incompatible avec la convention internationale

Explication

Le juge pénal peut écarter une loi française incompatible avec une convention internationale, pouvoir reconnu par un arrêt de 1975. Ce contrôle ne signifie pas qu’il abroge la loi ou qu’il doit attendre une intervention du Conseil constitutionnel.

27. Quels instruments forment l’ensemble des quatre mesures de la délinquance présentées ?

Statistiques publiques, enquêtes auto-déclarées, enquêtes de victimation et statistiques policières
Statistiques judiciaires, enquêtes auto-déclarées, enquêtes de victimation et enquêtes fiscales
Statistiques judiciaires, enquêtes de récidive, enquêtes de victimation et sondages électoraux
Statistiques publiques, enquêtes de récidive, statistiques hospitalières et statistiques policières

Statistiques publiques, enquêtes auto-déclarées, enquêtes de victimation et statistiques policières

Explication

Les quatre instruments présentés sont les statistiques publiques, les enquêtes de délinquance auto-déclarée, les enquêtes de victimation et les statistiques policières. Les « enquêtes de récidive » ne remplacent pas l’auto-déclaration, les « statistiques hospitalières » ne figurent pas dans cet ensemble, et les « enquêtes fiscales » ne sont pas un instrument cité.

28. Une contravention de cinquième classe est commise en récidive; quel est le plafond de l’amende indiqué pour ce cas ?

1 500 euros
3 000 euros
38 euros
750 euros

3 000 euros

Explication

L’amende de cinquième classe est plafonnée à 1 500 euros, montant porté à 3 000 euros en cas de récidive. La valeur de 1 500 euros omet cette majoration, tandis que 38 euros correspond à l’amende de première classe.

29. Une équipe étudie les normes collectives qui définissent les conduites réprouvées, tandis qu’une autre examine les caractéristiques des personnes qui commettent des infractions. Quelle discipline correspond à la première équipe ?

La psychologie individuelle
La criminologie
La statistique judiciaire
La sociologie

La sociologie

Explication

La sociologie étudie les normes et les phénomènes collectifs, tandis que la criminologie s’intéresse notamment aux individus délinquants. La « criminologie » correspond ici à l’étude des individus, la « psychologie individuelle » rétrécit le champ de la première équipe, et la « statistique judiciaire » mesure des faits jugés plutôt que les normes collectives.

30. Dans l’approche de Durkheim, pourquoi le crime constitue-t-il un phénomène social normal ?

Parce que les sociétés dépourvues de sanctions sont les plus courantes
Parce que les conduites déviantes disparaissent dans les sociétés stables
Parce que toute société approuve moralement les actes criminels
Parce que toute société possède un système de répression

Parce que toute société possède un système de répression

Explication

Pour Durkheim, le crime est sociologiquement normal parce que toute société comporte un système de répression. La « fréquence sociale » ne signifie pas approbation morale, l’« absence de répression » contredit le principe, et la « disparition des conduites déviantes » n’est pas requise.

31. Un analyste compare les tendances depuis le milieu des années 1990 : quelle évolution conjointe doit-il relever pour les atteintes aux biens et les escroqueries par carte bancaire sur Internet ?

Les atteintes aux biens progressent, tandis que les escroqueries en ligne diminuent
Les atteintes aux biens diminuent, tandis que les escroqueries en ligne progressent
Les deux formes diminuent dans des proportions comparables
Les deux formes progressent depuis cette période

Les atteintes aux biens diminuent, tandis que les escroqueries en ligne progressent

Explication

Depuis le milieu des années 1990, les atteintes aux biens diminuent statistiquement, alors que les escroqueries liées aux cartes bancaires sur Internet progressent. La réponse qui inverse ces tendances confond leurs évolutions; celles qui donnent une tendance commune effacent leur divergence.

32. Une enquête de victimation recense davantage de violences sexuelles subies que les affaires constatées ou jugées. Quelle explication rend compte de ce décalage ?

Les victimes concernées ne signalent pas de violences subies
Les affaires jugées dépassent le nombre de violences subies
De nombreuses victimes ne portent pas plainte
Les enquêtes recensent les seuls faits déjà transmis à la police

De nombreuses victimes ne portent pas plainte

Explication

Les enquêtes de victimation révèlent des violences subies qui ne deviennent pas toutes des affaires constatées ou jugées, notamment parce que de nombreuses victimes ne portent pas plainte. Les réponses qui assimilent les faits subis aux affaires jugées ou limitent l’enquête aux plaintes confondent les mesures.

33. Quels acteurs sont réunis dans un procès pénal lorsque la victime demande réparation en se constituant partie civile ?

Le ministère public, la personne poursuivie et l’expert judiciaire
La personne poursuivie, le juge et le témoin de l’infraction
Le ministère public, le juge et la victime partie civile
Le ministère public, la personne poursuivie et la victime partie civile

Le ministère public, la personne poursuivie et la victime partie civile

Explication

Le procès pénal met en présence le ministère public, qui représente la société, la personne poursuivie et la victime constituée partie civile. Le juge et le témoin ne remplacent pas l’un de ces trois acteurs, et l’expert judiciaire n’est pas l’une des parties désignées.

34. Un tribunal envisage de punir un acte qui n’était interdit par aucune loi au moment où il a été commis. Quelle exigence de l’article 8 empêche cette condamnation ?

La peine doit être proportionnée au dommage, même sans règle antérieure applicable
La peine doit reposer sur une loi antérieure au délit, promulguée et légalement appliquée
La peine doit être nécessaire, même si l’interdiction légale est postérieure au délit
La condamnation exige que l’arrestation ait respecté les formes prévues par la loi

La peine doit reposer sur une loi antérieure au délit, promulguée et légalement appliquée

Explication

L’article 8 interdit de punir sans loi établie et promulguée avant le délit, puis légalement appliquée; il exige aussi des peines strictement et évidemment nécessaires. La nécessité ne remplace pas la loi préalable, les formes d’arrestation concernent une autre garantie, et la proportionnalité seule ne suffit pas.

35. Dans une série statistique française, quelle fourchette annuelle de taux d’homicides faut-il retenir pour 100 000 habitants ?

De 1,5 à 2,5
De 4 à 14
De 0,4 à 1,4
De 0,4 à 1,4 pour 100 habitants

De 0,4 à 1,4

Explication

Le taux d’homicides varie selon les années de 0,4 à 1,4 pour 100 000 habitants. La fourchette de 1,5 à 2,5 concerne les agressions physiques, tandis que les deux autres réponses modifient l’échelle ou les valeurs.

36. Deux politiques pénales visent la même infraction : l’une prévoit des peines très sévères mais rarement appliquées, l’autre des peines modérées appliquées avec une forte certitude. Selon Beccaria, laquelle dissuadera davantage ?

La politique qui recourt aux châtiments les plus irréversibles
La politique aux peines modérées mais appliquées avec certitude
La politique qui supprime les peines pour éviter leur excès
La politique aux peines sévères mais rarement appliquées

La politique aux peines modérées mais appliquées avec certitude

Explication

Pour Beccaria, l’efficacité de la peine dépend davantage de sa certitude que de sa rigueur. La sévérité rare privilégie le mauvais facteur, la suppression des peines ne correspond pas à cette thèse, et l’irréversibilité ne constitue pas le principe de dissuasion défendu.

37. Quel ensemble regroupe les trois catégories d’infractions terroristes distinguées dans le cadre juridique étudié ?

Infractions de soutien, contrôles administratifs et saisies de biens
Actes préparatoires, peines aggravées et infractions de droit commun sans finalité
Atteintes aux personnes à finalité terroriste, actes préparatoires et infractions de soutien
Atteintes aux personnes, mesures de surveillance et assignations à résidence

Atteintes aux personnes à finalité terroriste, actes préparatoires et infractions de soutien

Explication

Les trois catégories comprennent les atteintes aux personnes motivées par une finalité terroriste, les actes préparatoires comme l’association de malfaiteurs et les infractions de soutien comme la provocation ou l’apologie. La surveillance, l’assignation et la saisie relèvent de mesures de contrôle, tandis que les peines ne constituent pas une catégorie d’infraction.

38. Une personne commet un acte interdit, mais l’affaire n’aboutit à aucune condamnation. Quelle conclusion respecte l’approche sociologique de la désignation du délinquant ?

Elle ne reçoit pas nécessairement le statut de délinquante
Elle reçoit nécessairement le statut de délinquante dès l’acte commis
Elle n’a commis aucun acte puisque l’affaire n’a pas été jugée
Elle reçoit ce statut seulement si la société approuve l’acte

Elle ne reçoit pas nécessairement le statut de délinquante

Explication

Le statut de délinquant dépend aussi des réactions sociales et judiciaires : un acte commis sans condamnation ne produit pas nécessairement cette désignation. « Dès l’acte commis » néglige cette réaction, l’« approbation » n’est pas le critère indiqué, et l’absence de jugement ne prouve pas l’absence d’acte.

39. Dans une société d’ordres de l’Ancien Régime, un noble et un membre du tiers état sont jugés pour des faits comparables. Quelle conséquence découle de leur appartenance à des ordres différents ?

Le noble relève de règles distinctes, mais les peines restent identiques
Ils relèvent des mêmes règles, mais de juridictions différentes
Le tiers état relève de règles distinctes, mais les peines restent identiques
Ils peuvent relever de règles et de peines différentes selon leur ordre

Ils peuvent relever de règles et de peines différentes selon leur ordre

Explication

La société d’ordres distingue noblesse, clergé et tiers état, auxquels s’appliquent des règles et des peines différentes. Affirmer que les règles ou les peines sont identiques néglige cette inégalité liée au rang.

40. Quel supplice public symbolique Damiens a-t-il subi après avoir été condamné pour avoir voulu tuer Louis XV ?

La flagellation publique, puis la confiscation de ses biens
La marque au fer, puis une longue peine de détention
Des tenailles, l’écartèlement, puis l’incendie de ses restes
La pendaison publique, puis l’inhumation de son corps

Des tenailles, l’écartèlement, puis l’incendie de ses restes

Explication

Le supplice de Damiens associait des tenaillages et l’écartèlement, avant que ses restes soient brûlés. La détention, la confiscation et la pendaison correspondent à d’autres peines, pas à ce supplice.

41. Un rapport doit résumer la place des délits routiers et des infractions liées à la circulation et aux stupéfiants dans la répression pénale. Quelle formulation est correcte ?

Les délits routiers représentent environ 40 % des délits pénaux, et circulation et stupéfiants réunis dépassent 60 % de la répression
Les délits routiers représentent environ 20 % des délits pénaux, et circulation et stupéfiants réunis dépassent 60 % de la répression
Les délits routiers représentent environ 40 % des délits pénaux, et circulation et stupéfiants réunis restent sous 40 % de la répression
Les délits routiers dépassent 60 % des délits pénaux, et circulation et stupéfiants réunis représentent environ 40 % de la répression

Les délits routiers représentent environ 40 % des délits pénaux, et circulation et stupéfiants réunis dépassent 60 % de la répression

Explication

Les délits routiers constituent environ 40 % des délits pénaux, tandis que la circulation et les stupéfiants réunis représentent plus de 60 % de la répression pénale. La réponse à 60 % pour les seuls délits routiers confond les deux périmètres; les autres minimisent ou inversent les proportions.

42. Pourquoi le contrat social fonde-t-il légitimement le droit de punir dans la pensée présentée par Beccaria ?

La gravité des châtiments garantit à elle seule l’autorité de la peine
Les citoyens cèdent une part de leur liberté afin que leur protection soit assurée
La loi écrite fonde le droit de punir indépendamment de la protection des citoyens
Les citoyens confient au souverain un pouvoir de punir sans restriction

Les citoyens cèdent une part de leur liberté afin que leur protection soit assurée

Explication

Le contrat social légitime la punition parce que les citoyens cèdent une part de liberté en échange de leur protection. Le pouvoir sans limite contredit cette justification, la gravité n’est pas son fondement, et la loi ne remplace pas la cession de liberté au bénéfice de la sécurité commune.

43. Un étudiant compare le rattachement du droit pénal dans le droit continental et dans les systèmes américain, canadien et britannique. Quelle comparaison est correcte ?

Droit privé dans les deux ensembles de systèmes juridiques
Droit public dans le droit continental, droit privé dans les systèmes cités
Droit privé dans le droit continental, droit public dans les systèmes cités
Droit public dans les deux ensembles de systèmes juridiques

Droit privé dans le droit continental, droit public dans les systèmes cités

Explication

Le droit pénal est généralement rattaché au droit privé dans le droit continental, mais au droit public aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne. Inverser ces catégories ou leur attribuer le même rattachement efface cette distinction.

44. Une commune veut interdire une activité qui ne cause aucun tort à la société et contraindre ses habitants à accomplir un acte que la loi ne prescrit pas. Quel principe de l’article 5 s’oppose à ces mesures ?

L’obligation d’accomplir tout acte utile à la société, même sans prescription légale
Le pouvoir d’interdire toute activité dès qu’elle est jugée contraire à l’intérêt public
La liberté de faire ce que la loi n’interdit pas, sous la limite des actes nuisibles à la société
La protection contre les arrestations sans respect des formes prévues par la loi

La liberté de faire ce que la loi n’interdit pas, sous la limite des actes nuisibles à la société

Explication

L’article 5 limite les interdictions légales aux actions nuisibles à la société et protège la liberté dans les domaines que la loi n’interdit pas. L’obligation sans prescription confond liberté et devoir, l’interdiction générale élargit le pouvoir de la loi, et les arrestations relèvent de l’article 7.

45. Une réglementation impose à un usager une conduite déterminée et prévoit une sanction en cas de manquement. Quelle logique distingue ce dispositif du droit pénal classique ?

Le droit pénal administratif protège une liberté dont la violation est punie, tandis que le droit classique prescrit une conduite
Le droit pénal administratif prescrit une conduite, tandis que le droit classique punit la violation d’une liberté
Les deux approches reposent sur une conduite prescrite et sanctionnent son manquement
Le droit pénal administratif renvoie à un autre texte, tandis que le droit classique prescrit une conduite

Le droit pénal administratif prescrit une conduite, tandis que le droit classique punit la violation d’une liberté

Explication

Le droit pénal classique présente la règle comme une liberté dont la violation est punie; le droit pénal administratif prescrit une conduite dont le manquement peut être sanctionné. La réponse qui inverse ces logiques les confond, et le simple renvoi à un autre texte décrit une structure différente.

46. Pour fixer la peine d’un prévenu, un tribunal examine sa personnalité ainsi que sa situation familiale, sociale et matérielle, tout en respectant les limites légales. Quel principe applique-t-il ?

La libre fixation de la peine sans plafond légal applicable
L’application uniforme d’une peine minimale à tous les prévenus
La détermination de la peine selon la seule gravité abstraite des faits
L’individualisation de la peine dans les limites fixées par la loi

L’individualisation de la peine dans les limites fixées par la loi

Explication

L’article 132-1 impose d’individualiser toute peine dans les limites prévues par la loi, en tenant compte de la personnalité de l’auteur et de sa situation familiale, sociale et matérielle. La gravité des faits ne constitue pas le seul critère et l’individualisation n’autorise pas à dépasser les limites légales.mentioned

47. Dans l’exercice de ses fonctions, une fonctionnaire apprend qu’un délit a été commis. Que lui impose l’article 40 ?

Attendre une instruction hiérarchique avant d’agir
Informer sans délai le procureur de la République
Informer le supérieur sans saisir le procureur
Transmettre le dossier à l’administration fiscale

Informer sans délai le procureur de la République

Explication

L’article 40 impose au fonctionnaire informé d’un crime ou d’un délit dans l’exercice de ses fonctions d’en aviser sans délai le procureur de la République. Attendre la hiérarchie ou s’en tenir à l’avis du supérieur omet cette obligation, tandis que l’administration fiscale n’est pas le destinataire prévu.

48. Dans un dispositif juridique, un article fixe une peine et renvoie à un autre texte pour décrire le comportement interdit. De quelle structure s’agit-il ?

D’une prescription administrative autonome
D’une règle de liberté assortie d’une peine
D’un renvoi à un texte qui fixe la peine
De la criminalité par renvoi

De la criminalité par renvoi

Explication

La criminalité par renvoi apparaît lorsque le texte prévoyant la peine renvoie à un autre texte pour définir le comportement interdit. Une prescription directe ou une règle classique ne décrit pas cette structure; la définition porte ici sur le comportement, non sur la peine.

49. Après plusieurs délais accordés, une entreprise n’a toujours pas rendu ses machines conformes. Quelle mesure administrative peut suivre la transmission du procès-verbal au supérieur de l’inspecteur ?

Retirer à l’inspecteur le pouvoir de constater la non-conformité
Prononcer une peine pénale tant que la situation n’est pas régularisée
Maintenir l’autorisation administrative malgré la situation non régularisée
Refuser une autorisation administrative tant que la situation n’est pas régularisée

Refuser une autorisation administrative tant que la situation n’est pas régularisée

Explication

Après transmission du procès-verbal, le supérieur peut refuser une autorisation administrative jusqu’à la régularisation. Une condamnation pénale automatique confond les voies administrative et pénale, le maintien de l’autorisation contredit la mesure décrite, et le retrait du pouvoir de constatation n’est pas prévu.

50. Un analyste veut distinguer les faits ayant été jugés de l’activité par laquelle la police et la gendarmerie constatent des infractions. Quelle mesure convient à chacun de ces deux objectifs, dans cet ordre ?

Enquêtes de victimation, puis statistiques publiques
Statistiques policières, puis statistiques judiciaires
Statistiques judiciaires, puis statistiques policières
Enquêtes auto-déclarées, puis enquêtes de victimation

Statistiques judiciaires, puis statistiques policières

Explication

Les statistiques judiciaires mesurent les faits jugés, tandis que les statistiques policières reflètent notamment l’activité de constatation de la police et de la gendarmerie. L’ordre « statistiques policières, puis judiciaires » inverse ces rôles; les enquêtes auto-déclarées interrogent sur les actes commis et les enquêtes de victimation sur les actes subis.

51. Dans une prison circulaire, un gardien installé au centre peut observer les cellules, tandis que les détenus ne savent pas à quel moment il les regarde. Quel principe caractérise cette organisation ?

Les détenus peuvent voir le gardien central lorsqu’il les observe
Les détenus savent à chaque instant s’ils sont effectivement observés
Un observateur central peut voir sans être vu au moment où il observe
Les observateurs sont répartis dans chaque cellule pour surveiller le centre

Un observateur central peut voir sans être vu au moment où il observe

Explication

Le panoptique organise le regard de sorte qu’un observateur central puisse voir les personnes surveillées, sans que celles-ci sachent quand elles sont observées. Voir le gardien inverse cette asymétrie, répartir les observateurs change l’organisation, et connaître le moment de l’observation supprime l’incertitude.

52. Une disposition pénale est contestée parce qu’elle serait trop imprécise. Quel critère permet à la CEDH d’évaluer si l’infraction est suffisamment définie ?

Le justiciable peut savoir quels actes ou omissions engagent sa responsabilité
Le justiciable peut déduire l’intention subjective du législateur
Le justiciable peut prévoir avec certitude l’issue de son procès
Le justiciable peut connaître à l’avance la sanction exacte prononcée

Le justiciable peut savoir quels actes ou omissions engagent sa responsabilité

Explication

Une infraction est suffisamment définie si le justiciable peut savoir quels actes ou omissions sont susceptibles d’engager sa responsabilité. Connaître la sanction exacte ou l’issue du procès n’est pas le critère formulé ici; l’intention du législateur ne le remplace pas.

53. Après la Révolution, une réforme vise à remplacer les supplices spectaculaires par une sanction plus modérée et prévisible. Quelle institution répond à cet objectif ?

Le supplice public, conçu comme une peine modérant les sanctions
La prison, conçue comme une peine modérant les sanctions
Le châtiment corporel, conçu comme une peine prévisible
La détention provisoire, conçue comme une peine modérant les sanctions

La prison, conçue comme une peine modérant les sanctions

Explication

La Révolution crée la prison comme peine destinée à modérer les sanctions et à substituer une peine prévisible à une justice fondée sur la terreur. La détention avant jugement n’est pas cette nouvelle peine, et les supplices prolongent plutôt le modèle que la réforme cherche à dépasser.

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Mémorisez les réponses avec 90 flashcards sur Fondements et évolutions du droit pénal.

Quels juges composent l’ordre judiciaire ?

Le juge civil et le juge pénal.

À quel ordre relève le juge administratif ?

À un ordre distinct de l’ordre judiciaire.

Qu’interdit la loi des 16 et 24 août 1790 au juge judiciaire ?

Juger l’administration.

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