QCM : Introduction au droit administratif (33 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une administration est définie par les institutions publiques qui font fonctionner des services d’intérêt public : de quel sens de l’administration s’agit-il ?

Du sens gouvernemental, qui désigne la conduite de la politique nationale
Du sens matériel, qui désigne les activités d’intérêt général
Du sens territorial, qui désigne toute activité exercée localement
Du sens organique, qui désigne les institutions chargées de ces services

Du sens organique, qui désigne les institutions chargées de ces services

Explication

Le sens organique renvoie aux institutions publiques chargées de faire fonctionner des services d’intérêt public. Le sens matériel concerne plutôt les activités destinées à servir l’intérêt général.

2. Que prévoit l’article 20, alinéa 1, de la Constitution de 1958 au sujet du Gouvernement ?

Il contrôle l’administration et dispose de la force armée, tandis que le Parlement conduit la politique nationale
Il détermine la politique de la Nation, tandis que le Président la conduit et dirige l’administration
Il conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration, tandis que le Président dispose de la force armée
Il détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration et de la force armée

Il détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration et de la force armée

Explication

L’article 20, alinéa 1, confie au Gouvernement la détermination et la conduite de la politique de la Nation, et précise qu’il dispose de l’administration et de la force armée. La disposition attribue ces éléments au Gouvernement, et non au Président ou au Parlement.

3. Une collectivité publique organise des actions destinées prioritairement à l’intérêt général : quel sens de l’administration décrit ces actions ?

Le sens institutionnel, qui désigne les personnes chargées de décider
Le sens matériel, qui vise les activités servant l’intérêt général
Le sens gouvernemental, qui consiste à déterminer la politique nationale
Le sens organique, qui désigne les institutions publiques concernées

Le sens matériel, qui vise les activités servant l’intérêt général

Explication

Le sens matériel désigne les activités qui servent prioritairement l’intérêt général. Le sens organique concerne les institutions, plutôt que les actions qu’elles accomplissent.

4. Dans le cadre du bicéphalisme exécutif prévu notamment par les articles 13, 20 et 21 de la Constitution, qui exerce des attributions administratives ?

Le Président de la République et le Premier ministre
Le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale
Le Gouvernement et le Conseil constitutionnel
Le Président de la République et le président du Sénat

Le Président de la République et le Premier ministre

Explication

Le Président de la République et le Premier ministre exercent tous deux des attributions administratives dans le cadre du bicéphalisme exécutif. Le président d’une assemblée parlementaire ne fait pas partie de ce duo exécutif.

5. Un décret est délibéré en Conseil des ministres : qui le signe conformément à l’article 13 de la Constitution ?

Le Premier ministre
Le Président de la République
Le ministre chargé du secteur concerné
Le président du Conseil d’État

Le Président de la République

Explication

L’article 13 prévoit que le Président de la République signe les décrets délibérés en Conseil des ministres. Le Premier ministre signe les décrets réglementaires qui ne sont pas délibérés en Conseil des ministres.

6. Un décret réglementaire n’est pas délibéré en Conseil des ministres : quelle autorité détient le pouvoir réglementaire général de principe et le signe ?

Le Premier ministre
Le ministre chargé de son application
Le président de l’Assemblée nationale
Le Président de la République

Le Premier ministre

Explication

Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire général de principe et signe les décrets réglementaires qui ne sont pas délibérés en Conseil des ministres. La signature présidentielle concerne notamment les décrets délibérés en Conseil des ministres.

7. Une consultation est obligatoire, mais l’autorité consultante n’est pas tenue de suivre l’avis et peut poursuivre son projet : de quel type d’avis s’agit-il ?

D’une délégation de pouvoir
D’un avis simple
D’une décision administrative
D’un avis conforme

D’un avis simple

Explication

Un avis simple peut être obligatoire à solliciter sans lier l’autorité consultante. Un avis conforme, à l’inverse, lie cette autorité, même si elle peut renoncer à prendre la décision envisagée.

8. Quel trait caractérise une autorité administrative indépendante conçue pour garantir sa neutralité ?

Elle est placée sous l’autorité hiérarchique d’un ministre et exerce un rôle consultatif
Elle contrôle les services inspectés en leur imposant directement des mesures de gestion
Elle possède généralement une personnalité juridique distincte et applique les décisions gouvernementales
Elle est soustraite au pouvoir hiérarchique et dispose de pouvoirs de décision

Elle est soustraite au pouvoir hiérarchique et dispose de pouvoirs de décision

Explication

Une autorité administrative indépendante est soustraite au pouvoir hiérarchique pour garantir sa neutralité et est dotée de pouvoirs de décision. Elle est généralement dépourvue de personnalité juridique, contrairement à ce que suggère un distracteur.

9. Lorsqu’un pouvoir de décision est transféré de l’administration centrale à ses représentants locaux sans création d’une nouvelle personne juridique, de quel mécanisme s’agit-il ?

De la décentralisation, qui maintient une seule personne juridique
De la déconcentration, qui maintient une seule personne juridique
De la décentralisation, qui transfère le pouvoir au sein de l’État
De la déconcentration, qui crée une personne juridique distincte

De la déconcentration, qui maintient une seule personne juridique

Explication

La déconcentration rapproche la décision en la confiant à des représentants locaux de l’administration centrale, sans changer de personne juridique. La décentralisation, à l’inverse, implique des personnes juridiques distinctes.

10. Un supérieur hiérarchique intervient sur une décision prise par son subordonné sans qu’un texte spécial soit nécessaire : quels pouvoirs peut-il exercer de plein droit ?

Donner des instructions, remplacer le subordonné et saisir le juge
Donner des instructions, annuler la décision et la modifier
Approuver la décision, suspendre son exécution et la transmettre
Modifier la décision, déléguer sa compétence et engager une tutelle

Donner des instructions, annuler la décision et la modifier

Explication

Le pouvoir hiérarchique comprend de plein droit la faculté de donner des instructions, d’annuler les décisions du subordonné et de les modifier. Le pouvoir de substitution d’action, contrairement à ces trois prérogatives, suppose un texte.

11. Quel élément distingue la décentralisation de la déconcentration lorsqu’une compétence est transférée ?

Elle organise le contrôle hiérarchique d’un agent par une autorité de l’État
Elle déplace une décision au sein de l’État, sans changer de personne juridique
Elle met en relation des personnes juridiques distinctes, comme l’État et une collectivité territoriale
Elle confie une décision à un représentant local, sans transférer de compétence

Elle met en relation des personnes juridiques distinctes, comme l’État et une collectivité territoriale

Explication

La décentralisation transfère des compétences entre personnes juridiques distinctes, notamment entre l’État et les collectivités territoriales. Le déplacement d’une décision à l’intérieur d’une même personne juridique relève de la déconcentration.

12. Pour qu’une collectivité territoriale dispose de garanties adaptées à la décentralisation, quel ensemble d’éléments est nécessaire ?

Des organes délibérants élus au suffrage universel direct, des moyens financiers, matériels et juridiques
Des représentants nommés par l’État, des moyens financiers et un pouvoir hiérarchique local
Des organes délibérants élus, des ressources financières et une approbation préalable de l’État
Des organes élus au suffrage indirect, des moyens matériels et un contrôle de tutelle général

Des organes délibérants élus au suffrage universel direct, des moyens financiers, matériels et juridiques

Explication

Les garanties mentionnées comprennent des organes délibérants élus au suffrage universel direct, ainsi que des moyens financiers, matériels et juridiques. Des représentants nommés par l’État ne répondent pas à la garantie élective prévue.

13. Une collectivité territoriale adopte un règlement pour mettre en œuvre l’une de ses compétences : quel principe constitutionnel encadre cette action ?

Elle s’administre sous l’autorité hiérarchique du préfet et ne peut réglementer qu’après son accord
Elle s’administre librement par des élus et dispose d’un pouvoir réglementaire dans les conditions prévues par la loi
Elle s’administre par des élus et exerce un pouvoir réglementaire sans lien avec ses compétences
Elle adopte des règlements dans tout domaine, sans être encadrée par la loi

Elle s’administre librement par des élus et dispose d’un pouvoir réglementaire dans les conditions prévues par la loi

Explication

L’article 72, alinéa 3, prévoit la libre administration par des élus, dans les conditions fixées par la loi, ainsi qu’un pouvoir réglementaire pour exercer les compétences de la collectivité. Ce pouvoir n’est donc ni soumis à une approbation préalable générale du préfet ni indépendant des compétences attribuées.

14. Une autorité contrôle une collectivité décentralisée, mais une loi ne lui attribue pas ce pouvoir : quelle caractéristique du pouvoir de tutelle fait défaut ?

Son exercice de plein droit au titre de la hiérarchie administrative
Son application à un subordonné appartenant à la même personne juridique
Son attribution par un texte qui en précise les modalités
Son transfert automatique avec toute compétence décentralisée

Son attribution par un texte qui en précise les modalités

Explication

Le pouvoir de tutelle doit être attribué à une autorité par un texte, qui en précise aussi les modalités. Le pouvoir hiérarchique existe de plein droit dans une même personne juridique et ne constitue donc pas le fondement de cette tutelle.

15. Comment se répartissent les fonctions au sein d’une commune ordinaire ?

Le maire délibère et est élu pour six ans, tandis que le conseil municipal forme l’exécutif
Le conseil municipal délibère et nomme le maire, tandis que le préfet forme l’exécutif
Les adjoints délibèrent pour six ans, tandis que le maire et le conseil municipal forment l’exécutif
Le conseil municipal délibère et est élu pour six ans, tandis que le maire et ses adjoints forment l’exécutif

Le conseil municipal délibère et est élu pour six ans, tandis que le maire et ses adjoints forment l’exécutif

Explication

La commune possède un conseil municipal délibérant, élu pour six ans, et un exécutif constitué du maire et de ses adjoints. Le maire ne remplace donc pas le conseil municipal dans sa fonction délibérante.

16. Une commune souhaite agir sur une question d’intérêt communal qu’aucun texte n’attribue à une autre autorité : quel fondement lui permet de le faire ?

La clause générale de compétence communale prévue par l’article L. 2121-29 du CGCT
La compétence communale limitée aux matières expressément énumérées par la loi
La compétence départementale de droit commun applicable à toute affaire locale
La clause générale de compétence régionale prévue par l’article L. 2121-29 du CGCT

La clause générale de compétence communale prévue par l’article L. 2121-29 du CGCT

Explication

La clause générale de compétence permet à la commune de traiter une affaire présentant un intérêt communal lorsqu’aucun texte ne la confie à une autre autorité. Les départements et les régions ont perdu cette clause en 2015.

17. Un projet local porte principalement sur l’aide sociale et la rénovation des collèges : quelle collectivité correspond le mieux à ces compétences ?

La commune, compétente notamment pour l’ensemble des collèges et de l’aide sociale
La région, compétente notamment en aide sociale et pour les collèges
Le département, compétent notamment en aide sociale et pour les collèges
L’État, compétent notamment pour la gestion locale des collèges et de l’aide sociale

Le département, compétent notamment en aide sociale et pour les collèges

Explication

Le département exerce notamment des compétences en matière de santé et d’aide sociale, ainsi que pour l’entretien et la construction des collèges. Les lycées relèvent plutôt des compétences régionales, ce qui distingue les niveaux scolaires concernés.

18. Une politique territoriale associe le développement économique, l’aménagement du territoire, les lycées et les TER : quelle collectivité exerce principalement ces compétences ?

Le département, compétent notamment pour ces domaines et la formation professionnelle
La région, compétente notamment pour ces domaines et la formation professionnelle
La commune, compétente notamment pour ces domaines et la formation professionnelle
L’État, compétent notamment pour ces domaines au titre de la gestion communale

La région, compétente notamment pour ces domaines et la formation professionnelle

Explication

La région exerce principalement des compétences de développement économique et d’aménagement du territoire, ainsi que dans les domaines des lycées, des TER et de la formation professionnelle. Le département intervient plutôt, entre autres, pour les collèges et l’aide sociale.

19. Quelle caractéristique distingue un établissement public d’une collectivité territoriale ?

C’est une personne privée chargée d’une mission publique et placée sous la tutelle d’une collectivité territoriale.
C’est un service administratif dépourvu de personnalité morale, rattaché à une collectivité territoriale.
C’est une personne morale de droit public sans assise territoriale, chargée d’un ou plusieurs services publics selon le principe de spécialité.
C’est une personne morale de droit public dotée d’une compétence générale sur un territoire donné.

C’est une personne morale de droit public sans assise territoriale, chargée d’un ou plusieurs services publics selon le principe de spécialité.

Explication

L’établissement public possède une personnalité morale publique, mais n’a pas d’assise territoriale et exerce les missions qui lui sont attribuées. Une compétence générale sur un territoire caractérise plutôt une collectivité territoriale.

20. Deux établissements publics gèrent respectivement un service administratif et un service industriel et commercial : comment les qualifier ?

Les deux sont des EPA, car ils assurent des services publics.
Le premier est un EPA et le second un EPIC.
Le premier est un EPIC et le second un EPA.
Les deux sont des EPIC, car ils possèdent une personnalité morale.

Le premier est un EPA et le second un EPIC.

Explication

La distinction repose sur la nature du service géré : l’EPA assure un service public administratif, tandis que l’EPIC gère un service public industriel et commercial. La personnalité morale ne suffit pas à qualifier les deux établissements de la même manière.

21. Une société constituée sous une forme privée exerce une activité commerciale et reste maîtrisée par une personne publique : quelle qualification peut-elle recevoir ?

Celle d’association privée, puisque sa forme juridique détermine à elle seule sa qualification.
Celle d’entreprise publique, puisque la maîtrise publique peut coexister avec une forme juridique privée.
Celle de collectivité territoriale, puisque la maîtrise publique implique une compétence territoriale.
Celle d’établissement public, puisqu’une activité commerciale suffit à lui donner cette qualité.

Celle d’entreprise publique, puisque la maîtrise publique peut coexister avec une forme juridique privée.

Explication

Une entreprise publique exerce une activité industrielle ou commerciale sous la maîtrise d’une ou plusieurs personnes publiques, même si elle adopte une forme privée. La forme privée n’empêche donc pas cette qualification, contrairement à ce que suggère le dernier choix.

22. Pour déterminer si le droit administratif s’applique à une activité, quel critère principal faut-il examiner ?

La présence d’un financement public, même si l’activité est commerciale.
Le statut public de l’auteur, quelle que soit la nature de l’activité exercée.
La forme juridique de l’organisme, indépendamment de sa mission.
La nature matériellement administrative de l’activité, que son auteur soit public ou privé.

La nature matériellement administrative de l’activité, que son auteur soit public ou privé.

Explication

Le droit administratif s’applique principalement selon la nature matériellement administrative de l’activité, et son auteur peut être une personne publique ou privée. Le statut public de l’auteur ne permet donc pas, à lui seul, de trancher.

23. Une activité administrative ressemble fortement à une activité commerciale menée dans le secteur privé : quelle conséquence est possible ?

Elle relève du droit administratif du seul fait que sa finalité est administrative.
Elle peut relever du droit privé en raison de cette proximité avec une activité commerciale ou industrielle privée.
Elle relève du droit public dès que son auteur est une personne publique.
Elle devient une activité privée dès qu’elle est exercée contre rémunération.

Elle peut relever du droit privé en raison de cette proximité avec une activité commerciale ou industrielle privée.

Explication

Une activité matériellement administrative peut relever du droit privé lorsqu’elle ressemble fortement à une activité commerciale ou industrielle du secteur privé. Une finalité administrative ne rend donc pas automatiquement le droit administratif applicable.

24. Quel principe la loi des 16 et 24 août 1790 énonce-t-elle à son article 13 ?

Elle confie aux juges judiciaires le règlement des litiges entre l’administration et les particuliers.
Elle soumet la responsabilité de l’administration aux règles du Code civil.
Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations administratives.
Elle attribue au Conseil d’État le pouvoir de juger en dernier ressort les actes administratifs.

Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations administratives.

Explication

L’article 13 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations des corps administratifs. Il ne confie pas au Conseil d’État un rôle juridictionnel de dernier ressort à cette date.

25. Quelle évolution institutionnelle l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 entraîne-t-il ?

Les juridictions judiciaires deviennent les juges de droit commun des litiges concernant l’administration.
Le Conseil d’État met fin à la théorie du ministre-juge et devient le juge de droit commun des litiges administratifs.
Le Conseil d’État rétablit la théorie du ministre-juge et renvoie les litiges aux ministres concernés.
Le Tribunal des conflits devient le juge de droit commun des litiges administratifs et supprime le rôle du Conseil d’État.

Le Conseil d’État met fin à la théorie du ministre-juge et devient le juge de droit commun des litiges administratifs.

Explication

Par l’arrêt Cadot, le Conseil d’État met fin à la théorie du ministre-juge et devient le juge de droit commun des litiges concernant l’administration. Le Tribunal des conflits intervient pour régler les conflits de compétence, mais ne remplace pas le Conseil d’État dans ce rôle.

26. Quelle règle l’arrêt Blanco du 8 février 1873 affirme-t-il au sujet de la responsabilité de la puissance publique ?

Elle est régie par les mêmes règles que la responsabilité entre personnes privées.
Elle relève du Code civil dès lors qu’un dommage est causé à un particulier.
Elle obéit à des règles spéciales et n’est pas régie par le Code civil.
Elle dépend du choix de la juridiction saisie entre les ordres administratif et judiciaire.

Elle obéit à des règles spéciales et n’est pas régie par le Code civil.

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de la puissance publique obéit à des règles spéciales et ne relève pas du Code civil. L’application du droit civil commun, comme dans les rapports entre personnes privées, constitue la confusion écartée par cette décision.

27. Dans l’arrêt Blanco, quel lien est établi entre les règles applicables et la compétence juridictionnelle ?

Le Tribunal des conflits tranche le fond du litige dès que l’administration est mise en cause.
La spécificité des règles applicables justifie la compétence du juge administratif : la compétence suit le fond.
Le juge compétent est déterminé par le statut public de l’auteur, indépendamment des règles applicables.
La compétence du juge judiciaire découle de l’application de règles identiques à celles des rapports privés.

La spécificité des règles applicables justifie la compétence du juge administratif : la compétence suit le fond.

Explication

Blanco associe la compétence du juge administratif à la spécificité des règles applicables, selon l’idée que la compétence suit le fond. Le statut public de l’auteur, à lui seul, n’exprime pas ce lien entre le régime juridique et le juge compétent.

28. Quelle conception du droit administratif Maurice Hauriou défend-il ?

Une conception organique, fondée sur la qualité publique des personnes concernées
L’école de la puissance publique, fondée sur les prérogatives de l’administration et l’intérêt général
L’école du service public, fondée sur l’organisation des services et l’intérêt général
Une distinction entre actes d’autorité et actes de gestion selon leur régime juridique

L’école de la puissance publique, fondée sur les prérogatives de l’administration et l’intérêt général

Explication

Maurice Hauriou rattache les prérogatives exorbitantes de l’administration à son action dans l’intérêt général. L’école du service public, qui constitue le distracteur le plus proche, est associée à Léon Duguit.

29. Quel principe fonde la spécificité de l’action administrative dans la conception de Léon Duguit ?

La qualité publique des personnes chargées d’une mission
La soumission des actes de gestion au droit privé
La poursuite de l’intérêt général par le service public
L’exercice de prérogatives exorbitantes par les personnes publiques

La poursuite de l’intérêt général par le service public

Explication

Pour Léon Duguit, la spécificité administrative s’explique par la poursuite de l’intérêt général au moyen du service public. Les prérogatives exorbitantes renvoient plutôt à l’école de la puissance publique défendue par Hauriou.

30. Que signifie l’autonomie du droit administratif ?

Il constitue une branche du droit privé dont les règles sont adaptées aux administrations
Il déroge au droit privé pour toute activité exercée par une personne publique
Il possède un champ et des règles propres, sans exclure des emprunts au droit privé
Il repose sur des règles propres uniquement lorsqu’aucune règle privée ne convient

Il possède un champ et des règles propres, sans exclure des emprunts au droit privé

Explication

L’autonomie signifie que le droit administratif dispose de son propre champ et de ses propres règles, tout en pouvant emprunter au droit privé. Le présenter comme un simple droit dérogatoire au droit privé méconnaît cette autonomie.

31. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié d’essentiellement jurisprudentiel ?

Parce que ses textes s’appuient sur des notions et des principes élaborés par le juge administratif
Parce que les textes administratifs sont remplacés par des usages élaborés par les administrations
Parce que le juge administratif intervient surtout pour appliquer des règles de droit privé
Parce que ses règles sont établies principalement par les décisions des juridictions judiciaires

Parce que ses textes s’appuient sur des notions et des principes élaborés par le juge administratif

Explication

Le droit administratif est essentiellement jurisprudentiel car ses textes mobilisent des concepts et principes élaborés par le juge administratif. Le rôle central attribué aux juridictions judiciaires ne correspond pas à cette caractéristique.

32. Quelle différence distingue l’État de police de l’État de droit concernant les particuliers ?

Dans l’État de police, ils peuvent contester l’action de l’État, mais pas lui opposer de règles
Dans l’État de droit, ils peuvent opposer des règles à l’État et contester son action devant un juge
Dans l’État de droit, ils peuvent saisir un juge, mais ne peuvent pas invoquer de règles contre l’État
Dans l’État de police, les règles sont opposables à l’État dès lors qu’un juge les reconnaît

Dans l’État de droit, ils peuvent opposer des règles à l’État et contester son action devant un juge

Explication

L’État de droit permet aux particuliers d’opposer des règles à l’État et de contester son action devant un juge. Dans l’État de police, au contraire, les particuliers ne peuvent pas opposer ces règles à l’État.

33. Une administration exerce une activité dont la nature justifie l’application du droit privé. Quel régime peut alors s’appliquer ?

L’activité échappe aux deux régimes tant qu’un juge n’a pas fixé ses règles
Le droit privé peut régir cette activité malgré le caractère spécifique du droit administratif
Le droit privé ne peut intervenir que si l’activité est exercée par une personne privée
Le droit administratif s’applique à cette activité du seul fait qu’elle relève de l’administration

Le droit privé peut régir cette activité malgré le caractère spécifique du droit administratif

Explication

Le droit administratif est le droit spécifique de l’administration, mais le droit privé peut s’appliquer à certaines activités administratives lorsque leur nature le justifie. La qualité administrative de l’auteur ne suffit donc pas à exclure le droit privé.

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Que désigne l’administration au sens organique ?

Les institutions publiques chargées de faire fonctionner des services d’intérêt public.

Que prévoit l’article 20, alinéa 1, de la Constitution de 1958 sur le Gouvernement ?

Il détermine et conduit la politique de la Nation, et dispose de l’administration et de la force armée.

Que désigne l’administration au sens matériel ?

Les activités qui servent prioritairement l’intérêt général.

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