Fiche de révision : Histoire des sources du droit

Plan du Cours

  1. Sources matérielles et formelles
  2. Coutume et diversité culturelle
  3. Définition et éléments constitutifs
  4. Forces et limites de la coutume
  5. Coutumes antiques et romaines
  6. Coutumes germaniques et pluralisme
  7. Coutumes médiévales locales
  8. Rédaction des coutumes
  9. Coutume et autorité royale
  10. Coutume, loi et hiérarchie
  11. Déclin et survie de la coutume
  12. Débats sur la coutume

1. Sources matérielles et formelles

Notions clés & Définitions

  • Sources matérielles : Les sources matérielles, ou réelles, sont l’ensemble des faits, besoins et idées qui ont présidé à l’adoption d’une norme ou d’un ensemble de normes, selon Le ROY et SCHOENENBERGER.
  • Sources formelles : Les sources formelles sont les formes sous lesquelles les règles de droit doivent être manifestées pour être reconnues dans un ordre juridique, selon Le ROY et SCHOENENBERGER.

Points essentiels

  • Les quatre formes essentielles du droit sont :
    • la doctrine
    • la loi
    • la coutume
    • la jurisprudence

Astuce mémo

Matérielles : pourquoi ; formelles : comment

2. Coutume et diversité culturelle

Points essentiels

  • Le cours rapporte qu’Hérodote estimait que chacun choisirait ses propres coutumes comme les meilleures s’il devait comparer celles de tous les peuples.

  • Dans l’exemple rapporté, les Grecs refusent de manger leurs parents défunts et les Indiens refusent de brûler les leurs, car chaque peuple suit une coutume différente.

  • Le cours souligne qu’une pratique est considérée comme acceptable parce que la société l’a reconnue comme coutume, sans qu’une coutume soit intrinsèquement supérieure à une autre.

3. Définition et éléments constitutifs

Notions clés & Définitions

  • Coutume : La coutume est un ensemble de règles à l’origine non écrites qui acquièrent force obligatoire grâce à un usage constant et répété.

★ À maîtriser

📌 Dans le langage courant, consuetudo ou consuetudinem désigne une habitude ou une tradition, tandis que l’usage juridique est une façon d’agir en l’absence de règle juridique établie.

📌 La coutume repose sur deux éléments cumulatifs : une pratique répétée, qui constitue l’élément matériel, et l’acceptation de son caractère obligatoire, qui constitue l’élément moral.

Compléments

  • Pour devenir coutumière, une pratique doit être répétée publiquement, paisiblement, constamment et sans interruption.

  • Loysel résume l’exigence de répétition par l’adage « une fois n’est pas coutume » en 1607.

Astuce mémo

Pratique répétée + croyance obligatoire

4. Forces et limites de la coutume

★ À maîtriser

  • La coutume est créée par le groupe social qui l’applique et ne vient pas de la volonté de l’État, selon Carbonnier.

  • La coutume peut évoluer ou disparaître lorsque les besoins sociaux ou économiques auxquels elle répond changent.

  • L’origine orale de la coutume rend son contenu et sa transmission incertains, tandis que l’affaiblissement de l’approbation sociale peut la faire évoluer ou disparaître.

Compléments

  • La coutume bénéficie d’une forte adhésion sociale parce qu’elle est consacrée par la tradition et que les individus s’y conforment souvent sans en avoir conscience.

Astuce mémo

Souple et sociale, mais orale et incertaine

5. Coutumes antiques et romaines

★ À maîtriser

  • Les mores romains étaient des pratiques ancestrales suivies de génération en génération avec le consentement de la communauté.

  • À mesure que les familles se réunissent pour former la cité romaine, des coutumes civiques, appelées consuetudines, apparaissent et se superposent aux mores familiaux sans les supprimer.

  • L’édit de Caracalla de 212 permet aux populations sous domination romaine d’abandonner leurs coutumes locales au profit du droit de la cité romaine.

Compléments

  • Ulpien définit les mores comme le consentement tacite du peuple enraciné dans une longue pratique.

  • Dans les communautés romaines, le pater familias, le plus ancien, dirigeait la famille et sanctionnait les violations des mores, notamment pour protéger la communauté de la colère des dieux.

6. Coutumes germaniques et pluralisme

Notions clés & Définitions

  • Personnalité des lois : La personnalité des lois est un système dans lequel la coutume applicable dépend de l’appartenance de la personne à un groupe social, plutôt que du territoire où elle se trouve.

★ À maîtriser

  • Les coutumes germaniques du Haut Moyen Âge étaient personnelles et pouvaient coexister sur un même territoire, créant un pluralisme juridique.

Compléments

  • Les chefs germaniques ont fait rédiger leurs coutumes en s’appuyant sur des lettrés romains, ce qui a introduit de l’écrit, du vocabulaire juridique romain et parfois des éléments nouveaux dans leur contenu.

  • Les textes cités sont :

    • le Code d’Euric (476)
    • la Loi salique
    • la Loi burgonde ou Loi Gombette (502)
    • le Bréviaire d’Alaric (506)
  • Le Bréviaire d’Alaric, résumé du Code théodosien de 438, s’appliquait aux Gallo-Romains sous domination wisigothe, puis fut également appliqué aux Gallo-Romains sous domination de Clovis.

7. Coutumes médiévales locales

★ À maîtriser

  • Du Xe au XIIe siècle, les coutumes locales se développent dans une société autarcique où le pouvoir royal est faible et où le droit règle surtout des nécessités immédiates comme le mariage et les successions.

📌 Au Moyen Âge classique, les coutumes générales s’appliquent à de vastes territoires et s’imposent aux coutumes particulières, propres à des territoires restreints.

  • La France médiévale est décrite comme une mosaïque coutumière, avec une moitié nord de pays de droit coutumier et une moitié sud de pays de droit écrit, inspiré du droit romain.

📌 Dans le Saint-Empire romain germanique, le droit romain redécouvert complète le droit coutumier comme droit commun, tandis que le roi de France en interdit l’application comme droit positif.

Compléments

  • À la fin du XIe siècle, le Digeste de Justinien est redécouvert.

Astuce mémo

Nord coutumier, Sud de droit écrit

8. Rédaction des coutumes

★ À maîtriser

  • Les rédactions privées des coutumes sont des œuvres de juristes et ne font pas, à elles seules, partie du droit positif.

  • En 1454, Charles VII promulgue l’ordonnance de Montil-lès-Tours, qui ordonne la rédaction des coutumes générales de France.

Compléments

  • Les Coutumes de Beauvaisis, rédigées par Philippe de Beaumanoir en 1283, compilent les règles, les analysent et les comparent à des coutumes voisines.

  • L’enquête par turbe cherche à établir l’existence d’une coutume en interrogeant collectivement des personnes qui en ont la mémoire, notamment des anciens.

  • Les résultats de l’enquête par turbe déterminent trois issues :

    • l’unanimité impose l’application de la règle
    • l’absence de majorité nette laisse le choix au juge
    • l’absence de preuve interdit l’application de la règle
  • 🔄 La rédaction officielle suit plusieurs étapes : les agents royaux et les juristes locaux rédigent le texte, les commissaires royaux contrôlent et peuvent modifier le texte, les juristes locaux et les représentants des trois ordres examinent le texte

Astuce mémo

Rédactions privées, puis officielles

9. Coutume et autorité royale

★ À maîtriser

  • La rédaction officielle a réduit le pluralisme en faisant disparaître de nombreuses coutumes particulières au profit des coutumes générales, sans unifier entièrement le droit coutumier.

  • La mise par écrit a figé les coutumes officielles, qui ne pouvaient plus évoluer comme les coutumes orales et n’ont plus été réformées après la fin du XVIe siècle jusqu’à la Révolution française.

  • Après la rédaction officielle, le roi contrôle la coutume et devient seul capable d’en modifier le contenu par la loi, ce qui éloigne sa création de la société.

Compléments

  • Selon Philippe de Beaumanoir, le roi est tenu de garder et de faire garder les coutumes de son royaume.

Astuce mémo

Officialisation royale → coutume fixée et contrôlée

10. Coutume, loi et hiérarchie

★ À maîtriser

📌 Une coutume secundum legem complète la loi, une coutume praeter legem comble une lacune de la loi et une coutume contra legem est incompatible avec la loi.

Compléments

  • Dans la conception romaine rapportée, Constantin affirme que la coutume ne peut prévaloir sur le droit naturel ou la loi.

  • Bodin affirme que la loi peut casser les coutumes, tandis que la coutume ne peut déroger à la loi.

Astuce mémo

Secundum, praeter, contra legem

11. Déclin et survie de la coutume

★ À maîtriser

  • En France, le droit pénal exclut la coutume pour définir les infractions et les peines : l’article 111-3 du Code pénal exige que les crimes et délits soient définis par la loi, les contraventions par le règlement, et que les peines soient prévues par ces normes.

  • En France, la coutume peut encore jouer un rôle secundum legem, praeter legem ou contra legem, même si la loi prévaut en principe sur elle.

Compléments

  • L’article 1194 du Code civil permet au juge de tenir compte des usages pour déterminer les suites d’une convention selon sa nature.

  • L’article 1 du Code civil suisse prévoit que le juge applique le droit coutumier en l’absence de disposition légale applicable et qu’à défaut de coutume il statue selon les règles qu’il établirait comme législateur.

  • Le cours présente la coutume comme une source importante du droit anglais et du droit international, où l’article 38 du Statut de la Cour internationale de Justice vise la coutume internationale comme preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le droit.

  • Le cours cite la corrida comme exemple de coutume contra legem maintenue en raison d’une tradition locale ininterrompue, selon une intervention législative de 2010.

Astuce mémo

Recul en France, maintien dans d’autres ordres juridiques

12. Débats sur la coutume

★ À maîtriser

  • La codification rend le droit publié et accessible, mais elle peut aussi le figer, tandis que la coutume suit plus directement les besoins sociaux.

Compléments

  • Edmund Burke présente la coutume comme le plus grand soutien des gouvernements du monde.

  • Montesquieu affirme qu’il ne faut pas faire par les lois ce que l’on peut faire par les mœurs.

  • Hayek défend l’idée que le droit doit être le produit de la société et que l’État dérègle la société.

Tableaux de synthèse

Types de coutumes selon leur rapport à la loi

TypeRapport à la loi
Secundum legemComplète la loi
Praeter legemComble une lacune de la loi
Contra legemEst incompatible avec la loi

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire des sources du droit avec 29 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que pouvait produire la coexistence des coutumes germaniques personnelles sur un même territoire au Haut Moyen Âge ?

2. Lorsque des familles se réunissent pour former la cité romaine, quel rapport s’établit entre les consuetudines et les mores ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire des sources du droit avec 86 flashcards interactives.

Selon Le ROY et SCHOENENBERGER, que désignent les sources matérielles ?

Les faits, besoins et idées ayant présidé à l’adoption d’une ou plusieurs normes.

Selon quels auteurs les sources matérielles désignent-elles les faits, besoins et idées à l’origine des normes ?

Le ROY et SCHOENENBERGER.

Selon Le ROY et SCHOENENBERGER, que désignent les sources formelles ?

Les formes sous lesquelles les règles de droit doivent être manifestées pour être reconnues dans un ordre juridique.

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