Fiche de révision : Introduction au droit

Plan du Cours

  1. Droit objectif et droits subjectifs
  2. Caractère obligatoire de la règle
  3. Caractères généraux de la règle
  4. Entrée en vigueur et extinction
  5. Sanction de la règle de droit
  6. Codification et hiérarchie des normes
  7. Application de la loi
  8. La coutume comme source du droit
  9. L’organisation juridictionnelle judiciaire
  10. La jurisprudence comme source du droit
  11. La doctrine et ses influences
  12. Les pratiques publiques et privées
  13. Personnalité juridique des personnes physiques
  14. Personnalité morale et groupements
  15. Distinction des meubles et immeubles
  16. Autres classifications des choses
  17. Patrimoine et droits patrimoniaux
  18. Droits extrapatrimoniaux et droits réels

Repères chronologiques

  1. 14 mars 1791Le décret d’Allarde affirme la liberté du commerce et de l’industrie et met fin aux corporations selon le cours.
  2. 21 mars 1804L’article 7 de la loi du 30 ventôse an XII abroge l’ancien droit lors de la promulgation du Code civil.
  3. 4 octobre 1958La Constitution de la Ve République est adoptée.
  4. 1er janvier 2016Le Journal officiel est exclusivement numérique et accessible par le site Légifrance.

1. Droit objectif et droits subjectifs

Notions clés & Définitions

  • Droit objectif : Ensemble des règles de conduite qui organisent les rapports entre les personnes dans une société et dont le non-respect peut entraîner une sanction institutionnelle.
  • Droits subjectifs : Prérogatives conférées aux personnes par le droit objectif en fonction de leur qualité et de leur situation.

Astuce mémo

Règle commune : droit objectif ; prérogative individuelle : droit subjectif

2. Caractère obligatoire de la règle

★ À maîtriser

  • Le caractère obligatoire distingue la règle de droit d’une simple recommandation ou d’un avis.

  • La règle obligatoire peut prendre trois formes :

    • une prescription
    • une interdiction
    • une permission, notamment la reconnaissance d’un droit ou d’une liberté

📌 L’article 6 du Code civil dispose qu’on ne peut déroger par des conventions particulières aux lois qui intéressent l’ordre public.

📌 Une règle impérative ne peut être ni écartée ni modifiée par les parties, tandis qu’une règle supplétive s’applique seulement en l’absence de volonté contraire des parties.

Compléments

📌 Le caractère impératif est exprès lorsque les termes de la loi l’indiquent et peut aussi être déterminé par le juge selon l’objectif de la règle.

📌 Les règles d’ordre public peuvent protéger un intérêt collectif ou des intérêts privés, et les règles de protection visent à protéger une partie par rapport à une autre.

  • Les règles supplétives sont notamment présentes en matière contractuelle, et leur champ d’application s’est réduit depuis 1804 au profit de règles impératives.

  • Selon l’exemple donné, lorsqu’une clause contractuelle n’est pas claire, le contrat s’interprète contre celui qui l’a rédigée.

Astuce mémo

Impérative : on ne peut l’écarter ; supplétive : elle cède devant la volonté des parties

3. Caractères généraux de la règle

Notions clés & Définitions

  • Caractère impersonnel : Signifie que la règle de droit ne vise pas une personne désignée, mais s’applique à tous ou à une catégorie déterminée de personnes.
  • Caractère abstrait : Signifie que la règle de droit régit des actes ou des catégories de situations définies de manière générale, selon le cours ordinaire des choses.
  • Caractère permanent : Signifie que la loi s’applique entre son entrée en vigueur et sa fin éventuelle, sous réserve notamment des lois temporaires et des lois de circonstances.

★ À maîtriser

📌 L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que la loi doit être la même pour tous, qu’elle protège ou qu’elle punisse.

Compléments

  • Le caractère impersonnel de la règle vise notamment à lutter contre l’arbitraire et à contribuer à l’égalité de traitement.

  • Portalis présente la règle de droit comme le droit commun, destiné à régir le cours ordinaire des choses.

📌 Les règles spéciales répondent à des situations particulières par rapport au droit commun, tandis que les règles d’exception dérogent à la règle générale.

  • Les lois de circonstances sont permises en cas de :
    • crise économique
    • pénurie
    • guerre

4. Entrée en vigueur et extinction

Notions clés & Définitions

  • Promulgation : Acte par lequel le président de la République atteste la loi et donne l’ordre de la faire respecter ; elle donne sa date à la loi.
  • Jour franc : Période de 24 heures qui ne compte pas le jour de l’arrivée.
  • Annulation : Anéantissement rétroactif d’un acte.

★ À maîtriser

  • L’entrée en vigueur d’une loi suppose sa promulgation et sa publication au Journal officiel de la République française.

📌 L’adage « nul n’est censé ignorer la loi » signifie qu’une personne ne peut invoquer son ignorance de la règle pour échapper aux sanctions de sa violation.

📌 L’abrogation expresse est prévue formellement par un texte nouveau, tandis que l’abrogation tacite résulte de dispositions nouvelles incompatibles avec celles de la loi ancienne.

Compléments

  • La publication de la loi se fait au Journal officiel de la République française, et une erreur matérielle dans le texte publié peut être corrigée par le gouvernement.

📌 Le législateur peut prévoir une date d’entrée en vigueur différente, et l’application d’une loi peut être subordonnée à la publication d’un décret d’application.

📌 Une loi spéciale nouvelle abroge partiellement une loi générale ancienne, tandis que l’effet d’une loi générale nouvelle sur une loi spéciale ancienne dépend de l’intention du législateur.

Astuce mémo

Promulguer, publier, appliquer ; puis éventuellement abroger ou annuler

5. Sanction de la règle de droit

★ À maîtriser

  • La sanction juridique est prononcée par l’autorité publique et peut nécessiter le recours à la force publique.

📌 Les mesures préventives visent à prévenir ou éviter la violation de la règle, tandis que les mesures répressives sanctionnent le manquement.

  • Les sanctions répressives comprennent des mesures civiles et des mesures pénales.

  • Les infractions pénales se répartissent en :

    • contraventions
    • délits
    • crimes

Compléments

  • L’arbitrage est une justice d’ordre privé qui intervient notamment en matière de litiges commerciaux.

  • La possibilité de s’opposer à la célébration d’un mariage est un exemple de mesure préventive.

  • Les sanctions civiles peuvent prendre la forme de : l’annulation, la résiliation d’un contrat, une obligation de faire, l’indemnisation du préjudice par des dommages et intérêts

Astuce mémo

Prévenir la violation ou réprimer le manquement

6. Codification et hiérarchie des normes

Notions clés & Définitions

  • Codification : Rassemblement de règles dans un même ouvrage structuré de manière cohérente.
  • Inflation législative : Forte production de normes, présentée comme se développant à côté du Code civil après 1945.

★ À maîtriser

  • La pyramide des normes place la Constitution au sommet, suivie des traités internationaux, puis des normes législatives et réglementaires.

  • Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution de 1958, les textes auxquels renvoie son préambule et la Charte de l’environnement de 2004.

  • Selon l’article 55 de la Constitution, les traités internationaux régulièrement ratifiés ont une autorité supérieure à celle des lois.

  • Les règlements européens sont directement applicables dans les États, tandis que les directives nécessitent une transposition nationale.

  • Le contrôle de constitutionnalité vérifie la conformité d’une loi à la Constitution avant sa promulgation, tandis que la question prioritaire de constitutionnalité permet un contrôle a posteriori à l’initiative d’un justiciable.

Compléments

  • L’ancien droit s’étend jusqu’au 17 juin 1789, date à partir de laquelle commence le droit intermédiaire, qui s’achève avec la codification du Code civil.

  • Les 14 et 17 juin 1791, la loi Le Chapelier supprime les corporations et interdit d’en créer de nouvelles.

  • La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme a été adoptée le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France le 3 mai 1974.

  • Les lois organiques organisent les modalités de fonctionnement des pouvoirs publics, tandis que les lois ordinaires portent sur les matières relevant notamment de l’article 34 de la Constitution.

  • Les ordonnances sont des textes pris par le gouvernement dans un domaine relevant normalement de la loi ordinaire.

  • Les lois référendaires sont soumises au vote du peuple plutôt qu’à un vote du Parlement.

  • Le pouvoir réglementaire intervient dans les domaines qui ne relèvent pas du domaine de la loi défini par l’article 34 de la Constitution.

Astuce mémo

Une pyramide place la Constitution au sommet, puis les normes de rang inférieur

7. Application de la loi

Notions clés & Définitions

  • Territorialité des lois : Signifie que la loi française s’applique sur l’ensemble du territoire français, aux nationaux comme aux étrangers.
  • Statut personnel : Règles relatives à l’état et à la capacité des personnes ; le cours indique qu’une personne conserve en principe son statut personnel à l’étranger comme en France.

★ À maîtriser

  • Les litiges relatifs aux immeubles sont régis par la loi du lieu où l’immeuble est situé.

  • En matière de conflit de lois dans le temps, la loi ancienne s’applique lorsque la situation juridique et ses effets sont entièrement épuisés avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle.

  • Le principe de non-rétroactivité empêche la loi nouvelle de régir les situations et les effets entièrement accomplis avant son entrée en vigueur.

  • La solution proposée en 1929 distingue la non-rétroactivité de la loi nouvelle et son application immédiate.

  • La loi ancienne régit la formation des situations juridiques antérieures à la loi nouvelle ainsi que leurs effets produits avant l’entrée en vigueur de celle-ci.

  • La loi nouvelle peut rétroagir si le législateur le prévoit, si elle est interprétative ou si elle est pénale plus douce et que la peine n’a pas encore été prononcée.

  • La loi nouvelle s’applique aux situations juridiques créées après son entrée en vigueur et aux effets futurs des situations juridiques antérieures.

  • Les contrats conclus avant la loi nouvelle restent en principe soumis à la loi en vigueur lors de leur conclusion pour leurs effets futurs, afin de préserver la sécurité juridique et la cohérence contractuelle.

Compléments

📌 L’article 3 du Code civil prévoit notamment que les lois de police et de sûreté s’appliquent aux personnes présentes sur le territoire français.

  • Le cours cite le droit local d’Alsace-Lorraine et le pouvoir législatif des collectivités d’outre-mer comme exceptions à l’application uniforme de la loi française sur le territoire.

📌 La loi française peut s’appliquer si la loi étrangère est incompatible avec le droit français ou si son application constitue une fraude à la loi française.

  • Dans l’affaire de la princesse de Bauffremont, la princesse a changé de nationalité pour divorcer alors que le divorce était alors exclu du Code civil, puis s’est remariée en France ; le cours présente cette démarche comme une fraude à la loi française.

  • Pour une situation née avant la loi nouvelle mais produisant encore des effets après son entrée en vigueur, le cours expose la théorie classique du XIXe siècle : les droits acquis relèvent de la loi ancienne et les droits non encore acquis de la loi nouvelle.

📌 La loi nouvelle s’applique immédiatement aux contrats en cours lorsque le législateur le prévoit ou lorsque le texte est d’ordre public, sans remettre en cause les effets déjà produits.

Astuce mémo

Territorialité : loi du territoire ; statut personnel : loi liée à la personne

8. La coutume comme source du droit

Notions clés & Définitions

  • Coutume : Pratique générale et prolongée accompagnée de la croyance commune que cet usage est obligatoire ou sanctionné.

★ À maîtriser

📌 La coutume repose sur un élément matériel, constitué par la répétition prolongée d’un usage, et un élément psychologique, constitué par la croyance commune en son caractère obligatoire.

📌 La coutume secundum legem complète la loi lorsqu’elle s’applique par renvoi de celle-ci, tandis que la coutume praeter legem intervient dans le silence de la loi.

Compléments

  • La coutume se manifeste notamment par des usages locaux ou professionnels et par des adages, parfois formulés en français ou en latin.

  • L’article 663 du Code civil renvoie expressément aux usages, et l’ancien article 1135 du Code civil faisait référence aux usages en matière contractuelle.

  • L’article 205 du Code civil prévoit l’obligation alimentaire des enfants envers leurs père et mère et les autres ascendants dans le besoin, obligation présentée comme issue d’une coutume devenue loi.

📌 La coutume contra legem s’applique contre une loi qui n’est plus appliquée, et son acceptation est discutée au regard de la stabilité de la loi et de l’adaptation de la coutume aux attentes sociales.

9. L’organisation juridictionnelle judiciaire

★ À maîtriser

  • Le tribunal judiciaire traite les affaires civiles depuis le 1er janvier 2020, tandis que le tribunal de commerce connaît des litiges commerciaux et le conseil de prud’hommes des litiges du travail.

  • Les juridictions pénales de premier degré comprennent le tribunal de police pour les contraventions, le tribunal correctionnel pour les délits et la cour d’assises pour les crimes.

  • Une affaire peut être portée en appel après le premier degré, puis faire l’objet d’un pourvoi en cassation contre la décision d’appel.

  • La Cour de cassation contrôle principalement l’application du droit par les juridictions inférieures et comprend notamment des chambres civiles, commerciale et criminelle.

Compléments

  • La cour d’assises siège avec trois magistrats professionnels et six jurés.

  • La cour criminelle départementale comprend cinq magistrats et juge les crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion criminelle commis hors récidive légale.

  • L’assemblée plénière de la Cour de cassation rend les décisions présentées comme les plus importantes.

Astuce mémo

Premier degré → appel → cassation

10. La jurisprudence comme source du droit

★ À maîtriser

  • La jurisprudence désigne soit l’ensemble des décisions de justice, soit les décisions importantes qui contribuent à la formation de règles de droit.

  • L’article 5 du Code civil interdit aux juges de prononcer des dispositions générales et réglementaires sur les affaires qui leur sont soumises, afin d’éviter les arrêts de règlement.

  • L’article 1355 du Code civil limite l’autorité de la chose jugée aux parties et à l’affaire jugée.

  • L’article 4 du Code civil interdit au juge de refuser de statuer en invoquant le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi.

  • Le juge peut contribuer à créer des règles lorsque la loi est silencieuse ou lorsqu’elle lui confie un pouvoir d’appréciation au moyen de notions telles que le raisonnable, la faute, les bonnes mœurs ou l’intérêt de la famille.

Compléments

  • Selon la conception de la séparation des pouvoirs attribuée à Montesquieu, les juges sont la « bouche qui prononce les paroles de la loi » et n’ont pas pour rôle de créer le droit.

  • Le référé législatif permettait aux tribunaux de saisir le législateur en cas de difficulté d’interprétation d’une loi, mais son fonctionnement était jugé trop rigide.

📌 Le droit anglais connaît le principe du précédent, selon lequel le juge tient compte des décisions antérieures, notamment de celles de la Cour suprême.

  • La jurisprudence est critiquée pour son caractère mouvant et pour l’accessibilité parfois difficile des décisions de justice.

📌 Le refus de statuer constitue un déni de justice, réprimé par l’article 434-7-1 du Code pénal.

  • La motivation des décisions de justice expose les raisons juridiques du jugement et peut formuler une solution susceptible d’être reprise par d’autres juges.

Astuce mémo

En principe, elle ne crée pas le droit ; en pratique, le juge en produit

11. La doctrine et ses influences

Notions clés & Définitions

  • Doctrine : Ensemble de la littérature juridique produite par la communauté des juristes, notamment les professeurs de droit, les magistrats, les avocats et les notaires.

★ À maîtriser

📌 La doctrine n’est pas une source obligatoire du droit, mais elle influence le législateur et le juge avant ou après l’adoption d’un texte ou le prononcé d’une décision.

📌 La critique de la loi en vigueur est dite lege lata, tandis que les propositions sur ce que la loi devrait être sont dites lege ferenda.

Compléments

  • La doctrine prend notamment la forme d’ouvrages généraux, de monographies, de thèses, d’articles, de chroniques et de commentaires de décisions.

  • La doctrine peut contribuer directement à la préparation d’un projet de loi lorsqu’un juriste est sollicité par le législateur.

📌 Les avis simples et les recommandations ne sont pas obligatoires, tandis que les avis conformes doivent être suivis par l’administration.

  • Une réponse ministérielle à une question parlementaire fournit une interprétation d’un problème particulier et indique la position du ministère sur celui-ci.

  • Le rescrit est une réponse de l’administration à la question d’un administré portant sur une situation qui le concerne, notamment en matière fiscale ou boursière.

📌 Après un rescrit, l’administration ne peut pas prendre une position contraire à la réponse qu’elle a donnée à l’administré.

  • La distinction entre obligations de moyens et obligations de résultat est issue d’une thèse, puis a été reprise par la Cour de cassation pour organiser sa jurisprudence.

12. Les pratiques publiques et privées

Notions clés & Définitions

  • Contrat sui generis : Contrat créé par la pratique qui ne correspond à aucune catégorie juridique préexistante.

★ À maîtriser

  • L’administration produit notamment les textes suivants :

    • décrets
    • règlements
    • arrêtés
    • circulaires
  • Les autorités administratives indépendantes peuvent proposer des mesures et réglementations, prendre des décisions quasi juridictionnelles et, dans certains cas, exercer un pouvoir de sanction.

📌 Une circulaire guide les fonctionnaires dans l’application des textes et s’impose en interne selon la position du Conseil d’État, mais elle ne lie ni les administrés ni le juge judiciaire selon la Cour de cassation.

📌 Les parties peuvent créer des contrats non prévus par une catégorie juridique existante grâce à la liberté contractuelle, à condition de respecter l’ordre public et les bonnes mœurs.

Compléments

  • La Commission des opérations de bourse, créée en 1967, protégeait l’épargne investie en valeurs mobilières et veillait au bon fonctionnement des marchés financiers avant que ses missions soient exercées par l’Autorité des marchés financiers.

  • La réforme du droit des contrats de 2016 a été préparée par des professeurs de droit, dont certains ont rédigé eux-mêmes des articles.

13. Personnalité juridique des personnes physiques

Notions clés & Définitions

  • Personne physique : Être humain auquel le droit reconnaît la personnalité juridique.
  • Personnalité juridique : Capacité de disposer de droits et de les exercer, ainsi que d’être tenu d’obligations.

★ À maîtriser

📌 L’enfant conçu peut être considéré comme né lorsque cela est dans son intérêt, à la condition qu’il naisse ensuite.

  • La personnalité juridique de la personne physique s’achève avec sa mort physique.

📌 La disparition peut conduire à une déclaration judiciaire de décès lorsque les circonstances mettent la vie en danger et que le corps n’a pas été retrouvé, tandis que l’absence concerne une disparition sans circonstances laissant supposer la mort.

Compléments

  • La personnalité juridique permet notamment de :

    • contracter
    • vendre
    • administrer ses biens
    • se marier
    • s’associer
    • exercer ses droits en justice
  • Les lois bioéthiques de 1994 réglementent les interventions sur les embryons humains sans résoudre la question de leur personnalité juridique.

📌 Le jugement déclaratif d’absence met fin à la personnalité juridique et ne peut intervenir qu’après 10 ou 20 ans selon la procédure applicable.

Astuce mémo

L’enfant conçu peut être tenu pour né ; la personnalité s’achève avec la mort.

14. Personnalité morale et groupements

Notions clés & Définitions

  • Personnalité morale : Personnalité juridique reconnue à un groupement, qui possède notamment un nom, une nationalité, un domicile, un patrimoine, des droits et des obligations propres.

★ À maîtriser

  • Les éléments d’identification comprennent :
    • le nom
    • les prénoms
    • la nationalité
    • le sexe
    • le domicile

📌 Selon l’article 1832 du Code civil, la société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie afin de partager un bénéfice ou de profiter d’une économie, et elle peut être instituée dans les cas prévus par la loi par la volonté d’une seule personne.

📌 La thèse de la fiction considère la personne morale comme une création de la loi, tandis que la thèse de la réalité estime que le groupement peut acquérir la personnalité si certaines conditions sont réunies.

  • Par un arrêt du 28 janvier 1954, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a admis qu’un groupement non doté de la personnalité par la loi puisse être reconnu s’il est constitué pour défendre des intérêts licites dignes d’être protégés.

Compléments

📌 Le domicile est un lieu de rattachement juridique et ne se confond pas avec la résidence.

  • Les personnes incapables mentionnées sont :

    • les mineurs
    • les majeurs soumis à la curatelle
    • les majeurs soumis à la tutelle
  • Les statuts définissent l’organisation interne d’une personne morale, qui agit également par l’intermédiaire de représentants personnes physiques.

  • Les personnes morales publiques comprennent l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics, tandis que les personnes morales privées comprennent notamment les sociétés à but lucratif, les associations et les syndicats.

Astuce mémo

La fiction fait dépendre la personnalité de la loi ; la réalité la rattache aux conditions du groupement.

15. Distinction des meubles et immeubles

Notions clés & Définitions

  • Immeuble par destination : Meuble que son propriétaire a attaché à un immeuble ou affecté volontairement ou économiquement à celui-ci.

★ À maîtriser

📌 Les meubles par nature peuvent être transportés d’un lieu à un autre, les meubles par anticipation sont destinés à devenir meubles et les meubles par détermination de la loi sont classés comme tels par la loi.

  • Les immeubles par nature comprennent :
    • le sol
    • le sous-sol
    • les bâtiments
    • les arbres
    • les fruits tant qu’ils sont sur l’arbre
    • les végétaux fixés au sol

Compléments

  • L’article 528 du Code civil qualifie de meubles par nature les biens qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre, soit par eux-mêmes, soit sous l’effet d’une force étrangère.

  • Les récoltes encore sur pied sont des meubles par anticipation, car elles ont vocation à devenir meubles lors de leur récolte.

  • L’article 529 du Code civil classe notamment les actions et les obligations parmi les meubles par détermination de la loi.

  • Les biens incorporels classés parmi les meubles comprennent :

    • la clientèle d’un fonds de commerce
    • les œuvres artistiques
    • les inventions
    • les marques
    • les droits d’auteur
  • Les immeubles par destination affectés à l’exploitation peuvent comprendre :

    • les animaux et troupeaux
    • les outils aratoires
    • les tracteurs
    • les semences
    • les engrais
    • les lapins de garenne
    • les pigeons de colombier
    • les ruches et les abeilles
  • L’article 526 vise :

    • l’usufruit d’un immeuble
    • les servitudes immobilières
    • les actions en revendication d’un immeuble

16. Autres classifications des choses

★ À maîtriser

  • Les choses sans maître n’ont pas encore de propriétaire mais peuvent être appropriées, tandis que les choses communes n’appartiennent à personne et ne peuvent faire l’objet d’une appropriation.

  • Les choses fongibles sont interchangeables et peuvent se mélanger, tandis que les choses non fongibles, ou corps certains, sont individualisées.

  • Les choses consomptibles se détruisent par le premier usage, tandis que les choses non consomptibles sont de longue durée et peuvent notamment faire l’objet d’une location, d’un dépôt ou d’un prêt.

  • Les fruits sont produits périodiquement sans altérer la chose frugifère, tandis que les produits sont obtenus sans périodicité et en altérant la chose.

Compléments

  • Un litre d’huile mélangé à d’autres huiles est fongible, mais il devient non fongible une fois mis en bouteille et individualisé.

  • Les fruits peuvent être : naturels, industriels lorsqu’ils résultent du travail humain, civils, comme les loyers et les revenus d’un placement

📌 Le possesseur de bonne foi doit restituer les produits au propriétaire, mais il n’a pas à lui restituer les fruits.

Astuce mémo

La chose sans maître peut être appropriée ; la chose commune ne le peut pas.

17. Patrimoine et droits patrimoniaux

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine : AUBRY et RAU - Universalité des rapports de droit appréciables en argent d’une personne, comprenant un actif et un passif qui ne peuvent être dissociés.

★ À maîtriser

  • L’actif du patrimoine comprend les biens et les créances, tandis que le passif comprend les dettes.

  • Les quatre principes classiques du patrimoine sont :

    • seules les personnes peuvent avoir un patrimoine
    • toute personne a un patrimoine
    • le patrimoine reste lié à la personne pendant son existence
    • une personne n’a qu’un seul patrimoine

Compléments

📌 Le principe d’unicité du patrimoine implique que les biens du débiteur garantissent ses dettes et que ses biens personnels et professionnels sont exposés ensemble aux créanciers.

  • L’EIRL, créée en 2010 pour séparer les patrimoines, a été supprimée en 2022.

  • Les formes mentionnées sont :

    • l’EURL
    • la SASU
    • l’entreprise individuelle

📌 Dans le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, les biens acquis pendant le mariage et les revenus communs entrent dans la communauté, tandis que les biens possédés avant le mariage restent propres.

18. Droits extrapatrimoniaux et droits réels

Notions clés & Définitions

  • Droits extrapatrimoniaux : Droits reconnus juridiquement qui n’ont pas en eux-mêmes de valeur pécuniaire.
  • Droit réel : Pouvoir direct et immédiat sur une chose corporelle ou un bien incorporel.

★ À maîtriser

  • Les droits extrapatrimoniaux sont :

    • intransmissibles
    • imprescriptibles
    • insaisissables
    • incessibles
  • Les droits patrimoniaux sont :

    • cessibles
    • transmissibles
    • saisissables
    • prescriptibles
  • Les deux caractères du droit réel sont le droit de suite, qui permet de l’exercer en quelque main que se trouve la chose, et le droit de préférence, qui permet d’écarter les titulaires d’un simple droit de créance sur cette chose.

📌 Le droit réel est opposable à tous, tandis que le droit de créance n’est opposable qu’aux parties au contrat.

  • Le droit de propriété confère trois facultés :
    • l’usus, qui permet d’utiliser la chose
    • le fructus, qui permet d’en percevoir les fruits ou produits
    • l’abusus, qui permet d’en disposer, notamment en la vendant ou en la donnant

Compléments

  • Les droits extrapatrimoniaux comprennent notamment : le droit au respect de la vie privée prévu à l’article 9 du Code civil, le droit à l’honneur, le droit à la vie, le droit au mariage, les libertés d’expression, d’opinion, de circulation et de religion, le droit à un procès équitable prévu à l’article 6, paragraphe 1, de la CEDH

📌 Les droits réels principaux portent sur une chose appartenant à leur titulaire ou à autrui, tandis que les droits réels accessoires portent sur le bien d’autrui.

Tableaux de synthèse

Ordre public et règles supplétives

CritèreRègle impérativeRègle supplétive
DérogationNe peut être écartée ni modifiéePeut être écartée ou modifiée
ApplicationS’impose aux partiesS’applique en l’absence de volonté contraire
Finalité évoquéePeut protéger l’ordre publicSupplée le silence des parties

Contrôles de la hiérarchie des normes

ContrôleObjetJuridiction ou mécanisme
ConventionnalitéConformité de la loi aux traitésJuge national
ConstitutionnalitéConformité de la loi à la ConstitutionContrôle avant promulgation ou QPC
LégalitéConformité des règlements aux normes supérieuresJuge administratif et exception d’illégalité

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1. Dans une société, quel concept désigne l’ensemble des règles organisant les rapports entre les personnes et pouvant être assorties d’une sanction institutionnelle ?

2. Une loi prévoit une protection pour une catégorie de citoyens et une sanction pour les personnes qui enfreignent une règle. Quelle exigence de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen doit guider son application ?

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Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles de conduite qui organisent les rapports entre les personnes en société.

Quelle conséquence peut entraîner le non-respect du droit objectif ?

Une sanction institutionnelle.

Que sont les droits subjectifs ?

Des prérogatives conférées aux personnes par le droit objectif selon leur qualité et leur situation.

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