QCM : La preuve en droit civil — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel principe l’article 1358 du Code civil pose-t-il en matière de preuve des actes juridiques ?

La preuve est libre, sauf exception prévue par la loi
La preuve testimoniale est exclue pour les actes juridiques
La preuve dépend principalement de l’appréciation du juge
La preuve écrite est requise pour tout acte juridique

La preuve est libre, sauf exception prévue par la loi

Explication

L’article 1358 établit la liberté de la preuve, sous réserve des exceptions légalement prévues. L’exigence générale d’un écrit ne correspond pas au principe posé par cet article.

2. Pour un prêt de 1 800 €, quel mode de preuve est en principe exigé en raison de la valeur de l’acte ?

Un témoignage concordant
Un simple aveu extrajudiciaire
Une preuve écrite
Une présomption tirée des circonstances

Une preuve écrite

Explication

Un prêt de 1 800 € est un acte juridique dont la valeur dépasse 1 500 €, seuil au-delà duquel l’article 1359 exige en principe un écrit. En dessous de ce seuil, la preuve reste libre sauf exception, mais ce n’est pas la situation présentée.

3. Quelle évolution l’arrêt de la Cour de cassation du 22 décembre 2023 opère-t-il concernant la preuve déloyale ?

Il confirme son exclusion automatique dans les litiges entre employeur et salarié
Il abandonne son exclusion automatique au profit d’un contrôle de proportionnalité
Il réserve son admission aux procédures pénales présentant un intérêt général
Il subordonne sa recevabilité à l’accord préalable de la personne enregistrée

Il abandonne son exclusion automatique au profit d’un contrôle de proportionnalité

Explication

Cet arrêt marque un revirement en remplaçant l’irrecevabilité automatique par une appréciation de proportionnalité. L’ancienne jurisprudence écartait les preuves déloyales, mais cette solution n’est plus appliquée de manière automatique.

4. Quel est le principe applicable à l’application dans le temps de la loi pénale ?

La loi pénale nouvelle modifie en principe les condamnations devenues définitives
La loi pénale nouvelle s’applique en principe dès le début de l’enquête
La loi pénale nouvelle ne s’applique en principe pas aux faits antérieurs
La loi pénale nouvelle régit en principe toutes les procédures déjà engagées

La loi pénale nouvelle ne s’applique en principe pas aux faits antérieurs

Explication

L’article 112-1 du Code pénal et l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacrent le principe de non-rétroactivité de la loi pénale. Une loi plus douce constitue toutefois une exception lorsqu’aucune condamnation définitive n’est intervenue.

5. Après avoir identifié la charge et l’objet de la preuve dans un cas pratique, quelle étape vient ensuite ?

Conclure immédiatement sans rechercher la manière d’établir le fait
Déterminer le mode de preuve, puis examiner sa loyauté ou sa licéité si nécessaire
Revenir à la qualification de l’acte avant d’étudier la charge de la preuve
Écarter toute question de licéité dès lors qu’un fait semble établi

Déterminer le mode de preuve, puis examiner sa loyauté ou sa licéité si nécessaire

Explication

La méthode prévoit de rechercher le mode de preuve après la charge et l’objet, puis d’examiner sa loyauté ou sa licéité si la question est posée. Une conclusion immédiate négligerait donc une étape essentielle du raisonnement.

6. Comment l’article 1361 du Code civil traite-t-il l’aveu judiciaire et le serment décisoire ?

Ils permettent de contester un acte sans produire aucune preuve
Ils constituent des indices qui doivent être complétés par un écrit
Ils sont soumis à la libre appréciation du juge comme un témoignage
Ils sont reconnus comme équivalents à la preuve écrite

Ils sont reconnus comme équivalents à la preuve écrite

Explication

L’article 1361 reconnaît l’aveu judiciaire et le serment décisoire comme équivalents à l’écrit. Le témoignage relève, lui, de l’appréciation du juge et ne bénéficie pas de cette équivalence.

7. Que prévoit l’article 2 du Code civil concernant l’application de la loi dans le temps ?

La loi nouvelle régit les contrats en cours dès sa promulgation
La loi dispose pour l’avenir et ne produit pas d’effet rétroactif
La loi civile rétroagit lorsqu’elle répond à un intérêt général
La loi ancienne conserve ses effets pour toutes les situations futures

La loi dispose pour l’avenir et ne produit pas d’effet rétroactif

Explication

L’article 2 du Code civil pose que la loi ne dispose que pour l’avenir et qu’elle n’a pas d’effet rétroactif. Des règles particulières peuvent toutefois encadrer l’application immédiate de certaines lois, notamment en matière contractuelle.

8. Dans quelle situation l’exception in mitius permet-elle d’appliquer rétroactivement une loi pénale nouvelle ?

Lorsque cette loi est plus douce et que la condamnation n’est pas définitive
Lorsque cette loi est adoptée après une condamnation devenue définitive
Lorsque cette loi est plus sévère et que l’enquête vient de commencer
Lorsque cette loi concerne une infraction commise après son entrée en vigueur

Lorsque cette loi est plus douce et que la condamnation n’est pas définitive

Explication

L’exception in mitius autorise l’application rétroactive d’une loi pénale plus douce tant que la personne n’a pas été définitivement condamnée. Une condamnation définitive empêche cette application rétroactive favorable.

9. Lorsqu’une preuve déloyale est produite, quel examen le juge doit-il effectuer selon l’arrêt du 22 décembre 2023 ?

Comparer la preuve produite avec les sanctions encourues par l’auteur
Mettre en balance l’obtention de la preuve et le but poursuivi
Admettre la preuve dès qu’elle établit une faute professionnelle
Écarter la preuve dès que son obtention a méconnu la loyauté

Mettre en balance l’obtention de la preuve et le but poursuivi

Explication

Le juge doit apprécier si l’atteinte liée à l’obtention de la preuve reste proportionnée au but poursuivi. La déloyauté ne suffit donc plus, à elle seule, à entraîner l’exclusion de l’élément produit.

10. Que signifie, en matière de preuve, la notion de présomption ?

Faire peser la preuve d’une allégation sur la partie qui la conteste
Qualifier de volontaire une action produisant des conséquences juridiques
Attribuer des effets juridiques à une situation considérée comme hypothétique
Exiger qu’un fait nécessaire soit établi par un acte juridique écrit

Attribuer des effets juridiques à une situation considérée comme hypothétique

Explication

La présomption consiste à donner des effets juridiques à une situation hypothétique. Elle ne désigne ni la répartition de la charge de la preuve ni la qualification d’une action volontaire.

11. Un dommage causé involontairement par une personne relève de quelle catégorie ?

Une présomption donnant un effet juridique à une situation hypothétique
Un fait juridique produisant des conséquences de droit sans intention de les créer
Un acte juridique reposant sur une volonté de produire des effets de droit
Une prétention juridique nécessitant une manifestation écrite de volonté

Un fait juridique produisant des conséquences de droit sans intention de les créer

Explication

Un fait juridique est une action involontaire qui entraîne des conséquences juridiques, comme un dommage accidentel. L’acte juridique suppose au contraire une volonté orientée vers des effets de droit.

12. Dans quelle situation l’exigence d’un écrit peut-elle être écartée selon l’article 1360 du Code civil ?

Lorsqu’une partie préfère présenter plusieurs témoignages
Lorsqu’un acte juridique dépasse le seuil de 1 500 €
Lorsqu’un juge estime l’écrit moins convaincant qu’un aveu
Lorsqu’il existe une impossibilité matérielle ou morale de l’obtenir

Lorsqu’il existe une impossibilité matérielle ou morale de l’obtenir

Explication

L’article 1360 écarte l’exigence d’un écrit lorsque sa procuration était matériellement ou moralement impossible. La seule préférence pour des témoignages ou l’appréciation subjective d’une partie ne suffit pas à créer cette exception.

13. Selon l’article 1353 du Code civil, sur qui pèse initialement la charge de la preuve ?

Sur toute partie qui produit un élément de preuve écrit
Sur le demandeur à l’allégation qui invoque le fait ou le droit
Sur la partie adverse dès qu’une prétention est formulée
Sur le juge qui doit établir les faits nécessaires au litige

Sur le demandeur à l’allégation qui invoque le fait ou le droit

Explication

L’article 1353 du Code civil impose la charge de la preuve au demandeur à l’allégation. La partie adverse ne supporte pas cette charge initiale du seul fait qu’une prétention est formulée.

14. Quelle caractéristique distingue principalement l’acte juridique du fait juridique ?

L’acte juridique repose sur une volonté destinée à produire des effets de droit
L’acte juridique résulte d’un événement dépourvu de toute intention juridique
L’acte juridique produit des effets de droit sans intervention d’une volonté
L’acte juridique désigne une situation hypothétique reconnue par la loi

L’acte juridique repose sur une volonté destinée à produire des effets de droit

Explication

L’acte juridique est une action volontaire accomplie pour entraîner des conséquences juridiques. Le fait juridique correspond plutôt à une action involontaire produisant des effets de droit.

15. Quels éléments l’employeur avait-il utilisés pour établir la faute grave reprochée à son salarié dans l’arrêt du 22 décembre 2023 ?

Des images de vidéosurveillance installées dans les locaux sociaux
Des enregistrements audio clandestins d’un entretien informel
Des courriels professionnels échangés pendant une réunion formelle
Des témoignages écrits recueillis auprès de plusieurs collègues

Des enregistrements audio clandestins d’un entretien informel

Explication

L’employeur s’était appuyé sur des enregistrements audio clandestins des propos tenus par le salarié lors d’un entretien informel. Le caractère clandestin concerne le procédé de preuve, tandis que la faute grave constitue le fait juridique à démontrer.

16. Quelle distinction décrit correctement l’objet possible de la preuve ?

Elle vise les prétentions des parties sans distinguer leur origine volontaire ou involontaire
Elle concerne un fait juridique destiné à produire des effets ou un acte sans volonté
Elle porte sur un acte volontaire ou sur une présomption dépourvue de conséquences juridiques
Elle peut porter sur un acte volontaire ou sur un fait produisant des effets sans intention juridique

Elle peut porter sur un acte volontaire ou sur un fait produisant des effets sans intention juridique

Explication

La preuve peut porter sur un acte juridique volontairement destiné à produire des effets de droit ou sur un fait juridique qui les produit sans cette intention. La présomption n’est pas l’une des deux catégories d’événements distinguées ici.

17. Que doit examiner le juge au nom du principe de loyauté dans l’administration de la preuve ?

La valeur financière de l’acte contesté
La conformité de chaque témoignage à un écrit préalable
La préférence des parties pour un mode de preuve
Les intérêts et les droits en présence

Les intérêts et les droits en présence

Explication

Le principe de loyauté impose au juge de mettre en balance les intérêts et les droits en présence lors de l’examen de la preuve. Il ne réduit pas cette analyse à la valeur de l’acte ni à l’existence d’un écrit préalable.

18. À quelle condition une preuve illicite peut-elle être admise par le juge ?

Lorsqu’elle est indispensable et que l’atteinte aux droits reste proportionnée au but poursuivi
Lorsqu’elle confirme une prétention déjà établie par des témoignages
Lorsqu’elle a été recueillie sans que la personne concernée en soit informée
Lorsqu’elle présente un intérêt économique supérieur aux droits en cause

Lorsqu’elle est indispensable et que l’atteinte aux droits reste proportionnée au but poursuivi

Explication

Une preuve illicite peut être recevable si elle est indispensable au succès de la prétention et si l’atteinte portée aux droits est strictement proportionnée au but poursuivi. Le défaut d’information de la personne ne suffit donc pas, à lui seul, à justifier son admission.

19. Que doivent prouver les parties conformément à l’article 9 du Code de procédure civile ?

Les conséquences juridiques qui résultent de toute situation hypothétique
Les faits nécessaires au succès de leur prétention, conformément à la loi
Les seuls actes juridiques établis par un écrit conforme aux formalités
Les faits invoqués par l’adversaire, même sans lien avec leur prétention

Les faits nécessaires au succès de leur prétention, conformément à la loi

Explication

L’article 9 impose à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Il vise donc l’objet factuel utile à la prétention, tandis que l’article 1353 concerne principalement l’identification de la partie chargée de prouver.

20. Dans quel ordre faut-il examiner les questions relatives à la preuve lors d’un cas pratique ?

La charge, l’objet, le mode, puis la loyauté ou la licéité de la preuve
La loyauté, l’objet, le mode, puis la charge de la preuve
L’objet, la charge, la loyauté, puis le mode de la preuve
Le mode, la licéité, la charge, puis l’objet de la preuve

La charge, l’objet, le mode, puis la loyauté ou la licéité de la preuve

Explication

La méthode suit l’ordre de la charge de la preuve, de son objet, de son mode, puis de sa loyauté ou de sa licéité lorsque cette question se pose. Modifier cet enchaînement ne correspond pas à la méthode proposée.

21. Quelle distinction permet de différencier une preuve illicite d’une preuve déloyale ?

La preuve illicite concerne les témoignages, tandis que la preuve déloyale concerne les aveux judiciaires
La preuve illicite viole une règle de droit, tandis que la preuve déloyale concerne surtout ses conditions d’obtention
La preuve illicite dépend du juge, tandis que la preuve déloyale résulte d’un acte juridique écrit
La preuve illicite est toujours secrète, tandis que la preuve déloyale est toujours produite publiquement

La preuve illicite viole une règle de droit, tandis que la preuve déloyale concerne surtout ses conditions d’obtention

Explication

Une preuve illicite méconnaît une règle juridique, alors qu’une preuve déloyale est obtenue à l’insu d’une personne ou par un procédé contraire à la loyauté. La distinction porte donc sur la violation d’une règle et sur les modalités d’obtention.

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Qu'est-ce qu'un acte juridique ?

Une action volontaire entraînant des conséquences juridiques.

Qu'est-ce qu'un fait juridique ?

Une action involontaire entraînant des conséquences juridiques.

Sur qui pèse la charge de la preuve ?

Sur le demandeur à l’allégation.

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