QCM : Droit constitutionnel (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel domaine le droit constitutionnel encadre-t-il en définissant les règles relatives aux institutions de l’État ?

La définition des infractions et des peines applicables
L’organisation et le contrôle de l’action administrative
La réglementation des relations entre les différents États
L’établissement, la transmission et l’exercice de l’autorité politique

L’établissement, la transmission et l’exercice de l’autorité politique

Explication

Le droit constitutionnel porte sur les règles institutionnelles qui déterminent comment l’autorité politique s’établit, se transmet ou s’exerce dans l’État. Le droit administratif concerne l’action administrative, le droit pénal les infractions et le droit international les relations entre États.

2. Depuis les années 1970, quel changement a renforcé l’encadrement juridique du pouvoir politique en France ?

La rédaction de nouvelles règles constitutionnelles
La promotion de la justice constitutionnelle
Le renforcement de la prérogative royale
L’extension du contrôle de la justice administrative

La promotion de la justice constitutionnelle

Explication

La promotion de la justice constitutionnelle a permis au droit constitutionnel français de mieux encadrer juridiquement le pouvoir politique. Le pouvoir royal renvoie à l’Ancien Régime, la justice administrative porte sur un autre domaine et la seule rédaction de règles ne correspond pas au facteur indiqué.

3. Un projet politique de la fin du XVIIIe siècle prévoit un texte écrit qui fixe des règles obligatoires pour organiser et limiter le pouvoir de l’État. Quelle conception de la Constitution ce projet illustre-t-il ?

Un acte juridique écrit organisant et limitant le pouvoir de l’État
Un ensemble de coutumes réglant les pratiques du pouvoir politique
Une proclamation politique dépourvue de normes obligatoires
Une organisation étatique concentrant le pouvoir entre les mains du monarque

Un acte juridique écrit organisant et limitant le pouvoir de l’État

Explication

À la fin du XVIIIe siècle, la Constitution est conçue comme un acte juridique écrit dont les normes obligatoires organisent et limitent le pouvoir de l’État. Les coutumes relèvent d’une autre conception, une proclamation sans normes n’a pas cette portée juridique, et la concentration monarchique est contraire à cette fonction limitative.

4. Sous l’Ancien Régime, un monarque décide des lois, dirige le gouvernement et l’administration, et contrôle la justice. Quelle caractéristique du régime cette situation montre-t-elle ?

La séparation des pouvoirs entre des institutions distinctes
La subordination de l’exécutif à une assemblée législative
Le transfert de la souveraineté à une représentation nationale
La concentration des pouvoirs entre les mains du monarque

La concentration des pouvoirs entre les mains du monarque

Explication

Sous l’Ancien Régime, l’absolutisme royal concentre les pouvoirs législatif, judiciaire, gouvernemental et administratif entre les mains du monarque. La séparation des pouvoirs les répartit, leur subordination à une assemblée caractérise un autre agencement, et le transfert à la représentation nationale correspond à une rupture révolutionnaire.

5. Un député soutient que la nation est une entité abstraite et qu’elle n’agit politiquement qu’à travers ses représentants, qui unifient les citoyens en un corps politique. Quelle conception exprime-t-il ?

La conception où les citoyens exercent directement la souveraineté nationale
La conception où l’élection crée à elle seule le corps politique national
La conception de Sieyès, où la nation abstraite existe politiquement par ses représentants
La conception où la nation se confond avec la somme concrète des citoyens

La conception de Sieyès, où la nation abstraite existe politiquement par ses représentants

Explication

Pour Sieyès, la nation est distincte des citoyens et n’existe politiquement que par ses représentants, qui transforment une multitude en corps unifié. La confondre avec les citoyens efface cette distinction, l’exercice direct écarte la représentation et l’élection seule ne définit pas ce mécanisme.

6. Dans un régime établi par la Constitution de 1791, une assemblée élue adopte les lois tandis que le roi dirige l’exécutif. Quel statut politique le roi occupe-t-il dans cette organisation ?

Un représentant secondaire de la nation souveraine
Le représentant élu chargé de la fonction législative
Le représentant unique de la nation auprès des citoyens
Le souverain qui détient l’autorité politique suprême

Un représentant secondaire de la nation souveraine

Explication

La Constitution de 1791 confie la fonction législative à des représentants élus et l’exécutif au roi, devenu un représentant secondaire d’une nation souveraine. Le roi n’est donc pas souverain, ne détient pas la fonction législative et ne représente plus seul la nation.

7. Dans une institution conforme à la Constitution du 3 septembre 1791, les lois sont votées, les décisions exécutives sont prises et les litiges sont jugés. À qui revient chacune de ces fonctions, dans cet ordre ?

À des juges élus, au Roi et à l’Assemblée nationale
À l’Assemblée nationale, au Roi et à des juges élus
À l’Assemblée nationale, à des juges élus et au Roi
Au Roi, à l’Assemblée nationale et à des juges élus

À l’Assemblée nationale, au Roi et à des juges élus

Explication

La Constitution de 1791 attribue le législatif à l’Assemblée nationale, l’exécutif au Roi et le judiciaire à des juges élus. Les autres répartitions déplacent au moins une de ces fonctions vers une institution qui ne la détient pas.

8. Un constituant hésite entre le modèle anglais défendu par les monarquiens et le dispositif retenu en 1791. Quelle combinaison correspond au choix des constituants de 1791 ?

Le bicaméralisme et le veto royal suspensif
Le monocaméralisme et le veto royal suspensif
Le monocaméralisme et le veto royal absolu
Le bicaméralisme et le veto royal absolu

Le monocaméralisme et le veto royal suspensif

Explication

Les constituants de 1791 retiennent une seule chambre et un veto royal suspensif. Le bicaméralisme et le veto absolu caractérisent le modèle anglais défendu par les monarquiens ; les combinaisons mêlant un seul de ces éléments au dispositif de 1791 confondent les deux modèles.

9. À quelle date la Convention abolit-elle la royauté et proclame-t-elle la République ?

Le 20 septembre 1792
Le 27 juillet 1794
Le 21 septembre 1792
Le 22 août 1795

Le 21 septembre 1792

Explication

La Convention abolit la royauté et proclame la République le 21 septembre 1792. Le 20 septembre correspond à sa réunion, le 22 août 1795 à l’instauration du Directoire, et le 27 juillet 1794 à la chute de Robespierre.

10. En juillet 1793, face à une situation de guerre, quelle organisation du pouvoir la Convention met-elle en place jusqu’au retour de la paix ?

Un gouvernement exécutif subordonné à un Premier Consul
Un gouvernement directorial réparti entre deux conseils législatifs
Un gouvernement révolutionnaire concentré chez les conventionnels par les comités de salut public
Un gouvernement confié aux sociétés populaires et aux comités de surveillance

Un gouvernement révolutionnaire concentré chez les conventionnels par les comités de salut public

Explication

La Convention proclame un gouvernement révolutionnaire jusqu’à la paix et concentre le pouvoir gouvernemental entre les mains des conventionnels par l’intermédiaire des comités de salut public. Le Directoire et le Premier Consul relèvent d’autres régimes, tandis que les sociétés populaires ne sont pas l’organe de gouvernement indiqué.

11. Un député affirme que l’intérêt général autorise à écarter les règles constitutionnelles, tandis qu’un autre soutient que les lois doivent respecter la Constitution pour garantir cet intérêt. Quelle position correspond aux modérés ?

Faire primer la vertu révolutionnaire sur la conformité constitutionnelle
Subordonner la Constitution à l’intérêt général invoqué pour écarter les règles
Confier la garantie de l’intérêt général aux comités de salut public
Subordonner l’intérêt général à la légalité et à la conformité des lois à la Constitution

Subordonner l’intérêt général à la légalité et à la conformité des lois à la Constitution

Explication

Les modérés estiment que l’intérêt général doit être garanti par la légalité et par la conformité des lois à la Constitution. L’action hors des règles au nom de la vertu et de l’intérêt général correspond à la position jacobine; les comités de salut public relèvent de l’organisation gouvernementale révolutionnaire.

12. Sous la Constitution de l’an III, quel dispositif législatif répartit le vote de la loi entre deux assemblées ?

Le Tribunat discute la loi et le Corps législatif la vote
Le Conseil des Anciens vote la loi et le Conseil des Cinq-Cents exerce l’exécutif
Une assemblée unique vote la loi sous l’autorité du Directoire
Le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens votent ensemble la loi

Le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens votent ensemble la loi

Explication

La Constitution de l’an III instaure le bicaméralisme : le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens votent ensemble la loi. Le Tribunat et le Corps législatif appartiennent au dispositif du Consulat; attribuer l’exécutif au Conseil des Anciens confond les fonctions législative et exécutive.

13. Sous la Constitution de l’an VIII, trois consuls sont officiellement en fonction, mais le Premier Consul décide, promulgue les lois et révoque les ministres. Comment caractériser cette collégialité ?

Une fonction honorifique du Premier Consul, les assemblées décidant des lois
Une collégialité effective, les trois consuls partageant les décisions
Un exécutif dominé par les ministres, qui choisissent leur révocation
Une collégialité de façade, le Premier Consul détenant le pouvoir de décision

Une collégialité de façade, le Premier Consul détenant le pouvoir de décision

Explication

La collégialité est de façade sous la Constitution de l’an VIII : le Premier Consul détient le pouvoir de décision, promulgue les lois et peut révoquer librement les ministres. La présence de trois consuls ne signifie donc pas un partage effectif du pouvoir.

14. Dans un régime où l’exécutif devient le principal acteur du processus législatif, quel déplacement de pouvoir caractérise le Consulat ?

Le pouvoir passe des ministres au Conseil des Anciens
Le pouvoir passe des assemblées à l’exécutif
Le pouvoir passe du gouvernement aux tribunaux
Le pouvoir passe de l’exécutif aux assemblées

Le pouvoir passe des assemblées à l’exécutif

Explication

Sous le Consulat, le pouvoir se déplace des assemblées vers l’exécutif, qui devient le principal acteur du processus législatif. La suprématie des assemblées renvoie à une autre période, et le vote des lois ne décrit pas ce déplacement général.

15. Un projet de loi est discuté par une assemblée, puis soumis à une autre qui vote sans en débattre. Quelles sont ces deux assemblées, dans cet ordre, sous le Consulat ?

Le Conseil des Cinq-Cents, puis le Conseil des Anciens
Le Corps législatif, puis le Tribunat
Le Conseil d’État, puis le Sénat
Le Tribunat, puis le Corps législatif

Le Tribunat, puis le Corps législatif

Explication

Le Tribunat discute les projets de loi sans voter, tandis que le Corps législatif les vote sans les discuter. Inverser les deux assemblées revient à inverser leurs fonctions; les conseils des Cinq-Cents et des Anciens appartiennent au Directoire.

16. Quel événement institutionnel se produit en 1804 à la suite de deux sénatus-consultes, avant le couronnement du 2 décembre à Notre-Dame-de-Paris ?

La Constitution de l’an III instaure le Directoire
Napoléon Bonaparte reçoit le titre d’empereur
Napoléon Bonaparte est couronné à Notre-Dame-de-Paris
Napoléon Bonaparte devient Premier Consul

Napoléon Bonaparte reçoit le titre d’empereur

Explication

En 1804, deux sénatus-consultes confèrent à Napoléon Bonaparte le titre d’empereur; son couronnement a lieu le 2 décembre à Notre-Dame-de-Paris. Le 18 Brumaire correspond à sa prise de pouvoir en 1799, et le Directoire est instauré en 1795.

17. Un territoire compte une population organisée, mais aucune autorité politique souveraine ne s’y exerce. Quelle conclusion s’impose quant aux conditions d’existence d’un État ?

L’État existe dès lors que le territoire est reconnu comme espace juridique.
L’État existe dès lors qu’une autorité commune régit la population.
Les conditions ne sont pas toutes réunies, car les trois éléments sont cumulatifs.
L’État existe dès lors que la population et le territoire sont réunis.

Les conditions ne sont pas toutes réunies, car les trois éléments sont cumulatifs.

Explication

L’existence de l’État suppose cumulativement une population, un territoire et une autorité politique exclusive. La réponse fondée sur la population et le territoire omet la souveraineté ; celle fondée sur l’autorité commune omet les deux autres éléments ; la reconnaissance d’un espace juridique ne remplace pas ces conditions.

18. Au sens constitutionnel, comment désigne-t-on l’ensemble des citoyens rattachés à l’État par la nationalité lorsqu’il est structuré juridiquement ?

La communauté culturelle.
La population de fait.
La Nation.
Le corps électoral.

La Nation.

Explication

Le peuple constitutionnel réunit les citoyens rattachés à l’État par la nationalité et, structuré juridiquement, peut être appelé Nation. La population de fait désigne l’élément personnel sans cette qualification constitutionnelle, la communauté culturelle repose sur un autre critère et le corps électoral renvoie aux personnes participant au vote.

19. Dans un régime démocratique, une personne acquiert la nationalité de l’État : quelle conséquence celle-ci entraîne-t-elle quant à sa participation politique ?

Elle acquiert la citoyenneté, qui autorise l’exercice des droits de participation politique.
Elle reste rattachée à l’État sans pouvoir exercer de droits liés à la participation politique.
Elle obtient un droit de participation politique du seul fait de sa résidence sur le territoire.
Elle acquiert une appartenance culturelle, qui détermine ses droits politiques.

Elle acquiert la citoyenneté, qui autorise l’exercice des droits de participation politique.

Explication

Dans un régime démocratique, la nationalité entraîne la citoyenneté, qualité qui autorise l’exercice des droits de participation politique. La résidence ne remplace pas le lien de nationalité, l’appartenance culturelle n’est pas le critère juridique et la réponse qui écarte les droits politiques confond nationalité et citoyenneté.

20. Dans un pays, des autorités familiales et religieuses fixent des règles dans leurs domaines, tandis qu’une autorité commune régit l’ensemble du territoire : quel élément distingue ici l’État de ces autorités partielles ?

L’autorité administrative qui exécute des décisions sur le territoire.
L’autorité familiale qui fixe des règles dans la vie privée.
L’autorité politique exclusive qui régit le territoire en commun.
L’autorité religieuse qui régit la pratique d’une communauté.

L’autorité politique exclusive qui régit le territoire en commun.

Explication

L’autorité politique exclusive est l’autorité commune qui régit le territoire et distingue l’État des autorités partielles. L’autorité familiale et l’autorité religieuse sont des pouvoirs circonscrits, tandis que l’administration exerce une fonction qui ne suffit pas à caractériser la souveraineté.

21. Quel auteur définit la souveraineté étatique par le monopole de la violence légitime, c’est-à-dire de la contrainte organisée ?

Thomas Hobbes.
Georges Celle.
Max Weber.
Jean Bodin.

Max Weber.

Explication

Max Weber définit la souveraineté étatique par le monopole de la violence légitime, entendu comme monopole de la contrainte organisée. Georges Celle est associé aux principes de l’État fédéral ; Hobbes et Bodin sont des théoriciens de la souveraineté, mais ne sont pas l’auteur de cette définition.

22. Un État n’est subordonné à aucun autre État, mais il produit librement les règles de son ordre juridique national : comment caractériser ces deux aspects ?

La souveraineté de l’État est son indépendance externe ; la souveraineté dans l’État est son pouvoir de produire les règles internes.
La souveraineté de l’État est son pouvoir de produire les règles internes ; la souveraineté dans l’État est son indépendance externe.
La souveraineté de l’État est son monopole de la contrainte ; la souveraineté dans l’État est sa représentation internationale.
La souveraineté de l’État est sa participation fédérale ; la souveraineté dans l’État est l’autonomie des collectivités.

La souveraineté de l’État est son indépendance externe ; la souveraineté dans l’État est son pouvoir de produire les règles internes.

Explication

La souveraineté de l’État désigne l’indépendance à l’égard de tout autre pouvoir étatique, tandis que la souveraineté dans l’État désigne la capacité de poser les règles de l’ordre juridique national. La deuxième réponse inverse ces sens ; le monopole de la contrainte et les notions fédérales ne décrivent pas cette distinction.

23. Dans le débat sur la répartition des pouvoirs aux États-Unis, quelle position défendent les fédéralistes comme Hamilton et John Adams ?

Une répartition des pouvoirs décidée par les lois ordinaires
Une compétence générale réservée à la fédération
Un État fédéral fort
Un gouvernement fédéral limité et des États renforcés

Un État fédéral fort

Explication

Hamilton et John Adams défendent un État fédéral fort. La défense des droits des États caractérise les démocrates, la compétence générale concerne une règle de répartition des pouvoirs, et les lois ordinaires répartissent les compétences dans un État unitaire.

24. Dans une fédération, une règle attribue par défaut aux entités fédérées les matières que la Constitution n’a pas confiées au pouvoir fédéral. De quel type de compétence s’agit-il ?

La primauté du droit fédéral sur le droit fédéré
La compétence d’attribution, ou d’exception
La compétence énumérée du pouvoir fédéral
La compétence générale, ou de droit commun

La compétence générale, ou de droit commun

Explication

La compétence générale est la compétence de principe, notamment pour les matières non attribuées à l’autre niveau. La compétence d’attribution repose sur une liste de matières, tandis que l’énumération et la primauté du droit fédéral désignent d’autres règles.

25. Un pays fédéral veut modifier la répartition constitutionnelle des compétences entre le pouvoir central et les États fédérés. Quelle procédure correspond à cette forme d’État ?

Modifier une loi ordinaire par un vote du Parlement fédéral
Faire approuver la modification par une majorité simple des électeurs fédéraux
Adopter un décret central après consultation des États fédérés
Modifier la Constitution avec l’approbation des États fédérés à l’unanimité ou aux deux tiers

Modifier la Constitution avec l’approbation des États fédérés à l’unanimité ou aux deux tiers

Explication

Dans un État fédéral, la répartition des compétences relève de la Constitution et sa modification nécessite l’approbation des États fédérés à l’unanimité ou à la majorité qualifiée des deux tiers. La loi ordinaire est le mode de répartition caractéristique de l’État unitaire.

26. En Allemagne, un Land adopte une loi dans un domaine que la Loi fondamentale n’a pas attribué au pouvoir législatif fédéral, mais cette loi contredit ensuite une règle fédérale applicable. Quel principe détermine le droit applicable ?

Les deux textes restent applicables sans règle de priorité
Le droit fédéral prime le droit du Land
La loi du Land est invalide dès son adoption
Le droit du Land prime parce que la matière n’est pas attribuée

Le droit fédéral prime le droit du Land

Explication

Les Länder peuvent légiférer lorsque la Loi fondamentale ne confère pas le pouvoir législatif à la fédération, mais l’article 31 pose la primauté du droit fédéral en cas de conflit. L’absence d’attribution fédérale ne donne donc pas la priorité au droit du Land.

27. Une assemblée rédige une nouvelle constitution, puis la soumet au vote populaire pour adoption. Quelle forme de référendum organise ce vote ?

Un référendum de ratification d’un traité
Un référendum portant sur un acte d’administration
Un référendum constituant
Un référendum législatif

Un référendum constituant

Explication

Le référendum constituant porte sur l’adoption d’une constitution élaborée par une assemblée ou sur la révision d’une constitution existante. Le référendum législatif concerne une loi ordinaire, tandis que la ratification d’un traité relève d’une autre matière référendaire.

28. Jusqu’en 1946, sous quelle forme le droit constitutionnel français connaissait-il les procédés de démocratie semi-directe ?

Sous la forme du référendum législatif instauré en 1958
Sous la forme de référendums organisés par les assemblées
Sous la forme du référendum constituant de l’article 89
Sous la forme dégénérée des plébiscites

Sous la forme dégénérée des plébiscites

Explication

Jusqu’en 1946, les procédés de démocratie semi-directe en droit constitutionnel français n’existaient que sous la forme dégénérée des plébiscites. Le référendum constituant et le référendum législatif sont liés aux évolutions de l’après-guerre et de 1958.

29. Quelle innovation la Constitution française de 1958 introduit-elle concernant les référendums ?

Elle remplace les référendums par des votes parlementaires de révision
Elle réserve l’article 89 aux lois ordinaires et l’article 11 aux révisions constitutionnelles
Elle fait du référendum constituant la procédure normale de révision et introduit le référendum législatif
Elle limite le référendum à la ratification des traités internationaux

Elle fait du référendum constituant la procédure normale de révision et introduit le référendum législatif

Explication

La Constitution de 1958 fait du référendum constituant la procédure normale de révision constitutionnelle à l’article 89 et introduit le référendum législatif. L’article 11 est associé à certaines matières législatives, non à la révision constitutionnelle.

30. Le président de la République souhaite soumettre au peuple une question portant sur une matière législative afin de ne pas passer par le Parlement. Quel mécanisme constitutionnel peut-il mobiliser ?

La procédure de révision constitutionnelle par le Parlement
Le référendum portant sur un acte d’administration
Le référendum législatif prévu à l’article 11
Le référendum constituant prévu à l’article 89

Le référendum législatif prévu à l’article 11

Explication

L’article 11 permet au président de soumettre certaines matières législatives au référendum et de contourner ainsi le Parlement. L’article 89 concerne la révision constitutionnelle, tandis que la procédure parlementaire de révision ne correspond pas à ce mécanisme.

31. Quelle différence distingue le référendum de l’initiative populaire quant à l’origine du texte soumis au vote ?

Le référendum soumet une mesure présentée, tandis que l’initiative fait proposer le texte par l’électorat.
Le référendum bloque une mesure, tandis que l’initiative demande au Parlement de la réexaminer.
Le référendum et l’initiative soumettent tous deux une mesure rédigée par le gouvernement.
Le référendum fait proposer le texte par l’électorat, tandis que l’initiative soumet une mesure présentée.

Le référendum soumet une mesure présentée, tandis que l’initiative fait proposer le texte par l’électorat.

Explication

Le référendum porte sur une mesure présentée au corps électoral, alors que l’initiative lui permet de proposer le contenu du texte. L’approbation d’une mesure confond l’initiative avec le référendum, la rédaction électorale attribuée au référendum inverse la distinction, et le blocage renvoie au veto populaire.

32. En Suisse, un comité lance une initiative populaire et doit réunir les signatures requises dans le délai prévu. Quel objectif correspond à cette procédure ?

Environ un cinquième des élus en 18 mois.
Environ 50 000 signatures d’électeurs en 18 mois.
Environ 100 000 signatures d’électeurs en 12 mois.
Environ 100 000 signatures d’électeurs en 18 mois.

Environ 100 000 signatures d’électeurs en 18 mois.

Explication

La procédure suisse exige environ 100 000 signatures de citoyens ayant le droit de vote en 18 mois. Le seuil d’un cinquième des élus relève du dispositif français, tandis que les autres réponses modifient le seuil ou le délai.

33. Un groupe d’électeurs veut empêcher l’adoption d’une mesure sans soumettre de texte alternatif. Quel mécanisme correspond à son objectif ?

Le référendum législatif d’initiative minoritaire.
L’initiative populaire.
La révision constitutionnelle.
Le veto populaire.

Le veto populaire.

Explication

Le veto populaire permet de s’opposer à une mesure sans proposer de solution nouvelle. L’initiative populaire est constructive, tandis que le référendum et la révision constitutionnelle ne désignent pas ce mécanisme de blocage.

34. En France, des parlementaires veulent déclencher le référendum législatif d’initiative minoritaire instauré en 2008. Quelle combinaison de soutiens est prévue ?

Un dixième des élus du Parlement, soutenu par un cinquième des électeurs inscrits.
Un cinquième des élus du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs inscrits.
Un cinquième des élus du Parlement, soutenu par un cinquième des électeurs inscrits.
Un dixième des élus du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs inscrits.

Un cinquième des élus du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs inscrits.

Explication

Le dispositif introduit en 2008 peut être organisé par un cinquième des élus du Parlement avec le soutien d’un dixième des électeurs inscrits. Les autres combinaisons inversent ou modifient ces proportions, ou substituent un soutien présidentiel au soutien électoral.

35. Un gouvernement édicte de sa propre initiative des règles générales et impersonnelles, sans obtenir au préalable l’aide du Parlement. Quelle évolution contemporaine cela illustre-t-il ?

La décentralisation de la production des règles vers les collectivités territoriales.
La subordination de l’exécutif à une autorisation législative préalable.
La réhabilitation de l’exécutif et son pouvoir normatif autonome.
Le renforcement du contrôle parlementaire sur les actes du gouvernement.

La réhabilitation de l’exécutif et son pouvoir normatif autonome.

Explication

Depuis le XXe siècle, le pouvoir exécutif est réhabilité et le gouvernement peut édicter des règles générales et impersonnelles par un pouvoir normatif autonome. Une délégation préalable, une compétence territoriale ou un contrôle parlementaire accru ne caractérisent pas cette autonomie.

36. Dans un régime où le gouvernement et sa majorité parlementaire agissent étroitement ensemble, quel clivage met en évidence le fait majoritaire ?

L’opposition entre les pouvoirs exécutif et législatif.
L’opposition entre le bloc majoritaire et l’opposition parlementaire.
L’opposition entre le gouvernement et sa majorité parlementaire.
L’opposition entre l’État et les collectivités territoriales.

L’opposition entre le bloc majoritaire et l’opposition parlementaire.

Explication

Le fait majoritaire rapproche le gouvernement de sa majorité et déplace le clivage vers le bloc majoritaire face à l’opposition. La séparation exécutif-législatif est le schéma classique, le partage territorial est vertical, et la majorité n’est pas opposée au gouvernement dans ce mécanisme.

37. Dans un régime parlementaire, les ministres peuvent participer aux travaux des chambres et contribuer à la préparation des lois. Quel principe institutionnel cette pratique illustre-t-elle ?

La collaboration des organes, qui déroge à une spécialisation stricte des fonctions.
L’autonomie normative du gouvernement, sans participation des chambres.
La spécialisation stricte des organes, qui interdit leur participation réciproque.
Le compromis entre le président et le Congrès propre au régime présidentiel américain.

La collaboration des organes, qui déroge à une spécialisation stricte des fonctions.

Explication

Le régime parlementaire déroge à la spécialisation des organes en permettant leur collaboration, notamment par la participation des ministres aux travaux législatifs. La spécialisation stricte s’oppose à cette collaboration, le compromis présidentiel relève du régime américain et l’autonomie normative ne décrit pas cette participation.

38. Dans un régime où le gouvernement doit conserver la confiance de la chambre et celle du chef de l’État, quelle modalité de parlementarisme s’applique ?

Le parlementarisme majoritaire
Le parlementarisme dualiste
Le régime présidentiel
Le parlementarisme moniste

Le parlementarisme dualiste

Explication

Le parlementarisme dualiste rend le gouvernement responsable devant la chambre et le chef de l’État. Le parlementarisme moniste ne retient que la chambre, le régime présidentiel repose sur une autre organisation des pouvoirs, et le caractère majoritaire concerne la stabilité des soutiens parlementaires.

39. Dans un pays, la chambre peut révoquer le gouvernement et déterminer sa composition ainsi que sa politique, sans qu’une autre autorité puisse le maintenir en fonction contre elle. Quelle modalité de parlementarisme décrit cette situation ?

Le parlementarisme dualiste
Un gouvernement autonome devant le Parlement
Le parlementarisme moniste
Le parlementarisme non majoritaire

Le parlementarisme moniste

Explication

Le parlementarisme moniste fait dépendre le gouvernement de la seule chambre, qui peut le révoquer et influer sur sa composition et sa politique. Le dualisme ajoute la responsabilité devant le chef de l’État, tandis que les deux autres réponses portent sur d’autres caractéristiques.

40. Une assemblée fragmentée ne permet pas à un parti de former une majorité cohérente ; le gouvernement se maintient grâce à des coalitions entre plusieurs groupes. De quel type de régime parlementaire s’agit-il ?

Un régime parlementaire caractérisé par la prépondérance exécutive
Un régime parlementaire majoritaire
Un régime parlementaire non majoritaire
Un régime parlementaire à parti dominant

Un régime parlementaire non majoritaire

Explication

Un régime parlementaire non majoritaire dépend de coalitions dans une assemblée fragmentée. Le régime majoritaire s’appuie plutôt sur un parti stable, homogène et discipliné ; la prépondérance de l’exécutif ne définit pas à elle seule le type de majorité.

41. Dans un système parlementaire, les partis parviennent régulièrement à former des majorités stables et cohérentes, et l’exécutif prend une place politique prépondérante. Quelle analyse correspond à ces deux caractéristiques ?

La distinction dépend de la stabilité des majorités, et l’exécutif reste politiquement secondaire
La distinction dépend de la stabilité des majorités, et l’exécutif est politiquement prépondérant
La distinction dépend de la fragmentation des partis, et l’exécutif est politiquement prépondérant
La distinction dépend de la responsabilité devant le chef de l’État, et l’exécutif est politiquement prépondérant

La distinction dépend de la stabilité des majorités, et l’exécutif est politiquement prépondérant

Explication

La distinction entre régimes majoritaire et non majoritaire repose sur la capacité des partis à dégager des majorités stables et cohérentes ; la prépondérance politique de l’exécutif est aussi devenue un trait du parlementarisme. La responsabilité envers le chef de l’État définit plutôt le dualisme, et la fragmentation caractérise le contexte non majoritaire.

42. Quelle formule résume la monarchie parlementaire britannique et exprime la souveraineté du Parlement ?

« Le roi gouverne en son Conseil »
« Le peuple en son Parlement »
« Le roi en son Parlement »
« Le Cabinet en son Parlement »

« Le roi en son Parlement »

Explication

La formule « le roi en son Parlement » résume la monarchie parlementaire britannique et exprime la souveraineté parlementaire. « Le roi gouverne » attribue au monarque une fonction gouvernementale qui ne correspond pas à cette formule.

43. Un étudiant affirme que le Royaume-Uni n’a pas de Constitution puisqu’il ne possède pas de loi fondamentale écrite. Quelle correction décrit correctement son ordre constitutionnel ?

Il repose sur le droit législatif et la common law, sans conventions constitutionnelles
Il repose sur des conventions constitutionnelles, sans droit législatif ni common law
Il repose sur le droit législatif, la common law et des conventions constitutionnelles
Il repose sur une loi fondamentale écrite, la common law et des conventions constitutionnelles

Il repose sur le droit législatif, la common law et des conventions constitutionnelles

Explication

L’absence de loi fondamentale écrite ne signifie pas l’absence d’un ordre constitutionnel : celui-ci comprend le droit législatif, la common law et des conventions ressenties comme obligatoires. La correction ne consiste donc ni à postuler une constitution écrite ni à écarter l’une de ces composantes.

44. Lors d’une élection à la Chambre des communes, chaque circonscription choisit un député au cours d’un seul tour, et le candidat arrivé en tête l’emporte sans devoir obtenir la majorité absolue des voix. Quel mode de scrutin est utilisé ?

Le scrutin plurinominal à un tour à majorité relative
Le scrutin uninominal à un tour à majorité relative
Le scrutin proportionnel à un tour par circonscription
Le scrutin uninominal à deux tours à majorité absolue

Le scrutin uninominal à un tour à majorité relative

Explication

Les membres de la Chambre des communes sont élus au suffrage universel direct selon un scrutin uninominal à un seul tour et à majorité relative. La majorité absolue et le second tour ne sont pas requis, et le scrutin n’est pas proportionnel ni plurinominal.

45. Dans une élection britannique, un parti recueille moins de la moitié des suffrages à l’échelle nationale, mais remporte plus de la moitié des sièges aux Communes. Quelle explication est compatible avec le mode de scrutin ?

Le scrutin majoritaire empêche un parti d’obtenir une majorité en sièges sans majorité en voix
Le scrutin majoritaire garantit que les parts de voix et de sièges restent proportionnelles
Le scrutin majoritaire exige une majorité absolue en voix pour produire une majorité en sièges
Le scrutin majoritaire peut transformer une majorité relative en voix en majorité absolue en sièges

Le scrutin majoritaire peut transformer une majorité relative en voix en majorité absolue en sièges

Explication

Le scrutin majoritaire britannique peut donner au parti vainqueur une majorité absolue de sièges malgré une majorité relative de voix. Exiger la majorité absolue des suffrages ou supposer une proportionnalité entre voix et sièges méconnaît cet effet.

46. Quel organe constitue la branche essentielle de l’exécutif dans le parlementarisme moniste établi par la Loi fondamentale allemande de 1949 ?

Le Bundestag présidé par son président
Le président fédéral entouré de ses conseillers
Le gouvernement fédéral dirigé par le chancelier
Le Bundesrat composé des représentants des Länder

Le gouvernement fédéral dirigé par le chancelier

Explication

Dans ce régime moniste, le gouvernement fédéral, dirigé par le chancelier et responsable devant le Bundestag, est la branche essentielle de l’exécutif. Le président fédéral joue un rôle limité, tandis que le Bundestag et le Bundesrat sont des organes parlementaires.

47. Dans un désaccord sur les orientations de la politique fédérale, quel acteur est chargé d’en fixer les lignes directrices et d’en assumer la responsabilité ?

Le chancelier fédéral
Le président du Bundesrat
Le président du Bundestag
Le président fédéral

Le chancelier fédéral

Explication

Le chancelier fixe les lignes directrices de la politique fédérale et en assume la responsabilité. Attribuer ce rôle au président fédéral confond sa fonction principalement protocolaire avec la direction politique ; le Bundestag et le Bundesrat n’exercent pas cette fonction exécutive.

48. Le Bundestag souhaite mettre fin aux fonctions d’un chancelier en vertu de l’article 67 : quelle démarche lui permet de le renverser ?

Faire nommer un nouveau chancelier par le président fédéral
Élire simultanément un successeur à la majorité absolue
Adopter une motion de défiance sans choisir de successeur
Demander au chancelier de soumettre une motion de confiance

Élire simultanément un successeur à la majorité absolue

Explication

L’article 67 instaure une défiance constructive : le Bundestag ne peut renverser le chancelier qu’en élisant simultanément un successeur à la majorité absolue. Une motion de confiance relève de l’article 68, et une défiance sans successeur ne satisfait pas cette règle.

49. Un régime associe un Parlement qui élit le chancelier à un gouvernement stable grâce à un encadrement étroit de la majorité : à quel modèle cela correspond-il ?

Au parlementarisme allemand
À un régime où le chef de l’État dirige le gouvernement
Au régime présidentiel américain
À un régime où le Parlement ne contrôle pas l’exécutif

Au parlementarisme allemand

Explication

Le parlementarisme allemand combine un Parlement actif et un gouvernement stable, notamment parce que le Parlement élit le chancelier et que la majorité est étroitement encadrée par le gouvernement. Le régime présidentiel américain repose sur une légitimité distincte des pouvoirs, et non sur l’investiture parlementaire du chef du gouvernement.

50. Une règle organise les pouvoirs publics et garantit des libertés, mais n’est pas adoptée selon une procédure constitutionnelle particulière : selon quel critère relève-t-elle de la Constitution matérielle ?

Sa révision selon une procédure plus difficile qu’une loi
Son inscription dans un document intitulé Constitution
Sa place au sommet de la hiérarchie des normes
Son contenu relatif à l’organisation de l’État et aux droits

Son contenu relatif à l’organisation de l’État et aux droits

Explication

La Constitution matérielle se définit par le contenu des règles, notamment celles qui organisent les pouvoirs publics et portent sur les droits et libertés. Le rang hiérarchique et la procédure de révision relèvent des critères formels, tandis que le seul intitulé d’un document ne définit pas la matière.

51. Un État veut empêcher que son gouvernement exerce le pouvoir sans limites juridiques : quel objectif poursuit-il en mettant en place la séparation des pouvoirs et la garantie des droits ?

Renforcer la liberté d’action du gouvernement souverain
Déterminer le partage des compétences entre État et collectivités
Rendre la modification des lois ordinaires plus difficile
Soumettre le gouvernement à des limites juridiques

Soumettre le gouvernement à des limites juridiques

Explication

Le constitutionnalisme vise à soumettre le gouvernement à des limites juridiques ; la séparation des pouvoirs et la garantie des droits sont des moyens de poursuivre cet objectif. La souveraineté sans limites va dans le sens contraire, et les deux autres réponses concernent d’autres questions institutionnelles ou procédurales.

52. Une règle est supérieure aux lois ordinaires et ne peut être révisée que selon une procédure spéciale plus exigeante : quel critère permet de la rattacher à la Constitution formelle ?

Son contenu portant sur les droits et l’organisation des pouvoirs
Son adoption par une procédure identique à celle d’une loi ordinaire
Son inscription dans un texte portant un titre constitutionnel
Son adoption dans la forme constitutionnelle et sa révision spéciale

Son adoption dans la forme constitutionnelle et sa révision spéciale

Explication

La Constitution formelle regroupe les règles adoptées dans la forme constitutionnelle, supérieures aux autres normes et révisables selon une procédure spéciale. Le contenu est le critère matériel ; une procédure ordinaire ou le seul titre du texte ne suffisent pas à caractériser la Constitution formelle.

53. Pour déterminer si une règle appartient formellement à la Constitution, quels deux éléments faut-il examiner ?

La séparation des pouvoirs et la garantie des droits
Sa place dans la hiérarchie des normes et sa procédure de révision
La forme de l’État et le mode d’exercice de la souveraineté
Son contenu relatif aux pouvoirs publics et aux libertés

Sa place dans la hiérarchie des normes et sa procédure de révision

Explication

Les critères formels sont la place de la règle dans la hiérarchie des normes et sa procédure de révision. Le contenu relatif aux pouvoirs ou aux libertés relève de l’analyse matérielle, tandis que séparation des pouvoirs et garantie des droits sont des moyens du constitutionnalisme.

54. Dans un État, le Parlement adopte une loi ordinaire à la majorité simple, mais une modification constitutionnelle exige une procédure renforcée. Quel principe cette différence illustre-t-elle ?

La séparation organique, qui impose des organes différents pour chaque pouvoir
La rigidité constitutionnelle, qui distingue la révision des actes législatifs ordinaires
La souplesse constitutionnelle, qui permet de réviser la Constitution comme une loi ordinaire
La souveraineté parlementaire, qui place la loi au-dessus de la Constitution

La rigidité constitutionnelle, qui distingue la révision des actes législatifs ordinaires

Explication

La rigidité soumet la révision constitutionnelle à une procédure particulière, ce qui distingue le pouvoir constituant des pouvoirs constitués et protège la stabilité ainsi que la supériorité de la Constitution. La « souplesse » renvoie à l’absence de procédure particulière, la « souveraineté parlementaire » inverse la hiérarchie et la « séparation organique » n’est pas nécessaire.

55. Quel pouvoir établit les règles d’organisation de la société politique et est généralement qualifié d’initial, d’autonome et d’inconditionné ?

Le pouvoir législatif
Le pouvoir constituant
Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir juridictionnel

Le pouvoir constituant

Explication

Le pouvoir constituant établit les règles d’organisation de la société politique et se définit généralement comme initial, autonome et inconditionné. Le pouvoir législatif adopte des lois, le pouvoir constituant dérivé révise la Constitution dans le cadre qu’elle prévoit, et le pouvoir juridictionnel interprète et applique le droit.

56. Après une révolution qui abolit l’ordre institutionnel antérieur, un État élabore pour la première fois une nouvelle Constitution. Quel type de pouvoir constituant intervient ?

Le pouvoir de contrôle constitutionnel
Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir législatif ordinaire
Le pouvoir constituant originaire

Le pouvoir constituant originaire

Explication

Le pouvoir constituant originaire intervient pour la première fois dans un État, notamment après une révolution faisant table rase de l’ordre antérieur. Le pouvoir dérivé révise une Constitution existante, le pouvoir législatif adopte des lois ordinaires et le contrôle constitutionnel vérifie la conformité des normes.

57. Une Constitution prévoit quels organes peuvent la réviser et fixe les étapes à respecter. Quel pouvoir ces organes exercent-ils lorsqu’ils suivent ces règles ?

Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir législatif ordinaire
Le pouvoir constituant originaire
Le pouvoir constituant autonome et inconditionné

Le pouvoir constituant dérivé

Explication

Le pouvoir constituant dérivé révise la Constitution par les organes et selon les limites et procédures qu’elle fixe, en préservant la continuité de l’ordre juridique. Le pouvoir originaire crée un nouvel ordre, le pouvoir législatif adopte les lois ordinaires et le pouvoir originaire est qualifié d’autonome et d’inconditionné.

58. Des responsables politiques s’accordent durablement sur une pratique qui complète une règle constitutionnelle écrite, sans adopter de révision formelle. Comment cette pratique est-elle qualifiée ?

Une disposition constitutionnelle écrite
Une révision juridique de la Constitution
Une décision administrative individuelle
Une convention constitutionnelle

Une convention constitutionnelle

Explication

Une convention constitutionnelle est une pratique issue de l’accord des acteurs politiques qui complète ou interprète les textes et perdure tant que le consensus persiste ou qu’une révision juridique ne la remplace pas. Une révision formelle modifie juridiquement le texte, une disposition écrite figure dans celui-ci et une décision individuelle n’est pas une pratique conventionnelle partagée.

59. Un juriste estime que les usages politiques peuvent aussi avoir une valeur constitutionnelle, au-delà des règles écrites. À quel courant se rattache-t-il ?

Au courant normativiste
Au courant nihiliste
Au courant législatif
Au courant réaliste

Au courant réaliste

Explication

Le courant réaliste reconnaît une valeur constitutionnelle aux usages et aux coutumes, tandis que le courant normativiste identifie la norme constitutionnelle au texte. Le courant législatif traite ici d’une autre catégorie de normes, et le nihilisme est une critique formulée contre le réalisme, non sa définition.

60. Selon la distinction formulée par James Bryce, comment qualifie-t-on une Constitution révisable sans procédure particulière ?

Une Constitution suprême
Une Constitution rigide
Une Constitution coutumière
Une Constitution souple

Une Constitution souple

Explication

James Bryce distingue la Constitution souple, révisable sans procédure particulière, de la Constitution rigide, dont la révision suit une procédure spécifique. Le caractère coutumier concerne la source des règles, et la suprématie désigne leur place dans la hiérarchie des normes.

61. Dans un État à Constitution rigide, la procédure de révision est organisée en étapes successives. Quelle séquence correspond le plus souvent à cette procédure ?

L’initiative et l’adoption définitive, sans vote intermédiaire
L’initiative, le vote et l’adoption définitive
L’initiative, la promulgation ordinaire et le contrôle juridictionnel
Le vote, l’initiative et l’adoption définitive

L’initiative, le vote et l’adoption définitive

Explication

La révision d’une Constitution rigide comporte le plus souvent trois phases : l’initiative, le vote et l’adoption définitive. Inverser l’initiative et le vote altère l’ordre des phases, tandis que la promulgation ordinaire et le contrôle juridictionnel ne remplacent pas ces étapes; omettre le vote laisse la procédure incomplète.

62. Dans une conception qui place la Constitution au sommet de la hiérarchie des normes, quel rapport la loi entretient-elle avec elle ?

La Constitution est subordonnée à la loi.
La loi est contrôlée par le chef de l’État plutôt que par un juge.
L’administration est subordonnée à la Constitution plutôt qu’à la loi.
La loi est subordonnée à la Constitution.

La loi est subordonnée à la Constitution.

Explication

Le constitutionnalisme fait de la Constitution la norme supérieure et soumet la loi à celle-ci. La suprématie de la loi relève du légicentrisme, la subordination de l’administration à la Constitution confond les niveaux de la hiérarchie, et le contrôle par le chef de l’État renvoie à une défense politique de l’ordre constitutionnel.

63. Lors d’un débat sur la protection de l’ordre constitutionnel, une proposition confie sa défense juridique à un juge, tandis qu’une autre charge le chef de l’État de préserver politiquement les institutions. À qui correspond chaque conception ?

Kelsen défend le chef de l’État et Schmitt le juge constitutionnel.
Kelsen défend le chef de l’État et Schmitt le Parlement.
Kelsen défend le juge constitutionnel et Schmitt le chef de l’État.
Kelsen défend le Parlement et Schmitt le juge constitutionnel.

Kelsen défend le juge constitutionnel et Schmitt le chef de l’État.

Explication

Dans la controverse de Weimar, Kelsen confie la garde de la Constitution à un juge constitutionnel, alors que Schmitt privilégie la défense politique par le chef de l’État. L’inversion des rôles et les substitutions du Parlement confondent ces fonctions.

64. Une crise grave met en cause l’ordre constitutionnel sous la Constitution française de 1958. Quelle répartition des fonctions correspond à l’équilibre institué ?

Le président contrôle la conformité des lois et le Conseil arbitre et défend l’ordre constitutionnel.
Le Conseil contrôle la conformité des lois et le président arbitre et défend l’ordre constitutionnel.
Le Conseil contrôle la conformité des lois et le Parlement arbitre et défend l’ordre constitutionnel.
Le Parlement contrôle la conformité des lois et le président arbitre et défend l’ordre constitutionnel.

Le Conseil contrôle la conformité des lois et le président arbitre et défend l’ordre constitutionnel.

Explication

La Constitution de 1958 confie au Conseil constitutionnel le contrôle de conformité des lois et reconnaît au président un rôle d’arbitrage ainsi que de défense de l’ordre constitutionnel en période de crise. Attribuer le contrôle des lois au président ou l’arbitrage au Conseil confond les deux fonctions.

65. Des juges non élus censurent une loi votée, et des critiques invoquent la souveraineté populaire. Quel argument fonde la légitimité du contrôle constitutionnel ?

Le Conseil est subordonné au pouvoir constituant, qui peut réviser la Constitution.
Le Conseil est légitime parce que ses membres sont élus directement par le peuple.
Le pouvoir constituant est subordonné au Conseil, qui peut réviser la Constitution.
Le président est subordonné au Conseil, qui peut réviser la Constitution.

Le Conseil est subordonné au pouvoir constituant, qui peut réviser la Constitution.

Explication

La légitimité du contrôle est justifiée par la subordination du Conseil constitutionnel au pouvoir constituant, lequel conserve la possibilité de réviser la Constitution. L’élection directe des membres n’est pas le fondement indiqué, et le pouvoir de révision n’appartient ni au Conseil ni au président.

66. Dans quel ouvrage Hamilton avance-t-il que le contrôle juridictionnel est nécessaire parce qu’un Parlement peut mal faire et qu’une majorité peut devenir oppressive ?

Dans la Constitution fédérale de 1787.
Dans Le Fédéraliste.
Dans l’arrêt Marbury.
Dans les écrits de Jefferson sur le pouvoir des États.

Dans Le Fédéraliste.

Explication

Hamilton développe cet argument en faveur du contrôle juridictionnel dans Le Fédéraliste. Marbury est l’arrêt où Marshall reprend le raisonnement en 1803, tandis que Jefferson est associé à une méfiance envers les limitations du pouvoir des États et des peuples.

67. En quelle année l’arrêt Marbury affirme-t-il que les tribunaux doivent vérifier la conformité des lois à la Constitution et qu’une loi contraire est nulle ?

1787.
1804.
1803.
1920.

1803.

Explication

L’arrêt Marbury date de 1803 et affirme le devoir des tribunaux de vérifier la conformité des lois à la Constitution. 1787 correspond à l’adoption de la Constitution fédérale, tandis que 1920 renvoie à une autre période historique.

68. Dans un litige particulier, un tribunal ordinaire examine si une loi applicable au différend respecte la Constitution. Quelle caractéristique du contrôle américain cette situation illustre-t-elle ?

Un contrôle concentré et abstrait.
Un contrôle diffus et abstrait.
Un contrôle concentré et concret.
Un contrôle diffus et concret.

Un contrôle diffus et concret.

Explication

Le modèle américain est diffus, car tout tribunal peut examiner la constitutionnalité, et concret, car l’examen intervient à l’occasion d’un litige. Une juridiction spécialisée caractérise le contrôle concentré, tandis que l’examen de la loi hors d’un litige est abstrait.

69. Dans un litige américain, un juge estime qu’une loi contredit la Constitution. Quelle mesure peut-il prendre à l’égard de cette loi dans le litige ?

La déclarer inapplicable au litige.
L’annuler pour l’ensemble des justiciables.
Suspendre l’application de la Constitution dans le litige.
Réviser lui-même le texte de la loi.

La déclarer inapplicable au litige.

Explication

Dans le modèle américain, le juge peut écarter la loi en la déclarant inapplicable au litige, mais il ne peut pas l’annuler. L’annulation générale excède son pouvoir dans ce modèle, et le juge ne peut ni suspendre la Constitution ni réécrire la loi.

70. Dans le régime institué par la Constitution de l’An 8, quelle répartition des rôles correspond aux trois Consuls ?

Bonaparte décide, avec Cambacérès et Lebrun comme Consuls inégaux
Lebrun décide, avec Bonaparte et Cambacérès comme Consuls inégaux
Les trois Consuls prennent les décisions à égalité
Cambacérès décide, avec Bonaparte et Lebrun comme Consuls inégaux

Bonaparte décide, avec Cambacérès et Lebrun comme Consuls inégaux

Explication

La Constitution de l’An 8 confie le pouvoir à trois Consuls inégaux, et Bonaparte, premier consul, détient le pouvoir de décision. L’égalité des Consuls confond leur nombre avec une répartition égale du pouvoir; les réponses centrées sur Cambacérès ou Lebrun leur attribuent à tort la décision.

71. Quelle définition de l’État correspond à la conception de Georges Burdeau ?

Un pouvoir institutionnalisé exercé par des règles et des procédures relativement stables
Un pouvoir régi par des décisions ponctuelles sans procédures relativement stables
Un pouvoir exercé par des commandements privés sans cadre juridique commun
Un pouvoir dont le souverain possède personnellement les moyens et l’autorité

Un pouvoir institutionnalisé exercé par des règles et des procédures relativement stables

Explication

Pour Georges Burdeau, l’État est un pouvoir institutionnalisé, exercé au moyen de règles élaborées et appliquées selon des procédures relativement stables. La propriété personnelle du souverain relève de l’ancienne conception patrimoniale; les commandements privés et l’absence de procédures stables écartent l’institutionnalisation juridique.

72. Quels sont les trois principes d’organisation de l’État fédéral attribués à Georges Scelle ?

La superposition, l’autonomie et la participation
La superposition, l’indépendance et la séparation
La centralisation, l’autonomie et la participation
La superposition, la centralisation et la représentation

La superposition, l’autonomie et la participation

Explication

Les trois principes d’organisation de l’État fédéral sont la superposition, l’autonomie et la participation. L’indépendance et la séparation déforment le principe d’autonomie, la centralisation confond autonomie et concentration du pouvoir, et la représentation remplace à tort la participation.

Révisez avec les flashcards

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Que désigne le droit constitutionnel ?

L’ensemble des règles juridiques relatives aux institutions qui établissent, transmettent ou exercent l’autorité politique dans l’État.

Quel effet la promotion de la justice constitutionnelle a-t-elle eu en France depuis les années 1970 ?

Elle a permis de mieux encadrer juridiquement le pouvoir politique.

Comment la Constitution est-elle conçue à la fin du XVIIIe siècle ?

Comme un acte juridique écrit qui organise et limite le pouvoir de l’État par des normes obligatoires.

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