QCM : Le principe de légalité administrative (19 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue l’État de droit dans l’exercice des pouvoirs publics ?

Les pouvoirs publics sont soumis au droit et doivent disposer d’une habilitation juridique pour agir, sous le contrôle d’un juge indépendant.
L’administration peut choisir librement ses mesures dès lors qu’elle poursuit un objectif d’intérêt général.
L’administration produit les règles qui encadrent son action et les applique sans contrôle juridictionnel.
Les pouvoirs publics appliquent la loi, mais leurs décisions ne peuvent pas être contestées devant un juge indépendant.

Les pouvoirs publics sont soumis au droit et doivent disposer d’une habilitation juridique pour agir, sous le contrôle d’un juge indépendant.

Explication

L’État de droit encadre l’action publique par le droit, exige une habilitation juridique et garantit un recours devant un juge indépendant. La faculté d’agir discrétionnairement sans contrôle correspond plutôt à l’État de police.

2. Une administration adopte une décision conforme à la loi, mais contraire à un décret applicable : respecte-t-elle le principe de légalité ?

Oui, car la conformité à la loi suffit à respecter le principe de légalité.
Non, car elle doit respecter toutes les normes supérieures applicables, y compris les décrets.
Oui, car un décret ne peut encadrer une décision administrative conforme à la loi.
Non, car le principe de légalité impose de respecter seulement les normes constitutionnelles.

Non, car elle doit respecter toutes les normes supérieures applicables, y compris les décrets.

Explication

Le principe de légalité oblige l’administration à respecter toutes les normes qui lui sont supérieures, et pas seulement la loi. La conformité à la loi ne rend donc pas licite une décision contraire à un décret applicable.

3. Quelle affirmation caractérise l’arrêt Dame Lamotte du 17 février 1950 ?

Le Conseil d’État y affirme que l’administration doit respecter le principe de légalité.
Le Conseil d’État y impose aux circulaires ministérielles de respecter les conventions internationales.
Le Conseil d’État y précise que les infractions doivent être définies par une loi.
Le Conseil d’État y reconnaît que l’administration peut déroger à la légalité en temps de guerre.

Le Conseil d’État y affirme que l’administration doit respecter le principe de légalité.

Explication

Dans l’arrêt Dame Lamotte du 17 février 1950, le Conseil d’État affirme que l’administration est tenue de respecter le principe de légalité. La dérogation justifiée par les difficultés de la guerre relève de l’arrêt Heyriès.

4. Que prévoit l’article L. 100-2 du CRPA à propos de l’action administrative ?

L’administration respecte le principe de légalité, mais poursuit l’intérêt particulier des administrés.
L’administration agit dans l’intérêt général et respecte le principe de légalité.
L’administration édicte les règles de procédure et détermine librement leur portée.
L’administration agit dans l’intérêt général et peut écarter les normes supérieures.

L’administration agit dans l’intérêt général et respecte le principe de légalité.

Explication

L’article L. 100-2 du CRPA associe l’action de l’administration à l’intérêt général et au respect du principe de légalité. La poursuite de l’intérêt général ne l’autorise pas à écarter les normes supérieures.

5. Une circulaire ministérielle contredit un décret, alors qu’elle respecte la loi et la Constitution : quelle conséquence découle de la hiérarchie des normes ?

La circulaire peut écarter le décret dès lors qu’elle respecte la loi et la Constitution.
Le décret doit être interprété conformément à la circulaire ministérielle.
La circulaire doit être conforme au décret, comme aux normes supérieures applicables.
La circulaire n’a à respecter que les conventions internationales applicables.

La circulaire doit être conforme au décret, comme aux normes supérieures applicables.

Explication

La hiérarchie des normes exige notamment qu’une circulaire ministérielle soit conforme aux décrets, à la loi, à la Constitution et, le cas échéant, aux conventions internationales. Le respect de la loi et de la Constitution ne permet donc pas de méconnaître un décret.

6. Quel rôle la théorie élaborée dans l’arrêt Heyriès du 28 juin 1918 devait-elle remplir ?

Permettre la continuité des services publics malgré les difficultés causées par la guerre.
Réserver au pouvoir législatif les mesures nécessaires à la continuité des services publics.
Autoriser l’administration à écarter la légalité pour toute décision d’intérêt général.
Soumettre les mesures prises pendant une guerre à une autorisation préalable du juge.

Permettre la continuité des services publics malgré les difficultés causées par la guerre.

Explication

Dans l’arrêt Heyriès du 28 juin 1918, le Conseil d’État élabore la théorie des circonstances exceptionnelles pour permettre la continuité des services publics malgré les difficultés de la guerre. Cette théorie ne constitue pas une autorisation générale de déroger à la légalité pour toute mesure d’intérêt général.

7. En période de crise, une administration s’écarte d’une règle habituelle pour répondre à des circonstances particulières : quel rôle le juge peut-il jouer ?

Il peut confirmer l’acte dès que l’administration invoque une situation inhabituelle.
Il peut valider après coup l’écart si les circonstances particulières le justifient.
Il doit annuler l’acte dès qu’une règle habituelle n’a pas été respectée.
Il peut valider l’écart avant l’acte, sans examiner les circonstances particulières.

Il peut valider après coup l’écart si les circonstances particulières le justifient.

Explication

La théorie permet au juge de valider après coup certains écarts à la légalité habituelle lorsque des circonstances particulières les justifient. L’invocation d’une situation inhabituelle ne suffit pas, à elle seule, à justifier l’écart.

8. Quelles conditions doivent être réunies pour qu’un écart à la légalité habituelle puisse être validé ?

Une urgence ressentie, un intérêt administratif et des événements fréquents mais graves.
Des événements inhabituels, une demande des administrés et une urgence liée au service.
Un intérêt public, une autorisation préalable du juge et des événements prévisibles.
Une urgence réelle, un intérêt public et des événements anormaux et inhabituels.

Une urgence réelle, un intérêt public et des événements anormaux et inhabituels.

Explication

La validation exige une urgence réelle, un intérêt public et des événements anormaux et inhabituels. Des événements prévisibles ne répondent pas à la condition tenant à leur caractère anormal et inhabituel.

9. Lorsqu’elle examine un acte pris au cours d’une crise, que vérifie notamment le juge ?

L’existence d’une autorisation préalable, l’accord des administrés et la conformité à une procédure ordinaire.
La réalité des circonstances au moment de l’acte, l’absence d’autre solution et la poursuite d’un intérêt général.
La gravité des circonstances après l’acte, l’existence d’une solution moins coûteuse et la satisfaction d’un intérêt particulier.
La durée de la crise, l’approbation d’une autorité judiciaire et la poursuite d’un objectif administratif.

La réalité des circonstances au moment de l’acte, l’absence d’autre solution et la poursuite d’un intérêt général.

Explication

Le juge examine la réalité des circonstances exceptionnelles au moment de l’acte, l’absence d’autre solution pour l’administration et la poursuite d’un but d’intérêt général. Une autorisation judiciaire préalable ne figure pas parmi les vérifications énoncées.

10. Comment caractériser la légalité de crise par rapport à la légalité traditionnelle ?

Une validation judiciaire après coup des écarts commis en période de crise
Un aménagement prévu par des textes pour répondre à des situations de crise
Une intégration immédiate des règles ordinaires dans un régime dérogatoire
Une suspension de toute règle juridique décidée par les autorités militaires

Un aménagement prévu par des textes pour répondre à des situations de crise

Explication

La légalité de crise aménage la légalité traditionnelle selon des dispositions prévues par des textes. La validation après coup de certains écarts relève plutôt de la théorie des circonstances exceptionnelles.

11. Que peut entraîner la prolongation de la légalité de crise sur certaines règles d’exception ?

Leur intégration progressive dans la légalité normale lorsqu’elles deviennent ordinaires
Leur maintien permanent en dehors de la légalité normale, même après la crise
Leur transformation automatique en décisions prises par les autorités militaires
Leur annulation systématique dès que la situation de crise prend fin

Leur intégration progressive dans la légalité normale lorsqu’elles deviennent ordinaires

Explication

Une prolongation peut banaliser certaines règles d’exception, qui finissent alors par être intégrées à la légalité normale. Leur caractère dérogatoire n’implique donc pas qu’elles restent nécessairement à l’écart du droit ordinaire.

12. Quelle loi a institué l’état d’urgence en France ?

La loi du 18 mars 1955, fortement modifiée depuis 2019
La loi du 3 avril 2015, fortement modifiée depuis 1985
La loi du 28 février 1919, fortement modifiée depuis 1955
La loi du 3 avril 1955, fortement modifiée depuis 2015

La loi du 3 avril 1955, fortement modifiée depuis 2015

Explication

L’état d’urgence a été institué par la loi du 3 avril 1955, qui a connu d’importantes modifications depuis 2015. La date de 1919 renvoie à un arrêt du Conseil d’État concernant le contrôle juridictionnel, et non à la loi fondatrice.

13. Dans quelle situation l’état d’urgence peut-il être déclaré, et quelle étendue territoriale peut-il couvrir ?

En cas de calamité publique ou de péril imminent lié à de graves atteintes à l’ordre public, sur tout ou partie du territoire
En cas de péril imminent lié à une crise économique, à condition de viser une partie du territoire
En cas de troubles locaux sans atteinte grave à l’ordre public, à condition de couvrir tout le territoire
En cas de calamité publique ou de menace militaire, avec une déclaration limitée aux zones frontalières

En cas de calamité publique ou de péril imminent lié à de graves atteintes à l’ordre public, sur tout ou partie du territoire

Explication

Une calamité publique ou un péril imminent résultant de graves atteintes à l’ordre public peut justifier l’état d’urgence, qui peut concerner tout ou partie du territoire. Le fait qu’une partie seulement du territoire puisse être visée ne supprime pas les conditions de déclenchement.

14. Une personne est assignée à résidence sous l’état d’urgence; quelle autre mesure peut relever des pouvoirs de l’administration dans ce régime ?

Effectuer des perquisitions administratives et fermer des salles ou des lieux de culte
Transférer les pouvoirs de police administrative aux autorités militaires et imposer la remise des armes
Dissoudre les juridictions administratives et confier leurs contrôles au Parlement
Prolonger l’état d’urgence par décret et fixer une durée initiale de douze jours

Effectuer des perquisitions administratives et fermer des salles ou des lieux de culte

Explication

Les pouvoirs administratifs prévus sous l’état d’urgence comprennent notamment les perquisitions administratives et la fermeture de salles ou de lieux de culte. Le transfert des pouvoirs de police aux autorités militaires relève de l’état de siège.

15. Quel changement institutionnel caractérise l’état de siège au regard de la police administrative ?

Des pouvoirs de police administrative sont transférés aux autorités militaires
Des pouvoirs de police administrative sont transférés aux autorités locales élues
Des pouvoirs de prolongation de l’état d’urgence sont transférés aux autorités militaires
Des pouvoirs de contrôle juridictionnel sont transférés au Parlement

Des pouvoirs de police administrative sont transférés aux autorités militaires

Explication

L’état de siège, prévu à l’article 36 de la Constitution, transfère des pouvoirs de police administrative aux autorités militaires. Il ne transfère pas aux militaires le pouvoir parlementaire de prolonger l’état d’urgence.

16. Que décide le Conseil d’État dans l’arrêt Dames Dol et Laurent du 28 février 1919 au sujet des mesures administratives prises en état de siège ?

Il attribue leur contrôle aux autorités militaires pendant toute la durée du siège
Il reconnaît au Parlement la compétence de contrôler chaque mesure administrative
Il écarte tout contrôle juridictionnel dès qu’un état de siège est déclaré
Il maintient sa compétence pour contrôler ces mesures administratives

Il maintient sa compétence pour contrôler ces mesures administratives

Explication

Dans l’arrêt Dames Dol et Laurent, le Conseil d’État maintient sa compétence pour contrôler les mesures administratives prises dans le contexte de l’état de siège. Le transfert de pouvoirs de police aux autorités militaires n’entraîne donc pas, à lui seul, la disparition du contrôle juridictionnel.

17. Quel type d’acte le juge administratif considère-t-il comme relevant de la haute politique et soustrait-il à son contrôle ?

Une décision individuelle relative à la carrière d’un agent public
Un acte réglementaire qui fixe les modalités d’exécution d’une loi
Un acte lié aux relations internationales ou aux rapports avec le pouvoir constitutionnel
Une mesure interne à un service public portant sur son organisation quotidienne

Un acte lié aux relations internationales ou aux rapports avec le pouvoir constitutionnel

Explication

Les actes de gouvernement concernent les relations internationales ou les rapports avec le pouvoir constitutionnel et sont tenus pour relever de la haute politique. Une mesure d’organisation interne relève plutôt de la catégorie des mesures d’ordre intérieur.

18. Une décision prise dans un établissement public a un enjeu jugé insuffisant pour justifier l’intervention du juge administratif. Quelle qualification correspond à cette décision ?

Un acte de gouvernement, lié à la conduite des relations internationales
Une décision individuelle, contrôlée en raison de ses effets sur un administré
Une mesure d’ordre intérieur, dont le champ a été progressivement réduit par le juge
Une décision réglementaire, soumise au contrôle en raison de sa portée générale

Une mesure d’ordre intérieur, dont le champ a été progressivement réduit par le juge

Explication

Une mesure d’ordre intérieur est considérée comme dépourvue d’enjeu suffisant pour être soumise au contrôle du juge administratif, même si son champ a diminué depuis 1995. Un acte de gouvernement se distingue par son lien avec les relations internationales ou le pouvoir constitutionnel.

19. Comment l’état d’urgence est-il déclenché et prolongé au-delà de sa durée initiale ?

Le Parlement le déclenche par une loi pour douze jours, puis le gouvernement peut le prolonger par décret en conseil des ministres.
Le gouvernement le déclenche par décret en conseil des ministres pour douze jours, puis le Parlement peut le prolonger par une loi.
Le gouvernement le déclenche par décret en conseil des ministres pour trente jours, puis le Parlement peut le prolonger par une loi.
Le gouvernement le déclenche par décret en conseil des ministres pour douze jours, puis le Conseil constitutionnel peut le prolonger par décision.

Le gouvernement le déclenche par décret en conseil des ministres pour douze jours, puis le Parlement peut le prolonger par une loi.

Explication

Le déclenchement relève du gouvernement, par décret en conseil des ministres, pour une durée initiale de douze jours ; une prolongation peut ensuite être votée par le Parlement sous forme de loi. Le Conseil constitutionnel n’est pas l’autorité chargée de cette prolongation.

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À quoi l’État de droit soumet-il les pouvoirs publics ?

Au droit.

De quoi les pouvoirs publics doivent-ils disposer pour agir dans un État de droit ?

D’une habilitation juridique et de moyens autorisés.

Quel recours l’État de droit garantit-il aux citoyens ?

Un recours devant un juge indépendant.

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