Fiche de révision : Loyauté du commerce électronique

Plan du Cours

  1. Droit au respect de la vie privée
  2. Jurisprudence et adresse IP
  3. Évolution des données personnelles
  4. Licéité et conformité des traitements
  5. Droits des personnes concernées
  6. Réclamations et sanctions
  7. Libertés et droit pénal numérique
  8. Liberté d’expression et droit pénal
  9. Injure et espace numérique
  10. Propos discriminatoires et diffamation
  11. Cyberharcèlement et happy slapping
  12. Darknet et infractions commanditées
  13. Infractions sexuelles en ligne
  14. Loyauté et avis en ligne
  15. Avis en ligne et fausses réductions
  16. Dropshipping et influence commerciale
  17. Traçabilité et livraison en ligne
  18. Interfaces manipulatoires et données

Repères chronologiques

  1. 6 janvier 1978La loi Informatique et Libertés a été adoptée après la controverse suscitée par le projet SAFARI, qui visait à interconnecter de grands fichiers administratifs au moyen d’un identifiant unique.
  2. 19 mars 2008La Cour d’appel de Paris a jugé fautive la publication exclusive d’avis négatifs sur les produits d’un concurrent, suivie d’une mention accusatrice après leur retrait.
  3. 13 mai 2014Dans l’arrêt Google Spain, la CJUE a reconnu sous certaines conditions un droit au déréférencement des résultats affichés à partir d’une recherche sur le nom d’une personne, après mise en balance avec l’intérêt du public.
  4. 3 novembre 2016La Cour de cassation a suivi la solution retenue par la CJUE et a considéré l’adresse IP comme une donnée à caractère personnel.
  5. 3 septembre 2025La plateforme Shein a reçu une amende liée à des cookies déposés sans consentement valable ou lus après le retrait du consentement.

1. Droit au respect de la vie privée

★ À maîtriser

  • L’article 9-1 du Code civil consacre le droit de chacun au respect de sa vie privée, sans en donner une définition précise.

  • Selon l’interprétation de l’article 8 de la CEDH dans l’arrêt Pretty contre Royaume-Uni du 29 avril 2002, la vie privée protège le droit de mener sa propre existence avec un minimum d’ingérence extérieure, notamment l’autonomie personnelle et les choix relatifs à sa santé. - Pretty contre UK

📌 La collecte, la conservation ou l’exploitation systématique de données relatives à une personne peut constituer une ingérence dans sa vie privée au sens de l’article 8 de la CEDH, même si ces informations sont publiques ou aisément accessibles.

Compléments

📌 L’utilisation d’adresses recueillies en ligne pour intégrer des personnes à une newsletter politique requiert leur consentement exprès préalable.

2. Jurisprudence et adresse IP

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions, arrêts et jugements rendus par les juridictions.
  • Revirement de jurisprudence : Abandon par une juridiction d’une solution antérieure au profit d’une règle contraire ou radicalement différente.

★ À maîtriser

📌 Un arrêt de principe pose une règle générale destinée à guider des litiges futurs similaires, tandis qu’une jurisprudence constante résulte de la reprise durable et répétée d’une solution par les juridictions.

  • Dans l’arrêt Breyer du 19 octobre 2016, la CJUE a jugé qu’une adresse IP dynamique est une donnée personnelle si le responsable du traitement dispose de moyens légaux permettant d’identifier la personne grâce à des informations détenues par un tiers.

Compléments

  • L’article 4 du Code civil interdit au juge de refuser de statuer lorsque la loi est obscure, imprécise ou silencieuse, sous peine de déni de justice.

Astuce mémo

Une décision tranche un litige ; un arrêt de principe pose une règle pour les cas futurs.

3. Évolution des données personnelles

★ À maîtriser

  • L’article 1 de la loi Informatique et Libertés pose que l’informatique doit être au service de chaque citoyen sans porter atteinte à l’identité humaine, aux droits de l’homme, à la vie privée ni aux libertés publiques.

📌 La définition de 1978 reposait sur des données nominatives identifiant directement la personne, tandis que la directive européenne du 24 octobre 1995 a retenu le critère fonctionnel de l’identifiabilité directe ou indirecte.

  • Le RGPD, adopté le 27 avril 2016 et applicable depuis le 25 mai 2018, définit une donnée personnelle comme toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable.

  • Les données protégées comprennent notamment : les données d’identification, les données génétiques et biométriques, les données relatives à la vie privée et familiale, les données relatives à la vie professionnelle, les données de connexion

Compléments

📌 L’article 9 du RGPD interdit en principe le traitement de catégories particulières de données, notamment les données génétiques et biométriques, sauf exceptions strictes.

Astuce mémo

1978 : donnée nominative ; 1995 : personne identifiable.

4. Licéité et conformité des traitements

Notions clés & Définitions

  • Responsable de traitement : Personne ou organisme qui détermine les finalités et les moyens du traitement des données.

Points essentiels

  • Les six bases légales sont :
    • le consentement
    • l’exécution d’un contrat ou de mesures précontractuelles
    • le respect d’une obligation légale
    • la sauvegarde des intérêts vitaux
    • l’exécution d’une mission d’intérêt public ou l’exercice de l’autorité publique
    • la poursuite d’un intérêt légitime

📌 Le consentement au traitement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, et la base légale retenue doit être identifiée et documentée avant le commencement du traitement.

  • Les principes de conformité comprennent :
    • la loyauté
    • la transparence
    • la limitation des finalités
    • la minimisation
    • l’exactitude
    • la limitation de la durée de conservation
    • l’intégrité
    • la confidentialité
    • la responsabilité

5. Droits des personnes concernées

★ À maîtriser

  • Les droits des personnes comprennent :
    • le droit d’information
    • le droit d’accès
    • le droit de rectification
    • le droit à l’effacement
    • le droit à la limitation du traitement
    • le droit à la portabilité
    • le droit d’opposition

📌 Le droit à l’effacement permet, dans certains cas, la suppression des données, tandis que le droit à la limitation suspend temporairement leur traitement sans les supprimer définitivement.

Compléments

  • Le droit à la portabilité permet de récupérer les données fournies par la personne dans un format structuré, couramment utilisé et lisible par machine afin de les transmettre à un autre responsable de traitement.

📌 Le droit d’opposition peut être exercé, pour des raisons tenant à la situation particulière de la personne, contre un traitement fondé sur l’intérêt légitime ou une mission d’intérêt public, et sans motif particulier contre la prospection commerciale.

6. Réclamations et sanctions

★ À maîtriser

📌 Une personne peut adresser une réclamation directement au responsable de traitement sans formalisme particulier ; l’absence de réponse dans un délai d’un mois ou une réponse négative ouvre la voie à un recours auprès de l’autorité de contrôle ou du juge.

  • La CNIL, autorité administrative indépendante instituée par la loi du 6 janvier 1978, exerce des missions d’accompagnement et de suivi, de recherche, ainsi que de contrôle et de sanctions.

  • La CNIL peut rendre une sanction publique, ordonner la correction d’un manquement, imposer une astreinte en cas de retard et prononcer une amende administrative pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial, selon le montant le plus élevé applicable.

📌 La sanction administrative de la CNIL vise à faire respecter les règles, l’action civile vise à réparer le préjudice par des dommages et intérêts, et la sanction pénale vise à punir une infraction.

Compléments

  • La victime d’un manquement peut demander réparation devant les juridictions civiles, et les infractions relatives aux données personnelles peuvent aussi donner lieu à des poursuites pénales prévues notamment par les articles 226-16 et suivants du Code pénal.

📌 Un recours contre une décision de la CNIL peut être porté devant le Conseil d’État, en principe dans un délai de deux mois.

Astuce mémo

La CNIL sanctionne, le juge civil répare, le juge pénal punit.

7. Libertés et droit pénal numérique

Points essentiels

  • L’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

📌 La liberté d’expression et de communication en ligne, protégée par l’article 10 de la CEDH, peut être limitée par la loi lorsqu’une restriction poursuit un but légitime.

Astuce mémo

La liberté de communiquer en ligne rencontre sa limite lorsqu’elle cause un dommage à autrui.

8. Liberté d’expression et droit pénal

★ À maîtriser

📌 L’article 4 de la DDHC de 1789 fonde la liberté sur la possibilité de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, principe qui structure aussi les limites pénales applicables aux usages numériques.

Compléments

📌 Selon l’article 10 de la CEDH, toute limitation de la liberté d’expression doit être prévue par la loi et poursuivre un but légitime.

Astuce mémo

Liberté d’expression, mais limite du dommage causé à autrui

9. Injure et espace numérique

Notions clés & Définitions

  • Injure : Expression outrageante, terme de mépris ou invective qui n’impute aucun fait précis à la personne visée.

★ À maîtriser

  • L’injure non publique est punie d’une amende maximale de 38 €, tandis que l’injure publique est punie d’une amende pouvant atteindre 12 000 €.

📌 L’action publique pour injure en ligne se prescrit en principe trois mois après la publication, et la création d’un hyperlien vers le contenu injurieux fait repartir le délai.

📌 Selon l’arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 10 avril 2013, des propos sur Facebook accessibles uniquement aux membres d’une communauté d’intérêts ne revêtent pas un caractère public.

Compléments

📌 La responsabilité de l’hébergeur suppose notamment la preuve qu’il connaissait le contenu illicite, notamment après notification, et qu’il n’a pas réagi diligemment.

Astuce mémo

Insulte sans fait précis : injure ; fait précis imputé : diffamation

10. Propos discriminatoires et diffamation

Notions clés & Définitions

  • Diffamation : Allégation ou imputation d’un fait précis portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne.

★ À maîtriser

  • L’injure discriminatoire non publique est punie d’une amende pouvant atteindre 1 500 €, tandis que l’injure discriminatoire publique est punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

📌 Le délai de prescription des propos discriminatoires est d’un an, notamment depuis la loi du 9 mars 2004, dite Perben II.

📌 La loi Gayssot de 1990 punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende le fait de nier, contester ou minimiser l’existence des crimes contre l’humanité commis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Compléments

  • La diffamation suppose quatre éléments :

    • une personne précisément visée
    • une personne vivante
    • un fait précis et déterminé
    • une atteinte à l’honneur ou à la réputation
  • Des expressions comme « professionnel du crime » ou « délinquant reconnu » peuvent constituer une allégation diffamatoire si elles impliquent que la personne visée a fait l’objet d’une condamnation pénale, même sans date ni juridiction précisée.

Astuce mémo

Injure outrageante contre allégation vérifiable

11. Cyberharcèlement et happy slapping

Notions clés & Définitions

  • Cyberharcèlement : Forme numérique de harcèlement moral qui suppose des propos ou comportements répétés entraînant une dégradation des conditions de vie ou de la santé physique ou mentale de la victime.
  • Happy slapping : Fait de filmer ou diffuser des scènes de violence, de torture, de viol ou d’agression sexuelle.

★ À maîtriser

  • Le cyberharcèlement est notamment puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende si l’interruption totale de travail causée est inférieure ou égale à huit jours, et de deux ans et 30 000 € si elle dépasse huit jours.

📌 Le harcèlement se prescrit par trois ans à compter de la dernière occurrence des faits répétés.

  • La diffusion d’un enregistrement relevant du happy slapping est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, sauf si l’enregistrement résulte de l’exercice normal d’une profession ou vise à servir de preuve en justice.

Compléments

  • Le harcèlement scolaire et le harcèlement au sein du couple font l’objet de régimes pénaux spécifiques prévus respectivement aux articles 222-33-2-3 et 222-33-2-1 du code pénal.

Astuce mémo

Répétition des actes → dégradation des conditions de vie

12. Darknet et infractions commanditées

Notions clés & Définitions

  • Dark Web : Ensemble de réseaux superposés à Internet, accessibles par des logiciels spécifiques qui chiffrent les connexions et les font transiter par plusieurs relais afin d’anonymiser l’origine et la destination du trafic.

★ À maîtriser

📌 Les infractions commises sur le Dark Web, comme les ventes de stupéfiants ou l’association de malfaiteurs, relèvent des infractions déjà prévues par la loi et ne nécessitent pas en elles-mêmes la création d’une infraction spécifique.

📌 Lorsque le meurtre commandité est commis ou tenté, le commanditaire peut être complice d’assassinat, la préméditation résultant de la commande, et encourir la réclusion criminelle à perpétuité en application de l’article 221-3 du code pénal.

Compléments

  • Le Dark Web a d’abord été développé pour permettre aux internautes de pays totalitaires d’échanger librement et d’échapper à la surveillance et à la censure.

  • Selon une étude de 2015, le marché noir du Dark Web concernait à 59 % la revente de drogues, à 26 % la revente de données de logiciels et à 2 % la revente de contrefaçons et de médicaments.

📌 La proposition de commettre un assassinat peut être sanctionnée avant même le commencement d’exécution ou la tentative, en raison de la gravité particulière de l’infraction.

Astuce mémo

Anonymisation des échanges → protection possible des trafics illicites

13. Infractions sexuelles en ligne

Notions clés & Définitions

  • Viol : Tout acte de pénétration commis sur autrui ou sur l’auteur lui-même par violence, contrainte, menace ou surprise.
  • Agression sexuelle : Atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

★ À maîtriser

  • Le viol est puni de quinze ans d’emprisonnement, de trente ans lorsqu’il est commis sur un mineur de moins de quinze ans et de trente ans lorsqu’il est commis via Internet, sous réserve de l’examen des circonstances aggravantes applicables.

  • L’agression sexuelle commise via Internet est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, et celle imposée à un mineur de moins de quinze ans de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

📌 La pédopornographie peut représenter une personne mineure réelle ou fictive, et, pour les mineurs de moins de quinze ans, la production est réprimée même si elle ne vise pas la diffusion du contenu.

Compléments

📌 Le viol ou l’agression sexuelle via Internet peut consister à contraindre une victime, au moyen d’un dispositif numérique, à accomplir sur elle-même des actes de nature sexuelle ; une autre hypothèse est la proposition rémunérée de commettre un viol, réprimée par l’article 222-26-1 du code pénal.

Astuce mémo

Contenu réel ou fictif : les deux peuvent relever de la pédopornographie

14. Loyauté et avis en ligne

Notions clés & Définitions

  • Pratique commerciale déloyale : Pratique contraire aux exigences de la diligence professionnelle et qui altère, ou est susceptible d’altérer substantiellement, le comportement économique du consommateur normalement informé, attentif et avisé.

★ À maîtriser

  • Les avis en ligne publiés doivent être fidèles à la réalité et à l’expérience du consommateur, conformément aux articles D111-17 et D111-18 du code de la consommation.

  • La suppression sélective d’avis négatifs et la création de faux avis positifs peuvent constituer des pratiques commerciales trompeuses, punies jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende selon les références légales citées dans le cours.

  • Le dénigrement consiste à diffuser des informations fausses, mensongères ou non sourcées sur un concurrent, tandis que la publicité comparative constitue une pratique distincte.

Compléments

  • Selon une étude IFOP, 88 % des consommateurs consultent les avis en ligne avant d’acheter et 75 % des consommateurs en ligne privilégient les produits ayant déjà reçu des avis favorables.

  • Une enquête de la DGCCRF menée en 2023 auprès d’environ 550 établissements a révélé que près d’un tiers des avis en ligne présentaient des anomalies.

Astuce mémo

Tromper le consommateur n’est pas dénigrer un concurrent

15. Avis en ligne et fausses réductions

★ À maîtriser

  • La publication de faux avis positifs peut constituer une pratique commerciale trompeuse poursuivie sur le fondement des articles 121-6 du Code pénal et 121-4 du Code de la consommation, passible de deux ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

  • Le dénigrement consiste à diffuser sur un concurrent des informations fausses, mensongères ou non sourcées, tandis que la publicité comparative met côte à côte des produits de marques concurrentes pour les comparer.

  • La directive Omnibus de 2019 impose que le prix de référence d’une réduction corresponde au prix le plus bas pratiqué durant les 30 jours précédant celle-ci ; un rabais calculé à partir d’un prix fictif constitue une pratique commerciale trompeuse.

Compléments

  • Une enquête du Financial Times menée en 2020 a révélé un système industriel de faux avis en ligne basé en Chine, destiné à augmenter artificiellement les ventes sur Amazon.

  • Une étude de la DGCCRF menée en 2023 auprès d’environ 550 établissements a constaté que près d’un tiers des avis en ligne présentaient des anomalies.

  • La Cour d’appel de Paris a jugé, le 19 mars 2008, qu’une société ayant publié exclusivement des avis négatifs sur les produits d’un concurrent puis ajouté une mention accusatrice après leur retrait avait commis un dénigrement fautif.

  • Sur 6 586 annonces à prix barrés examinées dans une action de l’UFC que choisir en 2023, seuls 3,4 % respectaient la règle du prix de référence et 96,6 % reposaient sur des prix de comparaison fixés unilatéralement par le vendeur.

  • Une sanction de 40 millions d’euros a notamment été infligée à l’enseigne Shein dans le contexte des pratiques de prix barrés.

Astuce mémo

Avis positifs fictifs : tromper le consommateur ; avis négatifs ciblés : dénigrer un concurrent.

16. Dropshipping et influence commerciale

Notions clés & Définitions

  • Dropshipping : Modèle de vente en ligne dans lequel le vendeur commercialise des produits sans les stocker, transmet la commande à un fournisseur qui expédie directement le produit au client, et perçoit une marge sur la vente.
  • Influenceur : Personne physique ou morale qui mobilise à titre onéreux sa notoriété auprès de son audience pour promouvoir des biens, des services ou une cause.

★ À maîtriser

📌 La loi du 9 juin 2023 impose, pendant toute la promotion, la mention explicite « publicité » ou « collaboration commerciale » ; le manquement est passible d’un an de prison et de 4 500 euros d’amende.

📌 Selon l’article 6 de la loi de 2023, les influenceurs pratiquant le dropshipping sont considérés comme des vendeurs, doivent informer sur l’identité du fournisseur, vérifier l’absence de contrefaçon et respecter l’information précontractuelle prévue à l’article L. 221-5 du Code de la consommation.

Compléments

  • Le dropshipping est un modèle licite qui s’est rapidement développé avec les réseaux sociaux et la promotion par les influenceurs.

  • Une enquête de la DGCCRF portant sur 12 professionnels du dropshipping a donné lieu à 8 procédures pénales et à des amendes comprises entre 15 000 et 80 000 euros.

  • Une campagne de contrôle menée en 2022 a révélé une centaine d’anomalies sur 200 sites de commerce en ligne, entraînant une vingtaine d’avertissements, une soixantaine d’injonctions et une vingtaine de procès-verbaux pénaux.

Astuce mémo

Commande au vendeur, transmission au fournisseur, expédition au client.

17. Traçabilité et livraison en ligne

★ À maîtriser

📌 L’article 1604 du Code civil met à la charge du vendeur une obligation de délivrance de la chose vendue, complétée par l’article L. 221-15 du Code de la consommation qui prévoit un délai légal de 30 jours.

  • Le vendeur en ligne doit communiquer :

    • sa raison sociale
    • son adresse
    • son numéro d’immatriculation
  • La fragilisation se manifeste notamment par : la réapparition de vendeurs sanctionnés sous une nouvelle identité, la difficulté d’exercer le droit de rétractation, la difficulté d’appliquer des sanctions à des acteurs basés à l’étranger

Compléments

  • Les pratiques dénoncées comprennent : des tentatives de livraison fictives, des points de livraison non signés par le destinataire, des dépôts de colis dans des lieux non sécurisés

  • Le 25 novembre 2025, la Cour d’appel de Rennes a jugé une affaire où des commandes payées pour un total de 90 000 euros n’avaient jamais été honorées et où le compte de la plateforme de paiement avait été bloqué.

Astuce mémo

Opacité du vendeur → recours du consommateur fragilisé.

18. Interfaces manipulatoires et données

Notions clés & Définitions

  • Dark patterns : Interfaces conçues délibérément pour orienter, voire contraindre, le choix du consommateur contre son intérêt.
  • DGCCRF : Autorité rattachée au ministère de l’Économie et de référence pour la protection des consommateurs ; elle enquête, contrôle sur place, teste parfois des produits et peut prononcer des avertissements ou des injonctions.
  • Sanctions administratives : Mesures graduées dont dispose notamment la DGCCRF, de l’avertissement à l’injonction de mise en conformité ou au procès-verbal administratif pouvant déboucher sur une amende.
  • Sludge : Richard Thaler - Frictions artificielles ajoutées au parcours d’achat ou de résiliation pour décourager le consommateur d’exercer ses droits.

★ À maîtriser

📌 L’article 25 du DSA interdit expressément aux plateformes en ligne de concevoir des interfaces manipulatoires.

  • Les interactions sur un site de commerce électronique, comme la consultation d’avis, l’ajout de produits au panier ou le temps passé sur une fiche produit, génèrent des données utilisées pour affiner le profilage publicitaire.

📌 Le RGPD impose la licéité du traitement des données et le principe d’accountability, qui oblige le responsable de traitement à pouvoir démontrer à tout moment sa conformité.

  • Les principaux acteurs complémentaires sont : la DGDDI, qui contrôle les produits avant leur mise sur le marché, l’AMF, qui intervient pour les produits financiers, la CNIL, qui contrôle le respect du RGPD, l’ARCOM, issue de la fusion du CSA et d’Adopi

📌 Les pratiques commerciales trompeuses les plus graves sont passibles de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende, montant pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires ou 50 % des dépenses publicitaires lorsque la pratique a touché un grand nombre de consommateurs.

  • Lancée avec la crise sanitaire de 2020 et gérée par la DGCCRF, la plateforme Signal Conso permet aux consommateurs de signaler une pratique qu’ils estiment déloyale ; plus de 150 000 signalements y ont été recensés en 2023.

  • Un signalement n’a pas de valeur juridique contraignante et son auteur ne reçoit généralement pas de retour motivé, tandis que le DSA impose aux plateformes des mécanismes de notification de contenus illicites.

  • L’action de groupe française repose sur l’adhésion volontaire de chaque consommateur et ne peut être engagée que par des associations agréées, tandis que le système américain inclut par défaut les personnes concernées sauf refus exprès.

  • Entré en application en 2024, le DSA impose aux très grandes plateformes des obligations renforcées de transparence, de modération et de gestion des risques.

  • L’UFC que choisir assure des fonctions de signalement, de recommandation et de contentieux dans la protection des consommateurs.

Compléments

  • Un rapport de l’ARCEP de janvier 2026 relève les difficultés persistantes d’un utilisateur ordinaire à comprendre la logique des algorithmes de classement ou de recommandation qui structurent son expérience d’achat.

📌 L’influence injustifiée est visée par les articles 8 et 9 de la directive de 2005, transposés aux articles L. 121-6 et L. 121-7 du Code de la consommation ; l’article 25 du RGPD complète cet encadrement.

Astuce mémo

Dark patterns : orienter le choix ; sludge : ajouter des frictions.

Tableaux de synthèse

Voies de sanction et finalités

VoieAutoritéFinalité
AdministrativeCNILFaire respecter les règles de protection des données
CivileJuge civilRéparer le préjudice subi
PénaleJuge pénalPunir une infraction

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Loyauté du commerce électronique avec 61 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que consacre l’article 9-1 du Code civil en matière de vie privée ?

2. Quelle conception de la vie privée découle de l’interprétation de l’article 8 de la CEDH dans l’arrêt Pretty contre Royaume-Uni ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Loyauté du commerce électronique avec 81 flashcards interactives.

Que consacre l’article 9-1 du Code civil ?

Le droit de chacun au respect de sa vie privée.

Quelle limite l’article 9-1 du Code civil laisse-t-il à la définition de la vie privée ?

Il n’en donne pas de définition précise.

Quelle décision interprète l’article 8 de la CEDH en matière de vie privée ?

CEDH, Pretty contre UK, 29 avril 2002.

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