Séparation des autorités → juridiction administrative indépendante → droit administratif autonome
📌 Selon l’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790, les fonctions judiciaires doivent rester séparées des fonctions administratives et les juges ne peuvent troubler les opérations des corps administratifs ni citer les administrateurs à raison de leurs fonctions.
Juge judiciaire ≠ juge de l’administration
Justice retenue → justice déléguée → arrêt Cadot
★ À maîtriser
📌 L’école du service public de Léon Duguit fonde le droit administratif sur les activités destinées à satisfaire l’intérêt général, tandis que l’école de la puissance publique de Maurice Hauriou le fonde sur les procédés exorbitants du droit commun utilisés par l’administration.
Compléments
Duguit : service public ; Hauriou : puissance publique
★ À maîtriser
L’arrêt Blanco a consacré l’autonomie substantielle du droit administratif par rapport au droit civil en reconnaissant des règles spéciales propres à l’action administrative.
Le droit administratif est fondamentalement jurisprudentiel, car le Conseil d’État et le Tribunal des conflits ont progressivement dégagé de nombreuses règles applicables à l’administration.
Compléments
📌 Le contrôle de constitutionnalité vérifie qu’une loi respecte la Constitution, tandis que le contrôle de conventionnalité vérifie qu’une loi respecte les engagements internationaux de la France.
Loi-écran → contrôle de conventionnalité → QPC
★ À maîtriser
Le bloc de constitutionnalité comprend : la Constitution du 4 octobre 1958, son Préambule, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement de 2004
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 a reconnu une valeur constitutionnelle au Préambule de la Constitution de 1958 et aux textes auxquels il renvoie, tout en reconnaissant la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.
Compléments
Constitution → bloc → QPC → contrôle
📌 Selon l’article 55 de la Constitution, les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés ont, sous réserve de réciprocité, une autorité supérieure à celle des lois.
📌 L’article 54 prévoit que la ratification ou l’approbation d’un engagement international comportant une clause contraire à la Constitution ne peut intervenir qu’après révision de la Constitution.
Constitution au sommet interne, traités supérieurs aux lois
★ À maîtriser
🔄 Le juge administratif vérifie successivement :
Dans l’arrêt GISTI du 11 avril 2012, le Conseil d’État a jugé qu’une stipulation internationale est directement applicable si elle ne régit pas exclusivement les relations entre États et ne requiert pas d’acte complémentaire pour produire des effets à l’égard des particuliers.
Compléments
Ratification → publication → réciprocité → effet direct
★ À maîtriser
Dans l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989, le Conseil d’État a accepté de contrôler la compatibilité d’une loi, même postérieure, avec un traité international et d’écarter la loi dans le litige si elle lui est contraire.
Dans l’arrêt Gonzalez Gomez du 31 mai 2016, le Conseil d’État a exercé un contrôle concret en vérifiant si l’application de la loi française, dans les circonstances particulières de l’affaire, portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la CEDH.
📌 Le contrôle abstrait vérifie si la loi est compatible en elle-même avec la norme internationale, tandis que le contrôle concret vérifie si son application à une situation particulière entraîne une atteinte disproportionnée à un droit garanti.
Compléments
Nicolo écarte la loi ; Gonzalez Gomez contrôle son application concrète
★ À maîtriser
📌 Selon l’arrêt Sarran de 1998, la Constitution française prime de manière absolue et inconditionnelle sur les engagements internationaux dans l’ordre juridique interne. - Conseil d’État
📌 L’article 54 de la Constitution permet au Conseil constitutionnel de contrôler a priori la conformité d’un traité à la Constitution avant sa ratification ou son approbation.
Compléments
Sarran affirme la Constitution ; l’Union affirme sa primauté
★ À maîtriser
Pour produire ses effets en droit interne, une directive européenne doit être transposée dans le délai prévu, notamment par une loi ou un décret de transposition.
Dans l’arrêt Arcelor de 2007, le Conseil d’État a organisé le contrôle de constitutionnalité des actes administratifs transposant des directives européennes.
Compléments
📌 Lorsque la directive laisse une marge d’appréciation au pouvoir réglementaire, le juge contrôle directement l’acte de transposition au regard de la directive, tandis que lorsque la directive ne laisse aucune marge, contrôler l’acte revient à contrôler les exigences de la directive.
Directive → transposition → contrôle de l’acte
★ À maîtriser
📌 L’article 88-1 de la Constitution fonde l’obligation constitutionnelle pour la France de transposer les directives européennes dans son ordre juridique interne.
📌 Une directive européenne fixe des objectifs obligatoires tout en laissant en principe aux États membres une marge de manœuvre sur les moyens, tandis qu’un règlement européen s’applique directement.
🔄 Le contrôle dépend de la marge de manœuvre laissée par la directive :
Dans la jurisprudence Arcelor de 2007, le Conseil d’État recherche si le principe constitutionnel invoqué possède un équivalent en droit de l’Union ; en cas de doute, il saisit la Cour de justice de l’Union européenne d’une question préjudicielle ; en l’absence d’équivalent, il contrôle directement la directive au regard de l’identité constitutionnelle de la France.
Compléments
Marge nationale → équivalence européenne → question préjudicielle
📌 Depuis l’arrêt Compagnie des chemins de fer de l’Est du 6 décembre 1907, les règlements d’administration publique pris par des autorités administratives sont des actes administratifs susceptibles d’un recours pour excès de pouvoir. - Conseil d’État
📌 Une ordonnance non ratifiée est un acte administratif contrôlable par le Conseil d’État, mais, après l’expiration du délai d’habilitation, ses dispositions relevant du domaine de la loi sont contestées au regard de la Constitution par la question prioritaire de constitutionnalité.
Critère organique : autorité administrative ≠ acte législatif
★ À maîtriser
Les principes généraux du droit ont une valeur infra-législative et supra-décrétale : ils sont inférieurs à la loi mais supérieurs aux règlements.
L’arrêt Dame Lamotte de 1950 a consacré le principe général du droit selon lequel le recours pour excès de pouvoir est ouvert même sans texte contre tout acte administratif unilatéral. - Conseil d’État
Compléments
L’arrêt Trompier-Gravier de 1944 a consacré les droits de la défense en matière non contentieuse lorsqu’une administration prend une décision de sanction. - Conseil d’État
L’arrêt Société KPMG de 2006 a consacré le principe général du droit de sécurité juridique, notamment sous l’angle de la stabilité juridique et de l’obligation possible de prévoir des mesures transitoires. - Conseil d’État
L’arrêt Société du journal L’Aurore de 1948 a consacré le principe de non-rétroactivité des actes administratifs. - Conseil d’État
Arbitraire administratif → PGD protecteurs des administrés
★ À maîtriser
📌 L’acte administratif unilatéral exprime une décision imposée par l’administration, tandis que le contrat administratif repose sur un accord de volontés entre les parties.
📌 Les missions de police administrative sont considérées comme indisponibles et ne peuvent pas être déléguées par contrat à des personnes privées.
Compléments
Acte unilatéral imposé ≠ contrat fondé sur l’accord des volontés
★ À maîtriser
📌 L’acte administratif unilatéral est un moyen juridique autoritaire de l’action administrative, tandis que le contrat administratif est un moyen juridique négocié.
📌 La distinction entre acte administratif unilatéral et contrat administratif repose sur l’existence d’un accord de volontés : l’AAU s’applique sans consentement, tandis que le contrat régit les parties qui ont accepté ses stipulations.
Compléments
📌 La qualification d’un acte comme acte administratif unilatéral détermine notamment la possibilité d’exercer un recours pour excès de pouvoir contre lui.
AAU sans consentement ≠ contrat avec accord des volontés
| École | Critère privilégié | Auteur |
|---|---|---|
| Service public | Activité d’intérêt général | Léon Duguit |
| Puissance publique | Procédés exorbitants du droit commun | Maurice Hauriou |
| Contrôle | Norme contrôlée | Juge ou mécanisme |
|---|---|---|
| Constitutionnalité | Loi au regard de la Constitution | Conseil constitutionnel |
| Conventionnalité | Loi au regard d’un traité | Juge administratif ou judiciaire |
| QPC | Loi au regard des droits et libertés constitutionnels | Conseil constitutionnel après filtrage |
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