★ À maîtriser
📌 Les droits de l’homme renvoient à la DDHC de 1789, les libertés publiques à l’article 34 de la Constitution de 1958, et les droits fondamentaux à des droits garantis contre le législateur lui-même.
La DDHC acquiert pleinement une valeur constitutionnelle contraignante avec la décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel de 1971, confirmée en 1973.
Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi organique relative à la QPC en 2010, la France ne contrôlait pas les lois déjà en vigueur, sauf écartement très marginal de lois anciennes par le Conseil d’État.
Compléments
La France a ratifié la CEDH en 1974 et n’a admis la saisine individuelle directe de la Cour européenne des droits de l’homme qu’en 1981.
En Allemagne, la Loi fondamentale de 1949 prévoit un recours direct des citoyens devant la Cour constitutionnelle fédérale, tandis qu’en Italie une Cour constitutionnelle est créée à la même époque et peut être saisie par question préjudicielle ou recours direct.
La loi protège les libertés publiques, mais les droits fondamentaux s’opposent aussi au Parlement.
★ À maîtriser
📌 La classification doctrinale distingue les droits de première génération, associés aux libertés de la DDHC de 1789, des droits sociaux de deuxième génération, associés au Préambule de 1946 et à une intervention positive de l’État.
Catherine Teitgen-Colly conteste la lecture chronologique des générations, car des droits sociaux existaient déjà dans la Constitution de 1793, qui n’a jamais été appliquée mais a été adoptée.
La séparation entre droits exigeant l’abstention de l’État et droits exigeant son intervention est contestable, car même la liberté de la presse et la liberté religieuse nécessitent une action publique pour être pleinement garanties.
Compléments
Garantir un droit exige une action publique → la séparation entre droits d’abstention et droits d’intervention ne tient pas.
★ À maîtriser
📌 En droit interne français, l’article 55 de la Constitution confère aux traités régulièrement ratifiés une autorité supérieure à la loi.
📌 La DUDH de 1948 est une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies à portée symbolique, tandis que les Pactes de 1966 visent à conférer une force contraignante aux droits qu’ils consacrent.
Compléments
Les deux Pactes de 1966 portent respectivement sur les droits civils et politiques et sur les droits économiques, sociaux et culturels, et chacun dispose d’un organe de contrôle.
Parmi les conventions spécialisées de l’ONU, la Convention contre la torture de 1984 est présentée comme la plus importante, en raison de sa large ratification, de son organe de contrôle efficace et de son champ dépassant la torture au sens strict.
Signature → autorisation parlementaire → ratification.
En droit international, la coutume n’est pas hiérarchiquement inférieure au traité et peut même amender ou abroger un traité.
La France n’a jamais ratifié la Convention de Vienne sur le droit des traités, car elle estimait que des normes supérieures aux traités dont le contenu n’était pas précisé portaient atteinte à sa souveraineté.
Dans l’arrêt Barcelona Traction de 1970, la Cour internationale de justice a affirmé l’existence de normes impératives s’imposant aux États même sans engagement conventionnel exprès de leur part.
Le Conseil des droits de l’homme, créé en 2006 pour remplacer la Commission des droits de l’homme et composé d’États, s’appuie sur l’Examen périodique universel, qui concerne les 193 États membres de l’ONU.
La coutume repose sur répétition et opinio juris ; le jus cogens s’impose même aux traités.
★ À maîtriser
📌 Le Conseil de l’Europe prépare des conventions que les États restent libres de ratifier et ne peut pas les contraindre à y adhérer.
La Convention européenne des droits de l’homme est la plus ancienne convention du Conseil de l’Europe et a été ratifiée par ses 46 États membres avant le départ de la Russie.
La CEDH institue la Cour européenne des droits de l’homme, qui peut être saisie par un recours interétatique ou un recours individuel.
Compléments
📌 Pour certains droits, la Cour européenne des droits de l’homme reconnaît aux États une marge d’appréciation et n’intervient que subsidiairement lorsque la protection interne fait défaut.
Le Conseil de l’Europe propose des conventions ; la Cour EDH contrôle subsidiairement leur respect.
★ À maîtriser
Les traités fondateurs des Communautés européennes ne comportaient aucun catalogue de droits fondamentaux, que la Cour de justice a construit par sa jurisprudence à partir des traditions constitutionnelles communes et de la CEDH.
La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a été adoptée en 2000 et a acquis une valeur juridique équivalente à celle des traités avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
📌 L’article 7 TUE permet de sanctionner politiquement un État membre qui viole gravement les droits fondamentaux, notamment par la suspension de son droit de vote au Conseil, mais le mécanisme reste peu opérant en raison de la recherche du consensus.
Compléments
📌 L’article 51 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne délimite son champ d’application.
Jurisprudence de la Cour de justice → Charte de 2000 → valeur de traité avec Lisbonne.
★ À maîtriser
Compléments
L’IVG a été explicitement constitutionnalisée en 2024, alors que la jurisprudence garantissait déjà son accès au titre des libertés personnelles.
La liberté de l’enseignement a été reconnue au titre des PFRLR, bien qu’elle n’ait pas été explicitement inscrite dans le Préambule de 1946 en raison des désaccords liés notamment à l’enseignement catholique.
Les lois organiques interviennent notamment dans deux matières touchant aux droits fondamentaux : l’institution du Défenseur des droits et le statut de la magistrature.
Les principes généraux du droit et la jurisprudence conservent un rôle central dans la protection des droits fondamentaux face à l’administration.
Trois notions de protection des droits
| Notion | Ancrage | Portée envers le pouvoir |
|---|---|---|
| Droits de l’homme | DDHC de 1789 ; valeur constitutionnelle confirmée en 1971 et 1973 | Droits reconnus dans la DDHC |
| Libertés publiques | Article 34 de la Constitution de 1958 | Opposables à l’exécutif et à l’administration, non au Parlement dans la logique historique décrite |
| Droits fondamentaux | Mécanisme de garantie juridictionnel constitutionnel ou extérieur | Opposables au Parlement lui-même |
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1. Quelle distinction caractérise les droits fondamentaux par rapport aux droits de l’homme et aux libertés publiques ?
2. Quelle décision a donné à la DDHC de 1789 une pleine valeur constitutionnelle contraignante ?
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À quelles références renvoient les droits de l’homme et les libertés publiques ?
À la DDHC de 1789 et à l’article 34 de la Constitution de 1958, respectivement.
Qu’est-ce qui caractérise les droits fondamentaux ?
Ils sont garantis contre le législateur lui-même.
Quelle décision de 1971 a conféré une valeur constitutionnelle contraignante à la DDHC ?
La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel.
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