QCM : Théorie générale du droit international privé (35 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet du droit international privé ?

Uniformiser les règles de droit privé applicables dans tous les États
Régir les rapports de droit privé présentant un caractère international
Déterminer les infractions pénales commises dans plusieurs pays
Organiser les relations juridiques entre États souverains

Régir les rapports de droit privé présentant un caractère international

Explication

Le droit international privé regroupe les règles applicables aux rapports de droit privé à caractère international. Les relations entre États souverains relèvent plutôt du droit international public.

2. Une juridiction doit déterminer si elle peut entendre un litige transfrontalier, quel droit le tranche et si un jugement étranger peut être exécuté. À quels domaines du droit international privé ces questions correspondent-elles ?

Conflits de lois, droit international public, responsabilité des États et arbitrage international
Nationalité, droit pénal international, immunités diplomatiques et extradition
Compétence territoriale interne, conflits de juridictions administratives et exécution des contrats
Compétence internationale, conflits de lois, reconnaissance et exécution des jugements étrangers

Compétence internationale, conflits de lois, reconnaissance et exécution des jugements étrangers

Explication

Le droit international privé traite notamment de la compétence internationale, des conflits de lois et de la reconnaissance et de l’exécution des jugements étrangers. L’extradition et les relations entre États ne correspondent pas à cet ensemble de fonctions.

3. Dans un litige international, quelle distinction faut-il faire entre la compétence du juge et la loi applicable ?

La compétence détermine la juridiction saisie, tandis que la loi applicable désigne le droit qui tranche le litige
La compétence détermine la nationalité des parties, tandis que la loi applicable fixe le lieu de l’audience
La compétence désigne le droit qui tranche le litige, tandis que la loi applicable détermine la juridiction saisie
La compétence concerne l’exécution d’un jugement étranger, tandis que la loi applicable établit sa reconnaissance

La compétence détermine la juridiction saisie, tandis que la loi applicable désigne le droit qui tranche le litige

Explication

La compétence internationale identifie le juge appelé à connaître du litige, alors que la loi applicable détermine les règles de fond qui le tranchent. Confondre ces deux questions revient à attribuer à la loi applicable le rôle de désigner la juridiction.

4. Une situation comporte un élément étranger pour le tribunal d’un État, mais cet élément n’est pas inhérent à la situation elle-même. De quel type d’internationalité s’agit-il ?

D’une internationalité subjective, liée au point de vue de l’organe étatique saisi
D’une internationalité objective, présente indépendamment du point de vue de l’organe saisi
D’une internationalité économique, fondée sur un flux de valeur entre plusieurs pays
D’une internationalité contractuelle, définie par le choix d’une loi étrangère par les parties

D’une internationalité subjective, liée au point de vue de l’organe étatique saisi

Explication

L’internationalité subjective dépend de la présence d’un élément d’extranéité au regard de l’organe étatique qui examine la situation. L’internationalité objective, à la différence de cette notion, caractérise une situation intrinsèquement internationale, quel que soit le point de vue adopté.

5. Une opération contractuelle implique un flux de valeur franchissant une frontière et ne se dénoue pas économiquement dans un seul pays. Quel critère d’internationalité décrit cette opération ?

L’internationalité objective, définie par le caractère international intrinsèque de toute situation
L’internationalité économique, fondée sur le flux de valeur ou le dénouement transnational de l’opération
L’internationalité subjective, fondée sur le point de vue de la juridiction saisie
L’internationalité personnelle, fondée sur la nationalité étrangère de l’une des parties

L’internationalité économique, fondée sur le flux de valeur ou le dénouement transnational de l’opération

Explication

L’internationalité économique repose sur un flux de valeur au-delà des frontières ou sur une opération qui ne se dénoue pas économiquement dans un seul pays. La présence d’une partie étrangère relève plutôt d’un élément personnel et ne définit pas à elle seule ce critère économique.

6. Que désigne le particularisme en droit international privé ?

L’harmonisation des règles qui désignent la loi applicable à une situation internationale
La reconnaissance automatique des décisions étrangères dans tous les systèmes juridiques
La création de règles de fond identiques destinées à remplacer les droits nationaux
L’idée que chaque État projette son droit interne à l’international avec ses spécificités propres

L’idée que chaque État projette son droit interne à l’international avec ses spécificités propres

Explication

Le particularisme présente le droit international privé comme une projection du droit interne de chaque État, conservant des spécificités nationales. L’unification vise au contraire à rapprocher les règles ou les solutions entre États.

7. Quel ensemble d’objectifs le droit international privé poursuit-il notamment ?

La priorité des tribunaux nationaux, l’uniformité des sanctions et la disparition des lois étrangères
La protection des frontières, la réciprocité pénale et l’unification des administrations nationales
La centralisation judiciaire, l’identité des procédures et l’exclusion des décisions étrangères
La prévisibilité, la sécurité juridique, la continuité des situations et l’harmonie internationale des solutions

La prévisibilité, la sécurité juridique, la continuité des situations et l’harmonie internationale des solutions

Explication

Le droit international privé cherche notamment à favoriser la prévisibilité et la sécurité juridique, ainsi que la continuité des situations et l’harmonie internationale des solutions. L’exclusion des décisions étrangères ne correspond pas à ces objectifs.

8. Quelle place la loi a-t-elle historiquement occupée parmi les sources du droit international privé en France ?

Une place limitée, tandis que la jurisprudence et la doctrine ont construit des pans importants de la matière
Une place équivalente à celle des traités, les décisions judiciaires ayant peu contribué à la matière
Une place inexistante, la matière ayant été élaborée uniquement par les juridictions internationales
Une place dominante, la jurisprudence et la doctrine ayant eu un rôle essentiellement secondaire

Une place limitée, tandis que la jurisprudence et la doctrine ont construit des pans importants de la matière

Explication

En France, la loi est historiquement une source limitée du droit international privé, dont des pans entiers ont été construits par la jurisprudence et la doctrine. Il est donc inexact de considérer que la loi a dominé cette construction au détriment des autres sources.

9. Quelles distinctions la théorie médiévale des statuts établissait-elle notamment ?

La procédure et le fond, le statut personnel et le statut réel, ainsi que les actes et les faits juridiques
La nationalité et le domicile, le droit public et le droit privé, ainsi que les lois écrites et coutumières
La compétence des juges et celle des législateurs, les obligations et les droits, ainsi que les lois civiles et pénales
La loi du for et la loi étrangère, les personnes et les biens, ainsi que les contrats et les délits

La procédure et le fond, le statut personnel et le statut réel, ainsi que les actes et les faits juridiques

Explication

La théorie des statuts distinguait notamment la procédure du fond, le statut personnel du statut réel, et les actes juridiques des faits juridiques. Les distinctions portant sur la nationalité et le domicile ne constituent pas les catégories indiquées ici.

10. Dans sa consultation de 1553 sur les époux de Ganey, quelle idée Charles Dumoulin défend-il au sujet du régime matrimonial ?

Il est déterminé par la coutume du lieu où se trouvent les biens du couple
Il peut dépendre de la coutume à laquelle les époux ont voulu se soumettre, explicitement ou implicitement
Il doit dépendre de la loi du lieu où les époux ont célébré leur mariage
Il relève de la loi nationale du mari, indépendamment de la volonté des époux

Il peut dépendre de la coutume à laquelle les époux ont voulu se soumettre, explicitement ou implicitement

Explication

Dumoulin soutient que le régime matrimonial peut relever de la coutume choisie par les époux, même implicitement. Le rattachement au lieu de célébration du mariage ne correspond pas à cette idée de choix coutumier.

11. Quelle opposition distingue la conception de Mancini de celle de Savigny concernant le rattachement des lois ?

Mancini privilégie la nationalité de la personne, tandis que Savigny recherche le siège du rapport de droit selon sa nature
Mancini recherche le siège du rapport de droit, tandis que Savigny privilégie la nationalité de la personne
Mancini privilégie le domicile de la personne, tandis que Savigny recherche le lieu de conclusion du contrat
Mancini rattache la loi au lieu du procès, tandis que Savigny privilégie la volonté des parties

Mancini privilégie la nationalité de la personne, tandis que Savigny recherche le siège du rapport de droit selon sa nature

Explication

Mancini rattache l’applicabilité des lois à la nationalité, alors que Savigny localise le siège du rapport de droit en fonction de sa nature. Inverser ces deux rattachements constitue une confusion entre leurs conceptions.

12. Comment Savigny conçoit-il l’application d’une loi étrangère dans les conflits de lois ?

Comme un phénomène normal lié aux intérêts privés, plutôt que comme une faveur accordée par courtoisie internationale
Comme une faveur exceptionnelle accordée par courtoisie internationale, sans lien avec les intérêts privés
Comme une décision relevant des seuls intérêts de l’État du juge, plutôt que des intérêts privés
Comme une conséquence de la nationalité, qui exclut la prise en compte de la nature du rapport de droit

Comme un phénomène normal lié aux intérêts privés, plutôt que comme une faveur accordée par courtoisie internationale

Explication

Pour Savigny, le conflit de lois concerne des intérêts privés et l’application du droit étranger est normale. La présenter comme une faveur exceptionnelle fondée sur la courtoisie internationale reprend précisément la conception qu’il écarte.

13. Quelle différence fondamentale distingue une règle de conflit unilatérale d’une règle bilatérale ?

La règle unilatérale délimite le champ spatial de la loi du for, tandis que la règle bilatérale désigne la loi applicable, française ou étrangère
La règle unilatérale détermine la compétence des tribunaux, tandis que la règle bilatérale règle la reconnaissance des jugements étrangers
La règle unilatérale désigne la loi française ou étrangère, tandis que la règle bilatérale délimite le champ spatial de la loi du for
La règle unilatérale choisit la loi selon la nationalité, tandis que la règle bilatérale choisit la loi selon le domicile

La règle unilatérale délimite le champ spatial de la loi du for, tandis que la règle bilatérale désigne la loi applicable, française ou étrangère

Explication

La règle unilatérale précise dans quels cas la loi du for s’applique, tandis que la règle bilatérale désigne la loi applicable, qui peut être celle du for ou une loi étrangère. Confondre la règle bilatérale avec une simple délimitation de la loi du for inverse cette distinction.

14. Lorsqu’une règle de conflit bilatérale est mise en œuvre, quelle démarche permet de désigner la loi applicable ?

Déterminer la nationalité des parties, puis appliquer ce critère à toutes les catégories juridiques
Qualifier la question de droit dans une catégorie, puis appliquer le critère de rattachement propre à cette catégorie
Comparer les politiques législatives en conflit, puis retenir la loi la plus favorable au demandeur
Choisir d’abord la loi du for, puis classer la question selon le résultat matériel obtenu

Qualifier la question de droit dans une catégorie, puis appliquer le critère de rattachement propre à cette catégorie

Explication

La mise en œuvre suppose de qualifier la question, puis d’appliquer le critère de rattachement associé à sa catégorie. Choisir d’abord la loi du for ne suit pas cette démarche et présuppose le résultat au lieu de le déterminer par la règle.

15. Quels caractères présente la règle de conflit savignienne dans sa forme traditionnelle ?

Elle est abstraite, bilatérale et neutre quant au résultat matériel de son application
Elle est abstraite, unilatérale et conçue pour favoriser la loi du for
Elle est concrète, unilatérale et orientée vers le résultat matériel de son application
Elle est bilatérale, matérielle et conçue pour favoriser la partie la plus vulnérable

Elle est abstraite, bilatérale et neutre quant au résultat matériel de son application

Explication

La règle savignienne traditionnelle est abstraite, bilatérale et neutre quant au résultat matériel. Une règle unilatérale qui favorise la loi du for ne correspond donc pas à ses caractères classiques.

16. Quelle critique Currie et Cavers adressent-ils à la règle bilatérale abstraite, et quelle démarche proposent-ils ?

Ils critiquent son recours aux intérêts privés et proposent de donner priorité à la loi choisie par les parties
Ils critiquent son abstraction et proposent d’examiner les intérêts gouvernementaux et les politiques législatives en conflit
Ils critiquent sa neutralité et proposent de retenir la loi du for selon le lieu de résidence des parties
Ils critiquent son caractère bilatéral et proposent de rattacher chaque litige à la nationalité du demandeur

Ils critiquent son abstraction et proposent d’examiner les intérêts gouvernementaux et les politiques législatives en conflit

Explication

Currie et Cavers mettent en cause l’abstraction de la règle bilatérale et proposent une analyse des intérêts gouvernementaux fondée sur les politiques législatives en conflit. Le rattachement automatique à la nationalité du demandeur ne décrit pas cette méthode.

17. Quelle distinction oppose la justice matérielle à la justice conflictuelle en droit international privé ?

La justice matérielle dépend du choix des parties, tandis que la justice conflictuelle s’appuie sur les règles de compétence judiciaire.
La justice matérielle repose sur les intérêts gouvernementaux, tandis que la justice conflictuelle privilégie les liens les plus étroits.
La justice matérielle repose sur des règles de droit privé, tandis que la justice conflictuelle repose sur des règles de conflit de lois.
La justice matérielle désigne la loi applicable, tandis que la justice conflictuelle tranche directement le fond du litige.

La justice matérielle repose sur des règles de droit privé, tandis que la justice conflictuelle repose sur des règles de conflit de lois.

Explication

La justice matérielle est recherchée par l’application de règles substantielles de droit privé, alors que la justice conflictuelle passe par la désignation d’une loi au moyen d’une règle de conflit. Confondre ces approches reviendrait à attribuer à la règle de conflit la fonction de trancher directement le fond.

18. Que cherche à déterminer le juge lorsqu’il applique l’analyse des intérêts gouvernementaux de Currie et Cavers ?

Si une règle bilatérale neutre permet de prévoir l’issue du litige indépendamment des politiques législatives.
Si la loi étrangère présente des liens plus étroits avec le rapport de droit que la loi désignée initialement.
Si l’application de sa propre loi sert les intérêts de son gouvernement, après examen des politiques législatives en conflit.
Si les parties ont choisi une loi applicable qui répond aux intérêts économiques de leurs gouvernements respectifs.

Si l’application de sa propre loi sert les intérêts de son gouvernement, après examen des politiques législatives en conflit.

Explication

Cette méthode conduit le juge à examiner les politiques des lois en conflit et à vérifier si l’application de sa propre loi sert les intérêts de son gouvernement. Elle ne repose pas sur un rattachement bilatéral neutre, mais sur l’évaluation unilatérale des intérêts gouvernementaux.

19. Quelle différence caractérise la justice au cas par cas associée à Cavers par rapport à la règle bilatérale de conflit ?

Elle donne la priorité à la loi du for, tandis que la règle bilatérale privilégie la loi choisie par les parties.
Elle exige l’application simultanée de plusieurs lois, tandis que la règle bilatérale en désigne une seule selon un rattachement.
Elle confie au juge la maîtrise de la décision, tandis que la règle bilatérale est neutre, abstraite et prévisible.
Elle impose une solution abstraite et prévisible, tandis que la règle bilatérale laisse au juge la maîtrise de chaque décision.

Elle confie au juge la maîtrise de la décision, tandis que la règle bilatérale est neutre, abstraite et prévisible.

Explication

La justice au cas par cas associée à Cavers accorde au juge une marge de décision, alors que la règle bilatérale se caractérise par sa neutralité, son abstraction et sa prévisibilité. L’idée que la règle bilatérale laisse une maîtrise discrétionnaire au juge inverse cette distinction.

20. Dans quelle situation la clause d’exception permet-elle au juge de s’écarter de la loi initialement désignée ?

Lorsqu’une autre loi a été choisie par une partie après la naissance du différend.
Lorsqu’une autre loi offre une solution plus favorable à l’une des parties au litige.
Lorsqu’une autre loi présente des liens manifestement plus étroits avec le rapport de droit.
Lorsqu’une autre loi est celle du tribunal saisi, même si les liens avec le rapport sont faibles.

Lorsqu’une autre loi présente des liens manifestement plus étroits avec le rapport de droit.

Explication

La clause d’exception permet de corriger le rattachement initial si une autre loi entretient des liens manifestement plus étroits avec le rapport de droit. Une solution simplement plus favorable à l’une des parties ne suffit pas à caractériser ce critère.

21. Une règle valide un acte formellement dès lors qu’il satisfait aux conditions de l’une de plusieurs lois désignées : quel type de rattachement met-elle en œuvre ?

Un rattachement alternatif, qui renforce la validité de l’acte en admettant plusieurs lois possibles.
Un rattachement cumulatif, qui renforce la validité de l’acte en admettant plusieurs lois possibles.
Un rattachement exclusif, qui renforce la validité de l’acte en imposant une seule loi désignée.
Un rattachement subsidiaire, qui renforce la validité de l’acte en écartant les lois concurrentes.

Un rattachement alternatif, qui renforce la validité de l’acte en admettant plusieurs lois possibles.

Explication

Le rattachement alternatif permet de satisfaire aux conditions de forme de l’une ou l’autre de plusieurs lois et favorise ainsi la validité de l’acte. Le rattachement cumulatif se distingue précisément parce qu’il exige le respect de plusieurs lois.

22. Après une atteinte à l’environnement, entre quelles lois l’article 7 du règlement Rome II permet-il à la victime de choisir ?

Entre la loi du pays où le contrat a été conclu et celle du pays où le dommage a été évalué.
Entre la loi du pays où le dommage est survenu et celle du pays où le fait générateur s’est produit.
Entre la loi du pays où le tribunal siège et celle du pays où le défendeur possède ses biens.
Entre la loi du pays où la victime réside habituellement et celle du pays où le défendeur exerce son activité.

Entre la loi du pays où le dommage est survenu et celle du pays où le fait générateur s’est produit.

Explication

L’article 7 de Rome II accorde à la victime le choix entre la loi du lieu où le dommage est survenu et celle du lieu du fait générateur. La résidence habituelle de la victime et le lieu d’activité du défendeur ne sont pas les deux rattachements prévus par cette règle.

23. Qu’est-ce qui distingue une règle matérielle de droit international privé d’une règle de conflit de lois ?

La règle matérielle tranche directement une question de fond propre aux rapports internationaux, tandis que la règle de conflit désigne la loi applicable.
La règle matérielle désigne la loi applicable aux rapports internationaux, tandis que la règle de conflit tranche directement la question de fond.
La règle matérielle coordonne plusieurs lois nationales, tandis que la règle de conflit harmonise le contenu des droits substantiels.
La règle matérielle fixe la compétence du tribunal international, tandis que la règle de conflit détermine la reconnaissance des jugements.

La règle matérielle tranche directement une question de fond propre aux rapports internationaux, tandis que la règle de conflit désigne la loi applicable.

Explication

Une règle matérielle fournit une solution substantielle adaptée aux rapports internationaux et peut écarter la règle de conflit. La règle de conflit, à l’inverse, ne tranche pas directement le fond : elle désigne la loi qui le régira.

24. Quelle convention constitue un exemple majeur de droit matériel applicable au commerce international ?

La Convention européenne des droits de l’homme sur la protection des libertés fondamentales.
La Convention de New York sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères.
La Convention de La Haye sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants.
La Convention des Nations unies sur les contrats de vente internationale de marchandises.

La Convention des Nations unies sur les contrats de vente internationale de marchandises.

Explication

La Convention des Nations unies sur les contrats de vente internationale de marchandises, ou CVIM, est un exemple majeur de convention de droit matériel pour le commerce international. La Convention de New York porte principalement sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales, non sur les règles matérielles de la vente.

25. Quelle exigence relative au consentement s’applique à l’adoption en vertu de l’article 370-3 du Code civil, quelle que soit la loi applicable ?

Le consentement de l’autorité étrangère de l’État d’origine, quelle que soit la loi applicable.
Le consentement du tribunal du lieu de résidence de l’adoptant, conformément à l’article 348-3 du Code civil.
Le consentement de l’enfant seul, dès lors que la loi désignée autorise l’adoption.
Le consentement du représentant légal de l’enfant, conformément à l’article 348-3 du Code civil.

Le consentement du représentant légal de l’enfant, conformément à l’article 348-3 du Code civil.

Explication

L’article 370-3 prévoit des rattachements en cascade pour les conditions de l’adoption, tout en imposant le consentement du représentant légal de l’enfant selon l’article 348-3, quelle que soit la loi applicable. Le consentement du tribunal ne remplace pas cette exigence légale.

26. Dans quel cas la CVIM peut-elle s’appliquer à une vente internationale ?

Lorsque le vendeur relève d’un État partie, même si l’acheteur relève d’un État non partie et qu’aucune règle de conflit ne s’applique.
Lorsque les parties relèvent d’États parties ou, subsidiairement, lorsque la règle de conflit désigne la loi d’un État partie.
Lorsque les parties relèvent d’États non parties et que la règle de conflit désigne la loi d’un État non partie.
Lorsque les parties choisissent une loi étrangère, même si aucun rattachement à un État partie n’existe.

Lorsque les parties relèvent d’États parties ou, subsidiairement, lorsque la règle de conflit désigne la loi d’un État partie.

Explication

La CVIM s’applique principalement lorsque chacune des parties relève d’un État partie et peut aussi s’appliquer si la règle de conflit désigne la loi d’un État partie. Le seul choix d’une loi étrangère, sans rattachement à un État partie, ne répond pas à ces critères.

27. Qu’est-ce qui caractérise une loi de police en droit international privé ?

Une règle de conflit qui désigne la loi applicable en fonction du lieu de conclusion du contrat
Une exception permettant d’écarter une loi étrangère dont le résultat heurte les valeurs fondamentales du for
Une règle impérative d’ordre public interne qui s’applique lorsque la loi désignée par le contrat est étrangère
Une disposition impérative jugée cruciale pour les intérêts publics du pays, applicable aux situations entrant dans son champ quelle que soit la loi du contrat

Une disposition impérative jugée cruciale pour les intérêts publics du pays, applicable aux situations entrant dans son champ quelle que soit la loi du contrat

Explication

La loi de police protège des intérêts publics jugés essentiels et s’applique aux situations relevant de son champ, indépendamment de la loi du contrat. Une règle impérative d’ordre public interne ne devient pas pour autant automatiquement une loi de police.

28. Quelle distinction faut-il faire entre une loi de police, l’ordre public interne et l’exception d’ordre public international ?

Toute règle impérative interne constitue une loi de police, tandis que l’ordre public international désigne son mode d’application à l’étranger
Une loi de police est une règle de conflit, tandis que l’ordre public interne et l’ordre public international sont deux lois applicables au contrat
L’exception d’ordre public international détermine le champ d’application d’une loi de police, tandis que l’ordre public interne en fixe les sanctions
Une règle impérative interne n’est pas automatiquement une loi de police, et une loi de police ne se confond pas avec l’exception d’ordre public international

Une règle impérative interne n’est pas automatiquement une loi de police, et une loi de police ne se confond pas avec l’exception d’ordre public international

Explication

Ces notions sont distinctes : le caractère impératif en droit interne ne suffit pas à qualifier une règle de loi de police, et l’exception d’ordre public international constitue une notion différente. L’assimilation de toute règle impérative interne à une loi de police efface précisément cette distinction.

29. Dans quel ordre le juge français examine-t-il une loi de police du for et la règle de conflit de lois ?

Il applique simultanément la loi de police et la loi désignée par la règle de conflit, en comparant leurs résultats
Il recherche d’abord une loi de police étrangère, puis utilise la règle de conflit pour décider si le for peut l’écarter
Il vérifie d’abord si une loi de police du for s’applique, puis recourt à la règle de conflit si aucune loi de police pertinente ne s’applique
Il applique d’abord la règle de conflit, puis vérifie si la loi étrangère désignée comporte une loi de police du for

Il vérifie d’abord si une loi de police du for s’applique, puis recourt à la règle de conflit si aucune loi de police pertinente ne s’applique

Explication

Le juge recherche d’abord si une loi de police du for régit la situation; si ses critères sont réunis, elle s’applique directement. La démarche consistant à commencer par la règle de conflit inverse cet ordre d’examen.

30. Quel élément peut justifier l’application d’une loi de police française à un rapport de droit ?

Le choix par les parties d’une loi étrangère, qui rend la loi de police française applicable au contrat
La nationalité française d’une partie, même si le rapport de droit n’entretient aucun autre lien avec la France
La localisation à l’étranger de l’immeuble concerné, dès lors que le sous-traitant exerce son activité en France
Un lien de proximité avec la France, tel que la construction en France de l’immeuble concerné par un contrat de sous-traitance

Un lien de proximité avec la France, tel que la construction en France de l’immeuble concerné par un contrat de sous-traitance

Explication

L’application d’une loi de police française suppose un lien de proximité entre le rapport de droit et la France; la construction de l’immeuble en France en est un exemple. Le seul choix d’une loi étrangère par les parties ne constitue pas le lien de proximité requis.

31. Une loi de police nationale entrave une liberté garantie par l’Union européenne. Quelle condition doit-elle remplir pour être appliquée ?

Elle doit être approuvée par les parties au contrat, même si son application est contraire au droit de l’Union
Elle doit être validée par la règle de conflit du for, qui prime alors sur les exigences du droit de l’Union
Elle doit être justifiée au regard du droit de l’Union; à défaut, le juge doit l’écarter
Elle doit être appliquée dès qu’elle protège un intérêt public national, même si l’entrave n’est pas justifiée

Elle doit être justifiée au regard du droit de l’Union; à défaut, le juge doit l’écarter

Explication

Une loi de police nationale qui entrave une liberté de l’Union doit être justifiée au regard du droit de l’Union, faute de quoi elle est écartée. La protection d’un intérêt public national ne suffit donc pas, à elle seule, à rendre l’entrave admissible.

32. Dans quelle situation l’article 9, paragraphe 3, du règlement Rome I permet-il de donner effet à une loi de police étrangère ?

Lorsque cette loi est celle du pays d’exécution, actuel ou prévu, et qu’elle rend l’exécution du contrat illégale
Lorsque cette loi est celle du pays où le contrat a été signé et qu’elle prévoit une sanction pour son inexécution
Lorsque cette loi est celle d’un État tiers sans lien avec l’exécution et qu’elle protège un intérêt public important
Lorsque cette loi est celle du pays de résidence d’une partie et qu’elle modifie les conditions de formation du contrat

Lorsque cette loi est celle du pays d’exécution, actuel ou prévu, et qu’elle rend l’exécution du contrat illégale

Explication

Rome I permet de donner effet aux lois de police du pays où les obligations doivent être ou ont été exécutées lorsqu’elles rendent l’exécution illégale. Le simple fait qu’une loi protège un intérêt public, sans lien avec le pays d’exécution, ne répond pas à cette règle.

33. En quoi consiste la théorie des droits acquis en droit international privé ?

À constater un droit valablement acquis à l’étranger selon la loi locale, puis à le consacrer dans l’État du for au nom de la courtoisie internationale
À soumettre un droit acquis à l’étranger à une nouvelle procédure de constitution selon la loi de l’État du for
À désigner, au moyen de la règle de conflit du for, la loi qui doit créer le droit revendiqué dans l’État du for
À vérifier si un droit constitué à l’étranger respecte les règles impératives internes avant d’envisager sa reconnaissance

À constater un droit valablement acquis à l’étranger selon la loi locale, puis à le consacrer dans l’État du for au nom de la courtoisie internationale

Explication

La théorie part d’un droit déjà acquis à l’étranger conformément à la loi locale et vise à le consacrer dans l’État du for au nom de la courtoisie internationale. La méthode conflictuelle, contrairement à cette approche, sert à désigner la loi appelée à régir la question.

34. Un mariage a été célébré à l’étranger conformément au droit de l’État de célébration. Quel est le point de départ de la méthode de reconnaissance ?

Reconnaître le mariage après avoir établi que chacun des époux satisfait aux règles de conflit de son État national
Appliquer le droit du for à la formation du mariage, puis comparer ses conditions à celles de l’État de célébration
Tenir pour acquise la validité du mariage selon le droit de célébration, sans refaire l’analyse au moyen de la règle de conflit du for
Rechercher d’abord, au moyen de la règle de conflit du for, la loi qui aurait dû régir la célébration du mariage

Tenir pour acquise la validité du mariage selon le droit de célébration, sans refaire l’analyse au moyen de la règle de conflit du for

Explication

La méthode de reconnaissance prend pour point de départ la situation matrimoniale constituée à l’étranger conformément au droit de l’État de célébration. Rechercher d’abord la loi applicable au moyen de la règle de conflit du for relève de la méthode conflictuelle, et non de cette approche.

35. Quelle conclusion la CEDH a-t-elle tirée dans l’arrêt Wagner concernant l’adoption plénière prononcée au Pérou ?

Le refus luxembourgeois était compatible avec l’article 8 dès lors que l’adoption avait été prononcée hors d’Europe
Le refus luxembourgeois de la reconnaître violait l’article 8 en méconnaissant la réalité familiale de l’enfant et de sa mère adoptive
Le refus luxembourgeois violait l’article 8 en raison de l’absence de consentement des autorités péruviennes à l’adoption
La reconnaissance de l’adoption était requise par l’article 8 parce que le droit péruvien s’appliquait directement au Luxembourg

Le refus luxembourgeois de la reconnaître violait l’article 8 en méconnaissant la réalité familiale de l’enfant et de sa mère adoptive

Explication

Dans l’arrêt Wagner, la CEDH a considéré que le refus luxembourgeois méconnaissait la réalité familiale de l’enfant et de sa mère adoptive, en violation de l’article 8. La conclusion ne reposait pas sur l’absence de consentement des autorités péruviennes, mais sur l’atteinte à cette réalité familiale.

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Qu’est-ce que le droit international privé ?

L’ensemble des règles régissant les rapports de droit privé à caractère international.

Quelles matières le droit international privé traite-t-il notamment ?

La compétence internationale, les conflits de lois et la reconnaissance et l’exécution des jugements étrangers.

Quelles questions faut-il distinguer dans un litige international ?

Le juge compétent, la loi applicable et l’accueil ou l’exécution des jugements étrangers.

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