★ À maîtriser
📌 En France, l’administration est en principe soumise au droit administratif et contrôlée par le juge administratif, mais elle relève exceptionnellement du droit commun et du juge judiciaire.
Compléments
Administration organique = institutions ; administration matérielle = activités d’intérêt général
1790 séparation → 1872 justice déléguée → 1873 Blanco → 1889 Cadot
★ À maîtriser
📌 Le critère organique rattache l’application du droit administratif à la présence d’un organe administratif, mais il connaît des exceptions lorsque les personnes publiques agissent selon le droit privé ou lorsque des personnes privées gèrent un service public.
📌 Le recours pour excès de pouvoir doit en principe être exercé dans les deux mois suivant l’acte administratif litigieux.
Compléments
📌 Selon le critère du service public défendu par Duguit, le droit administratif s’applique lorsqu’est en cause une activité de service public, mais l’existence des SPIC a limité la portée de ce critère.
Puissance publique → droit administratif ; simple particulier → droit commun
★ À maîtriser
📌 Un service public administratif est en principe soumis au droit administratif et relève principalement du juge administratif, tandis qu’un service public industriel et commercial est en principe soumis au droit privé et relève principalement du juge judiciaire.
Compléments
📌 Les ressources principalement constituées de financements publics ou de recettes fiscales orientent vers la qualification de SPA, tandis que les recettes d’exploitation, redevances des usagers ou recettes publicitaires orientent vers la qualification de SPIC.
SPA = administration ; SPIC = entreprise
★ À maîtriser
Compléments
Le directeur et le comptable d’un SPIC relèvent du régime administratif, conformément à l’arrêt du Conseil d’État du 8 mars 1957, Jalenques de Labeau.
Les actes réglementaires pris par un SPIC pour organiser le service sont des actes administratifs soumis au droit administratif et au juge administratif, conformément à l’arrêt du 15 janvier 1968, Époux Barbier. — Conseil d’État
SPA : droit administratif et juge administratif ; SPIC : droit privé et juge judiciaire
📌 Les deux critères invariants du service public sont le critère matériel, constitué par la satisfaction d’un besoin d’intérêt général, et le critère organique, constitué par la gestion directe ou le contrôle d’une personne publique.
📌 Selon l’arrêt APREI du Conseil d’État du 22 février 2007, une personne privée peut être chargée d’une mission de service public sans prérogatives de puissance publique lorsque l’intérêt général, sa création, son organisation, son fonctionnement, ses obligations et le contrôle de ses objectifs révèlent la volonté de l’administration de lui confier cette mission.
Intérêt général → contrôle public → prérogatives de puissance publique
★ À maîtriser
📌 La création facultative d’un service public par une personne publique doit respecter la liberté du commerce et de l’industrie, la liberté d’entreprendre et le droit de la concurrence.
Compléments
Création imposée par les normes, création facultative sous réserve des libertés économiques
Un EPA est intégralement soumis au droit public, tandis qu’un EPIC est largement soumis au droit privé, sauf notamment pour son directeur, son comptable et ses actes mettant en œuvre des prérogatives de puissance publique.
Dans une concession de service public, le concessionnaire supporte le risque lié à l’exploitation et sa rémunération dépend substantiellement des résultats du service, tandis que dans un marché public la personne publique verse un prix et conserve le risque d’exploitation.
Les personnes publiques sont en principe libres de choisir le mode de gestion du service public, soit par leurs propres moyens, soit par un contrat de la commande publique, conformément à l’arrêt Commune d’Aix-en-Provence du 6 avril 2007 et à l’article L1 du code de la commande publique. — Conseil d’État
La commande publique repose sur trois principes:
Régie et établissement public internalisent ; concession et marché externalisent
★ À maîtriser
📌 Dans une concession de service public, l’opérateur privé reçoit la mission, la rémunération liée à l’exploitation et les risques et aléas qui l’accompagnent, tandis que dans un marché public la rémunération est fixée par un prix et le risque d’exploitation reste supporté par l’acheteur public.
📌 La quasi-régie permet de ne pas appliquer les règles de la commande publique lorsque la personne publique exerce sur l’organisme un contrôle analogue à celui qu’elle exerce sur ses propres services et que cet organisme réalise l’essentiel de ses activités avec elle. — CJCE, TECKAL, 18/11/1989
Compléments
📌 Une activité privée d’intérêt général peut être qualifiée de service public sans contrat lorsque la personne publique exerce un droit de regard sur cette activité et lui accorde des financements en raison de l’intérêt général qui s’y attache.
Concession = risque transféré ; marché public = prix stable et risque public
★ À maîtriser
📌 Les agents publics bénéficient de la liberté de conscience, mais le principe de laïcité leur interdit de manifester leurs convictions religieuses dans l’exercice de leurs fonctions, sous peine de sanction disciplinaire. — CE, Mademoiselle Marteaux, 03/05/2000
📌 Dans les écoles, collèges et lycées publics, le port de signes ou de tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. — Législateur, 15/03/2004
Compléments
📌 Les différences de traitement fondées sur une différence de situation ou sur une nécessité d’intérêt général ne doivent pas être manifestement disproportionnées par rapport au coût réel de la prestation.
Agents = neutralité stricte ; usagers = liberté religieuse encadrée
★ À maîtriser
📌 Le droit de grève est une cessation collective et concertée du travail destinée à défendre des revendications professionnelles, tandis que le droit de retrait est individuel et permet de quitter son poste en cas de danger grave et imminent.
📌 En l’absence de législation générale sur la grève, le chef de service peut réglementer son exercice et concilier le droit de grève avec la continuité du service public. — CE, Dehaene
Compléments
📌 L’administration peut modifier unilatéralement les conditions d’exécution du service public et les contrats de concession pour l’avenir, mais elle ne peut pas donner à ces mesures réglementaires un effet rétroactif. — Société du journal l’Aurore, 25/06/1948
Besoin général variable → adaptation du service public
★ À maîtriser
📌 La police est un service public régalien qui ne peut en principe être délégué à une personne privée, car il relève de la souveraineté de l’État. — CE, 17/06/1932
Compléments
📌 Le maire peut interdire localement la projection d’un film pourtant autorisé au niveau national si sa projection risque d’entraîner des troubles sérieux ou si son caractère immoral, combiné à des circonstances locales particulières, porte atteinte à l’ordre public. — CE, Société des films Lutetia, 18/12/1959
STSP : sécurité, tranquillité, salubrité publiques
★ À maîtriser
📌 Une mesure de police peut être légalement fondée sur la moralité publique lorsqu’elle vise à prévenir des troubles à l’ordre public et repose sur des circonstances locales particulières appréciées in concreto.
Dans l’arrêt CE, section, 18 décembre 1959, Société des films Lutetia, le maire peut interdire la projection d’un film ayant reçu un visa national si son caractère immoral, combiné à des circonstances locales particulières, est préjudiciable à l’ordre public.
Dans l’arrêt CE, assemblée, 27 octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge, le maire pouvait interdire le spectacle de lancer de nains parce qu’il portait en lui-même atteinte à la dignité de la personne humaine, malgré l’absence de trouble matériel et de circonstances locales particulières.
Compléments
📌 Depuis l’arrêt CE, assemblée, 31 juillet 2017, GISTI, les autorités de police administrative générale ont une obligation positive de prendre les mesures nécessaires pour garantir l’effectivité du principe constitutionnel de dignité de la personne humaine.
Moralité = circonstances locales ; dignité = protection universelle
★ À maîtriser
📌 La police administrative poursuit principalement la préservation de l’ordre public, tandis que la police judiciaire recherche les auteurs d’une infraction déterminée.
Compléments
Les litiges relatifs à une opération de police administrative relèvent en principe du juge administratif, tandis que ceux relatifs à une opération de police judiciaire relèvent du juge judiciaire.
Une opération de police administrative peut devenir une opération de police judiciaire lorsqu’une infraction est commise et que les agents se lancent à la poursuite de son auteur.
PA : préserver l’ordre public ; PJ : rechercher les auteurs d’une infraction
Au niveau national, le Premier ministre dispose, depuis l’arrêt CE, 8 août 1919, Labonne, d’un pouvoir propre de police administrative générale pour édicter par décret des mesures applicables sur tout le territoire.
Le préfet peut se substituer au maire lorsque l’ordre public est menacé sur le territoire de plusieurs communes limitrophes ou lorsque le maire reste défaillant après une mise en demeure infructueuse.
En cas de concours entre police administrative générale nationale et locale, l’autorité locale ne peut aggraver la mesure nationale que si des circonstances locales le justifient.
En principe, la police administrative spéciale prime la police administrative générale, mais le maire peut intervenir si des circonstances locales impérieuses le justifient sans nuire à la cohérence et à l’efficacité des mesures étatiques.
Le maire exerce la police administrative générale sur le territoire communal en vertu des articles L2212-1 et suivants du CGCT, au moyen d’un pouvoir propre exercé par arrêté.
National : Premier ministre → local : préfet et maire → concours
★ À maîtriser
Selon le principe posé par l’arrêt CE, 10 août 1917, Baldy, la liberté est la règle et la restriction de police l’exception.
Les autorités de police administrative générale ne peuvent pas soumettre l’exercice d’une activité à une autorisation préalable sans habilitation législative, selon l’arrêt CE, assemblée, 22 juin 1951, Daudignac.
Une mesure de police n’est légale que si elle est justifiée par un trouble à l’ordre public ou par un risque suffisamment établi de trouble à l’ordre public.
Toute mesure de police restrictive de liberté doit être adaptée, nécessaire et proportionnée au but poursuivi.
Le contrôle de proportionnalité vérifie successivement que la mesure permet d’atteindre l’objectif, qu’aucune mesure moins contraignante ne permettrait de l’atteindre et que le bilan entre ses avantages et ses atteintes aux libertés reste acceptable.
Compléments
📌 Lorsqu’un trouble à l’ordre public existe, l’autorité de police a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour y mettre fin, et son abstention peut engager la responsabilité de la puissance publique.
Justifier → adapter → nécessiter → proportionner
★ À maîtriser
Le contrôle de l’adaptation vérifie qu’aucun autre moyen n’était envisageable, que la mesure était strictement nécessaire et qu’elle constituait le moyen le moins contraignant pour préserver l’ordre public.
Lorsqu’un trouble à l’ordre public disparaît, l’autorité de police doit abroger la mesure qui était auparavant justifiée.
Lorsqu’un trouble ou un risque de trouble à l’ordre public existe, l’autorité administrative de police doit prendre les mesures nécessaires, sous peine de voir son abstention qualifiée d’illégale et de fautive. — CE, 23/10/1959
Une interdiction de police peut être légale lorsqu’elle est la seule mesure permettant de prévenir le trouble, mais elle doit rester limitée dans le temps et dans l’espace lorsqu’une interdiction générale et absolue serait disproportionnée.
Compléments
Trouble → nécessité → mesure la moins contraignante
Un acte administratif unilatéral se distingue d’un contrat par la séparation entre son auteur et son destinataire, tandis que dans un contrat l’auteur et le destinataire de l’obligation sont confondus.
Un acte réglementaire vise des destinataires généraux ou désignés par leur qualité, tandis qu’un acte individuel vise un ou plusieurs destinataires nommément désignés dans une situation concrète.
Les actes réglementaires organisant un service public dans le cadre d’une habilitation unilatérale relèvent de la compétence du Conseil d’État en premier et dernier ressort, contrairement aux actes agréant ou refusant d’agréer une personne privée nommément désignée pour participer à une mission de service public existante. — CE, 16/02/2018
Les actes administratifs unilatéraux sont immédiatement exécutoires et bénéficient d’une présomption de légalité jusqu’à leur annulation ou leur suspension par le juge administratif. — CE, HUGLO, 2 juillet 1982
Seule une décision administrative faisant grief peut en principe faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.
En principe, le silence gardé par l’administration pendant deux mois sur une demande vaut décision implicite d’acceptation en application de l’article L. 231-1 du CRPA.
Le silence vaut notamment rejet lorsque la demande ne conduit pas à l’adoption d’un acte individuel, ne relève pas d’une procédure prévue par un texte, présente un caractère financier ou risque de méconnaître les engagements internationaux et européens, les libertés publiques ou l’ordre public.
Depuis l’arrêt Gisti du Conseil d’État du 12 juin 2020, les documents de portée générale émanant d’une autorité administrative peuvent être déférés au juge de l’excès de pouvoir lorsqu’ils produisent des effets notables sur les droits ou la situation de personnes autres que les agents chargés de leur mise en œuvre. — CE, 12/06/2020
La théorie des circonstances exceptionnelles s’applique lorsqu’une situation grave, anormale et imprévisible rend impossible la légalité normale et impose une mesure indispensable, qui demeure soumise à un contrôle de proportionnalité élargi.
État de siège : autorité militaire ; état d’urgence : autorité civile
| Critère | SPA | SPIC |
|---|---|---|
| Droit applicable | Droit administratif | Droit privé |
| Juge principal | Juge administratif | Juge judiciaire |
| Ressources | Financements publics ou recettes fiscales | Recettes d’exploitation, redevances ou publicité |
| Agents | Régime administratif en principe | Salariés de droit privé en principe |
| Élément | SPA | SPIC |
|---|---|---|
| Droit applicable | Droit administratif | Droit privé |
| Juge principal | Juge administratif | Juge judiciaire |
| Agents | En principe agents publics | En principe salariés de droit privé |
| Exceptions | — | Directeur, comptable et actes réglementaires soumis au droit administratif |
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1. Au sens organique, que désigne l’administration ?
2. Une commune met en place un dispositif de collecte des déchets afin de répondre à un besoin collectif : quel aspect de l’administration cette activité illustre-t-elle ?
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Qu'est-ce que l'administration au sens organique selon l'article 20 de la Constitution ?
L'ensemble des institutions publiques sous l'autorité du pouvoir exécutif.
Comment se définit l'administration au sens matériel ?
Un ensemble d'activités orientées vers la satisfaction de l'intérêt général.
Qu'est-ce que le droit administratif ?
Une branche du droit public régissant les relations entre administrés et personnes morales de droit public.
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