Fiche de révision : Rupture du contrat et sécurité sociale

Plan du Cours

  1. Acteurs et conventions du travail
  2. Pouvoirs et sanctions de l’employeur
  3. Recrutement et égalité d’accès
  4. Durée du travail et CDD
  5. Renouvellement et rupture du CDD
  6. Règles communes du contrat de travail
  7. Heures supplémentaires et complémentaires
  8. Clauses et modifications du contrat
  9. Démission et licenciement pour faute
  10. Procédure et contestation du licenciement
  11. Licenciements sans faute et autres ruptures
  12. Protection sociale et accident du travail
  13. Conditions et cas d’accident du travail
  14. Reconnaissance des maladies professionnelles
  15. Conséquences et indemnisation des AT-MP

1. Acteurs et conventions du travail

Notions clés & Définitions

  • Contrat de travail : Accord de volonté par lequel une personne s’engage à mettre son activité au service d’une autre personne sous la subordination de celle-ci.
  • Lien de subordination : Lien qui existe lorsque le salarié travaille sous les ordres de l’employeur, qui lui impose les conditions d’exercice de sa prestation, notamment les horaires, le lieu de travail et le matériel.

★ À maîtriser

  • La formation d’un contrat de travail repose sur une prestation de travail manuelle ou intellectuelle fournie par le travailleur.

  • La rémunération peut être versée selon différents modes, notamment par chèque ou en espèces, tandis que le bénévolat ne donne pas lieu à un contrat de travail.

Compléments

📌 Une personne physique est un être humain, tandis qu’une personne morale est une structure.

  • Les litiges du travail peuvent relever du conseil de prud’hommes, dont les conseillers interviennent dans cette juridiction, puis de la cour d’appel et de la Cour de cassation.

  • La convention collective de l’aide, de l’accompagnement, du soin et du service à domicile, ainsi que la convention collective d’aide à domicile, concernent les salariés et non les travailleurs indépendants.

2. Pouvoirs et sanctions de l’employeur

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir réglementaire : Pouvoir qui permet à l’employeur d’imposer unilatéralement aux salariés des règles applicables dans sa structure, notamment par un règlement intérieur.
  • Pouvoir disciplinaire : Pouvoir qui permet à l’employeur de sanctionner le salarié qui ne respecte pas les règles applicables dans l’entreprise.

★ À maîtriser

📌 Le règlement intérieur est obligatoire dans une entreprise d’au moins 50 salariés lorsque ce seuil a été atteint pendant 12 mois consécutifs et peut fixer des règles d’hygiène, de sécurité et de discipline ; l’employeur doit le communiquer à l’inspection du travail, qui en contrôle la légalité sans avoir à le valider préalablement.

  • Les sanctions disciplinaires présentées dans un ordre croissant de gravité sont :

    • le blâme
    • l’avertissement
    • la mise à pied disciplinaire
    • le licenciement
  • Les sanctions discriminatoires fondées notamment sur l’origine, le sexe ou la religion du salarié sont interdites.

  • Les sanctions pécuniaires, notamment les amendes et les retenues de salaire, sont interdites.

  • Un salarié ne peut pas être sanctionné pour avoir :

    • subi un harcèlement moral ou sexuel
    • exercé son droit de grève
    • exercé son droit de retrait face à un danger

Compléments

  • Le blâme est un reproche qui peut être formulé par écrit et inscrit au dossier disciplinaire du salarié.

  • L’avertissement est une lettre qui réprime le comportement fautif du salarié et l’invite à éviter qu’il se reproduise.

📌 La mise à pied disciplinaire suspend le contrat pendant quelques jours, période durant laquelle le salarié ne travaille pas et n’est pas payé ; sa durée ne peut dépasser le maximum fixé par le règlement intérieur ou la convention collective.

📌 La sanction disciplinaire doit figurer dans le règlement intérieur, quelle qu’elle soit, faute de quoi le salarié peut la contester devant le conseil de prud’hommes.

  • Le licenciement est la sanction disciplinaire la plus lourde, car il met fin au contrat de travail.

  • Le salarié peut demander au conseil de prud’hommes une réparation sous forme de dommages et intérêts.

📌 L’employeur ne peut pas reprocher au salarié des faits datant de plus de deux mois et doit pouvoir justifier les manquements reprochés.

📌 Après un licenciement, le salarié dispose d’un an pour saisir le conseil de prud’hommes.

Astuce mémo

Blâme, avertissement, mise à pied, licenciement : la sanction s’alourdit.

3. Recrutement et égalité d’accès

Notions clés & Définitions

  • CDI : Contrat de travail de base, appelé contrat de droit commun.

★ À maîtriser

  • L’article L.1132-1 du Code du travail interdit d’écarter un candidat en raison de :
    • son origine
    • son sexe
    • ses mœurs
    • sa situation de famille
    • sa race
    • ses opinions politiques ou religieuses
    • ses activités syndicales
    • son apparence physique
    • son nom, son état de santé ou son handicap

📌 Tout employeur ayant au moins 20 salariés doit employer des travailleurs handicapés ou accidentés du travail dans une proportion de 6 % de l’effectif de l’entreprise.

  • Selon l’article L.1221-20 du Code du travail, la période d’essai permet à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié, notamment au regard de son expérience, et au salarié d’apprécier si les fonctions lui conviennent.

  • Selon l’article L.1221-19 du Code du travail, la durée maximale initiale de la période d’essai est de 2 mois pour les ouvriers et employés, de 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens et de 4 mois pour les cadres.

📌 Pendant la période d’essai, l’employeur ou le salarié peut rompre librement le contrat sans motiver la rupture et sans indemnité de départ pour le salarié.

  • Selon l’article L.1221-25 du Code du travail, le délai de prévenance de l’employeur est de 24 heures si le salarié est présent depuis moins de 8 jours, de 48 heures entre 8 jours et un mois, de deux semaines entre un et trois mois, et d’un mois après plus de trois mois de présence.

Compléments

  • Un enregistrement vocal peut constituer une preuve devant le conseil de prud’hommes en matière de discrimination à l’embauche.

📌 L’employeur ne doit pas poser au candidat des questions inappropriées fondées sur des critères sélectifs, par exemple sur une grossesse prochaine, l’homosexualité ou la religion.

  • Le non-respect de l’interdiction des discriminations à l’embauche peut être sanctionné au civil par des dommages et intérêts et au pénal par des amendes et des peines d’emprisonnement.

  • Une différence de traitement à l’embauche est admise lorsqu’elle est liée à la nature même de l’emploi, par exemple pour le choix d’artistes, de mannequins ou d’acteurs correspondant à un rôle précis.

  • Des mineurs de plus de 15 ans peuvent travailler dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, d’alternance ou d’un travail saisonnier, sous réserve des emplois interdits aux mineurs, notamment le travail de nuit et le port de charges lourdes.

  • L’employeur ne peut pas utiliser de moyens d’enregistrement concernant un candidat à l’embauche sans l’en informer.

  • La période d’essai n’est pas obligatoire.

📌 La période d’essai peut être renouvelée une seule fois pour la même durée si un accord le prévoit.

  • Le salarié qui rompt sa période d’essai doit respecter un délai de prévenance de 48 heures, réduit à 24 heures s’il est présent dans l’entreprise depuis moins de 8 jours.

4. Durée du travail et CDD

★ À maîtriser

  • Le temps complet correspond à 35 heures ou plus par semaine ; entre 35 et 39 heures, les heures sont comptabilisées en RTT.

  • La durée minimale du travail à temps partiel est de 24 heures par semaine, sauf contraintes personnelles, cumul de plusieurs activités, statut d’étudiant de moins de 26 ans ou remplacement d’un salarié absent.

  • Un CDD doit reposer sur un motif de recours valable, notamment : l’accroissement temporaire d’activité, le travail saisonnier, correspondant à des tâches appelées à se répéter chaque année, le remplacement d’un salarié absent

  • Le CDD doit être établi par écrit et comporter les mentions obligatoires prévues par l’article L.1242-12 du Code du travail.

📌 Un CDD à terme précis indique la date de fin du contrat, tandis qu’un CDD à terme imprécis peut être utilisé pour remplacer un salarié absent sans fixer de terme précis.

Compléments

  • Dans les cabinets médicaux, la durée minimale du travail à temps partiel est de 16 heures par semaine, et la convention collective prévoit un minimum de 5 heures par semaine pour le personnel de nettoyage et d’entretien.

  • Le contrat de travail à durée déterminée peut notamment prendre la forme d’un contrat de travail temporaire ou d’un contrat saisonnier.

  • Un CDD de remplacement doit indiquer le nom et la qualification professionnelle de la personne remplacée.

  • Le CDD doit préciser le poste de travail afin de permettre d’identifier s’il présente un risque pour la santé ou la sécurité, notamment en cas de travail en hauteur, sur des machines dangereuses ou d’exposition à des substances dangereuses et nocives.

  • Le CDD doit indiquer l’intitulé de la convention collective applicable.

📌 La période d’essai d’un CDD se calcule à raison d’un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux semaines au maximum.

  • Le CDD doit préciser la rémunération et ses composantes, notamment les primes.

5. Renouvellement et rupture du CDD

★ À maîtriser

  • Un CDD peut être renouvelé au maximum deux fois et sa durée totale est en principe limitée à 18 mois.

  • Selon l’article L.1244-1 du Code du travail, le délai de carence ne s’applique pas au remplacement d’un salarié absent, ce qui permet de conclure des CDD successifs sans carence.

  • Un employeur ne peut pas recourir systématiquement aux CDD pour pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.

  • À l’échéance du CDD, le salarié a droit à une indemnité de précarité égale à 10 % de la rémunération brute perçue pendant toute la durée du contrat.

📌 La rupture anticipée du CDD est possible pendant la période d’essai, en cas de faute grave, de force majeure, d’inaptitude, d’accord écrit et signé des deux parties, ou si le salarié justifie avoir trouvé un CDI.

Compléments

  • Le CDD doit mentionner le nom et l’adresse de la caisse de retraite complémentaire et de l’organisme de prévoyance.

  • La durée maximale du CDD est de 9 mois pour les travaux urgents ou à risques et de 24 mois pour les contrats à l’étranger.

  • Après un premier CDD de moins de 14 jours, le délai de carence avant un nouveau CDD est de 7 jours.

  • Après un premier CDD de plus de 14 jours, le délai de carence avant un nouveau CDD correspond à un tiers de la durée du premier contrat.

  • Le non-respect des règles du CDD entraîne la requalification de tous les CDD en CDI depuis le premier jour du contrat.

  • Si l’employeur continue à faire travailler le salarié après le terme du CDD, le contrat se transforme automatiquement en CDI.

6. Règles communes du contrat de travail

Notions clés & Définitions

  • Suspension du contrat : Cessation temporaire des obligations contractuelles qui n’entraîne pas la rupture du contrat.

★ À maîtriser

  • La durée quotidienne maximale de travail est en principe de 10 heures, mais elle est en principe limitée à 8 heures pour les mineurs, y compris les apprentis mineurs.

  • La durée hebdomadaire réglementaire est de 35 heures et peut atteindre 48 heures si la convention collective le prévoit, voire 60 heures avec l’autorisation de l’administration du travail.

  • L’article L.3131-1 du Code du travail prévoit un repos quotidien minimal de 11 heures entre l’arrêt du travail et la reprise le lendemain.

📌 Le principe « à travail égal, salaire égal » autorise des différences de traitement lorsqu’elles reposent sur des raisons légitimes et objectives, comme l’ancienneté ou une négociation à l’embauche.

Compléments

  • Les causes de suspension citées sont :
    • la maladie
    • les congés payés
    • les congés de maternité
    • les congés de paternité
    • la grève

📌 La durée quotidienne de travail peut être portée à 12 heures par dérogation permise par la convention collective, notamment en cas d’urgence, de travaux saisonniers ou de surcroît temporaire de travail.

  • Le repos hebdomadaire est de deux jours consécutifs, dont le dimanche, sous réserve de dérogations liées au fonctionnement.

  • Les salariés ont droit à 2,5 jours de congé payé par mois.

7. Heures supplémentaires et complémentaires

Notions clés & Définitions

  • Temps de travail effectif : Code du travail - Temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur, se conforme à ses directives et ne peut pas vaquer librement à ses occupations personnelles.
  • Heures supplémentaires : Heures effectuées au-delà de la durée hebdomadaire de 35 heures.
  • Heures complémentaires : Heures effectuées au-delà de la durée prévue pour un temps partiel, sans dépasser 35 heures.

★ À maîtriser

  • Les heures supplémentaires sont majorées de 25 % pour les huit premières heures, jusqu’à 43 heures hebdomadaires, puis de 50 % au-delà.

Compléments

  • Les périodes assimilées au temps de travail effectif sont : les congés payés, les jours de RTT, les congés d’adoption ou familiaux, les congés de formation, le temps d’habillage à l’hôpital, les arrêts de travail dus à un accident du travail, y compris de trajet, ou à une maladie professionnelle

  • Ne sont pas considérés comme du temps de travail effectif :

    • les sanctions et mises à pied
    • la grève
    • le congé parental

📌 Le recours aux heures supplémentaires ou complémentaires relève de la décision de l’employeur, et le salarié ne peut pas effectuer des heures supplémentaires de sa propre initiative.

  • Le salarié peut refuser les heures supplémentaires dans les cas suivants : elles ne sont pas payées, elles sont demandées pendant une maladie, le contingent d’heures supplémentaires est dépassé, elles avaient été proposées et non imposées, le contrat de travail en limite le nombre, l’employeur n’a pas respecté le délai de prévenance de 7 jours

  • Le contingent annuel d’heures supplémentaires est de 220 heures par salarié, mais une convention collective peut fixer un contingent inférieur ou supérieur.

📌 Le dépassement du contingent annuel ouvre droit à des contreparties, avec une majoration de 50 % et, dans les entreprises de plus de 20 salariés, une majoration de 100 %.

Astuce mémo

Au-delà de 35 h : heures supplémentaires ; au-delà du temps partiel sans dépasser 35 h : heures complémentaires.

8. Clauses et modifications du contrat

★ À maîtriser

  • La clause d’exclusivité interdit au salarié d’exercer une autre activité professionnelle, concurrente ou non, et ne s’applique que pendant l’exécution du contrat, tandis que la clause de non-concurrence s’applique après la rupture et interdit une activité similaire chez un concurrent ou pour son propre compte.

  • La modification du contrat acceptée par le salarié et l’employeur doit être constatée par un avenant signé.

  • La rémunération et la durée du travail sont des éléments contractuels que l’employeur ne peut pas modifier seul et dont la modification nécessite un avenant.

Compléments

  • Le contrat peut prévoir les primes suivantes :

    • une prime de participation
    • une prime d’intéressement
    • une prime d’ancienneté
    • une prime de vacances
    • un treizième mois
  • Une clause de confidentialité peut interdire au salarié de communiquer les informations de l’entreprise.

  • La clause de non-concurrence s’applique généralement pendant 12 mois et prévoit le versement d’une somme par l’employeur à l’ancien salarié pendant cette période.

  • Le changement des conditions de travail relève du pouvoir de direction de l’employeur, et le refus du salarié peut constituer une insubordination susceptible de sanction.

  • L’employeur peut modifier unilatéralement le lieu de travail dans le même secteur géographique si la modification est motivée par l’intérêt de l’entreprise et si le salarié en est informé à l’avance.

  • Les horaires relèvent du pouvoir de direction de l’employeur sauf abus, mais le passage au travail de nuit nécessite un avenant.

  • L’employeur peut modifier les fonctions ou missions du salarié si cette modification reste cohérente.

  • La modification de la qualification ou des responsabilités du salarié nécessite un avenant.

Astuce mémo

Une modification contractuelle exige un avenant ; un changement des conditions de travail relève parfois du pouvoir de direction.

9. Démission et licenciement pour faute

Notions clés & Définitions

  • Démission : Résiliation par le salarié de son CDI.
  • Faute grave : Violation des obligations du contrat de travail qui prive le salarié de son indemnité de licenciement.
  • Faute lourde : Faute commise intentionnellement par le salarié pour nuire à l’employeur.

★ À maîtriser

  • Les trois degrés de faute sont :
    • la faute simple
    • la faute grave
    • la faute lourde

Compléments

  • La démission ne nécessite aucune formalité, mais un écrit est préférable ; il peut être envoyé en recommandé ou remis en double avec une copie signée.

  • Une démission donnée sous le coup de l’énervement peut donner lieu à un droit de rétractation, dont le délai dépend du contrat et correspond généralement au préavis d’un mois.

  • Des exemples de faute simple sont :

    • les absences répétées et injustifiées
    • les erreurs de caisse
    • les retards systématiques

Astuce mémo

La démission vient du salarié ; le licenciement vient de l’employeur.

10. Procédure et contestation du licenciement

★ À maîtriser

📌 Un licenciement doit être fondé sur une cause réelle et sérieuse, c’est-à-dire que les faits reprochés au salarié doivent constituer la véritable cause du licenciement.

📌 L’employeur ne peut sanctionner des faits fautifs plus de deux mois après le jour où il en a eu connaissance.

  • 🔄 La procédure suit trois étapes :

    1. la convocation à l’entretien préalable
    2. la tenue de l’entretien
    3. la notification du licenciement
  • Le salarié peut contester un licenciement sans cause réelle et sérieuse devant le conseil de prud’hommes afin d’en demander la requalification.

📌 La nullité du licenciement est distincte de l’absence de cause réelle et sérieuse et peut permettre d’écarter le barème Macron des dommages et intérêts.

Compléments

  • La convocation est adressée par lettre recommandée ou remise en main propre contre signature ; elle indique l’objet de la convocation, la date et l’heure, et le salarié peut venir seul ou accompagné d’une personne de l’entreprise ou d’un conseiller salarié.

  • Le salarié n’est pas obligé de se présenter à l’entretien préalable, mais la procédure de licenciement suit son cours.

  • Pendant l’entretien préalable, l’employeur doit recueillir les explications du salarié sur les faits reprochés, et le salarié peut se faire assister.

  • La notification du licenciement est adressée par lettre recommandée ou remise en main propre contre signature, au minimum un jour après l’entretien et, selon le conseil rapporté, au maximum un mois après celui-ci.

  • Le formulaire CERFA 15586-09 permet au salarié de saisir seul le conseil de prud’hommes.

  • L’article L.1235-3 est présenté comme l’article relatif aux dommages et intérêts.

  • Les causes de nullité mentionnées sont : la discrimination, la violation d’une liberté fondamentale, notamment la liberté d’expression, la liberté syndicale, l’inégalité entre hommes et femmes, le harcèlement moral ou sexuel, la violation des protections liées à la maternité ou à la paternité, le non-respect des règles relatives aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles, le refus du droit de grève

Astuce mémo

Convocation, entretien, notification : la contestation vient ensuite.

11. Licenciements sans faute et autres ruptures

Notions clés & Définitions

  • Licenciement pour inaptitude : Licenciement pouvant intervenir lorsque l’état de santé physique ou moral du salarié est devenu incompatible avec son poste et qu’aucun reclassement sur un autre poste disponible n’est possible.
  • Prise d’acte : Rupture immédiate du contrat aux torts de l’employeur, que le salarié lui signale par courrier en invoquant un fait reproché.
  • Rupture conventionnelle : Mode de rupture amiable du contrat, conclu d’un commun accord entre les parties et réservé aux CDI.
  • Départ à la retraite : Départ du salarié lorsqu’il atteint l’âge légal ouvrant droit à une pension de vieillesse.

★ À maîtriser

📌 Le licenciement économique, individuel ou groupé, doit être justifié par des difficultés réelles et sérieuses.

📌 Contrairement à la prise d’acte, la résiliation judiciaire ne rompt pas immédiatement le contrat, qui continue selon ses modalités et conditions de travail pendant l’instance.

Compléments

  • L’inaptitude du salarié est constatée par un avis d’inaptitude du médecin du travail.

📌 Un licenciement économique est qualifié de déguisé si le salarié prouve l’absence de cause économique, ce qui lui ouvre droit à des indemnités.

📌 Pour faire reconnaître la prise d’acte comme justifiée, le salarié saisit le conseil de prud’hommes ; si les manquements de l’employeur sont suffisamment graves pour empêcher la poursuite du contrat, la prise d’acte produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou d’un licenciement nul dans les cas prévus par la loi, avec les indemnités correspondantes.

  • Des faits pouvant être invoqués à l’appui d’une prise d’acte sont :
    • le non-paiement du salaire
    • les violences morales ou physiques
    • le non-respect des repos

📌 Si les reproches adressés à l’employeur ne sont pas suffisamment graves, la prise d’acte produit les effets d’une démission et l’employeur peut obtenir des dommages et intérêts du salarié.

  • La procédure de rupture conventionnelle comprend un ou plusieurs entretiens, un délai de réflexion du salarié, puis la transmission de la rupture à l’inspection du travail par l’employeur.

  • Les parties fixent librement les conditions de la rupture conventionnelle, notamment la date de rupture et l’indemnité, calculée comme pour un licenciement classique pour faute simple.

Astuce mémo

La prise d’acte rompt immédiatement ; la résiliation judiciaire laisse le contrat se poursuivre pendant l’instance.

12. Protection sociale et accident du travail

Notions clés & Définitions

  • Protection sociale : Mise en place d’une protection destinée à prendre en charge un risque.
  • Accident du travail : Accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause, à une personne salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise, selon l’article L.411-1 du Code de la Sécurité Sociale.
  • Présomption d’imputabilité : La présomption d’imputabilité signifie que la lésion est présumée liée au travail lorsqu’elle se manifeste dès l’accident ou dans un temps proche.
  • Rechute : Aggravation d’une lésion déjà existante.

★ À maîtriser

  • Le salarié dispensé d’effectuer son préavis a droit à une indemnité compensatrice de préavis.

  • Les documents de fin de contrat sont :

    • le certificat de travail
    • l’attestation Pôle emploi
    • le reçu pour solde de tout compte
  • En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le salarié bénéficie d’une meilleure réparation financière dès le premier jour de l’arrêt, sans délai de carence.

📌 L’accident du travail suppose un fait accidentel soudain, contrairement à la maladie professionnelle, qui correspond à une évolution lente.

Compléments

  • Le préavis est d’un mois pour un salarié ayant entre six mois et deux ans d’ancienneté.

  • Le salarié a droit à une indemnité compensatrice de congés payés à la fin du contrat.

📌 L’indemnité de licenciement est due aux salariés ayant au moins un an d’ancienneté.

  • Les régimes de protection sociale cités sont :

    • le régime général de la CPAM
    • le régime spécial de la SNCF
    • le régime spécial de la RATP
    • le régime agricole (MSA)
    • le régime social des indépendants (RSI)
  • Les régimes de protection sociale sont financés par des cotisations des salariés et des employeurs versées dans un pot commun, qui finance notamment les accidents du travail et les maladies professionnelles.

  • Un accident du travail peut entraîner une lésion corporelle ou une lésion psychologique.

  • Lorsqu’une lésion se manifeste dès l’accident ou dans un temps proche, il est difficile de remettre en cause l’accident déclaré par le salarié.

Astuce mémo

L’accident du travail est soudain ; la maladie professionnelle évolue lentement.

13. Conditions et cas d’accident du travail

Notions clés & Définitions

  • Temps de travail effectif : Période où le salarié travaille sous la subordination de l’employeur.

★ À maîtriser

📌 L’accident du travail survient au temps et au lieu du travail, tandis que l’accident de trajet concerne le déplacement entre le domicile et le lieu de mission.

  • Les trois catégories d’accidents sont :

    • l’accident de droit commun sur un trajet personnel
    • l’accident de trajet entre le domicile et le lieu de mission
    • l’accident du travail entre deux lieux de mission
  • La reconnaissance d’un accident du travail suit une procédure de déclaration, d’instruction par la CPAM, de décision, puis éventuellement de recours.

📌 L’employeur déclare l’accident à la CPAM au moyen du formulaire DAT dans les 48 heures suivant l’information du salarié, même s’il conteste le récit de celui-ci.

  • La CPAM rend sa décision dans les 30 jours suivant la DAT, délai porté à 2 mois en cas d’enquête.

Compléments

  • Le lieu de travail comprend le lieu de mission et l’enceinte de l’entreprise, notamment le parking, les escaliers et l’ascenseur.

📌 Pendant une astreinte, la durée de l’intervention et son déplacement constituent du temps de travail effectif, tandis que le trajet devient un accident de trajet dès que le salarié quitte son domicile.

  • Un suicide à domicile peut être reconnu comme accident du travail lorsqu’il est lié à une forte pression de l’employeur.

  • Un accident survenu lors d’une mission à la poste pendant la journée ou d’une réunion extérieure ordonnée par l’employeur peut être reconnu comme accident du travail.

  • Le décès d’un salarié sur son lieu de travail constitue un accident du travail, même si l’employeur peut avoir connaissance des faits.

  • Le salarié informe l’employeur de l’accident dans les 24 heures en décrivant ses circonstances.

  • Dans les 10 jours suivant l’envoi de la DAT, l’employeur peut émettre des réserves motivées, notamment en invoquant une cause totalement étrangère au travail ou l’absence de témoins.

  • Lorsque les réserves motivées sont reçues, la CPAM doit ouvrir une enquête et adresser un questionnaire au salarié et à l’employeur.

  • L’employeur dispose de 2 mois après la notification de prise en charge pour saisir la commission de recours amiable de la CPAM, faute de quoi la décision devient définitive.

  • La CRA dispose de 2 mois pour répondre au recours de l’employeur et son silence vaut rejet implicite.

Astuce mémo

Trajet : domicile–mission ; travail : mission–mission.

14. Reconnaissance des maladies professionnelles

★ À maîtriser

📌 La maladie professionnelle résulte d’une exposition prolongée à un risque lié aux conditions de travail, contrairement à l’accident du travail, qui survient de façon soudaine.

📌 Selon l’article L.461-1 du Code de la sécurité sociale, une maladie désignée dans un tableau et contractée dans les conditions qui y figurent est présumée d’origine professionnelle.

  • Le salarié déclare sa maladie professionnelle à la CPAM au moyen d’une DMP accompagnée d’un certificat médical initial, puis la CPAM ouvre une enquête et statue sur son caractère professionnel dans un délai de 120 jours.

  • Les trois conditions du tableau sont :

    • la désignation de la maladie
    • le délai de prise en charge
    • l’exposition aux risques

Compléments

  • Les tableaux de maladies professionnelles annexés au Code de la sécurité sociale en recensent 60, dont le tableau 30 sur l’amiante, le tableau 57 sur certaines affections péri-articulaires liées aux gestes et postures, et le tableau 98 sur la manutention manuelle de charges lourdes.

  • La reconnaissance d’une maladie professionnelle ouvre au salarié une prise en charge des soins à 100 % sans jour de carence.

  • Le délai de prise en charge est la période pendant laquelle la maladie doit être constatée par un médecin après la fin de l’exposition professionnelle.

📌 La condition d’exposition aux risques exige que le salarié prouve une exposition habituelle à des substances nocives ou l’exercice habituel de travaux risqués pour la santé.

  • Si une ou plusieurs conditions du tableau ne sont pas remplies, la CPAM transmet le dossier au CRRMP, dont l’avis sur l’origine professionnelle de la maladie lie la CPAM.

  • Si la maladie ne figure dans aucun tableau, la CPAM transmet directement le dossier au CRRMP, puis suit la même procédure d’examen.

Astuce mémo

Tableau complet → CPAM ; tableau incomplet ou absent → CRRMP.

15. Conséquences et indemnisation des AT-MP

Notions clés & Définitions

  • Consolidation : Moment où l’état de santé du salarié se stabilise et ne se dégrade plus.
  • Faute inexcusable : Peut être reconnue par le tribunal judiciaire à la demande d’un salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle qui sollicite une indemnisation complémentaire.

★ À maîtriser

  • Après consolidation, une diminution fonctionnelle physique ou intellectuelle durable imputable au travail et constatée par la CPAM donne lieu à l’attribution d’un taux d’IPP.

  • Pour un taux d’IPP de 1 % à 9 %, le salarié reçoit un capital versé en une seule fois.

  • Pour un taux d’IPP supérieur ou égal à 10 %, le salarié perçoit une rente mensuelle à vie.

  • La faute inexcusable suppose que l’employeur ait eu connaissance du danger auquel le salarié était exposé et qu’il n’ait pas pris les mesures nécessaires pour protéger sa santé et sa sécurité.

Compléments

📌 Le salarié dispose de 2 ans pour saisir le tribunal judiciaire d’une demande de reconnaissance de faute inexcusable de l’employeur.

  • Les mesures de protection citées comprennent : les outils ergonomiques, les formations, les équipements de protection individuelle (EPI)

  • L’indemnisation complémentaire peut couvrir : le préjudice esthétique, les souffrances physiques et morales, le préjudice sexuel, le préjudice d’agrément, la perte de possibilité de promotion professionnelle, l’aménagement du domicile ou du véhicule, l’assistance d’une tierce personne

📌 Lorsque les conséquences sont très graves, une plainte pénale contre l’employeur peut s’ajouter à la reconnaissance de sa faute inexcusable.

Tableaux de synthèse

Limites de durée du CDD

SituationDurée maximale
Règle générale18 mois
Travaux urgents ou à risques9 mois
Contrats à l’étranger24 mois

Types d’heures au-delà du temps prévu

TypeSituation
Heures complémentairesAu-delà du temps partiel, sans dépasser 35 heures
Heures supplémentairesAu-delà de 35 heures hebdomadaires

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Rupture du contrat et sécurité sociale avec 59 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle relation caractérise un contrat de travail ?

2. Une personne est engagée pour concevoir des plans à partir de directives de son employeur. Quelle condition de formation du contrat de travail cette activité satisfait-elle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Qu’est-ce qu’un contrat de travail ?

Un accord par lequel une personne met son activité au service d’une autre sous sa subordination.

Quelle prestation le travailleur fournit-il lors de la formation d’un contrat de travail ?

Une prestation de travail manuelle ou intellectuelle.

Quels modes de versement peuvent servir à payer une rémunération ?

Le chèque ou les espèces, notamment.

Voir les flashcards →

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